René Dardel, né le à Lyon et mort le à Condrieu, est un architecte français. Il devient architecte de la ville de Lyon de 1830 à 1851 et architecte en chef de l'agglomération lyonnaise jusqu'en 1854. Il est aussi élu deux fois conseiller général du Rhône.

Biographie René Dardel étudie d'abord l’architecture auprès de Pascal Gay à l'École des beaux-arts de Lyon, puis auprès de Huyot et Guénepin à l'École des beaux-arts de Paris. Il devient architecte de la ville de Lyon de 1830 à 1851 et architecte en chef de l'agglomération lyonnaise jusqu'en 1854. Il est aussi élu deux fois conseiller général du Rhône..

Jeunesse René Dardel est né dans une famille cultivée et vouée aux travaux publics. Sa mère, Claudine Hausser était fille d’un architecte et venait d’une famille nombreuse. L’un de ses frères était capitaine et est mort à Marengo, tandis qu’un autre, chef de bataillon, a été tué en Égypte. L'une de ses sœurs était la mère de Prost, architecte de la ville de Lyon. Le père, Jean-Joseph Dardel était l'un des plus grands entrepreneurs de travaux publics de la ville. Par exemple, il a construit le pont Morand, le pont de l’Archevêché, diverses maisons lyonnaises et notamment celle où est né René Dardel.

En 1809, son père mourut prématurément. René était alors âgé de 13 ans ; avec ses frères et sœurs, il fut confié à la tutelle de l’architecte de la ville, Claude Marion, sous la direction duquel Jean-Joseph Dardel avait construit le théâtre des Célestins qui avait été incendié. En 1822, le frère de René Dardel, le second fils de leur mère, Petrus, meurt. René resta auprès d’elle durant deux années à Lyon.

En , à Condrieu, il se maria avec une jeune femme, née et élevée dans la maison Dardel, mademoiselle Eliza Chaize.

Études En 1805, il entre au Lycée Impérial (« Ampère ») jusqu’en 1813, où il entre en qualité de surnuméraire dans les bureaux de Flachéron. Ensuite il suit les cours de l’école des Beaux-Arts de Lyon dans l’atelier de Joseph-Jean-Pascal Gay. En 1815 il travaille dans l’atelier de l’architecte Huyot à Paris puis en 1817 il devient élève aux Beaux-Arts de Paris dans la section architecture.

Carrière militaire Le début de sa carrière militaire se fait en 1815, il s’engage en tant qu’officier d’ordonnance dans l’état-major du général Mouton-Duvernet afin de défendre Grenoble contre les Autrichiens et les Piémontais.

En 1830, les industrieux bourgeois lyonnais souffrent de la domination des aristocrates fonciers que la Restauration a rétabli en force à la Chambre. René Dardel participe au mouvement, il est l’un des premiers à prendre les armes et à se réunir au sein de la Garde nationale. La même année, il est élu par les officiers de la Garde membre de la commission provisoire qui doit remplacer l’autorité expirante. Il signe le premier l’ordre de distribution des fusils de l’arsenal à la Garde nationale.

Le , éclate une terrible émeute à la Croix-Rousse : la première révolte des canuts. René Dardel, avec la majorité de la Garde nationale, prend parti pour la défense de l’ordre, il est placé à l’Hôtel de ville avec la compagnie de grenadiers d'Ainay, dont il est le capitaine, il s’enfuit finalement à Condrieu. L’armée de Soult marche sur Lyon, Dardel aide les troupes de ligne à pénétrer dans la ville.

En 1834, lors de la seconde révolte des canuts, René Dardel est chargé de placer les troupes dans le palais Saint-Pierre, l’hôtel de ville et le grand théâtre. À nouveau battu, il s’enfuit par le pont Morand.

Architecte en chef de la ville (1831-1853) Il a exercé ce service à plusieurs reprises, sous les différents de ses chefs, et a joui d’une sorte d’indépendance. Mais il fut complètement mis à part de tous les bâtiments et édifices appartenant à la commune, et la division de ces derniers forma un service particulier, sous le nom d’Architecture de la Ville.

La démission de Dardel a clos une phase dans l'un des services les plus importants de la municipalité, et avec sa nomination aux fonctions d’architecte en chef, une nouvelle ère a commencé.

