L’attentat d'Aniche est un attentat qui a eu lieu en France, le devant l'église d'Auberchicourt lors des cérémonies du cinquantenaire d'entrée de Émile Vuillemin à la Compagnie des mines d'Aniche. Ce jour-là, Clément Décout, après avoir été licencié deux ans plus tôt, tente de tuer Émile Vuillemin par quatre ou cinq tirs de pistolet puis d'une bombe.

Vuillemin survit, seulement blessé légèrement, tandis que Décout est tué par sa propre bombe, qui explose trop tôt.

Contexte

Le , la loi légalisant les syndicats professionnels ouvriers et patronaux est votée à l'initiative de Pierre Waldeck-Rousseau. Le a lieu la première célébration française et internationale de la journée d'action du . Ce jour-là, à Fourmies, la troupe tire sur des grévistes, faisant neuf morts et 35 blessés. Ainsi la mise en place du syndicalisme est un long parcours. La Confédération générale du travail ne verra le jour qu'en 1895.

Le Conseil de prud'hommes est remanié par la loi du , qui confère à l'institution un élément fort de sa forme actuelle avec l'apparition du paritarisme.

Le , Amédée Pauwels tente de commettre un attentat dans l'église de la Madeleine à ParisL'Éphéméride anarchiste : L'explosion prématurée de la bombe de Pauwels..

Attentat vignette|L’église d’Auberchicourt en 1906. vignette|L'attentat d'Aniche par Paul Destez. vignette|Attentat d'Aniche - Le Monde illustré, dessin de Mouligné. La Compagnie des mines d'Aniche célébrait, le dimanche , le cinquantième anniversaire de l'entrée à la Compagnie d'Émile Vuillemin, 74 ans, ingénieur-directeur. Une fête avait été organisée à l'occasion de ce jubilé avec un banquet de couverts qui devait réunir le personnel de la Compagnie. Une souscription avait été ouverte parmi les ouvriers pour offrir au directeur, à l'occasion de ses noces d'or, un souvenir artistique en un vase d'argent ; vingt-trois ouvriers seulement ont refusé d'y prendre part.

Une messe solennelle avait été dite dans la matinée en l'église d'Auberchicourt et Émile Vuillemin sortait vers dix heures et demie de l'église d'Auberchicourt, entouré des ingénieurs et des actionnaires de la mine, pour se diriger vers le banquet, lorsqu'un homme, vêtu en ouvrier, se précipita à sa rencontre, un revolver au poing et fit feu sur lui à cinq reprises.

Le directeur tomba, atteint de quatre balles : de deux balles à la nuque, d'une balle dans le dos et d'une autre dans la main.

La panique fut épouvantable. Les assistants s'enfuirent de tous côtés on poussant des cris. Le petit-fils de Vuillemin, âgé de treize ans, remonte en voiture et crie .

Quatre personnes gisaient, à terre : M. Devès, notaire à Paris, blessé à la figure, aux bras et aux jambes ; M. André Bernard, de Courrières, blessé à la tête ; M. Henri Minangoy, de Paris, blessé au front ; M. Gourdin, agent de mines à Auberchicourt, blessé à la tête.

M. Ernest Déjardin-Verkinder, ancien député du Nord, administrateur de la mine d'Aniche, a également reçu un coup de revolver en pleine poitrine mais la balle a été amortie et n'a causé qu'une plaie confuse.

Les blessés sont amenés à l'estaminet Briffaut-Masclet (l'actuel café Le Bernonville).

On raconte que le père de Decout, présent lors de l'attentat, se précipita sur le cadavre de son fils et le frappa du pied en criant : . On mit fin à cette scène.

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Enquête De l'enquête sommaire à laquelle on s'est livré, il a été reconnu que Decout, qui portait la bombe cachée sous son veston, a voulu la lancer au milieu des ingénieurs et des administrateurs qui entouraient M. Vuillemin mais qu'au moment de la prendre, il l'aura laissée tomber à terre, provoquant ainsi une explosion qui lui a coûté la vie. On suppose que l'engin était chargé de picrate et de dynamite mélangés. Enfin, il est certain qu'on se trouve en présence d'une vengeance personnelle préméditée depuis longtemps.

Cet événement a provoqué une vive émotion à Aniche, à Douai et dans toute la région, où l'indignation est générale. Le préfet du Nord et la gendarmerie se sont aussitôt rendus sur les lieux du crime. Le revolver de l’assassin n'a pas été retrouvé. Une perquisition a été faite à Waziers, au domicile de l'anarchiste.

M. Vuillemin a été reconduit en voiture à son domicile ; ses blessures sont peu graves et son état est satisfaisant.

Protagonistes Clément Décout

Clément Décout est originaire de Bruille-lez-Marchiennes où il est né le , fils de Clément Décout et de Ferdinande Ségard. Célibataire, il demeure à Waziers, près de Douai, où il travaille chez Cail. Il passait dans le pays pour avoir des idées anarchistes, défilant de village en village avec le drapeau rouge.

Clément Décout est un mineur renvoyé de la Compagnie des mines d'Aniche après la grève de 1893. Il a vingt-six ans au moment des faits. Après sa mort, il est transféré à la mairie d'Auberchicourt (l'actuelle poste) puis remis à la famille. Le corps est transféré au domicile du père. Le parquet de Douai émet un ordre d'enterrement immédiat pour éviter toute manifestation. Le maire de Waziers, le garde champêtre et deux gendarmes se rendront au domicile où se tenaient le père et des femmes.

. Les gendarmes et le garde champêtre, aidés par un artilleur en congé, durent exécuter la mise en bière car l'assistance s'opposait. Clément Décout fut enterré à minuit dans une fosse préparée. Sa sœur cria ..

Émile Vuillemin vignette|M. Émile Vuillemin, directeur de la Compagnie des mines d'Aniche.

Émile Vuillemin était officier de la Légion d'honneur, épinglée par Sadi Carnot. Il survit à l'attentat, légèrement blessé.

Réactions Chaque classe, avec sa vision de l'événement et son interprétation, déploie sa presse. La presse s'enflamme et de vives oppositions s’ensuivent avec des écrits tranchés.

Patronale . .

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Ecclésiastique .

Prolétaire Danse du scalp Jean Grave est un membre important du mouvement anarchiste français. Il crée, le , la revue Les Temps nouveaux et il s'exprime sur l'attentat d'Aniche en ces termes :

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Internationale

Numismatique Il existe une médaille commémorative du jubilé : Émile Vuillemin, Ingénieur Directeur, 50 années de services. Médaille 1895. Buste à gauche. Par Daniel-Dupuis. (Florange, – Müseler, ). Bronze. 50 mm. CorneVoir en ligne .

Notes et références

Aniche Aniche Catégorie:1895 en France Catégorie:Août 1895 Catégorie:Histoire des Hauts-de-France