Richard Matthew Stallman, né le à Manhattan, connu aussi sous les initiales rms (en minusculesDans les années 1970, l’avènement du bas de casse sur les écrans informatiques représente une vraie conquête et donc à cette époque, les minuscules sont modernes aux yeux des informaticiens.), est un programmeur et militant du logiciel libre. Initiateur du mouvement du logiciel libre, il lance, en 1983, le projet GNU et la licence publique générale GNU connue aussi sous le sigle GPL. Il a popularisé le terme anglais « »Copyleft est un jeu de mots anglais faisant référence à la notion de copyright, que l’on pourrait transposer en français en parlant de gauche d’auteur par référence au droit d’auteur. Programmeur renommé de la communauté informatique américaine et internationale, il a développé de nombreux logiciels dont les plus connus des développeurs sont l’éditeur de texte , le (GCC), le (gdb) mais aussi, en collaboration avec Roland McGrath, le moteur de production .
Depuis le milieu des années 1990, il consacre la majeure partie de son temps à la promotion des logiciels libres auprès de divers publics un peu partout dans le monde. Depuis quelques années, il fait campagne contre les brevets logiciels et la gestion des droits numériques (DRM)rms à La Cantine.. Le temps qu’il alloue encore à la programmation est consacré à GNU Emacs, bien qu’il ne soit plus le mainteneur principal depuis . Il gagne sa vie en partie avec les cachets de conférencier qu’on lui donne à l’occasion ou des prix qu’on lui remet.
En 2010, un récit biographique qui relate la vie de Richard Stallman paraît en français sous le titre Richard Stallman et la révolution du logiciel libre.
Biographie Richard Matthew Stallman est né à Manhattan dans une famille juivehttps://ia802307.us.archive.org/23/items/The_Basement_Interviews/Richard_Stallman_Interview.pdf le . Doté de fortes capacités en science, il participe régulièrement à des rencontres de jeunes passionnés par les sciences. Il utilise un ordinateur pour la première fois durant ses années de lycée en 1969. L’été suivant, à la fin de ses études secondaires, il est engagé par le centre scientifique d’IBM de New York et il s’attaque à l’écriture de son premier programme : le préprocesseur du langage de programmation PL/I destiné aux ordinateurs .
En 1971, alors étudiant en physique et en mathématiques à l’université Harvard où il obtient d’excellents résultats., il devient hacker au département de recherche en intelligence artificielle du Massachusetts Institute of Technology (MIT) pendant des années. Ce milieu plaît davantage à Stallman, qui y apprécie notamment la souplesse de la politique d’accès aux ordinateurs.
En 1975, il met fin à ses études à Harvard pour se consacrer uniquement à la programmation. Il découvre au MIT l’éthique des hackers : le partage des connaissances, le refus de l’autorité et le perfectionnisme. Cependant, peu à peu, l’ambiance des débuts change et il est de plus en plus rejeté par ses pairs qui acceptent des postes dans des entreprises créant du logiciel propriétaire. Il décide de maintenir à jour les fonctionnalités de la machine Lisp qui était passée sous l’égide de deux entreprises : Symbolics et LMI. Durant des mois, seul contre des dizaines de développeurs, à partir de la documentation il parvient à s’acquitter de ce projet, exploit qui sera reconnu par ses collègues..
En 1980, Stallman et certains autres hackers du AI Lab se sont vu refuser l'accès au code source du logiciel d'une imprimante laser récemment installée, la Xerox 9700, celui-ci étant uniquement disponible sous la forme d’un binaire. Stallman avait modifié le pilote de l'imprimante laser précédente du laboratoire (la XGP, Xerographic Printer) de manière qu'il envoie un message électronique à un utilisateur lorsque son travail était imprimé, et qu'il envoie des messages à tous les utilisateurs connectés en attente d'impressions si l'imprimante était bloquée. Ne pas pouvoir ajouter ces fonctionnalités à la nouvelle imprimante était un inconvénient majeur, car l'imprimante était située à un étage différent de la plupart des utilisateurs.
Cette expérience a convaincu Stallman de la nécessité pour les gens de pouvoir librement modifier le logiciel qu'ils utilisent. Il comprend que l’éthique du hacker est en train de disparaître et qu’il faut agir. C’est ce qui explique en partie la conception du projet GNU quelques mois plus tard après un message publié sur Usenet.
Le journaliste américain lui a consacré une biographie, , que Stallman n’a jamais agréée. La communauté Framasoft lui ayant demandé son concours pour une édition en français de cette biographie, il a accepté d’en écrire la préface à condition de pouvoir annoter largement l’œuvre originale..
Il parle couramment anglais et françaisStallman et le « libre », champions de Tunis, sur le site ecrans.fr du .Richard Stallman : « Vers une société numérique libre », UPtv, université de Poitiers, Niort, ., assez couramment espagnol et un peu indonésien.
En , pendant l'événement du quarantième anniversaire du projet GNU, Stallman a révélé qu'on lui avait diagnostiqué le lymphome folliculaire, une forme de cancer...
Emacs
LAI Lab du MIT possédait TECO dans les années 1970, un éditeur de texte fonctionnant en arrière-plan. La modification du texte nécessitait de longues chaînes de commandes, c’est-à-dire une capacité d’abstraction assez importante de la part de l’utilisateur. En 1976, Stallman découvrit « E » au laboratoire d’intelligence artificielle de l’université Stanford, considéré comme le premier logiciel de traitement de texte WYSIWYG permettant de voir à l’écran en temps réel les modifications apportées. Il décide alors d’améliorer TECO pour lui apporter les mêmes fonctionnalités. Il implémenta des combinaisons de touche <CTRL>+<Lettre> qui exécutent des chaînes de commandes TECO. Cette amélioration permit ainsi aux hackers de sauvegarder des chaînes de commande longues et complexes et d’y faire appel avec un simple raccourci clavier.
