Le vol Indonesia AirAsia 8501 (code AITA : QZ8501) est un vol international régulier reliant Surabaya, en Indonésie, à Singapour. Le , l'Airbus A320 assurant ce trajet s'est écrasé en mer de Java, ne laissant aucun survivant parmi les 162 personnes à bord. À la fin des opérations de recherches en mars 2015, seuls 116 corps avaient été retrouvés. Il s'agit à ce jour du seul accident aérien mortel impliquant la compagnie aérienne à bas coût Indonesia AirAsia.
En , le Comité national pour la sécurité dans les transports indonésien (NTSC) a publié un rapport concluant qu'une défaillance non critique du système de commande de la gouverne de direction, connue depuis plusieurs vols mais non réparée, a contraint le commandant de bord à effectuer une réinitialisation non standard des calculateurs de vol. La coupure intempestive, en vol, du système assurant la protection en domaine de vol de l'avion, et la réaction tardive des pilotes, ont provoqué la perte de contrôle et le décrochage de l'appareil, jusqu'à l'impact avec la mer. Un manque de communication entre les deux pilotes a également été identifié comme facteur contributif.
Contexte Avion Le vol 8501 AirAsia était assuré par un Airbus A320-216, un avion de ligne moyen-courrier immatriculé PK-AXC pour numéro de série . Livré à AirAsia en et équipé de moteurs CFM 56-5B produits par Safran et General Electric (GE), l'appareil avait accumulé de service au cours de plus de depuis sa mise en service par la compagnie asiatique..
L'appareil a subi une visite de maintenance le pour un examen de routine.
Passagers et équipage L'A320 transportait 7 membres d'équipage et 155 passagers (dont 16 enfants et 1 nourrisson)..
Le commandant Iriyanto (53 ans), de nationalité indonésienne, totalisait de vol, dont sur A320. Il a commencé sa carrière au sein de l’armée de l'air indonésienne, après avoir obtenu son diplôme de pilote en 1983 et piloté des avions de chasse. Il a pris une retraite anticipée de l’armée de l’air au milieu des années 1990 pour rejoindre Merpati Nusantara Airlines, puis a travaillé pour Adam Air et Sriwijaya Air, avant d’intégrer Indonesia AirAsia.. Il a totalisé heures de vol au sein de la compagnie aérienne.
Le copilote Rémi Emmanuel Plesel (46 ans), de nationalité française, totalisait heures de vol, dont 1 367 heures sur A320. Originaire du Marigot, en Martinique, il a étudié et travaillé comme ingénieur à Paris. À 44 ans, il quitta son emploi pour réaliser son rêve d’enfant : devenir pilote de ligneM. Pf. avec AFP, Crash d'Air Asia : « Enfant, il voulait être pilote », témoigne la mère de Rémi Plésel (Archive). Le Parisien, 29 décembre 2014 (consulté le 31 décembre 2014). ; Indonesia AirAsia fut la première compagnie aérienne à l'engager. Il résidait en Indonésie au moment de l'accidentLe copilote de l'avion d'AirAsia disparu entre l'Indonésie et Singapour est un martiniquais (Archive). Martinique 1ère, 28 décembre 2014 (consulté le 31 décembre 2014). Rémi Plésel a quitté la Martinique après le baccalauréat et poursuivi ses études à l'université Pierre et Marie Curie (Paris). Piloter est devenu un rêve d'enfant depuis trois ans, après une brillante carrière d'ingénieur chez Total. Ces derniers jours, il habitait en Indonésie avec sa compagne..
