Ouardigha ou Ourdigha (en arabe: ورديغة, en berbère: Werdigha, ⵡⵔⴷⵉⵖⴰ) est une confédération tribale arabe marocaine jochemite. Les Ouardigha font partie de la confédération tribale plus large des Tadla et sont divisés en 3 grandes fractions : les Oulad Bahr Kbar, les Oulad Bahr Sghar et les Smaʿla.
Origines Les Ouardigha sont arabes, issus de la tribu Beni Jaber, issue de la confédération des Jochem qui a migré en même temps que les Banu Hilal et sont leurs cousins.
Ouardigh (parfois orthographié Ouardigha) est considéré comme l'ancêtre commun des tribus de la haute-tadla , c'est un ancêtre tribal associé à une lignée familiale particulière venue s'installer a l'époque des Almohades. En 1188 plus précisément, les Jochem aurait été amené par le calife El Mansour depuis la Tunisie jusqu'au Maroc dans la TadlaGoogle Books...
Biographie Peu de détails historiques vérifiables sont disponibles concernant la vie et la description du personnage d’Ouardigh. Les sources disponibles situent son nom dans des listes généalogiques traditionnelles et dans des documents historiques confirmés.
Descendance Selon la tradition, Ouardigh aurait eu quatre fils : Ismaël Bahr Sghir Bahr Kbir Khiran
Arbre généalogique L’arbre généalogique selon ces sources est présenté ainsi : Ouardigh, fils de Ali al‑Ouardighi, fils de Jaber, fils de Jaber al‑Raqi.
On retrouve également une famille nommé "Ouled al-Ouardighi" dans la ville de Chefchaouen, ces derniers sont issues de la tribu Ouardigha de la région de Tadla ayant migré au nord du Maroc.
Selon l’historien ʿAbd al-Hadi al-Tazi, les tribus Ouardigha tireraient leur nom de Ouardigha Dhât al-Himma, mère de ʿAbd al-Wahhâb, compagnon d’Abû Zayd al-Hilâlî. Elle aurait été l’épouse de Jâbir al-Hilâlî, chef des Arabes de l’émigration hilalienne, composée notamment des Banû Hilâl, Hawâzin, Banû Asad et Banû Jusham.
Territoire
Mode de vie Le territoire des Ourdighi est facile d'accès, avec des oueds qui restent souvent secs la majeure partie de l'année. Ce terrain, adapté à la vie semi-nomade de la tribu, se compose de vastes espaces ouverts et de terres cultivables. Les Ouardighi organisent leur mode de vie en fonction des saisons : ils s'installent dans les zones à labourer pendant la période des labours (novembre à février), puis ils transhument de février à fin mai, suivant les pâturages pour leurs troupeaux. Enfin, durant la période des moissons en juin, ils rapatrient leurs animaux dans les chaumes. La région de Tadla fait partie de l'arrière-pays de l'Atlantique, où l'on observe un mode de vie différent de celui des plaines : les habitants pratiquent principalement l’élevage, en particulier de leurs moutons, contrairement au sens du nom « Tadla », qui signifie « la gerbe ». Pour beaucoup de paysans de cette région, la préoccupation principale reste l’élevage, et nombre d’entre eux vivent encore sous la tente au milieu de leurs troupeaux. Pendant la période des labours et des moissons, ils envoient une petite équipe de laboureurs installer un camp au milieu des terres cultivées, suivant un schéma inverse de celui des plaines atlantiques.
Le mode de vie dans cette région est également caractérisé par de vastes landes désolées. Les troupeaux, importants, restent sous étroite surveillance. Malgré ces conditions, on trouve quelques terres fertiles et petites plaines où les habitants peuvent cultiver quelques cultures, ce qui leur permet de ne pas dépendre d'autrui et d'assurer la subsistance de leur famille.
Réserves de phosphates Khouribga est située sur le plateau des phosphates, une région distingué par une couverture sédimentaire de calcaires, de marnes et de phosphates intercalés. Ce plateau, d'une forme losangique, est délimité au nord-est par le Plateau Central, au nord-ouest par la Chaouia, au sud-ouest par les Rehamna et au sud-est par la dépression du Tadla. La région présente une topographie variée, avec des altitudes variant entre 500 et . L'exploitation du phosphate a débuté en , après la découverte du minerai en 1912 .
