En France, les fusiliers marins font partie de la Marine nationale. Ils appartiennent à une spécialité destinée au combat sur terre, en mer ou en zone littorale. Les fusiliers marins sont destinés aux opérations d'arraisonnement et de défense de navire.

Missions Les fusiliers marins ont pour mission : à terre, d'assurer la sécurité des sites stratégiques de la marine (ports militaires, bases de l'aéronautique navale et stations de transmissions…) et lutter contre les intrusions ;

en mer, d'assurer la sécurité du bord (police), participer à l'entraînement de l'équipage, veiller au respect des consignes et contribuer aux missions de défense maritime ;

En tant que fantassins de la Marine Nationale, les fusiliers marins sont destinés à agir sur plusieurs fronts. Tourné vers les opérations maritimes, un fusilier marin agit en mer comme sur terre, embarqué sur un navire de guerre ou affecté dans un port militaire, une base aéronavale ou sous-marine.

Historique Création d'une unité spécialisée en 1856 Ces compagnies manquant de personnel spécialisé dans le combat à terre, un décret impérial du créait la spécialité de marin fusilier dont la formation fut assurée par un bataillon installé à Lorient. Ce corps spécialisé, auquel étaient confiées les fonctions de capitaine et sergent d'armes des bâtiments de la Flotte, en même temps que l'instruction et l'encadrement des corps de débarquement, est l'ancêtre direct des fusiliers marins actuels.

Depuis cette date, les fusiliers marins ont participé aux conflits suivants : les campagnes coloniales de la fin du ; les expéditions en Chine, en Cochinchine, au Tonkin, à Madagascar ; les conflits européens en 1870, 1914-1918 et 1939-1945.

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, après le désastre de Sedan, des brigades de marins fusiliers et canonniers ont été engagées à Bapaume et pour défendre Paris, au Bourget et à L'Haÿ-les-Roses notamment.

Durant la Commune de Paris en 1871, le régiment participe avec l'armée versaillaise à la semaine sanglante.

En 1900, les fusiliers marins participèrent à la protection des légations en Chine pendant la révolte des Boxers. Parmi leurs officiers se trouvaient l'enseigne de vaisseau Paul Henry tué à Pé-Tang à et le lieutenant de vaisseau Pierre Alexis Ronarc'h qui avait et qui deviendra quelques années plus tard contre-amiral et commandant de la brigade de fusiliers marins en 1914.

La Première Guerre mondiale vignette|droite|Le premier engagement des fusiliers marins dans le Nord, en novembre 1914

C'est en 1914, au début de la Première Guerre mondiale qu'on a vu s'écrire l'une des plus grandes pages de l'histoire des fusiliers marins dans le cadre de la brigade de fusiliers marins. Leur participation déterminante aux combats de Dixmude, d'Yser, à Longewaede, Hailles et Laffaux ont marqué les espritsLe Miroir numéro 50 du novembre 1914..

Lorsque la guerre éclate, épuisées et manquant d'hommes, les troupes françaises n'arrivent pas à faire face à l'ennemi allemand. La Marine Française de l'époque disposant alors d'un surplus d'hommes qu'elle ne peut employer à bord, cède ses troupes afin de créer le la brigade de fusiliers marins composée des et de fusiliers marins. Un peu moins de se retrouvent sous les ordres du tout jeune contre-amiral Ronarc'h. Arrivant de Lorient, Brest, Cherbourg et Toulon, ces marins ont dans un premier temps pour mission de défendre Paris. C'est en arrivant à la capitale qu'ils gagneront d'ailleurs leur surnom de "Demoiselles au pompon rouge", en effet les Parisiens surpris par la jeunesse extrême de ces soldats (beaucoup ayant à peine ) leur donnèrent ce surnom qui dépassera plus tard les frontières françaises.

