Louisa Maria Hubbard, née le à Saint-Pétersbourg-en Russie et décédée le en Tyrol en Autriche-Hongrie, est une femme de lettres, féministe et réformatrice sociale britannique. Elle est surtout connue pour son activisme en faveur de l'emploi et de l'éducation des femmes.
Née dans une riche famille de marchands russes, elle migre en Angleterre alors qu'elle n'est encore qu'une jeune fille et y reste une grande partie de sa vie. Elle ne s'est jamais mariée et s'est dévouée toute sa vie à l'activisme social. Elle s'est servie de sa position privilégiée pour financer de nombreuses causes féminines. Elle commence son activisme au sein du mouvement des diaconesses anglicanes dans les années 1860. Elle y organise les membres et accroît la conscience aux causes du mouvement.
Louisa Hubbart promeut ensuite l'éducation élémentaire comme une possibilité de carrière pour les femmes. Bien qu'une grande partie de la haute société anglaise soit méprisante envers cette profession, Louisa Hubbart exploite la demande de plus en plus persistante de professeur des écoles. Elle participe alors à la création d'une école de formation au métier de professeur pour les femmes. Cependant, beaucoup des femmes sorties de cette école ne trouvent pas de travail en raison des pratiques éducatives pauvres enseignées. Elle commence ensuite à promouvoir d'autres possibilités de carrières pour les femmes. Louisa Hubbard a dépensé une bonne partie de sa vie à la promotion d'offres d'emploi pour les femmes. Elle se concentre particulièrement sur le sort des femmes célibataires et des dames de bonnes familles appauvries et le dédain dans lequel la société la société a tenu l'idée qu'elles aient un emploi.
Elle publie également plusieurs brochures et journaux en faveur de l'instruction et de l'emploi des femmes. Elle a notamment publié A Handbook for Women's Work, connu de 1875 à 1889 sous le nom de The Englishwoman's Yearbook. Elle publie également The Woman's Gazette, plus tard connu entre 1875 et 1893 sous le nom de Work and Leisure. Initialement Louisa Hubbart contribue à la majorité des articles de ses publications mais plus tard elle contribue en tant qu'éditrice. Malgré la popularité de ses publications, celles-ci n'étaient pas rentables pour Louisa Hubbart qui doit les financer avec sa fortune personnelle. Louisa Hubbart a également créé la Women's Emigration Society qui vient en aide aux femmes britanniques seules qui ont trouvé un emploi dans une colonie britannique. Elle organise aussi d'autres groupes qui ont promu l'émigration.
Biographie
Enfance et jeunesse Louisa Maria Hubbard est née à Saint-Pétersbourg et est la fille de William Egerton Hubbard et Louisa Ellen Hubbard, née BaldockKelley 2004. Son père est un marchand dont la famille a établi un commerce à Arkhangelsk près de Saint-Pétersbourg dans le milieu du Pratt 1898, p. 4. Sa mère était fille d'un capitaine. Louisa est l'ainée de sept enfants. En 1843, sa famille quitte la Russie pour le Royaume-Uni. Ils s'installent dans une propriété de 2000 acres () à LeonardsleePratt 1898, p. 5 où Louisa Hubbard reçoit une éducation à domicile. Elle n'a jamais travaillé du fait de la fortune de sa famille.
Dernières années Louisa Hubbard monte souvent à cheval et peint des paysages dans son temps libre. Elle vit dans la propriété familiale jusqu'en 1883 quand son frère, cadre dans le coton, construit une nouvelle maison à LeonardsleePratt 1898, p. 6. En 1893, elle cesse la plupart de son activité pour des raisons de santé. Bien que Work and Leisure fait faillite, The Englishwoman's Yearbook est repris par un autre éditeur. En 1899, elle subit un accident vasculaire cérébral alors qu'elle séjourne en Tyrol. Elle demeure en Autriche-Hongrie les sept dernières années de sa vie avant sa mort le . À sa mort, sa fortune est estimée à 2675 livres nets.