Transformations modernes L'essor de l'industrie minière a eu des conséquences sur les Ouardigha, initialement semi-nomades, ont été confrontés à des changements dans leurs modes de vie traditionnels. En effet, l'urbanisation a entraîné une concentration de la population autour des centres miniers. De plus, l'exploitation du phosphate a attiré des investissements et des travailleurs d'autres régions, ce qui a intensifié la concurrence pour les ressources et les opportunités économiques.
Histoire
Sous les Almoravides et Almohades Dès l’époque médiévale, les Ouardigha étaient reconnus pour leurs qualités martiales. Ils furent mobilisés à plusieurs reprises par les dynasties des Almoravides (XIe–XIIe siècles) puis des Almohades (XIIe–XIIIe siècles), pour prendre part aux conflits militaires en al-Andalus et aux campagnes de guerre sainte.
Conflits tribaux à l’époque précoloniale À une époque plus récente, mais toujours avant l’établissement du protectorat français, les Ouardigha se heurtèrent violemment à la tribu des Ouled Yaich, issue des Beni Amir et installée dans la région de Beni Mellal. Le différend portait sur l’accès aux pâturages des plaines fertiles de l’oued Oum Er-Rbia. Les Ouardigha, cherchant à imposer leur autorité, s’opposèrent aux Ouled Yaich et menèrent contre eux une razzia brutale, incluant des massacres, contre les enfants également, selon certaines traditions orales locales.
Influance
le rôle et l'influence de la tribu est encrée dans l'histoire régionale , Wardigha était, et demeure, le centre du pouvoir dans toute la région, ayant historiquement été le siège de l'autorité temporelle et, plus récemment, de l'autorité spirituelle, de l'époque pré-Ibn Khaldun jusqu'à nos jours. Son territoire actuel se situe au nord des tribus Tadla, à la frontière de la région de Chaouia. Cette zone est peut-être aujourd'hui appelée les Hauts Plateaux de Phosphate.
Selon des sources historiques, le commandement de la région du Tadla est souvent exercé par des caïds issus des Ouardigha, en préférence la fraction des Beni Hasen, ce qui témoigne de leur influence politique locale dans la région
Terre d'asile pour les opposants Les Ouardigha sous les Alaouites, étaient connus pour offrir refuge et soutien aux fuyards et réfugiés politiques, comme ceux qui échappaient aux persécutions du pouvoir central ou à ses obligations. Ces réfugiés, en quête de protection face à la répression, trouvaient dans la tribu de Ouardigha un sanctuaire sûr où ils pouvaient recevoir à la fois un accueil chaleureux et des ressources matérielles.
Révolte contre l’autorité chérifienne (début du XIXe siècle) Au début du XIXe siècle, la tribu se souleva sous la bénédiction de Larbi ben al-Maati contre le chef militaire Al-Ghazi Ben al-Madani. Cette rébellion se réalise dans un contexte de tensions plus larges entre le Makhzen (pouvoir central) et les tribus du centre du Maroc. Le sultan Moulay Slimane (1792–1822), informé de cette insubordination, adressa une lettre aux notables de Bejaâd pour condamner la révolte menée par les Ouardigha et leurs alliés des Cherkaoua. Une expédition militaire fut alors organisée pour rétablir l’ordre.
Pacification à l’époque coloniale En 1913, seront pacifié les Ouardigha, les Smaala (branche des Ouardigha assez indépendante) et les Bani Khirane, par Hajj Mohamed ash-Sherqaoui, père de Abd al-Qader bel-Hajj Muhammad ash-Sharqaoui, Pacha de Boujad, par son ascendance, remontant a Omar Ibn al-Khattab.