La protection de Paris fut vite abandonnée lorsque le front réclama la venue de soldats. C'est ainsi que le , les fusiliers marins prirent le train de Paris en direction des Flandres. Le 9, 10 et , ces marins se battent, et se battent bien, ils évacuent les troupes bloquées à Anvers et décrochent vers Dixmude. Habitués à vivre nu-pieds sur le pont de leurs bateaux, ils fournissent des marches de trente et quarante kilomètres poursuivis par lorsqu'ils sont à peine . C'est ainsi que commence la bataille pour la possession de Dixmude. vignette|Fusiliers marins récompensés à la suite de la bataille de Dixmude.

. thumb|left|Paul Morchain : La cuisine roulante brigade des fusiliers marins [pendant la Première Guerre mondiale] (Musée national de la Marine de Paris). Les États-majors français et belges entretinrent l'espoir d'une évolution de la situation sur la ligne de front grâce aux batailles déterminantes de ces marins. Le une nouvelle attaque est lancée, cette fois-ci dans le but de percer la ligne de front. Ils étaient ainsi face à une armée grandissante de , on leur demanda de tenir quatre jours afin d'attendre des renforts, ils tiendront trois semaines. La plupart des fusiliers avaient été entraînés avec la Méthode naturelle de Georges Hébert qui avait débuté la mise au point de sa Méthode à Lorient. L'exploit des fusiliers marins résonna dans toute la France. Renforcés ensuite par un régiment de tirailleurs sénégalais, les combats s’intensifièrent jusqu'à de sanglants corps-à-corps à la baïonnette.

Les pertes furent effroyables, marins perdirent la vie et furent prisonniers ou portés disparus, mais l'offensive allemande fut définitivement stoppée. Le sacrifice de la brigade de fusiliers marins eut un grand retentissement en France, acclamés comme des héros, le président de la République remit lui-même le drapeau des fusiliers marins à l'amiral Ronarc'h.

Fin 1915, la brigade de fusiliers marins fut dissoute afin de créer le bataillon des Fusiliers Marins. Toujours aux côtés des tirailleurs sénégalais, ce bataillon fut mis à la disposition de la d'infanterie de l'Armée britannique dans les combats de la bataille des Flandres et la bataille de la Somme jusqu'à la fin de la guerre. S'illustrant encore une fois notamment à Longewaede, Hailles et au Moulin de Laffaux, les fusiliers marins reçurent d'énièmes décorations et citations à l'Ordre de l'Armée pour leurs faits d'armes durant cette Première Guerre mondiale.

La Seconde Guerre mondiale Le de fusiliers marins C'est probablement pendant la Seconde Guerre mondiale que les fusiliers marins se sont le plus illustrés, devenant un des corps d'armée emblématique de la Résistance française et de la Libération. Ils forment d'abord un bataillon puis le régiment de fusiliers marins au sein de la division française libre. Ils embarquent le à bord du cuirassé Courbet à Portsmouth en direction de l'Afrique. Débarquant au Cameroun, au Gabon et au Congo pour la levée et l'instruction des troupes africaines servant pour la France Libre.

Le partit ensuite aux côtés des forces britanniques pour l'opération Exporter afin de combattre les forces armées sous commandement de Vichy. La conduite héroïque des fusiliers marins sera d'ailleurs marquée à Bir Hakeim en 1942. Le , après avoir gonflé leur effectif et s'étant rééquipé de matériel américain, le débarque à Naples et s'insère aux combats qui va permettre le de rompre le front allemand qui barrait toute l'Italie. Se montrant encore une fois décisif à Montefiascone et Radicofani.

Le , le débarque enfin en France, à Cavalaire en Provence. Ils remontent le Rhône et atteignent Lyon puis Autun et rejoignent les troupes débarquées en Normandie. Après la campagne des Vosges, les fusiliers marins font face en à Von Rundstedt et son offensive allemande. En , les fusiliers se distinguent une nouvelle fois lors des batailles d'Herbsheim et Rossfeld avant de poursuivre leur marche victorieuse vers le Rhin.

Le régiment blindé de fusiliers-marins Constitué au sein de la commandée par le général Leclerc en 1943, ce régiment s'illustre durant la campagne de libération de la France et notamment de Paris (voir le lien qui est consacré).

