Natixis est un établissement financier français créé en 2006, filiale du groupe BPCE, lui-même issu de la fusion des groupes Caisse d'épargne et Banque populaire.

Jusqu'à sa scission et du rachat de la totalité de son capital par BPCE en 2021, Natixis était présente dans près de 40 pays, à travers notamment Natixis Investment Managers, Natixis Wealth Management et Natixis Corporate & Investment Banking, qui sont désormais des activités gérées directement par BPCE (via Natixis SA).

Histoire vignette|Natixis sur le quai de la Rapée, à gauche de la gare de Lyon à Paris Prédécesseurs Natexis Banques populaires

vignette|droite|Logo de Natexis Banques Populaires de 1999 à 2006. En 1996, Natexis SA est créée à la suite de la fusion de la Banque française du commerce extérieur (BFCE) et du Crédit national. Le nom regroupe nat de Crédit national, et ex de commerce extérieur..

Quelques mois plus tard, en le groupe Banque populaire acquiert 23,35 % des parts de Natexis pour 1,53 milliard de francs et en devient l’actionnaire de référence... Le le Groupe Banque populaire acquiert 71,4 % du capital de Natexis à l'issue d'une offre publique d'achat amicale...

Le rapprochement entre Banque populaire et Natexis se concrétise en avec l'intégration des activités d'épargne salariale de la Banque populaire (Interépargne) et de Natexis (Vitalia Europe).. L'intégration se poursuit dans les mois suivants au niveau de l'affacturage (fusion entre Factorem et Natexis Factor) et l'assurance-vie..

Courant 1998, le groupe Banque populaire rachète amicalement le reste de Natexis SA puis le lui apporte les activités opérationnelles de la Caisse centrale des Banques populaires (CCBP) ; c'est-à-dire quasiment tout le personnelLa structure juridique de la CCBP servira par ailleurs à construire la Banque fédérale des banques populaires qui reprendra les prérogatives de la chambre syndicale des Banques populaires organe central du groupe Banques PopulairesHistoire de la Banque populaire..

L'entité est renommée Natexis Banques Populaires le pour refléter son nouveau statut juridique de banque en remplacement de celui de société financière, et est recentrée sur 4 piliers (la banque commerciale, la banque d'investissement, les activités pour compte de tiers et les services bancaires et financiers)...

En , Natexis Banques Populaires procède à sa première augmentation de capital depuis la réorganisation de 1999 pour financer des opérations de croissance externe (notamment le rachat des parts d'Assurances Banque Populaire détenues par Cardif).. L'année suivante les participations des banques régionales dans le capital de Natixis sont transférées à la Banque fédérale des banques populaires (BFBP) pour simplifier sa structure.. Finalement Natexis Banques populaires reprend en l'intégralité du capital d'Interépargne (épargne salariale) et de Banque Populaire Asset Management (BPAM, gestion d'actifs) ce qui achève la restructuration du groupe Banques populaires..

En , Natexis Banques Populaires annonce le rachat pour 290 millions d'euros des parts du réassureur Scor dans la société d'assurance crédit Coface. Dans la foulée, en , Natexis lance une OPA sur le reste des actions Coface et en devient l'unique actionnaire.

IXIS Corporate & Investment Bank En 1999, CDC IXIS est fondée par une volonté de la Caisse des dépôts (et du gouvernement de l'époque) de séparer les activités concurrentielles de l'institutionnel. En 2001, CDC IXIS va être apportée par la CDC à la coentreprise EULIA fondée à quasi-parité par la Caisse des dépôts et consignations et la CNCE. En 2004, dans des conditions rocambolesques, la CNCE va prendre le contrôle total de CDC IXIS renommée IXISvoir le récapitulatif historique : Groupe Caisse des Dépôts - Rapport annuel 2003 - Activités concurrentiellesLa banque de financement étant IXIS CIB.

Fusion En , surgit l'idée de regrouper Ixis et Natexis. Des banques d'affaires, dont Rothschild où exerce François Pérol soutiennent ce projet. En , Dominique Ferrero est chargé d'une mission de réflexion.. Alors chez Merrill Lynch, ce dernier a dirigé Natexis Banque de 1997 à 1999.

