James Hamilton de Bothwellhaugh (mort en 1581) est un partisan de Marie Stuart qui a assassiné James Stewart, de Moray, régent d'Écosse, en Donaldson 1977, p. 93.Howie-Stewart 1846, p. 51..
Famille James Hamilton est issu du clan Hamilton de Bothwellhaugh, près de Hamilton dans la vallée de la Clyde, fils de David Hamilton et Christian ShawFinlayson Henderson p. 171.. Les terres sont toujours la propriété des ducs de Hamilton, mais le village de Bothwellhaugh n'existe plus.
Des frères de James sont aussi accusés du meurtre, Arthur, appelé plus tard de Bothwellhaugh, James, prévôt de Bothwell, et David Hamilton de Monktonmains dit aussi plus tard de Bothwellhaugh. David aurait assisté à la mort du Régent Lennox en 1571 Laing, David, ed., Original letters of John Colville, Edinburgh (1858) p. 73..
James Hamilton épouse Isobel Sinclair, fille d'Oliver Sinclair et Katherine Bellenden et cohéritière de Woodhouselee, un château près de Penicuik dans le Midlothian. La sœur d'Isobel épouse David, frère de James Notes & Queries, (3rd series XII, 6 July 1867), p.10-11..
Contexte Comme la plupart des membres de sa famille, James est un partisan de Marie Stuart, reine d'Écosse, et combat pour elle contre le régent James Stewart, comte de Morey et demi-frère de Marie, à la bataille de Langside en 1568. James est fait prisonnier mais est épargné. Selon l'historien du David Calderwood, c'est le réformateur John Knox qui obtient sa libération Calderwood, David, History of the Kirk in Scotland, vol.2, (1843), p.417..
Marie Stuart emprisonnée, son propre fils James VI règne sur l'Écosse avec son demi-frère James Stewart qui commence une politique de pacification. Les Hamilton eux, restent fidèles à Marie Tudor.
Une histoire traditionnelle (rapportée dans une fiction de Walter Scott, la ballade Le château de Cadyow)Mason 2013, p. 51. veut que James ait été ennemi du Régent à cause de l'expulsion de sa femme et de son enfant du domaine de Woodhouselee. James Hamilton aurait donné le domaine à James Ballenden pour s'assurer la liberté après la bataille de Langside. Bellenden aurait pris possession du domaine au milieu de la nuit, laissant dehors dans le froid la femme et le bébé de James Hamilton seulement vêtus de leurs habits de nuit. Les fantômes de la femme et de l'enfant hanteraient encore le château et leurs cris auraient été entendus par les habitants alentour.
Le domaine de Woodhouslee a été cédé pour quarante années aux Bellenden après l'assassinat. L'histoire qui veut que James Hamilton aurait donné Wooddhouselee à James Bellenden après la bataille de Langside apparaît pour la première fois dans l'Histoire de John Spottiswood, sans l'expulsion du logementJohn Spottiswoode, History of the Church and State in Scotland, vol.2, Edinburgh (1851), p. 119..
Les principales causes de l'assassinat sont enracinées dans les rivalités politiques de l'époque, et on suppose que l'oncle de James Hamilton, l'évêque de Saint-Andrews John Hamilton, était au courant du complotFraser 1993, p. 339, 486. (John peut avoir été le frère de la mère de James, Christian Shaw, ou bien le terme « oncle » peut avoir été un titre de courtoisie).
Peu après le meurtre de Moray, son secrétaire John Wood est également assassiné, ce second meurtre plaidant pour les historiens, dont le contemporain George Buchanan, en faveur de motifs politiques et non privés.
Assassinat Préparation vignette|160px|Détail d'un vitrail de la Cathédrale Saint-Gilles d'Édimbourg. Moray est nommé régent d'Écosse après l'abdication de Marie Stuart en 1567, et affronte ses partisans. Il fait brûler le château de Rutherglen en 1569 en représailles contre les HamiltonMason 2000.. James Hamilton décide de tuer Moray et voyage jusqu'au Marches écossaises, Édimbourg, York, Perth, Glasgow et Stirling sans qu'aucune occasion ne se présente. Enfin, il se rend à Linlithgow chez le prévôt Charles Drumond, frère du Maître des travaux de la couronne d'Écosse Robert DrummondA Diurnal of Remarkable Occurents in Scotland, Bannatyne Club, (1833), p. 156..
