Le commandant Ferdinand Forzinetti (1839-1909) est un officier français lié aux péripéties de l'affaire Dreyfus.

Biographie Né à Marseille (Bouches-du-Rhône) le , ce fils d'un maçon italien s'engage en 1857. Sergent-major en 1860, il est sous-lieutenant en 1865, et fait les campagnes d'Italie et du Mexique, avec le 2e régiment étranger d'infanterie. Capitaine en 1871, il est chef de pénitencier militaire à partir de , en fonction au pénitencier de Birkhadem en Algérie. À partir de 1865 il dirige la prison d'Alger-Bab el Oued. Nommé commandant des prisons militaires de Paris, le , il reçoit dans celle du Cherche-Midi, à l'automne 1894, le capitaine Dreyfus.

Alors que Dreyfus est accusé de trahison, Forzinetti se prend de sympathie pour son prisonnier, lui exprime une grande cordialité, et s'émeut de la tristesse de Dreyfus. Il prétendra même, plusieurs années plus tard, avoir douté de la culpabilité de Dreyfus.

Forzinetti commet une faute de service durant la garde de Dreyfus en acceptant que l'épouse de Dreyfus rende visite à son époux. Les visites à un prisonnier incarcéré pour espionnage et trahison étaient interdites.

Les services de sécurité ont cherché à comprendre le comportement étrange de Forzinetti. L'inspecteur François Guénée, de la Sûreté générale, effectuera une enquête, et il découvrira que Forzinetti et Alfred Dreyfus fréquentaient, entre 1891 et 1894, les mêmes cercles de jeux et les mêmes milieux interlopes de Paris. En décembre 1894, il est donc possible, voire probable, que Forzinetti et Alfred Dreyfus se connaissaient de longue date, ce qui expliquerait la vive sympathie de Forzinetti pour un ancien compère de jeux, Alfred Dreyfus.

Après sa mise en retraite, étonnamment, le prince Albert Ier de Monaco fournit un emploi à ce gardien en chef de prison, et Forzinetti s'occupera, entre autres, des casinos de la principauté. Forzinetti décède à Monte-Carlo en 1909.

Appréciation et rôle dans « l'Affaire » Mis à la retraite par décret du , Ferdinand Forzinetti participe aux travaux ministériels, et reçoit le un témoignage de satisfaction du ministre pour sa participation à la commission de révision des règlements pénitentiaires et la justice militaire. Mais ses relations étroites avec les dreyfusards, notamment avec Mathieu Dreyfus, l'en font écarter le . Il témoigne à Rennes en faveur de Dreyfus tout en admirant qu'il n'ait « jamais eu un mot de haine pour ses bourreaux ». Son témoignage sert notamment à récuser celui du capitaine Lebrun-Renault, commandant le peloton qui conduisit Dreyfus de la prison à l'École militaire le , et qui affirme que l'accusé a alors avoué sa trahison. Ces prétendus aveux n'étaient alors d'aucune valeur en raison de la qualité de l'instruction menée par les officiers de sécurité français. Les preuves et les témoignages avaient été jugés suffisants pour que les juges considèrent Alfred Dreyfus coupable de trahison.

Forzinetti a été dénoncé par la presse anti-dreyfusard.

En 1906, Forzinetti s'était réjoui de la réhabilitation de Dreyfus en écrivant : « La revanche est belle et je la salue ». Son ancien prisonnier rendra hommage à son geôlier qui le dissuada d'attenter à sa vie et « qui sut allier les devoirs stricts du soldat aux sentiments les plus élevés de l'humanité ».

Décoration

Voir aussi Bibliographie . .

Liens externes

Notes et références

Catégorie:Dreyfusard Catégorie:Commandant français Catégorie:Officier de la Légion d'honneur (date non précisée) Catégorie:Naissance en février 1839 Catégorie:Naissance à Marseille Catégorie:Décès en mai 1909 Catégorie:Décès à Monaco Catégorie:Décès à 70 ans