Victor Jacques Vandier (1871-1954) est un industriel français, fabricant de produits chimiques, poudres pour garnitures de freins et embrayages automobiles.
Il est fondateur et administrateur de sociétés à Lille, à La Rochelle, à Paimbœuf en Loire-Atlantique, à Niort, à Saint-Ouen près de Paris, en Normandie à Cahan, à Paris et Lyon, actives dans les domaines de Il est président et administrateur délégué de la Société anonyme française du Ferodo (Valeo). Biographie Originaire des Deux-Sèvres, , Jacques Vandier est bachelier ès sciences et ingénieur diplômé de l'Institut industriel du Nord (École centrale de Lille), major de la promotion 1895.
Filateur Après une année de service militaire, Vandier rejoint en 1896 la filature Delebart-Mallet, dans le quartier de Fives à Lille, comme ingénieur du matériel puis ingénieur-directeur. Il est . Il conçoit une machine à bobiner.
En 1903, il fonde sa propre filature de coton qui fusionne avec la filature d'Eugène et Georges Brabant en 1905 sous la raison sociale de filature Brabant-VandierAdjonction de M. Jacques Vandier dans la société E. et G. Brabant, dont la raison sociale devient E et G. Brabant et Vandier en 1905 dans le quartier de l'Heurtebise à Loos-lez-Lille. Cette filature spécialisée dans le fil de coton a une superficie de et emploie en 1913. Elle est absorbée par la filature Delebart-Mallet en 192027 juillet 1920.
Fabricant de produits chimiques phénoliques Pendant la Première Guerre mondiale, tandis que son usine lilloise est dans la zone d'occupation allemande, Jacques Vandier crée plusieurs usines de fabrication de produits chimiques dans l'ouest de la France.
La société Vandier et DespretSociété en nom collectif J. Vandier & G. Despret est fondée et construit une usine dans le quartier de La Pallice à La Rochelle (Charente-Maritime) pour la fabrication de trinitrophénol (acide picrique ou mélinite), en partant du phénol et d'acide sulfurique concentré. Il s'agit d'un explosif destiné aux services de l'armée. En , l'usine emploie 483 personnes et assure déjà le septième de la production nationale. Après quelques mois d'exploitation, l'usine explose le ., faisant 138 blessés et 176 mortsNotice d'autorité : ., dont son directeur Paul Lemoult, ancien professeur à la faculté des sciences de Lille. et Henri Carles, ingénieur chimiste IDN, directeur adjoint de l'usine au moment de l'explosion.. Une usine similaire de production de trinitrophénol est alors créée à Paimbœuf, à proximité de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).
Henri Monge fonde la société anonyme La Plastose., fabrique de poudre à mouler à base de résine phénolique, dont Vandier Jacques est désigné premier administrateur . La société est établie à Niort (Deux-Sèvres) dans le secteur de Telouze en 1916, puis sont créées des usines à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) et Cahan. (Orne) en 1919. Elle devient le premier fabricant français de résines phénoliques et de poudres pour des produits à mouler. Les fabricants de pièces à mouler en matériaux précurseurs des plastiques et les fabricants de produits de luxe s'approvisionnent ainsi en poudres à mouler.
À partir de 1922, son expansion est due à la fabrique de poudre pour garnitures de freins. Les résines phénoliques sont en effet des matières premières de la fabrication des garnitures de friction : leur fabrication nécessite d'imprégner de vernis à base de résines phénoliques des tissus d'amiante qui sont façonnés pour former des garnitures tissés. .
Industriel du freinage et de l'embrayage automobile thumb|right|Société anonyme française du Ferodo - SAFF Vandier organise une intégration verticale de la filière des équipementiers du freinage automobile en 1928 ; sa société La Plastose est absorbée par la Société anonyme française du Ferodo (SAFF). à Paris, dont il devient le président et administrateur délégué, son parent éloigné et beau-frère Louis Vandier, ingénieur IDN lui aussi, étant administrateur-directeur. Il organise l'entrée en bourse de la société en 1932. et son développement dans le domaine de l'embrayage.
Vandier devient administrateur délégué et président de la Société anonyme française du Ferodo à Paris et administrateur de la Compagnie française de produits chimiques et matières colorantes de Saint-Clair-du-Rhône. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, l’entreprise dispose de la quasi-totalité des brevets concernant les embrayages. En 1938, une publicité de la société indique qu'elle tient 90 % de parts du marché automobile pour les garnitures de friction et qu'elle produit des embrayages et disques de freins, des joints industriels, des poudres à mouler, résines, isolants et applications de l'amiante. Elle emploie alors ouvriers dans 5 usines. P-DG de Férodo, il abandonne cette fonction en , à sa demande, et est remplacé par le vice-président, Georges BrabantLes Assemblées générales, 1944.
La société Société anonyme française du Ferodo (Ferodo S.A.) est devenue un équipementier automobile mondial et a été renommée Valeo à la fin du .
Membre de la Commission des titres d'ingénieur
Jacques Vandier est président de l'Association des ingénieurs de l'Institut industriel du Nord (IDN) de 1907 à 1914. Il promeut le concept égalitaire d'un titre unique délivré par l'État aux élèves sortant de toutes les écoles d'ingénieurs reconnues, face aux grandes écoles parisiennes voulant préserver leur préséance malthusienne et la reproduction des élites économiques. Ainsi, en 1921, Vandier définit l'ingénieur non comme une fonction ou une profession mais comme , cette formule constitue la base de la pensée de l'Union des syndicats d'ingénieurs français (USIF).
Vandier contribue à la création de la Fédération des associations et sociétés françaises d'ingénieurs diplômés (Ingénieurs et scientifiques de France) en 1929.
Vandier devient membre du conseil supérieur de l'enseignement technique. Il est l'un des dix-neuf membres de la commission de réglementation du titre d'ingénieurs qui se réunit entre et pour élaborer un avant projet de loi ; cette loi relative aux conditions de délivrance et à l'usage du titre d'ingénieur diplômé est votée le ; elle définit un titre d'ingénieur diplômé pour chaque école habilitée, supervisée par la Commission des titres d'ingénieur.
Brevets d'inventions Brevets de filature textile
Brevet La Plastose S.A.
Brevets Ferodo S.A.
Sources Notice biographique
Notes et références La voiture de Vandier. Bruno Baverel (Roman). Les Indes Savantes (2019.
Catégorie:Ingénieur français du XIXe siècle Catégorie:Élève de l'École centrale de Lille Catégorie:Industriel français du XIXe siècle Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1934 Catégorie:Ingénieur français du XXe siècle