Ce glossaire reprend les termes employés en maçonnerie dans l'usage de la chaux

Anciennement, en termes de maçonnerie, A Aire, Aire simple, Aire ordinaire, Aire de moellons, Aire de chaux et cimentPar ciment on entendait au les tuiles, briques ou carreaux cassés et réduits en poudre qu'on ajoutait aux chaux grasses et aérienne pour leur conférer la propriété de durcir sous eau, soit leur hydraulicité, Aire de recoupes - Voir Chape (Histoire) Aérienne -Chaux aérienne - Chaux qui cristallise à l'air libre. Des chaux grasses principalement, mais aussi de chaux maigres. Alcali, Terres alcalis ou terres alcalines - Terme de l'alchimie qui pouvait désigner la chaux. Auge ou gamatte - Récipient de forme rectangulaire dans lequel le maçon, ou le plâtrier gâche et entrepose le mortier ou le plâtre ; Augée - auge pleine de plâtre ou de mortier7.. B Bassin - Espace carré ou circulaire, entouré de moellons ou de sable, dans lequel on éteint et détrempe la chaux10; Bassinet - Portion de chaux que peut contenir le bassin destiné pour l'éteindre et la détremper. Béton -Anciennement, « espèce de mortier composé de chaux et de recoupes ou petits éclats de pierre; ou bien de chaux, de ciment et de cailloux broyés ensemble. Ce béton, ayant la propriété de se durcir beaucoup, est propre pour tous les ouvrages de maçonnerie qui s'exécutent dans l'eau11. Biscuit - Pierres qui, n'ayant pas assez de cuisson, ne se dissolvent pas dans le bassin, et restent entières après que la chaux est éteinte et détrempée. bourre - Poil provenant des peaux tannées, qui servait à faire le blanc en bourre, étant amalgamée avec de la chaux, ou bien de la chaux mêlée d'argile13. C Calcaire - Toute pierre que la calcination peut transformer en chaux. La pierre calcaire se dissout toujours complètement dans les acides faibles lorsqu'elle est pure ou seulement mélangée de carbonate de magnésie. Elle laisse au contraire un résidu lorsqu'elle contient de l'argile ou du sable ou divers oxydes métalliques. La présence de ces substances étrangères constitue plusieurs espèces que les minéralogistes distinguent en calcaires argileux (voire marnes), arénacés, ferrugineux, manganésiens, bitumineux, fétides puis dans chacune de ces espèces viennent des variétés de forme et de tissu spécifiées sous les dénominations de compactes grossières, crayeuses, granulaires, lamellaires, schistoïdes, saccharoïdes Cette nomenclature a son utilité mais ce qu'il importe principalement au constructeur de savoir c'est que chaque espèce produit par la cuisson une chaux particulière distincte par son poids sa couleur son avidité pour l'eau et surtout par le degré de dureté ou de cohésion qu elle donne aux composés artificiels connus sous les noms de bétons et de mortiersLouis Joseph Vicat. Traité pratique et théorique de la composition des mortiers, ciments et gangues à pouzzolanes et de leur emploi dans toutes sortes de travaux. Grenoble. Imprimerie Maisonville 1856Consulter en ligne Calcination - Carbonate de calcium (CaCO3) - appelé aussi carbonate de chaux - Composé majeur des calcaires comme la craie, mais également le marbre, et la Coquille des mollusques. Aussi un mortier de chaux grasse (hydroxyde de calcium), retourné à l'état de calcaire par fixation du . C'est la matière première dans la fabrication de la chaux vive. Chape - Anciennement enduit de mortier pour l'extrados des voûtes, ou pour le fond d'un bassin, d'une rivière, composé de chaux et de ciment ordinaire, ou mêlé avec du ciment d'eau forte, et quelquefois mélangé de gros sable ou de petits cailloux17. Chaux - Pierre calcinée et cuite dans un four, qu'on éteint et détrempe avec de l'eau, et que l'on mêle ensuite avec du sable ou du ciment pour faire le mortier18. Voir les termes chaux aérienne, chaux commune, chaux éteinte, chaux grasse, chaux moyennement hydrauliques, chaux hydrauliques,, chaux éminemment hydrauliques, chaux limite, chaux maigre, chaux vive. Chaux fluatée, nom chimique précis mais désuet, proposé par René Just Haüy en 1801 pour la fluorine (du fluorure de calcium) Commune - Chaux commune - Chaux ne faisant pas prise sous eau, essentiellement une chaux grasse et aérienne. Ciment - Anciennement, tuiles, briques ou carreaux cassés et réduits en poudre.Corroyer - Anciennement, pétrir la terre glaise avec les pieds ou au pilon. Corroyer le mortier, c'est mêler le sable et la chaux avec le rabot22. Couleur - Les chaux grasses, les chaux maigres, et les chaux hydrauliques de tous les degrés peuvent être blanches, grises, fauves, rousses.