Engagements
Mouvement des diaconesses En 1864, Louisa Hubbard devient une diaconesse anglicane et devient une membre active du mouvement des diaconesses après qu'une amie l'a introduite au mouvementPratt 1898, p. 9. Le mouvement concentré sur la vie associative, présent dans l'Église anglicane depuis 1850, travaille à l'approvisionnement des femmes en diverses fournitures et à la formation aux métiers d'infirmières et de professeurs auprès des populations pauvresPratt 1898, p. 8. Elle sert avec la société et organise un certain nombre de collectesPratt 1898, p. 10. En 1871, elle publie un pamphlet appelé Anglicane Diaconesses; or Is There No Place for Women in the Parochial System? Cette publication tient des descriptions de réunions qu'elle a avec les leaders d'églises, y compris Harold Brown. Elle rencontre également des donneurs potentiels pour leur parler du mouvementPratt 1898, p. 11. Elle publie également une lettre dans le magazine John Bull dans lequel elle détaille les objectifs du mouvementPratt 1898, p. 12. Cependant, elle est découragée par la croissance lente qui caractérise le mouvementVicinus 1992, et cesse son engagement actif au sein du groupe en 1874Laurence, Bellamy & Perry 2000, p. 102.
Éducation Louisa Hubbard murit l'idée de former des professeurs après qu'elle a reçu de l'éditeur du magazine John Bull, qui avait été impressionné par ses écrits sur le mouvement des diaconesses, une demande d'article sur le sujet. Elle répond à la demande en écrivant plusieurs lettres préconisant la création d'écoles de formation au métier d'enseignant pour femmes. Ces lettres seront de nouveau publiées plus tard dans des brochuresPratt 1898, p. 17. L'Elementary Education Act 1870 crée une forte demande de professeur des écoles. Louisa Hubbart pense alors a formé des femmes à remplir ce rôle et travaille à fonder le Otter College de Chichester en 1873 pour former les femmes au métier de professeur d'écoles élémentaires. L'idée d'ouvrir cette école lui a d'abord été suggérée par Sir James Kay-Shuttleworth. Louisa Hubbart promeut l'idée dans différents lieux et essaye d'emporter le soutien de la population locale pour y implanter l'école. Otter College est initialement créé en 1849 comme une école pour hommes enseignants, mais celle-ci cesse ses activités quelques années auparavantPratt 1898, p. 18. Seulement, Louisa Hubbart se rend compte que beaucoup de jeunes femmes n'étaient pas habituées au type de disciplines académiques requis pour devenir enseignantCopelman 1996, p. 28. Elle continue donc d'écrire sur l'importance d'éduquer les femmes et publie deux travaux en 1878 et 1880 dont l'objectif était de convaincre les parents d'éduquer leurs filles. Elle pense également à fonder une école pour jeunes filles de 15 à 18 ans, mais le projet n'aboutit pas par manque de fondsPratt 1898, p. 121.
À cette époque, travailler en tant qu'enseignant est vu comme une position inadaptée à de nombreuses femmes. Les femmes des classes moyennes, ou de classes inférieures, sont limitées aux postes de gouvernantes par la société. Cela crée une pénurie dramatique d'enseignant qualifiésPratt 1898, p. 14. Elle s'inquiète d'abord des difficultés auxquelles les femmes classes moyennes vont faire face en travaillant avec des membres de classes sociales inférieures, mais en fin de compte elle décide que de tels sacrifices sont justifiés car l'éducation est une cause nobleCopelman 1996, p. 27. Le Otter College assure aux parents de classes moyennes que leurs filles seront éduquées par des femmes de milieux similaires.