Les fusiliers marins au béret vert C'est en 1940 que fut formé en Angleterre le commandement des opérations combinées afin de mettre en place un entraînement à la guerre amphibie et la préparation d'un raid sur les côtes ennemies. De tous les Alliés, des troupes air/terre/mer sont prévues et c'est en que le capitaine de corvette Philippe Kieffer persuade le commandement français basé à Londres de confier l'entraînement aux Britanniques. Choisis pour leur gloire passée et leurs connaissances de la guerre en mer comme sur terre, les fusiliers marins de Kieffer se soumettent à un entraînement éprouvant dans les Highlands écossais, dans le camp d'Achnacarry. C'est ainsi que naît le la compagnie de fusiliers marins commandos et la légende du mythique béret vert français.

Le , marins commandos sont envoyés lors du raid de Dieppe où Hitler ordonne de passer par les armes tout commando fait prisonnier ; quelques semaines plus tard, défileront dans Londres. En , les commandos sont envoyés pour un très grand nombre de missions de reconnaissance sur les côtes françaises, belges et néerlandaises avant de les suspendre en afin de préparer l'opération Neptune. Les débarquent le en Normandie, aux côtés du 1st Special Service Brigade sur la plage de Sword Beach à Ouistreham. Presque la moitié des fusiliers marins commandos seront tués ou blessés durant la première attaque du débarquement. Toutefois, leur mission est accomplie, et ils demeurent ce jour la seule unité Française (il existe des exemples de français engagés dans le jour J au sein d'unité britanniques) à avoir débarqué le . Suivirent d'autres raids, le à Pont-l'Évêque, Beuzeville, puis en Belgique avec la prise de l'île de Walcheren et de Flessingue, pour finir par l'île de Schouwen, Wessel et Minden avant la signature de l'Armistice.

L'histoire des fusiliers marins leur permettra d'être de nouveau décorés et cités à de multiples reprises. L'histoire retiendra également la naissance des premières forces spéciales françaises : les commandos marine.

Les conflits d'après guerre La guerre d'Indochine Le régiment blindé de fusiliers marins et l'escadron de traditions du de fusiliers marins sont intégrés dans la brigade marine d'Extrême-Orient qui part combattre en Indochine fin 1945 avant d'être dissoute en 1947. Avec le commando François arrivé en 1951, ces unités se sont illustrés durant cette guerre.

La guerre d'Algérie La demi-brigade de fusiliers marins (DBFM) a combattu pendant la guerre d'Algérie. Un Bataillon d'intervention, distinct de la DBFM, fut employé dans le cadre du plan Challe. Il a participé aux opérations "Jumelles" et "Etincelle".

De nos jours vignette|Insigne d'épaule des fusiliers marins.|307x307px Aujourd'hui, les fusiliers marins sont engagés sur tous les navires et sites de la Marine nationale. Les fusiliers marins portent une double casquette d'actions terre et mer ainsi que sur zone littorale. Ils participent à la plupart des opérations conduites par la Marine nationale, sous mandat national ou international. N'intervenant pas forcément en unité constituée, leurs actions sont souvent méconnues. Cependant, parmi les opérations les plus récentes auxquelles ils ont participé, on peut citer les missions Hérakles, Atalanta, Corymbe ou Chammal.

Les unités de fusiliers marins contribuent à la protection des sites suivants : Port militaire de Brest - Bataillon de fusiliers marins Amyot d'Inville, du nom d'Hubert Amyot d'Inville ; Base d'aéronautique navale de Lanvéoc-Poulmic (unité recréée le après la fermeture de la base d'aéronautique navale de Nîmes-Garons) - Compagnie de fusiliers marins Bernier, du nom de Lucien Bernier ; Base sous-marine de l'île Longue et pyrotechnie de Guenvénez - Bataillon de fusiliers marins de Morsier, du nom de Pierre de Morsier ; Port militaire de Cherbourg - Compagnie de fusiliers marins Le Goffic, du nom de Pierre Le Goffic ; Base d'aéronautique navale de Lann-Bihoué - Compagnie de fusiliers marins Brière ;