La Gécamines, ou Société générale des carrières et des mines (GCM), fondée en 1972 et successeur de l'Union Minière du Haut-Katanga, est une société commerciale de droit privé détenue à 100 % par l’État de la république démocratique du Congo, qui concentre ses activités autour de la prospection, la recherche et l’exploitation de réserves minières dans l’ancienne province du KatangaGecamines, historique (sur le site internet du groupe, consulté : 2013-03-16).

Gécamines est historiquement basée à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga.

Les exploitations minières du Katanga, situées sur de vastes gisements miniers de la Copperbelt, ont fait de la Gécamines le poumon économique d'une série d’États qui ont donné l'actuelle république démocratique du Congo. Elle est créée en 1967 pour remplacer la société belge l'Union minière du Haut Katanga (UMHK), et travaillant au sein de plusieurs sites industriels et concessions dont les sièges sont à Lubumbashi, Likasi (à de Lubumbashi) et Kolwezi (à près de de Lubumbashi).

La Gécamines et les entreprises qui l'ont précédée ont été économiquement et politiquement dominants dans la région et dans la province du Katanga, source de la fortune minière de Kolwezi et longtemps présente « de la vie à la mort » pour la plupart des Katangais.

Histoire

Origines de l'exploitation minière au Katanga Les origines de la Gécamines remontent aux débuts de la prospection et de l'exploitation minière par les Européens sur le territoire de l'actuelle république démocratique du Congo (RDC). Le , l’explorateur portugais José de Lacerda rédige un rapport qui mentionne l'existence de mines de cuivre et d’or possédées par un chef du nom de Cazembe, en guerre selon lui avec un autre chef dont la terre produisait du cuivre jaune. En 1806, Burton et Speke (1858) et Cameron (1874), signalent à leur tour l'existence de ces mines. En 1893, après quatre expéditions menées par Lucien Bia, Émile Francqui et Paul Le Marinel, le géologue Jules Cornet établit la carte minéralogique du Katanga.

À la fin du , la Société générale de Belgique prospecte les ressources minières du Bassin du Congo. Elle s'associe avec l'homme d'affaires belge Albert Thys, arrivé dans l'État indépendant du Congo depuis 1887 et fondateur de la Compagnie du Congo pour le commerce et l'industrie (CCCI), dont la Société générale de Belgique était l'actionnaire principal.

Avec la CCCI, Thys crée la Compagnie du Katanga le . Il explore le Katanga avec Jules Cornet, qui y découvre un potentiel minier remarquable pour le cuivre.

Au même moment, l'homme d'affaires anglais Cecil Rhodes lance une exploration du Katanga, financé par Robert Williams, qui vient lui du secteur des diamants. Le à Londres, ils créent ensemble la Tanganyika Concessions Limited (TCL), dont Rhodes confie la direction à Robert William (qui en est aussi administrateur).

La Compagnie du Katanga de Thys doit se substituer à l'État pour explorer les gisements de la région et étudier leurs potentialités minières. Elle obtient en compensation de ce travail de prospection une concession exclusive pour l'exploitation des ressources minières égale à un tiers de toute la région pour une durée de 99 ans.

Pour répondre à la difficulté de cadastrer une telle surface, une compagnie ad hoc, le Comité spécial du Katanga (CSK), est créée le pour gérer les terrains privés et de l’État. Celui-ci en est actionnaire (pour les 2/3 des parts) et la CSK pour 1/3.

Le , Robert Williams signe un accord avec le CSK, qui lui permet ainsi qu'à la TLC d'explorer le Katanga durant cinq ans. Sa prospection géologique débute en 1900 et permet de mettre au jour une grande partie des gisements encore exploités en 2013, c'est-à-dire plus d'un siècle plus tard par Gécamines.

De l'UMHK à la Gécamines Le naît l'Union minière du Haut Katanga (UMHK) de la fusion d'une compagnie fondée par le roi des Belges Léopold II cette même année et de la Tanganyika Concessions Ltd (TCL). Cette dernière avait été également créée par Léopold II en concertation avec Jean Jadot de la Société générale de Belgique et Hubert Droogmans (secrétaire général du département des finances de l'État indépendant du Congo).

La Société générale de Belgique et la TCL deviennent les deux actionnaires de l'UMHK à parts équivalentes, le Comité spécial du Katanga étant cosignataire. Ces trois entités disposaient chacune d'un secrétaire général dans la société. L'UMHK abonde au capital et en échange obtient l'accès aux rapports et documents rédigés par les géologues, ainsi que les études d'investissements. L'exploitation commence cette même année 1906. Le Katanga appartenant au Congo belge, la nouvelle société est dirigées de Bruxelles d'où le conseil d'administration transmet ses directives au président du comité de direction d’Élisabethville et à un représentant de l'Administration centrale basé au Congo.

Une usine de traitement des minerais riches oxydés par fusion réductrice est construite en 1909. La société bénéficie de l'énergie hydroélectrique fournie par 4 centrales proches exploitées par des filiales de l'UMHK, comme la Société générale des forces hydroélectriques du Katanga (SOGEFOR). Les ventes de minerais sont réalisées par un intermédiaire, la Société générale des minerais, qui est en fait affiliée à l'UMHK.

Lorsque l'indépendance du pays se précise, Louis Wallef, jusqu'ici administrateur, est nommé directeur de l'UMHK en 1959. Il devient vice-président en 1963, puis président en 1965 jusqu'à la nationalisation de l'entreprise entre 1966 et 1967.

