Le Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) est une unité d'élite de la Gendarmerie nationale française, spécialisée dans la gestion de crises et les missions dangereuses demandant un savoir-faire particulier, notamment dans les trois domaines suivants : l'intervention : contre-terrorisme, libération d'otages, retranchement de forcenés et arrestations à haut risque dans la lutte contre le grand banditisme, l'observation-recherche : surveillance, collecte d'information et de preuves sur des individus dangereux dans la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme. la sécurité-protection : protection de personnes et/ou de sites particulièrement menacés.
L'unité dispense également de nombreuses formations dans ces domaines, en France et à l'étranger.
Le GIGN est composée d'une formation centrale établie dans le quartier de Satory à Versailles et de quatorze antennes locales - appelées antennes du GIGN (AGIGN) - réparties en métropole et outre-mer.
L'unité est directement subordonnée au directeur général de la Gendarmerie nationale qui, en cas de crise majeure, traite directement avec les autorités gouvernementales. Dans ses missions les plus courantes, elle est engagée en support de la Gendarmerie départementale sur le territoire national Le GIGN est surtout connu pour ses capacités anti-terroristes, mais l'unité est engagée au quotidien dans la lutte contre le banditisme et participe chaque année à 150 à 200 missions de Police judiciaire (P.J.) et de Police administrative (P.A.). Source : numéro 372 « spécial GIGN » du magazine Gend'info (décembre 2014). mais elle intervient également à l'étranger en coordination avec les forces armées françaises et notamment le commandement des opérations spéciales (COS)Le GIGN a été engagé à de très nombreuses reprises à l'étranger : Afghanistan, Bosnie-Herzégovine, Comores, Côte d'Ivoire, Libye, libération du Ponant, etc. Voir notamment l'article Liste détaillée des missions du GIGN. Lors de l'Attentat du Radisson Blu de Bamako, le GIGN a également été déployé mais est arrivé après le dénouement de l'affaire..
Sa devise est « S'engager pour la vie ».
On peut présenter l'histoire de l'unité en rappelant les trois périodes majeures qu'elle a connues depuis sa création :
1974 à 2007 : le GIGN est une unité d'intervention qui ne dépasse pas la taille d'un escadron ou d'une compagnie soit une centaine de personnels. 2007 à 2021 : le nouveau GIGN (ou GIGN 2.0) ajoute à l'intervention deux savoir-faire hérités de l'ancien GSIGN : La sécurité-protection et l'observation. Le GIGN regroupe maintenant environ 400 personnels. depuis 2021 : L'intégration complète (administrative et opérationnelle) des antennes renforce l'implantation nationale de l'unité (GIGN 3.0) et porte l'effectif à un millier de personnels.
Présentation de l'unité Créé en 1974 comme une unité d'intervention, le GIGN, après avoir acquis un savoir-faire et une réputation incontestables dans son domaine, était devenu dans les années 1980 la composante « intervention » du Groupement de sécurité et d'intervention de la gendarmerie nationale (GSIGN), formation qui regroupait également d'autres unités de gendarmerie spécialisées dans la sécurité-protection, la collecte de renseignement et la formation.
Le , une profonde réorganisation a eu lieu et un « nouveau » GIGN a remplacé le GSIGNOrganisation après la réforme , sur le site de la Gendarmerie nationale : https://www.defense.gouv.fr/gendarmerie. Plus qu'un simple changement de nom, cette réorganisation a pour but de renforcer l'homogénéité de l'unité, d'optimiser l'utilisation de ses moyens, d'augmenter ses capacités de réaction en cas d'événements d'envergure (notamment prises d'otages de masse, « POM » en abrégé) et de créer des synergies plus fortes entre des personnels issus d'un tronc commun de recrutement et de formation.
