L'église Saint-Sulpice est une église catholique paroissiale située à Montsoult, en France. Elle succède à une église du ou du , qui a été presque entièrement reconstruite pendant la première moitié du dans le style gothique flamboyant. Sa dédicace a été célébrée en 1543. C'est un édifice assez simple, qui se distingue par son plan inhabituel à double nef, ce qui en fait une église-halle. L'instabilité du terrain a motivé plusieurs reprises en sous oeuvre<<, et l'extérieur est sans grand caractère. La façade du est influencée par le style classique, et devrait normalement être enduite. L'intérieur tient son caractère des huit voûtes d'ogives, dont certaines retombent sur des piliers agrémentés de frises sculptées. L'église a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du .. Des désordres de structure ont motivé une longue campagne de restauration entre 1967 et 1976. Pratiquement tout le mobilier ancien a été enlevé de l'église, et elle a été redécorée par la suite. Les fonts baptismaux, quatre statues et un tableau sont les seuls éléments antérieurs à la Révolution française maintenus en place. Aujourd'hui, l'église Saint-Sulpice est le principal lieu de culte d'un regroupement paroissial qui s'étend sur quatre communes. Les messes dominicales y sont célébrées la plupart des dimanches à 11 heures.

Localisation thumb|upright|left|Ancienne croix de cimetière sur le parvis de l'église.

L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département français du Val-d'Oise, en pays de France, sur le versant oriental de la forêt de L'Isle-Adam, sur la commune de Montsoult, rue de la Mairie (RD 64), à l'altitude de +. Ainsi l'église domine largement la plaine qui s'ouvre vers l'Est. Le sol est ici constitué de sables et d'alluvions, ce qui a occasionné des problèmes de stabilité pour l'édifice.. L'élévation méridionale surplombe la rue, et est séparée de celle-ci par un mur de soutènement. L'égalité de niveau est atteint près du parvis devant la façade occidentale, où se trouve l'ancienne croix de cimetière de style Renaissance, qui a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du .. La croix elle-même est en fer forgé, et s'élève sur un haut et mince fût monolithique. C'est le socle qui est remarquable : il se présente comme un édicule sur plan carré, dont chaque face est surmontée d'un fronton en arc de cercle sur un entablement ébauché faisant encorbellement. Il prend appui sur deux paires de consoles, qui sont malheureusement très érodées. Une niche en plein cintre est ménagée dans chaque face. Leurs voûtes fuyantes prennent la forme de coquille Saint-Jacques.. Un jardin public, accessible également depuis la rue Alphonse-Daudet (RD 64), se situe devant l'élévation septentrionale et le chevet. On peut rejoindre la rue de la Mairie grâce à un escalier, et faire ainsi le tour de l'église.

Historique L'histoire de la paroisse thumb|upright|Croix de consécration sur un pilier (repeinte, contours tracés à la pointe sèche). thumb|upright|Maison de l'ange-gardien, ancien presbytère de 1920 à 1968.

Si Montsoult est mentionné dans des actes du , on ne sait pas préciser à quelle époque remonte la fondation de la paroisse. Le plus ancien témoignage sur l'église était une pierre tombale, repérée au milieu du à gauche du chœur par l'abbé Lebeuf : elle appartenait à Eudes de La Queue, seigneur du lieu, et datait de 1275. Elle a disparu de l'église depuis. Le premier patron de l'église est saint Sulpice de Bourges ; son second patron est saint Jean Évangéliste. Sous la Guerre de Cent Ans, l'église est peut-être incendiée. Elle bénéficie d'une reconstruction quasi totale, qui laisse subsister tout au plus la base du clocher médiévale. À la suite d'une requête formulée par le conseil de fabrique et les marguilliers, une nouvelle dédicace est célébrée le par Charles Boucher, évêque in partibus de , qui est mandaté à cet effet par Jean des Ursins, vicaire général. Sous l'Ancien Régime, la paroisse dépend du doyenné de Montmorency du diocèse de Paris. La cure est à la pleine collation de l'Ordinaire...

Sous la Révolution française, en 1790, l'ensemble des paroisses du département de Seine-et-Oise sont regroupées dans le nouveau diocèse de Versailles, qui subsiste avec ces limites jusqu'en 1966. Pendant cette période tourmentée, un nouveau curé est encore installé le , avec la personne de Nicolas Grégoire Col, ancien religieux Dominicain de Gonesse. Ce doit être un « prêtre jureur », qui a prêté serment à la Constitution civile du clergé. Il n'est, à aucun moment, détenu pour suspicion contre la Révolution, et n'émigre pas à l'interdiction du culte en automne 1793. Les nombreux écussons sur les piliers et clés de voûte sont effacés. D'après Éliane et Jean-Pierre Beau, les armes du connétable Anne de Montmorency étaient représentées à plusieurs endroits dans l'église, donc sans doute aussi sur des clés de voûte. Le , le curé remet à la mairie les clés de l'église et les vases sacrés, et déclare que, voulant concourir à l'établissement de l'ordre public, cesse tout exercice de son culte, aussi bien dans l'église que dans les maisons des habitants. Il se fait instituteur. Le , Nicolas Col est nommé adjoint à la commune. La pratique du culte est de nouveau tolérée à ce moment, mais Montsoult n'a plus de curé. Cette situation ne change qu'avec la réunion de la commune de Montsoult à celle de Baillet-en-France par décret impérial du , puisque l'abbé Tétrel, nommé à la cure de Baillet en 1792 également, demeure toujours au presbytère de Baillet qu'il vient de racheter. Tétrel devient ainsi curé de Montsoult. Cependant, la réunion des deux communes n'est apparemment jamais exécutée dans les faits, et se heurte à l'opposition de Baillet, dont les habitants savent bien que Montsoult est surtout intéressé par le territoire étendu du village voisin, et par ses revenus fiscaux dépassant les siens pour un nombre d'habitants deux fois moindre. Le , l'évêque de Versailles, Louis Charrier de La Roche, annule la fusion des deux paroisses, mais ne trouve pas de curé pour Baillet..

