L'église Notre-Dame est une église catholique paroissiale située à Chamant, dans le département de l'Oise, en France.
Son clocher roman a été bâti à la suite de la fondation de la paroisse en 1129. Il a été complété par un flèche octogone en pierre au cours du , qui en fait un ensemble remarquable, représentatif des clochers d'Île-de-France. Le chœur roman a été remplacé par une construction gothique rayonnant d'une grande simplicité vers 1260 ou quelques décennies après. Ce chœur actuel n'est pas voûté, et son seul ornement sont les trois fenêtres au remplage de type rayonnant tardif. Le reste de l'église a été rebâti pendant la première moitié du . Seulement la chapelle de la Vierge au sud de la base du clocher et du chœur est voûtée d'ogives dès le départ. La nef et son unique collatéral au sud sont à l'origine d'une facture sommaire. Entre 1863 et 1877, une restauration discutable financée par Napoléon III apporte un voûtement néogothique, et une décoration intérieure dans le style troubadour. Les seuls éléments authentiquement gothiques flamboyants de la nef et du collatéral sont les grandes arcades et le portail méridional, qui est de belle facture. L'église Notre-Dame a été classée aux monuments historiques par arrêté du .. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-Rieul de Senlis. Les messes dominicales y sont célébrées d'octobre à avril à , sauf le premier dimanche du mois.
Localisation L'église Notre-Dame est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le Parc naturel régional Oise-Pays de France, au nord de Senlis et à l'est de la forêt d'Halatte, sur la commune de Chamant, à l'est du bourg, rue de la baronne Léonino. L'élévation méridionale donne sur une place de forme triangulaire, qui se rétrécit vers le sud, et qui est délimitée par la rue au sud-est. La rue passe devant le chevet. Un parking est situé le long de l'élévation septentrionale. Il n'y a pas de façade occidentale, mais un simple mur, qui donne sur la cour du presbytère. L'église n'est pas bordée de constructions mitoyennes, et hormis son mur occidental qui est sans intérêt, elle est bien visible de tous les côtés. Le cimetière autour de l'église a été désaffecté au milieu du . L'actuel cimetière sur la route de Balagny-sur-Aunette a été inaugurée en 1832.
Histoire L'histoire de la paroisse vignette|redresse|Approche par le sud, rue de la baronne Léonino. vignette|redresse|Vue depuis le nord-est. vignette|redresse|Plaque commémorative pour l'abbé Ernest Boulanger. thumb|L'abbé Boulanger, curé de Chamant
Le village de Chamant est connu depuis la fin du ., et est érigé en paroisse en 1129.. Presque aussitôt, la paroisse de Malgenest, village disparu près de la chapelle de Bonsecours au nord de Senlis, lui est rattachée.. Sous l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné et du diocèse de Senlis. Le collateur de la cure est le chapitre de la cathédrale Notre-Dame de Senlis. Ce patronage est confirmé par une bulle pontificale donné par Luce III le à Velletri.. La seigneurie de Chamant appartient également au chapitre cathédral jusqu'à la fin du , quand elle est vendue aux Rouvroy de Saint Simon (c'est par erreur que Louis Graves indique l'évêque comme seigneur). Sous la Grande Jacquerie en 1358, l'église du Plessis est entièrement détruite. Par décision du , l'évêque de Senlis, Adam II de Nemours, réunit sa paroisse à celle de Chamant. Le Plessis devient ainsi le hameau du Plessis-Chamant.. Graves rapporte qu'en cas d'occasions critiques, comme le dimanche après l'Assomption de l'année 1392 quand le roi Charles VI vient de subir ses premières crises de folie, le clergé de Senlis se transporte en procession à Chamant. La foule est nombreuse avec la participation de tous les chapitres, congrégations religieuses et paroisses de la ville. Un personnage illustre est nommé curé de Chamant en 1505 : il s'agit de Charles de Blanchefort, neveu du cardinal Pierre d'Aubusson. Deux ans plus tard, il est nommé évêque de Senlis..
La Révolution française reste sans impact majeur sur l'exercice du culte à Chamant, ce qui est un fait exceptionnel, car sous la Terreur, la plupart des églises sont transformées en temples de la Raison en automne 1793, et le culte catholique reste interdit jusqu'au printemps 1795 au moins. Les prêtres qui continuent de célébrer l'Eucharistie clandestinement risquent la déportation. À Chamant, l'abbé Antoine Henry Arnould Bloquet, curé depuis 1784, n'a pas de crainte, car il est maire-adjoint depuis la création de la commune. Il ne rencontre pas de difficultés, et n'est pas dénoncé. À l'instar des quatre cinquièmes des prêtres du diocèse de Senlis, il a prêté serment sur la constitution civile du clergé, mais cet acte a rarement protégé les confrères de représailles au cas d'une dénonciation. Le presbytère, qui se compose de deux ailes probablement du et d'une grosse tour du , est vendu comme bien national à un cultivateur de Chamant, et l'abbé Bloquet doit se loger ailleurs. Le concordat de 1801 pérennise la liberté du culte, et apporte le rattachement du département de l'Oise au diocèse d'Amiens : le siège épiscopal de Senlis n'est plus pourvu. Le 15 thermidor de l'an XII, Jean-Chrysostôme de Villaret nomme de nouveau l'abbé Bloquet comme curé de Chamant et de la commune voisine de Balagny-sur-Aunette, qui finit par être annexée à Chamant en 1825.. L'abbé Bloquet nomme trois marguilliers, et établit le budget annuel pour la paroisse. Il table sur un total de , dont pour le traitement du prêtre, pour louer une maison pour le loger, pour les chantres, pour l'entretien des ornements liturgiques et du linge, pour l'entretien des deux églises, et six francs bour le sacristain..