De 2004 à 2021, l'action du GIGN en province et dans les territoires d'outre-mer est relayée et appuyée par des unités d'interventions régionales : les antennes du GIGN. Ces dernières ont pris cette appellation en 2016, après avoir été appelées Pelotons interrégionaux d'intervention de la Gendarmerie (PI2G) pour les unités créées en métropole à partir de 2004 et Groupes de pelotons d'intervention (GPI) en outre-merPrésentation du schéma national d'intervention des forces de sécurité sur le site du Ministère de l'Intérieur http://www.interieur.gouv.fr/Actualites/L-actu-du-Ministere/Schema-national-d-intervention-des-forces-de-securite. Pendant cette période, les antennes dépendent administrativement de leurs régions zonales Ce sont les sept régions de gendarmerie situés au siège de chacune des zones de défense et de sécurité. Le commandement de la gendarmerie outre-mer possède le même statut. respectives et ne passent sous le contrôle opérationnel du GIGN qu'en cas de crise.
, les antennes sont intégrées au GIGN au sein d'une nouvelle composante appelée la Force Antennes. Depuis cette date, l'unité est composée d'un échelon central (appelé « GIGN central » dans le reste de cet article) et des 14 antennes dont sept sont implantées en France métropolitaine à Toulouse, Orange, Dijon, Nantes, Reims, Tours et Caen et sept outre-mer en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à Mayotte Arrêté du 26 juillet 2021 relatif aux attributions et à l'organisation du groupe d'intervention de la gendarmerie nationale NOR : INTJ2120405A https://media.interieur.gouv.fr/bomi/BOMI2021-8-2/textes/I40_20210726_INTJ2120405A.pdf .
Rappel historique Les dates importantes de l'histoire du GIGN En réponse à la multiplication des prises d'otages mal gérées (notamment à Cestas en 1969, à la centrale de Clairvaux en 1971 et aux Jeux olympiques de Munich en 1972), un premier GIGN est formé le au sein de l'escadron parachutiste de Mont-de-Marsan, tandis qu'une équipe commando régionale d'intervention (ECRI) est formée le de la même année au sein du groupe de gendarmerie mobile de Maisons-AlfortCollectif, Histoire de la gendarmerie mobile d'Île-de-France, 3 volumes, Éditions SPE-Barthelemy, Paris, 2007, . Tome II tableau récapitulatif avec dates officielles de création des unités.. Le commandement de l'ECRI est confié au lieutenant Christian ProuteauLe général Héraut, commandant la gendarmerie de la région Ile-de-France, sélectionna Christian Prouteau sur la recommandation du capitaine Jean-Pierre Baux, qui avait travaillé avec ce dernier lorsque, officier à l'escadron 6/3 de Saint-Denis, le lieutenant s'occupait de la formation des équipes commando (précurseurs des pelotons d'intervention actuels. Au sein du groupe I/2, l'ECRI dépendait plus particulièrement pour son support de , commandé par le capitaine Gervais. Sources : Christian Prouteau, Mémoires d'État et Roland Môntins, GIGN, 40 ans d'actions extraordinaires - voir section biographie ci-dessous et l'unité devient opérationnelle le .
Sa première opération a lieu dès le pour neutraliser un forcené, qui, après avoir tué ses deux voisins, s'est retranché dans un appartement à Ecquevilly.
Le , le GIGN de Mont-de-Marsan devient le GIGN tandis que l'ECRI de Maisons-Alfort devient GIGN . C'est la date officielle d'anniversaire de l'unité .
À cette époque, le GIGN opère sur le territoire des , , et militaires, tandis que le GIGN opère sur les , et militaires. Unité parachutiste, implantée sur la façade atlantique le est également plus orienté sur la problématique maritime et comporte un groupe de plongeurs, mais commandé à tour de rôle par les officiers de l'escadron, ses membres restent assujettis aux priorités de ce dernier et il est moins sollicité que l'unité de Maisons-AlfortAlors que la Police nationale retient, dès , le principe de créer des groupes d'intervention sur l'ensemble du territoire (les GIPN), la Gendarmerie envisage tout d'abord de créer une seule unité centrale prépositionnée en Ile-de-France et apte à être projetée en tout point du territoire puis elle envisage de créer un GIGN dans chaque région militaire en commençant par la et la (d'où les deux numérotations et 4). Finalement, elle choisit en 1976 de regrouper ses unités d'intervention en région parisienne puis, à partir des , de les compléter par des unités régionales : les antennes GIGN (initialement dénommées Pelotons d'intervention interrégionaux de Gendarmerie ou PI2G) qui sont au nombre de six depuis 2016..