D Défécation - Réaction chimique destinée à clarifier un liquide contenant des impuretés (ou sédiments) ; étape importante du raffinage du sucre de betterave, la défécation à la chaux consiste à chauffer le jus de betterave (vesou) à et à y ajouter de la chaux. le résultat prend le nom d' écume-chaux. Degré - Voir Degré d'hydraulicité Détremper la chaux, l'éteindre - Délayer de la chaux avec de l'eau pour l'employer ou pour pouvoir la conserver jusqu'à ce qu'on l'emploie.

E Écume-chaux ou écume de sucrerie ou écumes de défécation - substance crayeuse issue de l'industrie sucrière et utilisée dans les grandes cultures comme amendement du sol. Énergie - Voir Hydraulicité Éteindre, Extinction - Délayer de la chaux avec de l'eau pour l'employer ou pour la pouvoir conserver jusqu'à ce qu'on l'emploie33. Toutes les chaux prises au sortir du four - les chaux vives - ou très peu de temps après et jetées dans un bassin plein d'eau éclatent avec bruit se gonflent (Voir Foisonnement) et tombent en bouillie avec un dégagement de chaleur qui produit une sorte d'ébullition. Ce phénomène varie d'intensité selon la nature de la chaux. Il est en général bien plus prononcé pour les chaux grasses que pour les chaux hydrauliques. L'extinction ainsi pratiquée prend le nom d'extinction ordinaire ou à grande eau. Ce matériau plastique à consistance de pâte est mêlé à des agrégats et constitue les mortiers de chaux. Vicat distingue aussi extinction sèche. Dans ce cas, la juste quantité d'eau est apportée et le résultat est une poudre - et extinction spontanée - extinction à l'air qui dure trois mois et qui n'est pas pratiquée pour cette raison. Éteinte - Chaux éteinte - Chaux vive que l'on a éteinte par ajout d'eau. Chimiquement parlant, c'est de l'hydroxyde de calcium.

F Fusée - Chaux qui, d'elle-même et par vétusté, s'est réduite en poudre et n'est plus propre à être employée38. Pour être exact, selon Vicat, parvenues au terme de cette extinction naturelle, les chaux grasses font avec le sable de bien meilleurs mortiers que lorsqu'on les éteint artificiellement, mais la lenteur avec laquelle elles arrivent à ce terme ne permet pas d'y avoir recours dans les applications. Les chaux hydrauliques perdent par l'extinction spontanée la presque totalité de leurs propriétés spéciales. Fosse à chaux - Cavité fouillée carrément en terre, où l'on conserve la chaux éteinte37. Foisonnement - Le renflement du volume de la chaux lorsqu'elle passe de l'état de Chaux Vive à celui de chaux réduite en pâte.

