La filière « des Buttes-Chaumont »Le tireur de la fusillade de Montrouge aurait été identifié comme un proche des frères Kouachi, membre de la même filière jihadiste, RTL, ou parfois filière irakienne du Quand Chérif Kouachi comparaissait dans l'affaire de la « filière irakienne du arrondissement », Le Monde, est une filière jihadiste à Paris. Son but était d'organiser l'envoi de jihadistes en Irak dans le cadre de la guerre d'Irak, et plus précisément vers la branche irakienne d'Al-Qaïda. Le réseau est démantelé en 2005.
Historique vignette|Le parc des Buttes-Chaumont, lieu de ralliement des djihadistes. La filière des Buttes-Chaumont est organisée autour de la mosquée Adda'wa de la rue de Tanger à Paris, à l'époque avec chaque vendrediLes frères Kouachi : une haine nourrie au sein de la filière des Buttes Chaumont, le Courrier international. Le personnage central de cette filière est Farid Benyettou, agent d'entretien le jour, prédicateur le soir et proche du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC)., devenu Al-Qaïda au Maghreb islamique en 2007. Boubaker El Hakim (1983-2016) est lui considéré comme « l'un des cerveaux » du réseau.
Elle porte le nom du parc des Buttes-Chaumont situé dans le nord-est de Paris, en France, dans le de la ville. Farid Benyettou y emmenait ses disciples .
Ce réseau est démantelé en 2005 puis ses membres jugés en 2008 pour Attentat contre "Charlie Hebdo" : les fantômes de "la filière des Buttes-Chaumont", France Télévision. Intercepté en alors qu’il s’apprêtait à prendre l’avion pour Damas, Chérif Kouachi est condamné à trois ans de prison, le prédicateur Farid Benyettou à six ans de détention. Détenu au centre pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne) Mohamed al-Ayuni partage sa cellule avec un petit bandit de Cachan, Salim Benghalem, qu’il initie aux thèses djihadistes et deviendra plus tard un cadre de l’État islamique.
Sur une douzaine d'apprentis djihadistes connus dans la filière, trois ont été tués en IrakAttentat contre Charlie Hebdo: l'intrigante filière des Buttes-Chaumont, BFMTV. La mosquée Adda'wa, ouverte en 1969, est démolie en 2006. Condamné en 2011 à cinq ans de prison dans le dossier des Buttes-Chaumont, Peter Cherif a gagné le Yémen fin 2011, avant lui aussi de retourner dans le nord de la Syrie en 2015 : .
Certains des membres de la filière, à l'image de Chérif Kouachi, sont cités à plusieurs reprises en 2013 au cours de l'enquête sur la tentative d'évasion de Smaïn Aït Ali Belkacem, ancien membre du Groupe islamique armé (GIA) algérien condamné pour l'attentat du RER Saint-Michel. D'autres comme Amedy Coulibaly sont même condamnés dans cette affaireQui était Amedy Coulibaly ?, Yahoo. Un des autres condamnés est Djamel Beghal, l'un des anciens piliers du GIA avec Smaïn Aït Ali BelkacemL'ombre tutélaire de Djamel Beghal, Marianne, également condamné pour sa participation à l'élaboration d'un projet d'attentat contre l'ambassade des États-Unis en France.
Boubaker El Hakim, est le premier de la filière irakienne dite des « Buttes Chaumont » à être parti se battre au Moyen-OrientLes frères Kouachi et Coulibaly, des pionniers du djihadisme français, Le Monde. Il revendique les assassinats de Chokri Belaïd, tué de , le , et de Mohamed Brahmi, le en TunisieBoubaker al-Hakim, le "héros" des frères Kouachi, L'Express. Suspecté d'être le donneur d'ordre de l'attentat contre Charlie Hebdo et de l'attaque du musée du BardoDe "Charlie Hebdo" au musée Bardo, un seul et même donneur d'ordre? , RMC, il est tué par un drone américain en ..
