Un marqueur social est un signe distinctif propre à un groupe qui permet l'identification d'un individu à un groupe socio-culturel ou une classe sociale. Le marquage social est un élément déterminant de la distinction et de l'identité. Définition vignette|droite|La cravate, un marqueur social ? Un marqueur social est un signe discernable qui donne un indice sur l'identité de groupe de la personne qui possède ce marqueur . Il est fréquemment utilisé par les membres de l'élite pour indiquer leur position dominante à travers l'apparence, la manière de parler, les vêtements, le choix de nourriture et les rituels de socialisation, les « marqueurs de classe ».
Ces marqueurs délimitent les frontières entre les groupes sociaux, en connectant une personne avec des gens de son « groupe » qui lui ressemblent et en même temps en la séparant des personnes du « hors-groupe » (différentes).
Language et discours En sociolinguistique, un marqueur social est un indice de la position sociale du locuteur, fourni à la fois par des moyens linguistiques (choix de la ou des langues, style linguistique, accent, dialecte, alternance de codes) et paralinguistiques (hauteur et intonation de la voix). Ces indices peuvent indiquer le contexte du discours ; les plus courants permettent de définir le groupe social auquel appartient le locuteur : âge, sexe et genre, classe sociale, origine ethnique. Par exemple, un Britannique moyen n'aurait aucun mal à identifier un Américain ou un Australien, et très probablement un natif d'Exeter ou de Liverpool, grâce à leurs schémas d'énonciation. Un statut social élevé est généralement associé au prestige de la variété standard de la langue (par exemple, la prononciation standard en Grande-Bretagne). Les marqueurs sociaux associés à la parole, ainsi que d'autres formes de capital social, comptent parmi les plus difficiles à acquérir lors de l'ascension sociale. L'utilisation d'une variété non standard de la langue comporte parfois aussi des avantages sociaux ; ce phénomène est appelé « prestige caché ». Tenue vestimentaire La tenue vestimentaire est sans doute le marqueur social le plus facilement observable ; au , elle se traduit par le port de marques « très chères ».
souligne l'importance de la tenue vestimentaire en tant qu'indicateur au Moyen Âge : les aristocrates « étaient prêts à risquer [...] leurs âmes immortelles pour un manteau de zibeline » (Adam de Brême, ), tout en limitant l'accès aux matières coûteuses (fourrures, tissus aux couleurs vives) au reste de la population (cf. les lois somptuaires qui se sont répandues au ). Apparence Dans l'Europe médiévale, les nobles étaient facilement reconnaissables à leur seule apparence : ils mangeaient plus et mieux et étaient de plus grande taille , et les membres malades de la noblesse étaient généralement tenus à l'écart, ce qui donnait l'impression qu'ils ne souffraient d'aucun problème physique ou mental.
Les dents et plus tard l'accès aux soins dentaires ont été utilisés comme marqueurs sociaux depuis le Néolithique. Alimentation L'alimentation constitue une ligne de démarcation pour les élites (caviar, champagne, fromage de chèvre) ; ce marqueur de classe fait l'objet de commentaires depuis l'Antiquité classique . Les groupes en ascension sociale imitent les élites ; c'est pourquoi, par le passé, les lois somptuaires étaient utilisées pour restreindre la consommation par les masses des aliments réservés aux élites . Consommation du tabac La consommation du tabac et de substances similaires a servi de marqueur social pour distinguer divers groupes : Dans les années 1990, fumer chez les adolescents était un marqueur social de « coolitude » ; à l’origine, le tabac à priser était un rituel réservé à l’élite qui, contrairement à de nombreuses autres formes de consommation, favorisait les interactions sociales entre les deux sexes. Cependant au début du , cette pratique a perdu de sa popularité et s'est progressivement associée à la population rurale et aux classes inférieures ; les cigares ont supplanté le tabac à priser comme signe d'appartenance à des classes (relativement) supérieures (les pauvres ont continué à fumer la pipe) et de virilité (les femmes en étaient exclues) ; la consommation de cigares a été imitée par les groupes moins aisés ; le tabac à chiquer est brièvement devenu un marqueur social des propriétaires terriens ruraux pendant la démocratie jacksonienne des années 1830. Le geste résolument impoli consistant à chiquer et à cracher en public conférait un certain prestige, en tant que signe d'un homme rural assertif qui « valait bien... n'importe quel soi-disant gentleman ».
Notes et références Notes
Références
Bibliographie
Catégorie:Concept sociologique