G Gâcher - Détremper, délayer du plâtre ou du ciment avec de l'eau, dans une auge éventuellement. Gras - Mortier où il y a beaucoup de chaux ; c'est aussi l'excès d'épaisseur dans une pierre ou dans l'ouverture d'un angle, dans le joint de lit d'un voussoir - Le défaut opposé s'appelle maigre41. Grasse - Chaux grasse - Chaux formant lors de l'extinction dans l'eau, une pâte fine grasse et très foisonnante. Les chaux grasses sont celles dont le volume peut être doublé et au-delà par l'extinction pratiquée à la manière ordinaire; dont la consistance après plusieurs années d'immersion est encore la même ou à peu près la même qu'au premier jour et qui se dissolvent jusqu'à la dernière parcelle dans une eau pure fréquemment renouvelée. Comme donnant des chaux grasses on retrouve des calcaires purs ou mélangés seulement de un à six pour cent de silice, alumine, magnésie, fer pris séparément ou deux à deux ou trois à trois et aussi les calcaires simplement bitumineux ou fétides. Les chaux grasses obtenues à partir de calcaire très pure sont le matériau de prédilection des mortiers, jusqu'à la révolution industrielle. H Hydraulicité - Capacité d'une chaux à faire prise sous eau; Degré d'hydraulicité - D'après Louis Vicat, indice de classification des chaux. Leur énergie ou degré d'hydraulicité se mesure généralement par la quantité d'argile qu'elles renferment comparée à la chaux caustique représentée par l'unité. On distingue chaux éminemment (0,36 à 0,40), moyennement (0,30 et 0,36), ou faiblement hydrauliques (0,24 à 0,30), chiffres qui correspondent respectivement à des doses d'argile de 17 à 20 ou de 15 à 17 ou de 12 à 15 pour 100 parties de calcaire argileux. Une chaux grasse et aérienne n'a donc que très peu ou pas d'''énergie. Chaux hydrauliques - D'après Louis Vicat, chaux formant lors de l'extinction dans l'eau, une pâte jouissant de la propriété de durcir dans ce liquide, ainsi que dans les lieux humides privés ou non privés d'air contrairement à ce qui se passe pour les chaux grasses et les chaux maigres. Ces qualités précieuses sont dues à l'argile qui imprègne les substances calcaires en proportions variables de 12 à 20%. La pâte qu'elles fournissent par l'extinction ordinaire n'est jamais aussi fine ni aussi foisonnante que celle des chaux grasses. Leur énergie ou degré d'hydraulicité se mesure généralement par la quantité d'argile qu'elles renferment comparée à la chaux caustique représentée par l'unité. Les chaux hydrauliques font prise après six ou huit jours d'immersion et continuent à durcir. Les progrès de cette solidification s'étendre jusqu'au douzième mois quoique la plus grande partie travail soit faite après six mois. À cette époque déjà la dureté de chaux est comparable à celle de la pierre très tendre et l'eau ne l'attaque plus. Son foisonnement est constamment faible comme celui de chaux maigre. Comme donnant des chaux hydrauliques, on retrouve les calcaires mélangés avec silice, alumine, magnésie, fer et manganèse en proportions respectives variables limitées de quinze à dix huit pour cent pour la totalité et telles d'ailleurs que la silice ait toujours la prépondérance soit que les autres substances interviennent une à une soit qu'elles se présentent deux à deux le fer le manganèse et la magnésie peuvent manquer complètementLouis Joseph Vicat. Résumé des connaissances positives actuelles sur les qualités, les choix et la convenance réciproque des matériaux propres a la fabrication des mortiers et ciments calcaires; suivi de notes et tableaux d'expériences justificatives. Par L. J. Vicat. Imprimerie de Firmin Didot, imprimeur du roi, de la Marine et de l'Institut, Rue Jacob, 1828. Consulter en ligne. Chaux moyennement hydrauliques - D'après Louis Vicat, les chaux moyennement hydrauliques font prise après quinze ou vingt jours d'immersion et continuent à durcir mais leurs progrès de viennent de plus en plus lents surtout après le sixième ou le huitième mois après un an leur consistance est comparable à celle du savon sec. Elles se dissolvent encore dans une eau pure mais avec beaucoup de difficulté. Leur foisonnement est variable; il atteint souvent le terme des chaux maigres sans s'élever jamais à celui des chaux grasses. Comme donnant des chaux moyennement hydrauliques on retrouve les calcaires mélangés avec silice à l'état de sable, magnésie, oxydes de fer et de manganèse en proportions respectives variables mais limitées de quinze à trente pour cent pour la totalité soit que ces principes interviennent un à un, ou deux à deux, ou trois à trois, ou tous ensemble.