Figures de la filière
Farid Benyettou
Né le Jour de l'élection de François Mitterrand à Paris, Farid Benyettou est un ancien prédicateur islamiste français, personnage central de la filière des Buttes-Chaumont , aujourd'hui se définissant comme repenti et déradicalisé, il participe lui-même à des actions de déradicalisation en apportant son expérience. Il est le troisième d'une fratrie de quatre enfants. Son enfance, bercée par un père plutôt violent et autoritaire partisan des Frères musulmans et de l'Union des organisations islamiques de Franceref sou (UOIF). Ce père exalte et promeut les pratiques religieuses (prière, lecture et apprentissage de l'arabe et du Coran) au détriment des loisirs. Quand ses copains jouent au foot les mercredis après-midi, lui et ses frères et sœur sont envoyés dans divers cours d'arabe ou de religion sous influence des frères musulmans. Ainsi pour échapper au poids paternel lui et sa sœur adoptent une pratique plus "orthodoxe" (sa sœur se fait remarquer notamment par son expulsion du collège Édouard-Pailleron, à cause de son refus de retirer son voile à l'école). Ils sont très proches et lorsque celle-ci se détourne de la mouvance des Frères musulmans pour s'émanciper de leur père qu'ils découvrent alcoolique pour s'intéresser et adhérer aux préceptes du salafisme, c'est presque naturellement que Farid la rejoint et s'engouffre à son tour dans cette nouvelle idéologie . À ce moment, ils intensifient leurs apprentissages religieux, les livres s'empilent et s'accumulent, ainsi débute une boulimie de textes religieux. Plus tard, sa sœur épouse Youcef Zemmouri (alias Youcef Islam), un personnage sulfureux, figure du terroriste impliqué dans de nombreuses affaires de la fin des années 1990 et du début des années 2000 (projet d'assassinat du recteur de la mosquée de Pariset projet d'attentat de la coupe du monde de 1998...), un habitué du juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, doublé d'un penchant pour les trafics en tout genre, qu'il justifie par l'obligation de déposséder tous les mécréants et les juifs. Avant d'être expulsé vers l'Algérie à la suite de nombreuses condamnations, il a été hébergé au domicile familial pendant près de deux ans durant lesquels il jouera le rôle de mentor de Farid et lui insufflera toutes les idéologies les plus radicales et les plus haineuses envers l'occident. Zemmouri est un personnage charismatique, drôle et fantasque et aux idées dangereuses, il devient rapidement très influent dans cette famille repliée sur elle-même et habituée à l'austérité. Cette expérience auprès de Youssef Zemmouri lui apportera ensuite une sorte de légitimité au sein de la communauté salafiste, presque un statut d'érudit. Dorénavant on le consulte pour des questions religieuses et lui-même se prête volontiers au jeu. Il gagne sa vie comme agent d’entretien la semaine et devient prédicateur en fin de semaine en marge des prêches officiels de la mosquée Adda’wa dans le . Chassé par les responsables de cette mosquée, pourtant réputée parmi les plus intégristes, il dispense ensuite son savoir islamique dans le salon familial : À son domicile, la police découvre en langue arabe et autant de cassettes audio relatives à la théologie musulmane.
Jugé en 2005 avec les frères Kouachi dans le cadre du procès de la filière des Buttes-Chaumont, il sort de prison en 2009, en affirmant avoir rompu avec l'intégrisme, notamment marqué par les crimes de Mohammed Merah en 2012, qui lui feront ressentir un fort sentiment de culpabilité : Il confesse ainsi que Chérif Kouachi était la première personne qu'il a vue une fois libéré et a maintenu avec lui en 2010 un contact au moins hebdomadaire.
Il est en formation d'infirmier au moment des attentats de janvier 2015, commis notamment par les frères Kouachi, ses anciens disciples. Son profil suscite la suspicion de ses anciens collègues à la Pitié-SalpêtrièreLes anciens collègues de Farid Benyettou sceptiques sur sa déradicalisation, Anne Jouan, Le Figaro, 24 octobre 2016. Il dit avoir tenté de faire évoluer les options de Chérif Kouachi jusqu'à découvrir son échec en : À cette occasion il se présentera de lui-même auprès des services de renseignement français afin de leur apporter toutes les informations qu'il détient susceptibles d'aider à mener à bien l’enquête en cours.