Quand Moray quitte son domaine pour se rendre à Édimbourg, une occasion se présente. Hamilton a six complices issus de sa famille proche, et prépare l'assassinat avec soin dans une galerie de bois en surplomb d'une des maisons des Hamilton.
John Knox informe son secrétaire Richard Bannatayne du danger que représente la visite de Moray à Linlithgow, le secrétaire avertit alors Agnes Keith, femme du Régent. Knox a appris que l'attentat doit se dérouler sur High Street et fait suggérer un autre itinéraire, en vainRichard Bannatyne, Memoriales of Transactions in Scotland, Bannatyne Club (1836), p.4..
Leith Ritchie rapporte les préparatifs ainsiLeitch Ritchie, Scott and Scotland, (1835), 214-244]. : Hamilton dépose des plumes sur le sol pour étouffer les bruits de ses pas, suspend un habit noir au mur pour masquer son ombre et se munit d'une carabine à platine à mèche et canon rayé pour la précision. Tous les accès sont barricadés ou bloqués par des buissons d'ajoncs épineux ; une source de l'époque rapporte qu'un cheval sellé l'attendRitchie 1835, p. 219..
Exécution thumb|160px|Plaque commémorative près du lieu de l'assassinat. Le Spottiswoode, John, History of the Church in Scotland, vol. 2, Oliver & Boyd (1851), p. 120. mentionne la date à l'ancienne du samedi 23 janvier 1569-70 « », bien que le samedi tombât le 21 janvier cette année-là, voir Reference calendar., James Hamilton fait feu sur le Régent depuis une fenêtre masquée par du linge et le blesse mortellement.. Un tableau de George Cattermole dépeint la scène, mais l'arme représentée est un mousquet à mèche et non l'arme utiliséeRitchie 1835, p. 222..
Après une chevauchée désespérée, poursuivi par les hommes du Régent, James trouve refuge chez sa parentèle à HamiltonRitchie 1835, p. 223.. Selon George Buchanan, le cheval a été fourni par Lord John Hamilton, Marquis de Hamilton et abbé d'Arbroath. Buchanan écrit que le coup fatal a aussi tué un cheval d'un des compagnons de Moray. Le Régent a dessellé, blessé sous le nombril, et il gagne son logement et meurt le même jour dans l'heure avant minuit au Palais de Linlithgow selon le Diurnal of OccurentsGeorge Buchanan, History of Scotland (trans. Aikman), vol.2 Glasgow (1827), vol. 19, chapitre 52-3, pp.571-572 :A Diurnal of Remarkable Occurents in Scotland, Bannatyne Club, (1833), p.156.
Les événements sont rapportés par le journal de l'époque de Robert BirrelBirrel's Diary in Dalyell, J.G., ed., Fragments of Scottish History, Edinburgh (1798), section II, p. 18. :
L'historien du David Calderwood donne plus de détails sur le tir : « sur une hacquebute à crocs, à travers une fenêtre à volets, depuis un escalier masqué par du linge à sécher pour cacher la fumée et rendre l'endroit moins visible »David Calderwood, History of the Kirk in Scotland, vol. 2, (1843), pp. 510-111, (cette partie de l'Histoire de Calderwood ne figure pas dans les éditions précédentes)..
Conséquences Funérailles et guerre civile Les nouvelles de l'attentat se propagent rapidement jusqu'en Angleterre. Le , le maréchal William Drury sait que le Régent est mort, qu'Hamilton s'est échappé, que la maison de l'évêque à Linlithgow a été incendiée et que le fusil de l'assassin appartient à Lord John Hamilton, abbé d'Arbroath. Le , la reine Élisabeth à Londres est informée de l'attentat mais ne sait pas que Moray est mort. Selon David Calderwood, la nuit suivant la mort de Moray, Walter Scott Baron de Buccleuch et Thomas Ker de Ferniehirst lancent une attaque à la frontière anglaise pour soutenir la conspirationDavid Calderwod, vol. 2 (1843), p. 513..
