Vérité et Méthode (Wahrheit und Method) est l'œuvre maîtresse du philosophe allemand Hans-Georg Gadamer. Publié en , cet ouvrage est considéré comme une contribution majeure à l'herméneutique philosophique.

Présentation générale Vérité et méthode est la première oeuvre d'après guerre de Hans-georg Gadamer. Le livre est considéré comme une étape importante dans la réhabilitation de la philosophie allemande en période d'après-guerre.

Le titre tel que proposé par Gadamer aurait été Les grandes lignes d'une herméneutique philosophique. Le titre final fut modifié à la demande de l'éditeur, afin de ne pas effrayer le public.

Problématique herméneutique Gadamer énonce la question à laquelle il cherchera à répondre dans son livre : la question de l'herméneutique, c'est-à-dire de la manière dont la philosophie peut permettre d'interpréter une œuvre d'art.

Ce problème se rattache à la question de la compréhension et celle de l'interprétation de ce qui est compris. Il considère que l'expérience de vérité ne peut pas être saisie si l'on se limite à la méthodologie des sciences, notamment des sciences de la nature. Il souligne que les sciences de l'esprit, notamment l'histoire, ne peuvent se soustraire à la tradition. La philosophie, de son côté, retrouve des vérités dans les textes classiques. L'expérience de l'art nous révèle une vérité dont l'approche esthétique (scientifique) ne peut rendre compte.

Structure de l'ouvrage Le livre est constitué de trois parties : « Dégagement de la question de la vérité. L'expérience de l'art » ; « Extension de la question de la vérité à la compréhension dans les sciences de l'esprit » ; « Tournant ontologique pris par l'herméneutique sous la conduite du langage »

Gadamer s'intéresse à la question de l'œuvre d'art, qu'il présente comme un moyen d'accès à la vérité. Il ne s'agit pas ici de la vérité objective des sciences exactes. Elle oblige le spectateur à repenser la façon dont il conçoit la vie. Il considère que la réflexion des sciences de l'esprit sur elles-mêmes reste tributaire d'une idéalisation de l'approche des sciences de la nature. Cette réflexion reste prisonnière de la méthode inductive et de l'idéal de régularité qui y est rattaché. Pour lui, « la caractéristique générale de la formation est l'ouverture maintenue à l'altérité, à des perspectives autres et plus générales. »

Formation et sens commun Pour Gadamer, les sciences de l’esprit dans la réflexion sur elles-mêmes devraient renouer avec l’idée de sens commun qui était originellement davantage attachée à un sens pratique lié à la morale ou au social qu’à un sens théorique. Au sens premier, le jugement faisait référence à une faculté d’appréciation sensible qui saisit la singularité en la dotant notamment d’une valeur (bien/mal) et d’une évaluation de sa faisabilité.

Le jugement glisse à partir du siècle vers un sens plus rationnel. Chez Emmanuel Kant, le sens premier du jugement est restreint au goût.

Esthétique kantienne et jugement de goût Au départ, le concept de « goût  », rattaché à un contexte historique et social, est une forme d’appréciation du singulier. Cette appréciation a une dimension de vérité. Le concept perdra cette dimension de connaissance avec Kant. Selon ce dernier, le jugement de goût n’a pas d’universalité empirique, mais, d’une manière apriorique, il vise l’universalité. Pour lui, ce jugement dépasse la subjectivité sans qu’il soit partagé par tous. Kant considère qu’il y a une validité du jugement de goût, mais pas vraiment une forme de connaissance.

Kant estime que la beauté libre (nature, ornements) correspondrait au jugement de goût qui est « pur », tandis que la beauté adhérente (poésie, arts plastiques, musique, « les êtres naturels […] dont ce n’est pas la beauté seule qui retient notre attention ») coïnciderait au jugement de goût qui est intellectualisé.

Gadamer adhère à l’idée de Kant selon laquelle « il n’y a que l’œuvre d’art, dont le sens veuille qu’elle se définisse comme création du génie ». Selon Gadamer, pour Kant, « l’application de la faculté de juger au beau et au sublime de la nature a plus d’importance que la fondation de l’art. »

Notes et références

Liens externes Résumé de l'œuvre maîtresse de Hans-Georg Gadamer. - Travail de session de Steve Fyfle à l'Université de Montréal (avril 2005) dans le cadre du cours PHI 3735 - Herméneutique II avec le professeur Jean Grondin.

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