Vers la fin du , le presbytère (à l'emplacement de l'actuel groupe scolaire) est remplacé par un nouveau bâtiment, que la commune s'approprie en 1905 en vertu de l'application de la loi de séparation des Églises et de l'État. Le recul de pratique religieuse et du nombre de prêtres apporte, au , le regroupement des paroisses de Montsoult et Baillet. À compter de 1919, le service paroissial est confié aux pères Oratoriens, qui en 1920 installent leur noviciat dans la « villa Béthanie ». Les prêtres résident dans la « maison de l'Ange-gardien », rue de Pontoise. En 1946, le départ du dernier curé de Maffliers motive l'extension du secteur paroissial sur cette commune voisine et Nerville-la-Forêt. Selon Éliane et Jean-Pierre Beau, . En 1966, le redécoupage des départements d'Île-de-France apporte la création du département du Val-d'Oise et l'érection du diocèse de Pontoise, dont la paroisse de Montsoult fait désormais partie. En 1968, les Oratoriens jugent les locaux trop peu fonctionnels, et quittent Montsoult. La « villa Béthanie » est rasée en 1974, et la chapelle détruite par un incendie cinq ans plus tard. Depuis le départ des Oratoriens, le regroupement paroissial de Montsoult, Maffliers, Baillet et Nerville dispose de nouveau d'un curé, et un presbytère est aménagé dans la salle paroissiale, 13 rue de Pontoise. Les curés nommés depuis 1968 sont l'abbé Harauchamps, l'abbé François Lecour et l'abbé Guibert.. L'église Saint-Sulpice est le principal lieu de culte du regroupement paroissial, et les messes dominicales y sont célébrées la plupart des dimanches à 11 heures, sauf dans les rares cas que la messe principale a lieu à Maffliers.

La restauration de l'église thumb|Fragments des vitraux du . thumb|Façade Vue depuis le Sud.

L'église est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du . D'importants désordres de structures apparaissent au milieu du . En 1964, le chevet, mal fondé, menace ruine. À l'ouest, l'étroit parvis est bordé de maisons vétustes, partiellement vacantes, entourées de jardins clos de murs mal entretenus. En accord avec le service des Monuments historiques, le conseil municipal décide une restauration intégrale de l'église, et un réaménagement de ses abords. Le chantier est lancé en 1967, et s'avère compliqué. Après une étude détaillée, la reprise en sous-œuvre du chevet et son renforcement par un contremur ne paraissent pas faisables. Dans un premier temps, ses contreforts sont reconstruits. Dans un deuxième temps, les murs du chevet sont démolis et rebâtis sur des fondations en béton armé. Au-dessus des voûtes, le chevet et les murs gouttereaux sont reliés par un chaînage en béton armé. Le clocher, bâti en caillasse et plâtre, est hors d'aplomb des murs et piliers. Il écrase et déverse la première colonne des grandes arcades, dont le chapiteau est déjà éclaté. La solution retenue est de déconstruire le clocher, et de le reconstituer à l'identique avec des nouveaux matériaux, en ne conservant de l'ancien que le beffroi et la charpente, ainsi que les cloches. Enfin, le parvis est largement agrandi, et le grand jardin au nord de l'église, qui avait appartenu au diocèse jusqu'en 1905, est aménagé en jardin public.

Dans le détail, les modifications apportées à l'église sont nombreuses. La baie vitrée au chevet du vaisseau Nord est bouchée, sans laisser de traces, ce qui est étonnant puisque les restaurations apportent généralement une réouverture des baies bouchées. La chapelle baptismale au Nord de la seconde travée, qui était séparée du vaisseau Nord par une grille, est condamnée. La chaufferie est installée dans l'annexe au Nord de la troisième travée, au pied du clocher. L'intérieur est réaménagée d'une façon radicale. Pratiquement tout le mobilier est enlevé, en ne conservant que les fonts baptismaux, le grand tableau représentant la Résurrection du Christ, et les quatre statues d'une certaine valeur artistique. Les fonts baptismaux sont déplacés depuis la chapelle baptismale vers la première travée du collatéral. Bernard Raux dresse la liste du mobilier perdu, qui datait essentiellement des : les bancs et les prie-Dieu ; les tableaux du chemin de Croix ; le médaillon au-dessus du tableau de la Résurrection représentant deux anges musiciens ; la chaire à prêcher accrochée au mur méridional ; le lambris de semi-revêtement ; les deux poutres de gloire dont l'une supportait encore un Christ en croix ; deux lustres en cristal ; le maître-autel et son retable néoclassique datant probablement du ; les tableaux du retable du vaisseau nord ; tous les vitraux du . L'auteur conclut par cette réflexion : ...

Description Aperçu général thumb|Plan schématique de l'église.