Travaux dans la Voirie En tant que supérieur hiérarchique des voyers, Dardel eut à connaitre des projets d’alignement dressés par Jaillet et Cassini sous la monarchie de Juillet, les premiers plans d’urbanisme lyonnais à avoir été homologués par l’autorité supérieure. C’est lui qui présenta à Vaïsse ce plan général d’alignement de qui fut abandonné, comme ses projets pour la rue Impériale du , en raison de l’arrivée de Bonnet, ingénieur des Ponts et Chaussées, à la direction de la Voirie lyonnaise.

De manière sommaire, on peut signaler la série d’améliorations qui se sont réalisés dans la voirie de la ville de Lyon pendant que Dardel avait la main haute sur ce service. On ne compte plus les travaux sur la voie publique : trottoirs en bitume, installation de l’éclairage au gaz…

Fin de carrière Les rumeurs disent qu'il portait vaillamment ses soixante-quinze ans sans avoir perdu aucune de ses facultés physiques et intellectuelles, lorsqu’une douloureuse maladie l’enleva à l’art, à sa famille et à ses amis dans sa propriété de Condrieu, au lieu-dit "Vernon / Clos Dardel" le , à sept heures et quart du matin. Il laissera au pied du Coteau de Vernon le remaniement complet de la maison de maître, le dessin de son parc et quelques aquarelles peintes de la petite maison de vignes, à flanc de coteau.

Réalisations

Dardel réalise les travaux d'architecture suivants :

Liste de ses œuvres Opérations urbaines à Lyon : 1825 : rue du Doyenné et passage de l'Argue modifiés en 1860 1825-1841 : Création de voies en direction de la Croix-Rousse 1825 : rue de l'Annonciade 1830 : rue Burdeau et rue Flesselles 1841 : Place Morel 1826-1837 : Construction de la digue au sud du pont de la Guillotière et du port (rive-gauche), premiers projets de lotissement d'André Combalot au sud du cours des Brosses 1827-1833 : opération de la rue de la Préfecture 1827-1832 : ligne de chemin de fer Lyon - Saint-Étienne et débarcadère 1828 : Destruction du couvent des Carmes 1829 : Pont de la Mulatière (reconstruit en 1843) 1830 : passerelle du Palais de justice (reconstruite en 1842) 1831 : Passerelle Saint-Vincent, pont Mazarick remanié en 1890, Début de la construction d'une nouvelle ceinture de fortifications 1832 : Gare d'eau de Perrache, marché couvert de la Martinière 1832-1833 : Première distribution des Eaux du Rhône par MM. Gardon et Dubois, à l’aide d’une pompe hydraulique placée sur le Rhône, le long du quai Saint-Clair, en face de la rue Dauphine, et d’une machine à vapeur (1834) sur les bords du fleuve, vers les barrières de Saint-Clair. Ce dernier établissement devait fournir le réservoir des Collinettes 1834-1835 : Bassin du jardin des Plantes 1834 : reconstruction des pavillons du pont Lafayette 1836 : démolition en rive gauche et au nord des maisons du pont du Change 1838-1839 : démolition du marché aux poissons 1838-1841 : Pont de la Guillotière (détruit en 1952) 1838 : abattoirs de Perrache 1839 : Création d'une commission pour la révision des anciens plans de la ville, prolongement rue du Commerce jusqu’à la rue Casati, nivellement et pavages du clos de la colline Saint-Sébastien, ouverture de la rue de Flesselles, enquêtes publiques et plans d'alignement pour le centre-ville 1840 : rectification des alignements du quartier de la Boucherie des Terreaux 1842 : rectification des alignements de la rue des Bouchers et du quartier Saint-Nizier 1840 : démolition de la maison Gayet qui obstruait le débouché de la rue Trois-Carreaux, vers Saint-Nizier 1840-1845 : création de la gare d'eau à Vaise 1841 : achèvement de l’hippodrome 1841-1843 : Démolition de la boucherie des Terreaux, par délibération du Conseil municipal du 14/02/1839 dès 1842 : Établissement des trottoirs en bitume, éclairage public au gaz, percement de la rue Bourbon 1842-1843 : Perrons dans les quartiers nord de la ville dans la rue du Commerce 1843 : Percement de la rue du Doyenné, destruction du pont du Change 1844 : Passerelle du petit collège, pont Mouton 1844-1845 : Débarcadères du chemin de fer de Paris à Marseille. Il s’occupa d’une question très importante, titillant largement les esprits de 1844 à 1845, du fait des intérêts multiples qui se trouvaient en jeu. Ouverture de la rue du commerce sur le jardin des plantes. Prolongement de la rue Imbert-Colomés. Rectification de la rue Bouquetiers 1845 : démolition des maisons quai Fulchiron, transfert de la Halle aux Grains à Sainte-Marie-des-Chaines. Extension de l'éclairage au gaz. Plan d’embellissement de la Guillotière. gare de Perrache (chaussée Perrache) 1846 : transfert de la Halle aux Grains à Sainte-Marie-des-Chaînes, extension de l’éclairage au gaz 1845-1846 : Démolition des maisons formant le côté sud de l’entrée du pont du Change 1847 : percement de la rue centrale depuis la place des Jacobins jusqu’à la rue Grenette, tracé de la rue allant de la place des Cordeliers et la rue Neuve de Cassini 1847-1848 : Démolition des maisons formant le pâté Paillaisson 1847-1855 : Caserne de la Part-Dieu 1848 : modification du plan de 1843 entre place des Cordeliers, rue Gentil, place de la Comédie. Approuvé par le ministère de l'intérieur et par décret du Président Rectification du Plan général d’alignement de la ville, élaborés sous les mairies Martin et Terme Pont du Midi (Rhône). Démolition de la maison formant un angle au nord avec la place d'Albon, rue des Bouquetiers. Mise en adjudication de l’enlèvement de la statue équestre de la place Bellecour. 1849 : nouvelle plantation de la promenade dite des Tilleuls à la place Bellecour, grotte de la statue Kléberger 1849 : Edification de sa maison personnelle sur le Domaine dit "Clos Dardel" à Condrieu, actuelle propriété du Domaine Georges Vernay, et dessin du parc 1851-1852 : Débarcadère provisoire, dit du Port Lépine, sur le quai Pierre-Scize, ouverture du cours des Chartreux 1851-1853 : Passerelle Saint-Georges 1852 : décret du sur le rattachement des communes limitrophes