NationalitéPassagersÉquipageTotal 1496 155 33 11 11 1 1 11 Total 1557 162
Les autorités indonésiennes ont révélé le qu'AirAsia n'aurait pas respecté les termes de sa licence d'exploitation commerciale pour la liaison Surabaya-Singapour en volant un dimanche , jour où l'accident s'est produit.. Selon les termes du ministère des transports, la compagnie aérienne était autorisée à effectuer des vols dans cet AWY (couloir aérien) uniquement quatre jours par semaine, mais pas le dimanche. L'autorisation d'exploitation d'AirAsia pour tous ses vols vers Singapour a été suspendue jusqu'à la fin de l'enquête sur l'écrasement du QZ8501, soit probablement plusieurs mois. Jean Serrat, un ancien commandant de bord, estime que l'équipage n'aurait jamais obtenu l'autorisation de mettre en route ses moteurs au moment du décollage si le plan de vol n'avait pas été approuvé par les autorités indonésiennes et singapouriennesEntretien radio avec , dans l'émission Que le Québec se lève !.
Disparition L'appareil a décollé à depuis l'aéroport international Juanda de Surabaya, sur l'île de Java, et devait atterrir à à l'aéroport de Singapour Changi. Il a perdu contact après son départ alors qu'il se trouvait au-dessus de la mer de Java, près de l'île indonésienne de Belitung, au large de la côte orientale de Sumatra.
Des éléments sur les dernières communications du pilote de l'Airbus A320 d'AirAsia ont été révélés le . Au décollage, le pilote avait demandé la permission de voler à d'altitude (Niveau de vol FL380), mais sa requête n'a pas pu être approuvée en raison du trafic. Le directeur d'AirNav, Wisnu Darjono explique que , ajoutant que utilisaient quotidiennement ce couloir pour aller à Singapour.
Dans sa dernière communication, le pilote a demandé à dévier de son plan de vol et répété qu'il voulait prendre de l'altitude pour éviter de très mauvaises conditions météorologiques. Le pilote a donc demandé au contrôle aérien à dévier sur la gauche en raison du mauvais temps, ce qui a été immédiatement approuvé. Aucun appel de détresse n'aurait été reçu de l'appareil.
Synthèse des échanges avec l'avion + Temps écoulé (HH:MM) Heure Événement UTC Indonésie occidentaleUTC+7 SingapourUTC+8 00:00 27 décembre 28 décembreDécollage de l'aéroport international JuandaL'heure de est aussi évoquée selon les sources.. 22:35 05:35 06:35 00:35 23:12 06:12 07:12 Le pilote demande d'éviter les nuages en virant à gauche pour aller plus haut, vers (), soit au-dessus de l'altitude de croisière prévue dans le plan de vol. Dernier contact radio.. 00:41 23:16 06:16 07:16 L'appareil est vu pour la dernière fois sur le radar. 00:42 23:17 06:17 07:17 Les autorités de l'aviation civile indonésienne perdent la trace de l'avion. Plus de contact radio ni sur le radar. Seul le ADS-B émet toujours.. 00:43 23:18 06:18 07:18 Plus aucun contact. Seul l'affichage du plan de vol sur l'écran radar apparait. — 28 décembre 07:08 08:08 Le contrôle de la circulation aérienne déclenche la phase d’incertitude (INCERFA). 00:08 — 00:28 07:28 08:28 Le contrôle de la circulation aérienne déclenche la phase d’alerte (ALERFA). — 00:30 07:30 08:30 Arrivée prévue à l'aéroport de Singapour Changi. — 00:55 07:55 08:55 Le contrôle de la circulation aérienne déclenche la phase de détresse (DETRESFA).
Recherches Opération de recherches thumb|Avion de reconnaissance Lockheed EP-3 de la marine de la République de Corée sur l'aéroport Halim Perdanakusuma de Jakarta Une opération de recherches et sauvetage a été déclenchée par les autorités indonésiennes. Le bureau d'aviation civile de Singapour a annoncé que deux appareils C-130 participeraient aux recherches.
Singapour a proposé l'aide de l'armée de l'air et de la marine nationale pour participer aux recherches de l'avion. Les opérations ont été engagées depuis le centre de recherche et de secours de l'île de Bangka, en mer de Java.