En 1976, la Gendarmerie décide de regrouper les deux unités, principalement pour des raisons de coût et d'efficacitéCollectif, Histoire de la gendarmerie mobile d'Ile-de-France.. Le , les deux et 4 sont dissous et rassemblés le de la même année en une seule unité parachutiste basée à Maisons-Alfort, dénommée GIGN. Après son déménagement à Satory (à Versailles)dans la caserne Pasquier (du nom du du Groupe mort à l'entraînement). en 1982, le GIGN est intégré en 1984 au sein d'une nouvelle formation appelée Groupement de sécurité et d'intervention de la Gendarmerie nationale (GSIGN). Il y est rejoint d'abord par l'escadron parachutiste de Mont-de-Marsan (EPGM ou escadron parachutiste de la gendarmerie mobile), qui devient à cette occasion Escadron parachutiste d'intervention de la Gendarmerie nationale (EPIGN), puis en 1986, par le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR).
En 2007, le GSIGN est dissous et une nouvelle unité est créée à sa place sous le nom de GIGN, les anciens GIGN, EPIGN et GSPR fournissant les principales composantes de la nouvelle organisation. Il ne s'agit pas simplement d'un changement de nom mais de la création d'une nouvelle unité, renforcée au niveau de son commandement, avec un tronc commun de recrutement pour ses différentes composantes et avec de meilleures capacités de réactions en cas de prise d'otages de masse (POM).
À la suite de cette réorganisation, l'organigramme du groupe est le suivant : vignette|Rondache du "nouveau" GIGN depuis 2007
État-major opérationnel (EMOPS) ; État-major d'administration et de soutien (EMAS) ; Force Intervention (FI) (ancien GIGN) - composée de 81 hommes. Force Observation Recherche (FOR) : anciennement groupe d'observation-recherche de l'Escadron parachutiste d'intervention de la Gendarmerie nationale (EPIGN) - composée de 33 membres. Force Sécurité Protection (FSP) qui reprend les fonctions de la section de sécurité et protection de l'EPIGN - composée de 34 membres. Détachement GSPR qui est la composante Gendarmerie du Groupe de sécurité de la présidence de la République- composé de 29 membres. Force Appui Opérationnel (FAO) comprenant des moyens techniques et diverses compétences nécessaires aux autres forces : moyens spéciaux, technique d'adaptation opérationnelle, appui cynophile, dépiégeage d'assaut, NRBC, effraction et ouverture fine (voir ci-dessous) - composée de 30 membres. Force Formation (FF) , qui s'occupe aussi bien des formations internes au sein de la gendarmerie qu'externes dans d'autres pays, composée de 41 membres.
En 2015, le GIGN est engagé simultanément pour la première fois avec le RAID, unité d'élite de la Police nationale, lors de la double prise d'otages du faisant suite aux attentats de janvier 2015 en France.
En 2021, les antennes sont intégrées au groupe, la force Formation devient le Centre national de formation à l'intervention spécialisée et le force d'appui opérationnel devient la division technique. Un nouvel écusson commun à l'élément central et aux antennes est adopté. Porté sur le bras gauche, il présente la grenade de la Gendarmerie surmontée du sigle GIGN L'Essor de la Gendarmerie nationale - Homologation du nouvel écusson du GIGN https://lessor.org/vie-des-personnels/homologation-du-nouvel-ecusson-du-gign-3-0 . Le GIGN central (Satory) et les antennes conservent leur rondaches respectives qui se portent sur le bras droit.