Le plus ancien terme connu utilisé en japonais pour carte du Japon semble être kata (形, approximativement « forme »), probablement utilisé jusqu'au environ. Durant l'époque de Nara, le terme zu (図) entre en usage mais le terme le plus largement utilisé et associé aux cartes du Japon pré moderne est ezu (絵図, approximativement « image de schéma »). Comme le terme l'indique, les ezu ne sont pas nécessairement des représentations géographiquement précises d'un paysage physique, comme est généralement la perception associée aux cartes des temps modernes, mais des images picturales comprenant souvent un paysage spirituel en plus de la géographie physique. Les ezu se concentrent souvent sur la transmission d'informations relatives par opposition à l'adhésion au contour visible. Lezu d'un temple par exemple peut inclure le paysage environnant et des nuages pour donner une impression de la nature, des personnages pour donner une idée de comment l'espace représenté est utilisé et une échelle d'après laquelle les bâtiments les plus importants (par leur usage ou ce qu'ils représentent symboliquement) peuvent apparaître plus grands que les moins importants, indépendamment de leur taille physique réelle.

À la fin du , les traducteurs de néerlandais à Nagasaki traduisent le mot kaart (« carte » en néerlandais) par chizu (地図, maintenant la traduction généralement admise pour « carte ») en japonais.

De 1800 (ère Kansei 12) jusqu'en 1821 (ère Bunsei 4), Inō Tadataka mène une levée topographique et un projet cartographique parrainés par le gouvernement. Cette entreprise est considérée comme la première enquête géographique moderne du JaponOgawa, Florence. (1997). Ino Tadataka, les premiers pas de la géographie moderne au Japon, Ebisu, vol. 16, . et la carte fondée sur ces relevés devient largement connue sous le nom Ino-zu. Plus tard, le gouvernement de Meiji commence officiellement à utiliser le terme japonais chizu dans le système d'éducation, consolidant ainsi l'usage du terme pour « carte ».

Présentation D'une manière générale, les cartes traditionnelles japonaises sont très diverses dans le style, la représentation et la fonction et sont souvent conçues pour une utilisation pratique. Il est moins fréquent pour les cartes de servir à des fins littéraires ou décoratives comme c'est le cas en Occident et elles sont plutôt utilisées pour différencier des rizières sur le territoire d'un manoir féodal ou l'orientation au sein d'un complexe de temple. Tel est le cas par exemple d'une carte de pèlerinage de l'époque d'Edo représentant le trajet et l'emplacement des gîtes sur la route entre Kyoto et Edo, avec des représentations de personnages sur le chemin et des distances entre les arrêts différenciées non pas par la distance relative entre eux mais par des marques numériques parce que la notion d'échelle comme elle est reconnue aujourd'hui en Occident n'est généralement pas utilisée. Cette compression et expansion de l'espace, nécessaires pour souligner certaines qualités de la zone représentée, est une caractéristique importante des cartes traditionnelles japonaises comme l'est l'inclusion régulière de texte car textes et images ne sont pas séparés au Japon au même degré - et de loin - qu'en Occident. La perspective sur les cartes japonaises traditionnelles peut aussi être source de confusion pour le spectateur occidental moderne car les cartes sont souvent conçues pour être observées à partir de plusieurs points de vue simultanément puisqu'elles sont souvent posées sur le plancher tandis que les spectateurs sont assis en cercle autour. En conséquence, de nombreuses cartes n'ont pas de système d'orientation unifié (tels que le nord en haut), avec des étiquettes apparaissant parfois inexactes à chacun.

Une grande partie des concepts fondamentaux de l'espace tel qu'il est représenté sur les cartes japonaises peut être attribuée à la géomancie chinoise et aux cosmologies bouddhiste arrivées au Japon aux . Les cosmologies bouddhistes représentent le monde tel qu'il censé exister dans le cadre religieux approprié, comprenant souvent des sites mythiques comme le nombril du monde et des terres au-delà de la mer habitée par des monstres. En ce sens, les cartes du monde sur la base de la cosmologie bouddhiste ressemblent souvent très peu au « monde réel », même si beaucoup ont au moins des représentations relativement précises du Japon, de la Corée, de la Chine et de l'Inde. La géomancie chinoise apporte l'orientation et un système de grille régulière, comme en témoigne le plan des rues de Kyoto établi sur le plan de l'ancienne capitale chinoise de Chang'an. L'orientation Nord-Sud, comme en Chine, semble aussi avoir été évidente dans le plan de l'ancienne capitale (672-686 AD) de Naniwa (moderne Osaka). Ainsi, bien que de nombreuses cartes traditionnelles japonaises sont caractérisées par la malléabilité de l'espace et le manque d'importance d'une représentation précise du paysage physique, la direction, la distance et l'orientation relative sont cependant assez importantes.