Emploi et philanthropie Après avoir aidé à la fondation du Otter College, Louisa Hubbard commence à élargir son objectif en aidant les femmes à trouver du travail en général et plus simplement dans l'éducationPratt 1898, p. 19. Elle est alors convaincue que de nombreuses femmes seront incapable de trouver du travail en tant qu'enseignante parce que le nombre de places dans la profession et que beaucoup d'entre elles n'en ont pas les capacitésPratt 1898, p. 20. Louisa Hubbard se bat contre les justifications religieuses selon lesquelles les femmes ne doivent pas travailler. Elle avance alors que les femmes ont été désignées par dieu pour se sacrifier elles-mêmes et se dévouer aux bien-être des autres. L'emploi est alors décrit comme un moyen pour les femmes seules de satisfaire cet appelVicinus 1992, p. 37. Pour Martha Vicinus, le ton de Louisa Hubbard à l'époque tend à faire du travail une sorte de pénitenceVicinus 1992, p. 308.
Bien que Louis Hubbard ait promu l'emploi des femmes et ne se soit jamais mariée, elle se bat contre l'idée que l'emploi ferait que les femmes auraient moins de chance de se marierJordan 1999, p. 162. Elle se bat contre l'idée que ne pas se marier serait un échec par la sociétéPratt 1898, p. 2. Elle cherche à convaincre les femmes seules de contrer cette idée avec leur indépendance et le respect de soiPratt 1898, p. 3.
Dans le premier numéro de The Women's Gazette, Louisa Hubbard publie une lettre d'Elizabeth Missing Sewell qui recommande la création d'un club pour dames appauvries. Il en résulte la création en 1876 d'une organisation connue sous le nom de Working Working Ladies' GuildePratt 1898, p. 43. Louisa Hubbard correspond souvent avec la direction de la guilde et assiste souvent à leurs réunionsPratt 1898, p. 47.
La correspondance publiée dans The Women's Gazette permet également la création de la Teachers' Guild en 1876Pratt 1898, p. 50. Elle soutient également le Gentlewomen's Employement Club à Londres en lui accordant une somme d'argent importante en 1889. Dans The Women's Gazette et Work and Leisure, Louis Hubbard soutient également l'idée de Sociétés amicales pour femmesPratt 1898, pp. 75–77. En 1889, Louis Hubbard sert de présidente provisoire à un nouveau groupe appelé Court of the United Sisters' Friendly SocietyPratt 1898, p. 79. Plusieurs autres organisations sont créées par des lectrices des publications de Louisa Hubbard. Elle pense également à unifier et coordonner les activités des différents groupes de femmes. Beaucoup des idées qu'elle avance sont diamétralement opposées à la vision prévalant de la société au moment où elle commence son activisme, mais elles deviennent ordinaires à la fin de sa vie. Elle fait également la promotion du métier de sage-femme et dit qu'une meilleure formation des femmes serait nécessaire dans domaine. Elle aide aussi à la création de la Trained Midwives Registration Society avec Zepherina VeitchPratt 1898, p. 84, qui sert d'abord de secrétariat organiséPratt 1898, p. 89.
Louisa Hubbard pense à fournir un logement approprié pour les femmes célibataires citadines qui sont souvent n'ont pas les moyens de louer un logement à Londres. Durant des réunions organisées dans les bureaux de The Woman's Gazette, l'idée de promouvoir des logements peu chers pour les femmes est fréquemment discutée. Cependant les pensions de famille disponibles étaient souvent considérés comme peu convenables pour les dames de bonnes famillesPratt 1898, p. 52. Louisa Hubbard publie ensuite divers articles débattant de ce sujet dans ses papiers. Ces publications amènent à la création en 1887 de la Ladies Dwelling Co. qui construit des maisons qui contiendront finalement 150 femmes. Le général britannique William Feilding devient alors le président de la compagnie jusqu'en 1895. Louisa Hubbard quitte l'organisation en 1889 après plusieurs désaccords avec le comité sur la façon dont il fallait faire face aux difficultés financièresPratt 1898, pp. 57–59. Louisa Hubbard aide également à organiser un groupe qui songeait à protéger les femmes membres de la communauté des gens du voyage des escroqueries en 1885Pratt 1898, p. 114.