De la nationalisation à la privatisation de la Gécamines (2010) En 1967, l'Union minière du Haut Katanga (UMHK) est évincée par la nationalisation de ses installations congolaise ordonnée par le président Mobutu. La Générale Congolaise des Minerais (GECOMIN) est ainsi fondée afin de reprendre ses activités. En 1970, la GECOMIN devient la Générale Congolaise des Mines (GÉCOMINES), puis en 1972 la Générale des Carrières et des Mines (GÉCAMINES).

En 1984, le groupe évolue vers une holding à trois filiales : Gécamines exploitation, Gécamines commerciale et Gécamines développement . En 1995, ces filiales sont regroupées au sein de la Gécamines.

Par les taxes qu'elle a versé à l’État elle a été la principale source de revenus du pays, avec jusqu'à 368 millions de dollars versés en impôts, taxes et droits divers en 1988. La Gécamines, via sa filiale Sino-Congolaise des Mines (SICOMINES) a aussi financièrement investi dans les infrastructures routières du pays (grands chantiers des grands travaux du Gouvernement de la République).

Une crise affectant le secteur minier katangais dans les années 1990 et le contexte de guerre civile dans le pays entre 1996 et 2002 ont entraîné des difficultés pour la Gécamines, se traduisant par des retards de paiement du personnel de près de 36 mois de rémunération avec perte d'autres avantages acquis, et un retard de 56 mois de versement de pension alimentaire pour le personnel.

Le manque d'entretien des infrastructures a également été, à partir des années 1970, a causé une perte de la production minière de l'entreprise, jusqu'à l'effondrement au début des années 1990.

La Banque mondiale a alors apporté des financementsCollectif des Ex – Agents GECAMINES licenciés massivement et abusivement dans l'opération dite « Départs volontaires » (2009), Requête au panel d'inspection de la Banque mondiale ; Likasi, le 19 février 2009-02-19.

En 2002, à l'issue de la deuxième guerre du Congo, un Code minier définissant les règles du secteur minier est adopté. Le secteur est libéralisé en 2003. Ce Code comporte notamment des exonérations fiscales pour les investisseurs du secteur minier. Il impose pour la première fois aux industries minières de mettre en place des projets de développement durable pour les communautés affectées par leurs activités minières, avec le soutien de l'Organisation des Nations unies et de l'UNICEF en faveur de la responsabilité sociale des entreprises.

La Gécamines se présente alors comme une entreprise publique en cours de transformation en une société commerciale dont l'État demeure encore l'unique actionnaire. Au terme du processus de transformation, son capital sera ouvert aux privés.

En difficultés économiques, la Gécamines est placée par la Banque mondiale sous le régime de contrat de gestion à objectif. Celui-ci est confié à la Société française de réalisation et de construction (SOFRECO) conjointement avec les mandataires nationaux sélectionnés par le comité de pilotage et de restructuration des entreprises publiques (COPIREP) dans le cadre d'un programme de restauration mené de 2006 à 2008. L'avocat canadien Paul Fortin est nommé administrateur directeur général de la Gécamines. Celle-ci mise sur un partenariat avec la Chine pour relancer la production de l'entreprise. Les activités de production de la Gécamines sont développées dans les trois groupes : Ouest (Kolwezi), Centre (Likasi) et Sud (Lubumbashi)Gécamines, Présentation (voir III. Configuration actuelle de la Gécamines, ses activités), consulté 2013-03-06.

En 2009, Paul Fortin présente sa démission de la direction de la Gécamines.

Depuis 2010, modernisation et corruption

En 2010, la Gécamines devient une société commerciale de droit privé. L’homme d’affaires et financier congolais Albert Yuma, par ailleurs président de la Fédération des entreprises du Congo depuis 2014 est nommé président du conseil d'administration de la Gécamines, pour donner à l'entreprise une gestion de type privée et rétablir la situation de la société. Il met en place un plan de développement de la Gécamines sur cinq ans pour relancer l’entreprise à travers la mise en place de joint-ventures avec des partenaires internationaux, la modernisation des techniques de production pour reconstruire la capacité industrielle de l'entreprise, la maîtrise de l'endettement et la réduction du nombre de salariés.

Mi-2012, la compagnie est encore en difficulté, mais sa direction insiste sur le fait qu'elle a et qu'elle reste (35,6 millions de dollars en 2011 et 207 millions en 2012). La Gécamines a réussi à trouver 270 millions de dollars prêté par la Banque sud-africaine de développement pour soutenir son plan de relanceLe Congolais (2012) Une banque sud-africaine vole au secours de la Gecamines avec 270 millions de dollars, 2012-08-04, consulté 2013-06-16

Albert Yuma présente en 2016 un plan de relance visant à maîtriser l’endettement de la Gécamines, à limiter ses coûts de fonctionnement et à moderniser l’entreprise en investissant 717 millions de dollars jusqu’à 2020 grâce à l’augmentation de la production. Le , le directeur général de la Gécamines Jacques Kamenga annonce le lancement des travaux de construction de deux nouvelles usines de production de cuivre et de cobalt dans le Lualaba à Kolwezi et à Kambove en 2018 pour parvenir à cet objectif.

En , une révision du Code minier modifie et complète les dispositions de l’ancien code de 2002 qui avait ouvert la voie à la libéralisation du secteur. Cette refonte du droit minier modifie les dispositions légales applicables en matière de prospection et vise en particulier à contrôler davantage les entreprises minières internationales installées en République démocratique du Congo et à accroître les recettes fiscales de l’État congolais dans un contexte de hausse des cours du cobalt. Il reçoit le soutien de la Gécamines et du président de son conseil d’administration Albert Yuma, pour qui le nouveau code permettra de conclure des partenariats plus égalitaires avec d’autres entreprises internationales.