Le Caisse d'épargne et le groupe Banque populaire annoncent le rapprochement de leurs banques d'investissement, respectivement Ixis CIB et Natexis Banques populaires.. À cette occasion, Natexis devient Natixis. Elle s'introduit en bourse le au prix de l'action. Natixis est alors, en partie, détenue à parité avec 35 % du capital chacune par la Caisse nationale des Caisses d'Épargne et la Banque Fédérale des Banques populaires.

Elle est dirigée par Philippe Dupont, président du conseil de surveillance. et par Dominique Ferrero, qui en prit la direction générale en 2006.. En , l'équipe de direction est connue..

Impact de la crise financière de 2008 Des erreurs de gestion en pleine crise financière Affectée par ses choix de gestion, notamment durant la crise des subprimes, l'action Natixis perd en moins de deux ans près de 95 % de sa valeur, en passant sous le seuil des en , stabilisée autour de en 2010Matthieu Pecheberty, Natixis, enquête sur une faillite d'État, Éditions First, 2010.

Entre autres exemples, Natixis avait choisi d'être actionnaire de CIFG, société créée en dans l'État de New York, mais qui a depuis son siège aux Bermudes. CIFG est l'un des huit premiers rehausseurs de crédit (monolines) aux États-Unis, chargés de transformer les créances hypothécaires risquées (les subprimes) en placements recevant la meilleure notation financière, soit AAA. Les deux maisons-mères de Natixis, le Groupe Caisse d'épargne et le Groupe Banque populaire, sont contraintes de racheter CIFG le et de le recapitaliser de 1,5 milliard d'euros. L'encours de CIFG est chiffré à d'euros par Nicolas Merindol, directeur des Caisses d'Épargne, lors d'une audition devant l'Assemblée nationale..

Natixis avoue également faire partie des banques touchées par l'escroquerie de Bernard Madoff. et affiche une estimation d'un risque de perte à 450 millions d'euros maximum.. 1818 Gestion (filiale à 100 % de Natixis) n'a pas respecté les engagements du mandat de gestion confié - réaliser des placements à risque limité - en investissant dans Luxalpha (produit Madoff). Le tribunal de commerce de Paris condamne Natexis à verser à la SAS Groupe Someg avec intérêts au taux légal à compter du ..

Les erreurs de management sont notables. Par exemple, Dominique Ferrero, directeur général de Natixis, embauche, en , Jean-Pascal Beaufret, un proche qui a également fréquenté dans les années 1980 les cabinets ministériels de la gauche, mais , en qualité de directeur financier rémunéré avec un salaire exorbitant. Celui-ci est limogé en avec une indemnité de départNatixis : 1,5 million pour regarder sa boîte couler, Libération, 10 avril 2009..

La matérialisation des risques entraîne la chute Juste avant l'annonce des pertes, du 4 au , la mise sur le marché de 1,7 milliard de titres permet une augmentation de capital de d'euros., ce qui porte le nombre total d'actions à . Néanmoins, avec un cours de au moment de l'annonce, la capitalisation totale espérée n'est plus que de 7,4 G€.

Car le à , prise dans ses erreurs de gestion à la suite de la crise des « subprimes », la valeur de l'action atteint un plus bas à soit une perte de 91,04 % par rapport à sa valeur d'introduction. Le vendredi noir du , l'action atteint brièvement un nouveau plus bas à , valeur qu'elle retrouve en après l'annonce de provisions d'un montant de d'euros à la suite de l'affaire Bernard Madoff.

Le , le conseil de surveillance annonce parmi diverses mesures la suppression de 15 % des postes de la banque de financement et d'investissement, et l'arrêt des activités les plus risquées. L'objectif affiché est la réduction des sources de pertesRéduction de 15% des postes à la BFI Natixis..

Le , la valeur du titre est de , soit 5 % de sa valeur initiale.