En , Dounia Bouzar salarie Farid Benyettou dans son centre de déradicalisation. Elle loue son efficacité pour déradicaliser les profils les plus durs admis dans son centre. Dès novembre, les agents chargés de la sécurité de Dounia Bouzar évoquent des tensions avec elle, ceux-ci s’inquiétant de la connaissance que pourrait acquérir Benyettou de leur méthode de sécurisation des personnalités et étant réticents à côtoyer une personne ayant participé à l'endoctrinement d'assassins de policiers. En , il raconte son parcours dans l'ouvrage publié aux Éditions Autrement. Louant son efficacité, Dounia Bouzar assure : Après une intervention télévisée controversée le sur le plateau de Salut les Terriens !, où Farid Benyettou, invité par Thierry Ardisson, proclame , deux ans jour pour jour après les attentats contre Charlie Hebdo, il a annoncé le sa décision de ne plus intervenir publiquement à la télévision.
Boubaker El Hakim
Né le à Paris et décédé le 26 ou , Boubaker El Hakim, dont le nom de guerre est Abou Mouqatil, est un djihadiste franco-tunisien.. et au moment de sa mort le plus haut gradé français de l'État islamique.
C'est le premier membre de la filière des Buttes-Chaumont à se rendre au Proche-Orient. En , à seulement , prétextant partir étudier l'arabe et l'islam, et comme la plupart des candidats au djihad attendant l’intervention américaine en Irak, il fréquente durant six mois les écoles salafistes Al Fateh Al Islami et Zahra de Damas.. , d'où il passe clandestinement en Irak. De retour à Paris en , il participe avec Farid Benyettou à la formation de la filière des Buttes-Chaumont. Les frères Chérif et Saïd Kouachi font partie de ceux qui écoutent ses récits.
Accompagné de son frère cadet Redouane alors âgé de ., il combat avec les troupes d'Al-Qaïda en Irak. contre les Américains à Falloudjah. Avec son groupe, El Hakim pose des mines qu’il déclenche au passage de convois américains, ce qui lui vaut les compliments du cheikh Abdullah al-Janabi, futur cadre de l’État islamique. Son frère meurt le dans un bombardement américain à Falloudjah. El Hakim est arrêté sans passeport à la frontière irako-syrienne et renvoyé en France. en .
El Hakim n’est pas inquiété à son retour en France et il peut structurer la filière. Revenu pour la troisième fois en Irak à seulement , il combat aux côtés d’Abou Moussab Al-Zarqaoui, futur chef d’Al-Qaïda. En , il repasse en Syrie, où il est à nouveau interpellé et emprisonné pendant puis expulsé à nouveau vers la France. Lui, Farid Benyettou, Mohamed el-Ayouni et Chérif Kouachi sont jugés par le tribunal correctionnel de Paris. Il est condamné le à de prison, assortis d’une peine de sûreté de et , pour avoir facilité le transit en Syrie de ses amis.
Libéré le , il s’installe en Tunisie, où le régime de Ben Ali vient d'être renversé. Il y fait venir des armes de Libye, alors en pleine guerre civile, pour armer les djihadistes tunisiens. Il planifie le meurtre de deux opposants politiques à Ennahdha afin de faire basculer dans le chaos la transition démocratique. L’avocat Chokri Belaïd est assassiné le devant chez lui. Le , Mohamed Brahmi est tué sous les yeux de sa famille. En , El Hakim quitte la Libye où il s’était réfugié, et retrouve la Syrie.
Il prend part à la guerre civile syrienne dans les rangs de l'État islamique. C'est l'un des Français les plus importants de l'EI, chargé d'un commando dédié à la préparation d'attentats en France. La DGSI le suspecte d’avoir planifié à l’automne 2016 une demi-douzaine d'attentats qui devaient frapper l’Europe et le Maghreb, dont les membres du commando sont interpellés à Strasbourg et Marseille dans la nuit du 19 au . Il est également suspecté d’être impliqué de l’attentat préparé par le réseau de Reda Kriket, arrêté le à Boulogne-Billancourt, puis d'en avoir été en relation en octobre avec le Syrien Jaber al-Bakr à Chemnitz (Allemagne). Il commandite une attaque menée le sur un policier à Constantine (Algérie).
Il est tué par un drone le 26. ou à Raqqa. Le Pentagone précise qu'El Hakim est .
Chérif et Saïd Kouachi
Peter Cherif