Une trentaine de bateaux et une vingtaine d'avions mis à disposition par l'Indonésie, l'Australie, la Malaisie, et Singapour sillonnent une zone de milles nautiques de côté pour assister l'Indonésie dans ces opérations de recherches centrées sur la mer de Java. Le Royaume-Uni, la France, et la Chine se sont dits prêts à apporter leur aide. Une équipe de deux enquêteurs français accompagnée de deux conseillers techniques d'Airbus est partie pour Jakarta. Les États-Unis ont annoncé l'envoi sur zone d'un navire de guerre, le destroyer . La Corée du Sud a dépêché un avion de reconnaissance P-3 qui avait été déployé pour les recherches de l'avion de Malaysia Airlines (vol MH370) disparu en début d'année, et la Chine mobilise une frégate et des avions militaires..
Découverte de débris et de corps Le , les recherches aériennes ont repéré des débris de l'épave, des objets flottants et les cadavres de trois victimes dans la mer de Java.. Ces débris ainsi que les corps ont été retrouvés à au large des côtes de Bornéo. L'agence Associated Press rapporte que les trois corps récupérés sont « intacts », mais « gonflés » par l'eau. Ils ont été transportés à bord d'un bateau de la marine indonésienne. Dans cette zone de recherches, la profondeur de la mer est de 50 à seulement..
Le , le mauvais temps a entravé les efforts pour récupérer les victimes de vol AirAsia QZ8501 et les recherches ont été sévèrement limitées en raison de fortes pluies, de vents et de nuages épais, mais sept corps ont été retrouvés jusqu'à présent. Un radeau de sauvetage a également été trouvé.
thumb|Un navire de ravitaillement offshore avec une partie de la dérive de l'appareil sur sa poupe, le 9 janvier 2015. Des objets ressemblant à une porte de secours et un toboggan gonflable pour les évacuations d'urgence figurent parmi les premiers débris repérés dans la zone de recherche, suggérant que les premiers passagers pourraient avoir entamé le processus d'évacuation après l’amerrissage de l'avion sur l'eau.
Au , 48 victimes et de nombreux débris ont été retrouvés. D'après les autorités indonésiennes, des corps ont été retrouvés encore attachés à leur siège. Dans une interview téléphonique accordée à la télévision Metro TV, Yayan Sofiyan, le commandant du navire indonésien Bung Tomo a assuré que l'empennage de l'A320 avait été repéré à une profondeur de , ce qui devrait permettre de localiser rapidement le FDR () l'un des deux enregistreurs de vol.. Des morceaux de la carlingue avec des hublots ont notamment été récupérés par la marine de Singapour.
L'armée indonésienne a annoncé le l'arrêt de ses opérations de recherches dans l'épave de l'Airbus d'AirAsia qui a duré plus de 30 jours. Les enregistreurs de vol de l'appareil gisant à une trentaine de mètres de fond ont été récupérés, mais le mauvais temps et la faible visibilité ont fortement entravé le travail des équipes de secours.. Au , 98 corps ont été récupérés dont celui des deux pilotes..
Découverte des enregistreurs de vols Après plus de deux semaines de recherches des plongeurs parviennent à localiser les boîtes noires. Le , l’enregistreur des données de vol (FDR) a été récupéré « en bon état ». Le , des plongeurs ont remonté à la surface de la mer de Java l’enregistreur des conversations du cockpit (CVR), un caisson rectangulaire de couleur orange qui renferme les communications orales entre les pilotes et le contrôle aérien. Cette deuxième boîte noire de l’Airbus A320 était enfouie à une vingtaine de mètres de la première. Le Comité national de la sécurité des transports (KNKT) estime à deux ou trois jours le temps qu’il faudra pour télécharger les données des deux boîtes noires, leur analyse pouvant ensuite prendre plusieurs semaines. Les données enregistrées dans les boîtes noires sont considérées comme essentielles pour permettre de déterminer les causes du crashCrash d'AirAsia : les deux boîtes noires de l'appareil ont été récupérées, Le Point, 13 janvier 2015.
Hypothèses liées à la disparition de l'appareil Les hypothèses suivantes ont été avancées par des « experts » peu après l'accident. Toutes ont été cependant démenties par le rapport d'enquête.
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