Après le départ de l'abbé Bloquet en 1811, la cure de Chamant demeure vacante. La desserte paroissiale est assurée par un vicaire de Senlis et des anciens religieux de l'abbaye Saint-Vincent de Senlis, qui a été dissoute à la Révolution à l'instar de l'ensemble des établissements religieux de France. Le , Chamant est pillé par les troupes prussiennes.. En 1816, un curé est enfin nommé avec l'abbé Vimeux, qui est fort apprécié de la population, et reste jusqu'en 1833. Il rachète le presbytère sur ses propres deniers, et s'y installe (ses héritiers, les Rayez, le cèdent à la commune en 1861). Entre-temps, en 1822, le diocèse de Beauvais est rétabli, et regroupe désormais l'ensemble du département de l'Oise, avec la totalité du diocèse de Senlis sauf Survilliers. Pendant une longue période qui s'étend jusqu'en 1856, la cure demeure pour une nouvelle fois vacante. Des professeurs du lycée Saint-Vincent de Senlis (qui sont tous des prêtres séculiers), l'aumônier de l'hôpital de Senlis, et le curé de Villers-Saint-Frambourg se relaient pour lire les messes. En 1884, l'abbé Crétenet est suspendu de ses fonctions comme curé de Chamant à la demande du maire, car ayant injurié l'un des enfants préparant la première communion. Pour le remplacer, un jeune prêtre encore inexpérimenté est nommé. C'est l'abbé Ernest Boulanger, qui parvient à calmer le scandale et gagne la confiance de tous les habitants. Lors de la mise en œuvre de la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905, il adopte une attitude ferme et digne tout en évitant l'affrontement avec les représentants de l'État. Sous la Première Guerre mondiale, il montre son courage et sa compassion. En 1928, il se retire au bout de quarante-quatre ans de ministère, et meurt le l'année suivante. Une plaque commémorative exprime la reconnaissance des paroissiens.
L'abbé Boulanger n'est pas remplacé pendant longtemps. Des professeurs du lycée Saint-Vincent reprennent le service paroissial, dont notamment des pères maristes (Société de Marie, SM). Au cours du , les paroisses de Barbery et de Mont-l'Évêque sont définitivement réunies à la paroisse de Chamant. Le dernier curé de Chamant est le père Gérard Noblet, lui aussi mariste. Né le à Paris, il est ordonné prêtre en 1947, et muté à Londres en 1965, avant d'être nommé curé de Chamant et aumônier du lycée Saint-Vincent en 1981. Le père Gérard Noblet prend sa retraite en 2004, mais reste actif jusqu'à sa mort le .. En 1996 déjà, la paroisse de Barbery, Chamant et Mont-l'Évêque avait perdu son indépendance en étant transformée en une communauté au sein de la nouvelle paroisse Saint-Rieul de Senlis, qui est l'une des quarante-cinq nouvelles paroisses définies en cette année.. C'est une très grande paroisse qui regroupe l'ancienne ville épiscopale et seize petites communes des environs, dont deux (Chamant et Rully) possèdent deux églises, et un village (Villeneuve-sur-Verberie) en compte même trois. Avec de Mauny, prêtre-coopérateur à la retraite, Chamant a toujours un prêtre résident. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Notre-Dame d'octobre à avril à , sauf le premier dimanche du mois, quand elles se tiennent à Barbery. Pendant les autres mois, les messes dominicales ont lieu à Mont-l'Évêque.
L'histoire de l'église vignette|La base du clocher représente la partie la plus ancienne de l'église.
Selon Dominique Vermand, qui a étudié la plupart des églises du département, aucune partie de l'église actuelle n'est antérieure à la fondation de la paroisse en 1129. Eugène Müller estime pour sa part que la base du clocher remonte à la fin du ou au début du , et s'appuie notamment sur les colonnettes à chapiteaux.. Raymond Poussard a mal lu l'ouvrage du chanoine ; tout en faisant confiance à la datation que ce dernier suppose, il mentionne des dates que Müller n'indique pas. Louis Graves a visité l'église avant sa dernière transformation, mais mentionne une fois deux courts transepts (il veut dire croisillons du transept), tout en rappelant plus tard qu'une chapelle du flanque la base du clocher au nord.. Cette contradiction permet de douter du bien-fondé du bref descriptif fourni par Graves, et aucun auteur ne revient sur l'existence antérieure d'un croisillon nord, rendue peu probable par l'existence d'une baie romane au nord de la base du clocher. Hormis la base et les deux premiers étages, qui ne sont entièrement visibles que depuis le nord, le mur septentrional de la nef pourrait également subsister de la première église. Les fenêtres ont été refaites pendant le second quart du , mais les traces de deux petites baies bouchées demeurent visibles à l'extérieur, côté nord. L'étage de beffroi du clocher est daté de 1125 environ par Eugène Müller, tandis que Dominique Vermand sous-entend une date de construction légèrement plus tardif. La flèche en pierre est de toute évidence inspirée par la tour sud de la cathédrale de Senlis, et n'appartient plus à la période romane. D'après Dominique Vermand, elle n'est pas antérieure à la fin du . Jean-Pierre Trombetta ne l'étudie pas, mais la situe à une période non précisée du siècle suivant.. vignette|Nef, grandes arcades flamboyantes.