Liste de ses dessins Dessins originaux de René Dardel, exécutés ailleurs qu’en Italie, en Algérie et en Espagne. Lyon

Aquarelle, vue de la façade de la cathédrale Au crayon, vue du couvent des Carmes déchaussés, 1823 Dessin à la plume, vue de la colline de Fourvière Dessin au trait, église de Perrache (projet précédant l'église Sainte-Blandine) ; Sépia, la place des Minimes, 1859 corps de garde du quai des Célestins, détruit en 1863 ; Perron de l'ancienne loge du Change ; Salle Villeroy de la bibliothèque du collège Royal ; Fontaine à Saint-Just ; Fontaine de la place Saint-Jean ; Halles de La Martinière. ; Portes de l'enceinte fortifiée de Lyon ; palais de la Bourse.

Marseille Au crayon, Château d’eau de la place royale, 1826 Le Puy Vue d’ensemble du Cloître, de la cathédrale un dessin au crayon et deux encres de Chine

Vienne Dessin à la plume, vue d’ensemble de Chavanay, 1869 Dessin au crayon, Château de la Batie Condrieu Dessin au crayon, route de La Roche éboulée, 1864 Dessin au crayon, quatre vues diverses de la maison des Vignes, 1864 Dessin au crayon, deux vues du château de Rozay, 1854-1859 Béziers Sépia, vue de la façade de la cathédrale de Saint-Nazaire, 1836 Narbonne Dessin à la plume, maison attribuée à Jean Goujon, 1836 Avignon Quatre dessins au crayon, tombeau du général de Charbannes, 1823 Dessin au crayon, vue générale du pont Saint-Benezet Siviers Huit dessins d’ensemble et des détails de maisons, 1864 Chenonceaux Dessin au crayon, vue du château prise avec la tour de droite, 1837 Perpignan Deux dessins du cloître d’Elne Arles Sépia, le Cloître Saint-Trophime, 1843 Quatre dessins de l’Abbaye de Montmajour, 1864 Dessin au crayon, quatre vues de Baux Saint-Gilles Dessin au crayon de la façade de l’église, 1836

Distinctions

En 1828, il fut admis à un concours pour la construction du Palais de justice de Lyon, le ministre l’avait nommé comme professeur d’architecture à l’école des Beaux-Arts de Lyon