Le , les comptes de l'année 2008 indiquent une perte de Natixis annonce d'euros de perte en 2008, Le Monde, du 26 février 2009... Les comptes de la banque doivent être alors amputés à hauteur de d'euros par des dépréciations de son portefeuille d'actifs devenus illiquides. Le total de ces actifs – d'une valeur de d'euros – est cantonné dans une structure interne pour être cédé.

L'impasse dictée par ces difficultés se propage aux maisons mères, les groupes Caisse d'épargne et les Banques populaires, affectées par de considérables moins-values. L'État français soutiendra, pour plus de d'euros, le plan d'assainissement de Natixis et de ses actionnaires, les banques populaires et les caisses d'épargne, pour l'essentiel..

Dirigeants renouvelés par l'État Le , sous l'impulsion du gouvernement, Bernard Comolet et Bruno MettlingArticle Le Parisien du 6 mars 2009États d'âme de Bruno Mettling https://www.challenges.fr/entreprise/exclusif-les-etats-d-ame-de-mettling-banques-populaires-et-merindol-ecureuil_369002 démissionnentBernard Comolet reconnaîtra à la radio que c'est normal. Bruno Mettling, arrivé des Caisses d'épargne aux banques populaires en 2004Bruno Mettling Banques Populaires https://www.lesechos.fr/12/07/2004/LesEchos/19198-138-ECH_bruno-mettling-aux-banques-populaires.htm, en avait pris la stratégie, puis la direction générale, sous l'autorité de Philippe Dupont Nomination de Bruno Mettling http://www.easybourse.com/bourse/financieres/article/4094/mettling-lhomme-providentiel-de-banque-populaire.html. Le même jour, François Pérol qui a contribué à la création de Natixis., soutenu par le président de la République, est nommé président du conseil de surveillance de NatixisNomination de François Perol, Le Parisien, 6 mars 2009.. Le , il avait pris ses fonctions de président du directoire de la Caisse Nationale des Caisses d'Epargne et de directeur général de la Banque Fédérale des Banques Populaires.

Au premier trimestre 2009, la banque enregistre une nouvelle lourde perte de 1,839 milliard d'eurosNatixis : pertes colossales, Le Parisien, 13 mai 2009..

En , L'Agefi annonce que Natixis a versé 70 millions d'euros de bonus à pour leur exercice pour l'année 2008, créant ainsi une polémique..

En , Dominique Ferrero démissionne à son tour de ses fonctions de directeur général de Natixis.. Mais, Dominique Ferrero reste salarié de Natixis d' à .https://www.zonebourse.com/barons-bourse/Dominique-Ferrero-2724/biographie/. En tant que « Conseiller spécial » de François Pérol, durant cette période de près de trois années, Dominique Ferrero bénéficie d'une rémunération annuelle de l'ordre de ..

Le cours du titre Natixis (KN) vaut alors moins de . Les actionnaires floués portent plainte.730 actionnaires portent plainte contre Natixis, Les Échos, 6 janvier 2010..

Mise en place d'un plan d'apurement et de redressement La banque envisage le départ volontaire de . dans l'activité titres et 130 autres dans l'activité de banque de financement et d'investissement (BFI)Bonus chez Natixis : FO claque la porte du CCE, tempsreel.nouvelobs.com, 27 mars 2009.. Le président de son conseil de surveillance, François Pérol, ne touchera que annuels sans bonus en 2009.. Les Échos révèle le que d'euros vont être distribués aux traders de la société sous forme de primes à un moment où se déroule un débat en France « sur les rémunérations des cadres dirigeants, notamment pour celles qui licencient ou bénéficient d'aides publiques »Natixis a versé d'euros de bonus à ses traders, La Dépêche du midi, 26 mars 2009..

Le , l'assemblée générale est accompagnée par des compagnies républicaines de sécurité (CRS). Une action de « lancer de pantoufles » est provoquée par le collectif Sauvons les RichesAG chaussée et lancée de pantoufles. Lors de cette AG est annoncée la possible présence dans le bilan de d'euros d'actifs douteux..

Le , alors que certaines banques annoncent des bénéfices pour le 2009, Natixis annonce 1,9 milliard de pertes..