Beaucoup des premières cartes japonaises ne sont pas exactes selon les normes occidentales. Cela s'explique en partie parce que le Japon est une société fermée pendant plusieurs siècles (voir sakoku). Les japonais restent également longtemps indifférents à la notion d'exploration. Par ailleurs, il est interdit de voyager aux citoyens ordinaires de la société féodale japonaise. « En fait, le gouvernement japonais à Edo (Tokyo), n'avait aucun intérêt à dresser des cartes précises parce que celles-ci auraient pu être utilisées par les ennemis pour obtenir un avantage militaire »Franklin, Colin. 1997. A Western View of Japanese Mapmaking. Mercator's World. . Volume 2 (1), janvier/février 1997. Page 28.. Distorsion et falsification de cartes sont des phénomènes connus pendant la Seconde Guerre mondiale. De fait, il y a eu des interrogations pour savoir si les cartes japonaises que s'étaient procuré les Alliés avaient été délibérément falsifiées pour confondre leurs troupes. Vers la fin de la guerre, l' publie une annonce qui selon laquelle la plupart des cartes japonaises, bien que parfois pas à jour, sont véridiques et peuvent être utilisées. « En général, les cartes autochtones du Japon sont fiables. Avant le déclenchement de la guerre, il a été allégué que les Japonais avaient falsifié certaines feuilles dont ils ont permis plus tard qu'elles tombent antre nos mains. Des vérifications ponctuelles par rapport à des photographies aériennes n'ont révélé aucune preuve pour étayer cette affirmation. Cependant, sur certaines de ces cartes, les zones militaires pertinentes ont été laissés entièrement vierges. Les États-Unis disposent d'une couverture de base au 1:50,000 pour pratiquement tout le Japon et d'une couverture au 1:25,000 pour environ un quart du Japon. Cependant, ces cartes ne montrent pas les transformations majeures de caractéristiques artificielles qui ont eu lieu au Japon depuis 1941. Pour cette raison, les cartes japonaises autochtones sont obsolètes et leur fiabilité de base est diminuée. Il est par conséquent très important qu'un jeu de carte à grande échelle ou des listes trig (?) prises aux Japonais soient rapidement transmis au chef des ingénieurs à Washington, DC. Cela est essentiel aussi parce que nous possédons les coordonnées géographiques pour environ 1/10 des quelque stations géodésiques installées au Japon »US Army Map Service. 1945. Tips of Asiatic Pacific Maps. Août 1945. Pages 27-28..

Histoire

Première cartes La carte la plus ancienne connue au Japon est un dessin topographique découvert sur un mur de pierre à l'intérieur d'un tombeau dans la ville de Kurayoshi, préfecture de Tottori, daté du . Représentant un paysage de maisons, de ponts et de routes, il semble avoir été fait non pas pour des raisons pratiques de navigation mais plutôt comme une sorte de cartographie céleste donnée aux morts afin de les aider à maintenir un lien avec le monde des vivants et leur permettre de s'orienter lorsqu'ils s'engagent dans l'autre monde. Des cartes similaires ont également été trouvées dans d'autres tombes kofun. Il est aussi prouvé que des outils au moins rudimentaire d'arpentage sont déjà en usage à cette époque. L'une des plus anciennes références écrites aux cartes dans une source japonaise se trouve dans le Kojiki, plus ancienne (quoique largement mythologique) histoire du Japon dans laquelle sont mentionnés les registres fonciers . L'autre grande histoire ancienne, le Nihon Shoki de 720, décrit une carte de l'ancienne ville de Naniwa (moderne Osaka). La première carte de relevés provinciaux semble dater de 738, comme décrit dans le Shoku Nihongi. Les premières cartes encore existantes du Japon datent du et représentent les propriétés de parcelles carrées de riz orientées vers les quatre points cardinaux. Les sanctuaires shinto possèdent des cartes qu'ils utilisent pour la réforme agraire, la différenciation des biens et les propriétés foncières. Le système par lequel ces cartes sont mesurées est appelé jōri, mesuré en unités appelées tan et tsubo.

Rizières En 646 (ère Taika 2), la cour de l'empereur Kōtoku (孝徳天皇, 597?-654) met en œuvre le Handen sei (班田制, littéralement « ancien système foncier ») et demande à chaque province de présenter des cartes de leurs terres, connues sous le nom denzu (田図, approximativement « carte d'image de rizières »). Cette entreprise est considérée comme la première tentative au Japon de dessiner des paysages précis (par opposition à des représentations) sur cartes illustrées.

Cartes Gyōki-zu Durant le règne de l'empereur Shōmu (聖武天皇, 701-756), sont dressées des cartes appelées Gyōki-zu (行基図), ainsi nommées d'après le grand-prêtre Gyōki (高僧, 668-749). Gyōki lui-même a servi comme ingénieur civil, bien qu'il n'existe pas de relations directes explicitement connues entre lui-même et les cartes. Le lien entre son nom et le terme Gyōki-zu paraît dériver de son autorité en tant que prêtre et les relations perçues entre les cartes et les rites de géomancie destinées à chasser les mauvais esprits. Le terme Gyōki-zu est répandu et utilisé pour désigner les cartes qui illustrent les routes de la capitale impériale vers chaque province au Japon. Ces cartes couvrent une zone plus large et comprennent une plus grande partie de ce qui est alors reconnu comme le Japon, donnant une idée de l'étendue du territoire connu à l'époque. Les cartes de ces premiers relevés (menés en 646, 738 et 796), montrent que l'extrémité nord-est du Japon se trouve près de l'île de Sado, l'extrémité ouest est Kyūshū et l'extrémité méridionale la pointe de Shikoku, indiquant un sens relatif de l'orientation mais un manque de connaissance des véritables directions cardinales puisque Kyūshū s'étend beaucoup plus loin au sud que Shikoku et que Sado est plus proche du nord que du nord-est. Plus importante est la position relative, notamment en termes de relation entre la capitale située dans la province de Yamashiro (moderne préfecture de Nara), et tant que les cartes représentent avec précision cette relation, elles sont considérées utiles. Le style et l'orientation des Gyōki-zu est beaucoup plus en ligne avec la vue d'ensemble des cartes japonaises comme décrit ci-dessus et c'est ce style qui forme le cadre dominant dans la cartographie japonaise jusqu'à la fin des périodes médiévales et d'Edo.