Cette version augmentée de TECO conduisit les hackers du AI Lab à programmer une quantité énorme de macros. Cette profusion et diversité de macros personnelles commencèrent à rendre l’utilisation de TECO différente sur chaque terminal, avec des incompatibilités et un temps d’apprentissage de plus en plus long quand on changeait de terminal.
Avec Guy Steele, Richard Stallman entreprit de réorganiser toutes les commandes en un système unifié et plus universel. Le résultat fut baptisé « Emacs », acronyme pour Editing Macros. Il est toujours possible d’ajouter de nouvelles commandes, mais elles n’affectent plus le logiciel original, qui reste identique pour tous les utilisateurs. Stallman écrivit une règle dans le code source : les utilisateurs étaient libres de modifier et de redistribuer le code, à la condition de redonner en retour à la communauté les extensions qu’ils écrivaient. Il passe ainsi un contrat social avec tous les hackers qui apporteront une macro à l’édifice. En ce sens, le projet Emacs peut être considéré comme emblématique de l’esprit communautaire qui règne alors dans le AI Lab. alt=Logo GNU|vignette|Logo GNU
Projet GNU
Au mois de , Richard Stallman annonça le développement d’un système d’exploitation libre qu’il nomme « GNU » et qui a pour but d’être un équivalent libre d’Unix. L’acronyme récursif GNU signifie GNU’s Not Unix (« GNU n’est pas UNIX ») et se veut un clin d’œil humoristique à une tradition des informaticiens du MIT de nommer des projets au moyen d’acronymes récursifs (par exemple, EINE). En , il quitta son emploi au MIT pour se consacrer à plein temps au . En 1985, il crée la Free Software Foundation (FSF), un organisme à but non lucratif qui permettra l’embauche de programmeurs et la mise sur pied d’une infrastructure légale pour la communauté du logiciel libre. La même année, Stallman publia le dans lequel il fit connaître les motivations et les objectifs du projet et demande l’appui de la communauté informatique mondiale.
Dans les années 1980, Richard Stallman faisait partie du comité de l’IEEE chargé d’écrire les spécifications d’une nouvelle norme pour l’interfaçage des systèmes de type UNIX. Voyant que le nom proposé au début était imprononçable, il prit peur que le public se mette à nommer la norme « Unix », ce qui irait à l’encontre des intérêts du projet GNU. Il proposa de l’appeler plutôt « POSIX » et c’est ce nom que l’IEEE choisit de retenir sur le site officiel de Richard Stallman..
Afin de s’assurer que tous les logiciels libres développés pour le système d’exploitation GNU restent libres, Richard Stallman popularisa le concept de copyleft (inventé par Don Hopkins), une astucieuse utilisation du droit d’auteur permettant d’assurer la protection légale des quatre libertés fondamentales des utilisateurs d’ordinateurs telles que définies par la FSF.
En 1989, il publia la première version de la licence publique générale GNU à laquelle Eben Moglen contribuera. Cette licence sera utilisée pour protéger la majeure partie du système GNU qui est alors très avancé, mais encore incomplet. En effet, en 1990, la plupart des éléments du système GNU sont prêts à l’exception du noyau du système. C’est à ce moment-là que la FSF commença le développement de Hurd, mais son développement se révélera beaucoup plus long que prévu (et il n’est toujours pas terminé).
La naissance du noyau Linux en 1991 (après que celui-ci eut été publié sous licence GPL) permet, en le combinant aux outils GNU, de former le système d’exploitation GNU/Linux. Il y a une controverse et une certaine confusion de nommage du système d’exploitation entre Linux, qui est en réalité le noyau du système d’exploitation, et GNU/Linux qui est le système d’exploitation. L’appellation GNU/Linux est importante pour Richard Stallman, car elle permet entre autres que ne soit pas occulté le but du projet GNU : permettre l’utilisation d’un système entièrement libre et garantir les libertés fondamentales de manière générale.
Depuis le début des années 1990, Richard est régulièrement victime de douleurs aux poignets l’empêchant de contribuer au code comme il le faisait auparavant. À partir de ce moment, il participe surtout à propager les libertés du logiciel libre à travers le monde en tenant des conférences ou des actions contre des lois locales.
Ses relations avec les protagonistes du mouvement sont devenues de plus en plus difficiles. L’incarnation de Linus Torvalds en sauveur de l’informatique libre moderne agace Stallman. Non seulement car Linus lui-même refuse ce rôle, mais aussi parce que, pour des raisons historiques logiques et sa lutte sans faille depuis le début du mouvement, selon Stallman, ce titre devrait lui revenir.
D’autres comme Eric Raymond l’accusent de discréditer le projet aux yeux des entreprises. Ce dernier a lancé l’expression « open source » en opposition à Richard pour mettre en avant l’aspect technique plutôt que l’aspect éthique. Ayant toujours été intransigeant sur le respect de l’idéologie initiale, Stallman s’oppose à ce terme car il prête à confusion et relègue les libertés aux derniers rangs des priorités. Cependant, si le code source d’un logiciel libre est nécessairement ouvert, le code source d’un logiciel peut parfaitement être ouvert sans être libre. C’était par exemple le cas du BIOS des PC dès 1981, ou des premières versions d'Unix (voir ). alt=Portrait crayonné de Richard Stallman|vignette|Portrait crayonné de Richard Stallman
Philosophie et promotion du logiciel libre
Richard Stallman décrit en ces termes sa philosophie : En 1999, Richard Stallman lança dans « . » les idées à la base de Wikipédia.