Le corps du Régent est d'abord amené à la chapelle royale du palais de Stirling, puis emmené par bateau sur le Forth à Leith puis au palais de Holyrood A Diurnal of Remarkable Occurents in Scotland, Bannatyne Club, (1833), pp. 156, 158.. Moray est inhumé à la cathédrale Saint-Gilles d'Édimbourg, sa dépouille portée par six comtes et lords, et ses armoiries portées par William Kirkcaldy de Grange. John Knox avait interdit les sermons funèbres « pour la raison qu'ils glorifient le défunt et affichent une distinction entre riches et pauvres » mais cette interdiction fut levée pour l'occasionJasper Ridley, John Knox, OUP 1968, p. 488.. Sa femme, Agnès Keith, avait commandé un monument en pierre, mais celui visible à l'époque moderne est une réplique datant de 1864, de même que le vitrail de la cathédrale représentant l'assassinatMarshall, p. 72..
Le demi-frère de Moray, William Douglas de Morton, demande l'arrestation des chefs du clan Hamilton. Kirkcaldy de Grange refuse de mener combat contre tous les membres de la famille. Après une bataille au pont de Linlithgow fin s'ensuit une période de guerre civile en Écosse jusqu'au siège d'ÉdimbourgCalendar of State Papers, Scotland, vol.3 (1903), pp.55-6, 59-62, 84, 96-7, 142..
Après quelque temps, James Hamilton quitte le pays et part pour la France où il offre ses services aux de Guise, parents de Marie Stuart. Néanmoins, quand on lui demande d'assassiner le comte de Coligny, il refuse arguant qu'un homme d'honneur a le juste droit de régler ses querelles personnelles mais pas de tuer pour les autres.
Son oncle John Hamilton, évêque de Saint-Andrews est capturé, jugé pour Art and Part (complicité) dans la mort du Régent et pendu à StirlingDawson, Scotland Reformed, pp. 275–276..
Deux courriers au moins seront interceptés et conservés par le secrétaire d'État William Cecil. Dans l'un, James Hamilton demande une aide financière à Marie Stuart car il a perdu « tout ce qu'il avait pour vivre pour le service de Sa Majesté ». L'autre, écrite après la mort de l'évêque, demande à ses frères David et John de lui envoyer ses fusils, pistolets et une cuirasse pour se protéger des balles'HMC: Calendar Manuscripts Salisbury Hatfield, vol. 1 (1883), p.482 no.1514 ; vol.2 (1888), p.1 no.1..
Verdict Le Parlement d'Écosse déclare rebelle le clan Hamilton en après la prise de leurs places-fortes en mai. Le et le , le parlement entend un rapport sur le meurtre du Régent, James Hamilton est dit de Woodhouselee et de Woodhouselee dit Bothwellhaugh dans les registres. Il y est dit avoir tiré deux fois sur le Régent Moray dans le ventre et au nombril le avec un fusil chargé de deux balles de plomb. Par sa fuite en France, il assume sa trahison et le meurtre. Le rapport est issu du témoignage d'Arthur Hamilton de Myreton, capitaine d'Hamilton, exécuté à Stirling pour avoir pris part au meurtre The Records of the Parliaments of Scotland to 1707, K.M. Brown et al eds (St Andrews, 2007-2012), 1579/10/16 : Acts of the Parliaments of Scotland, vol. 3 (1814) pp.125-135..
Arthur Hamilton, le frère de James qui est supposé avoir fixé les étriers de James à Linlithgow lors de sa fuite, est interrogé en mais plusieurs lords demandent qu'il soit épargnéHMC: Salisbury Hatfield, vol.2 (1888), no.435..
Quatre autres membres de la famille sont accusés de participation directe au meurtre aux assises de Stirling en , dont David Hamilton, fils de Hamilton de Mirington, Laird de Sillerton, mais tous rejettent les accusations et sont emprisonnés CSP Scot., vol.5 (1907), pp. 337-338.. James Hamilton est alors encore en France, il est mentionné comme Bodilaugh dans les courriers de l'ambassadeur anglais William Brooke Baron Cobham, indiquant peut-être la prononciation de l'époqueCSP. Foreign Elizabeth, (1904), no.509..
Christian Shaw, mère de James et veuve de David Hamilton de Bothwellhaugh, est accusée en d'avoir aidé à l'assassinat. Son fils Arthur, frère de James, est acquitté en .
Rétablissement des droits