Le vote sanction ou le vote punitif, désigne un comportement électoral par lequel les citoyens votent contre un parti ou un candidat sortant afin de le sanctionner pour avoir manqué à ses promesses, affiché de mauvais résultats économiques ou pris des décisions politiques jugées indésirables, plutôt que par soutien actif à un adversaire.
Causes La pratique du vote sanction est donc liée à la désaffection des citoyens vis-à-vis du pouvoir politique et va de pair avec la progression du vote protestataire et de l'abstention : c'est un autre signe de la perte de confiance dans le pouvoir à la suite d'affaires de corruption, de promesses trahies ou encore de longues périodes d'inaction (reproche d'« immobilisme »).
Il est également favorisé par une culture politique de classe. D'après Richard Hoggart en 1957, . Ainsi, un électeur sur trois des classes populaires aurait utilisé le scrutin des municipales de 2008 pour voter contre le président d'alors, Nicolas Sarkozy (et pas pour un projet municipal).
Conséquences
Le vote sanction délégitime et discrédite les vainqueurs de l'élection. Comme sa part du vote total est impondérable, il jette le soupçon sur leur représentativité (ce que les déçus de l'élection ne se privent jamais de faire remarquer). Il affaiblit du même coup leur autorité, c'est-à-dire leur capacité à faire appliquer des décisions et à réformer ce qui doit l'être. Le vote sanction est utilisé comme une arme dans la compétition électorale : si l'opposition ne peut pas encourager l'électeur indécis à voter forcément en sa faveur, il lui reste la possibilité d'attiser le mécontentement contre le pouvoir en place. C'est autant de temps perdu pour l'élaboration et la publication de projets positifs pour la communauté.
Par conséquent, le vainqueur de l'élection qui a bénéficié d'un vote sanction risque lui-même le vote sanction, puisqu'un certain nombre d'électeurs qui ont voté contre son concurrent ne seront pas partisans de sa ligne politique et seront tentés de le sanctionner à son tour.
La crainte du vote sanction encourage sans doute les responsables politiques au pouvoir à renoncer à des réformes d'envergure ou à les reporter après les élections, sans les annoncer dans leur programme. C'est ainsi que la perspective d'une augmentation de la TVA en France par l'UMP, révélée par erreur à la télévision à quelques jours des législatives de , aurait privé l'UMP de 80 sièges à l'Assemblée nationale par rapport aux projections initiales.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Philippe Habert, Le vote sanction, 1993, Presses De Sciences Po, coll. Chroniques électorales.
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