Massacre de Oued Zem (1955)
Depuis l'exil du roi Mohammed V, le mécontentement grandissait dans tout le pays. Le , une insurrection éclate dans la ville de Oued Zem, coïncidant avec l’anniversaire de l’exil du souverain. Déjà en révolte, la région des Ouardigha, regroupant également Bejaâd, Khouribga, et les tribus de la Smaʿla et des Beni Khirane passèrent à l'action en attaquant les colons français et soldats en poste. En réponse, les forces coloniales répriment brutalement la révolte, encerclant la ville, bombardant les quartiers et procédant à des exécutions sommaires. Des centaines de civils sont tués, et de nombreuses autres personnes sont arrêtées et torturées. Le massacre renforce la lutte pour l’indépendance et accentue la pression sur les autorités françaises, contribuant ainsi à accélérer le processus qui mènera à l’indépendance du Maroc en 1956.
Composition tribale La tribu Ouardigha est composée de 3 branches principales, et de plusieurs clans : Awlad Bahr Kebir Ahl Bir Mezoui al-Kafaf Bani Khalf Boulanouar Awlad Bahr Sghir Awlad Abdoune Awlad 'Ali ben Abdoune Awlad Amer ben Abdoune Awlad Azzouz Awlad Brahim Al-Mafassiss Al-Foqarah Smaala Braksa Ouled Fenan Maadna Personnalités Mohamed Bastaoui, acteur marocains, originaire de Khouribga. Hussein ben Ali al-Ouardighi, ancien émir respecté de la région Tadla. Jawad El Yamiq, footballeur marocain, originaire de Khouribga. Achraf Hakimi, footballeur marocain, originaire de Oued Zem. Mohamed ben Mbarek al-Ouardighi, Fqih et poète de la tribu. Mouloudi ben ’Assou, issues des Smaala, martyr de la résistance marocaine et participant au Massacre de Oued-Zem (où il sera tué).
Ben Zemam ben Ouardighi ben Daoud issue de ces derniers est mentionné comme un chef de la tribu des Mirdas dans la région de Dawawida en Algérie, connue pour sont courage. Il aurait migré vers la région du Habt avec les tribus Zoghba et Ryah, avant de s’installer parmi les Jbala, près de Taounate.
Culture La région des Ouardigha dispose de multiples expressions culturelles traditionnelles, parmi lesquelles figure l’Abidat al-Rma, l’un des arts populaires les plus emblématiques du Maroc. L’Abidat al-Rami est un art traditionnel marocain propre aux Arabes originaires de Ouardigha et notamment de la plaine de Tadla, de Khouribga, Bejaâd, de Fkih Ben Salah et de Béni Mellal. L'anniversaire officiel de cet art se déroule généralement dans ces villes citées. Cet art est généralement considéré comme un héritage bédouin issu du monde rural marocainمعلمة المغرب، الجزء 11، منشورات الجمعية المغربية للتأليف والترجمة والنشر..
Les sources divergent quant à l’origine exacte de cet art. Plusieurs hypothèses sont avancées par les spécialistes : certaines le rattachent aux pratiques de la chasse, tandis que d’autres estiment qu’il serait lié aux chants guerriers et aux rituels des résistants en arabes moudjahidines de la régionالتراث اللغوي الشفاهي العربي، منشورات وزارة الثقافة المغربية.
Étymologiquement, le terme « Rma » signifie « archers », tandis que « Abidat » est un mot qui a un sens différent dans cette région comparé aux autres, en occurrence, cela désigne des personnes qui accompagnaient ces derniers et les assistaient, par exemple lors des parties de chasse, en produisant des rythmes et des sons à l’aide d’instruments traditionnels tels que le tambourin et les ciseaux métalliques. L’Abidat al-Rma repose uniquement sur des poésie chantée en dialecte marocain (darija)معلمة المغرب، الجزء 11..
Bien que son apparition soit généralement située au XVIe siècle, certains auteurs estiment que ses racines culturelles pourraient remonter au XIe siècle. Les praticiens de cet art portent des vêtements traditionnels marocains, notamment la djellaba, la razza, le jabador, le caftan masculin ainsi que les babouches fassiesالتراث اللغوي الشفاهي العربي..