L’église protestante de Spa, située rue Brixhe, est un édifice religieux protestant, classé comme « bâtiment de grande valeur du centre ancien ». de la ville de Spa, dans la province de Liège.
Historique Les premières réunions de protestants à Spa sont mentionnées en 1562. Elle se tiennent chez la famille Collin.. Les idées nouvelles se propagent rapidement dans la région, à Liège, dans le duché de Limbourg, à Verviers, dans le Pays d'Outremeuse et le marquisat de Franchimont Protestantisme en Wallonie. En 1562, Thomas Watlet, du village de Becco près de Theux, à de Spa, partisan du réformateur Zwingli, est brûlé à Liège.. Il avait été arrêté quatre ans plus tôt. En 1565, les organisateurs du Compromis des Nobles, alliance formée dans les Pays-Bas espagnols pour atténuer les ordonnances de Philippe II contre le protestantisme, se réunissent discrètement à Spa, rue Xhrouet, sous prétexte d'y prendre les eaux. Mais leur requête est rejetée par le roi, des troubles éclatent., prélude à la guerre de Quatre-Vingts Ans contre la monarchie espagnole, aboutissant en 1581 à l'indépendance des Provinces-Unies au nord, les Pays-Bas du sud restant espagnols et catholiques. Une petite enclave protestante subsiste avec les villes d’Olne et de Dalhem, dans la partie du duché de Limbourg restée sous le contrôle des Provinces-Unies.
En parallèle de ces événements politiques et religieux, le thermalisme se développe fortement à Spa et attire des personnalités de toute l’Europe : Louis IV de Gonzague-Nevers en 1576, Montaigne en 1580, le roi Henri III en 1585, Alexandre Farnèse en 1589, Descartes en 1645, le roi Charles II d’Angleterre en 1654. Suivent le prince et la Princesse d'Orange, la reine Christine de Suède en 1655, le roi du Danemark. Les Anglais sont si nombreux à Spa que le roi d'Angleterre décide de créer en 1627, par acte particulier, une chapelainie (chapellenie) anglicane. à Spa. C’est probablement la plus ancienne du continent européen. Ensuite, par un Order in Council du , le roi plaça cette paroisse sous la supervision de l’évêque de Londres., mais cela n'impliquait la création d'un lieu de culte propre.
Cette affluence de monarques de différentes confessions chrétiennes est tolérée par le prince-évêque de Liège qui y voit une source de revenus, mais en même temps pour faire face au développement du protestantisme, il fait appel aux Frères mineurs capucins qui installent des communautés à Malmedy en 1617 et à Spa en 1623. Une première chapelle est construite à Spa, puis en 1643 un couvent plus grand. vignette|Temple de Spa, après ravalement et avec ses nouveaux vitraux (Façade Nord) (2 septembre 2014) En 1715 les Pays-Bas du Sud passent des Habsbourg d'Espagne aux Habsbourg d'Autriche. Le tsar Pierre le Grand est à Spa en 1717. Ce siècle, âge d’or de Spa, voit des touristes catholiques, protestants et anglicans, fréquenter les thermes en bonne intelligence. Comme le décrit le baron von Pöllnitz dans ses "Amusemens des eaux de Spa", ils parlent entre eux de sujets religieux de manière éclairée et courtoise. Cependant les curistes protestants et anglicans n'y disposent pas de lieu de culte. En l'Empereur Joseph II passe trois jours à Spa et la décrit comme le "Café de l'Europe".
Le de la même année, il signe l’Edit de Tolérance, en vertu duquel "il est permis aux protestants de bâtir des églises dans les emplacements au choix desquels les Magistrats ou Gens de Loi auront donné leur approbation, à condition, néanmoins que ces édifices n'aient aucune apparence d'église... et qu'il n'y ait ni clocher, ni cloches, ni sonneries en manière quelconque...Les Protestants jouiront tranquillement dans ces édifices de l'exercice privé de leur culte, et leurs Ministres pourront librement se transporter chez les malades de leur communion, pour les consoler et assister pendant leurs maladies. Les Protestants seront admis désormais à la Bourgeoisie de toutes les villes, ainsi qu'aux corps des Métiers ; et enfin aux grades académiques des Arts, du Droit et de la Médecine dans l'Université de Louvain, sur le même pied que les autres sujets de Sa Majesté à l'effet de quoi les Magistrats, ainsi que les différentes facultés de l'Université, sont autorisés à accorder pour chaque cas, les dispenses requises... Ces résolutions de Sa Majesté... tendent directement au bien public en général, à l'avantage du commerce en particulier et surtout à étendre les limites de la charité chrétienne". En 1782 un nouveau cimetière plus grand est à construire. "Le magistrat prenant en considération le concours des différentes nations qui séjournent chaque année à Spa" y annexe "un cimetière particulier et des caveaux" pour les Réformés.. En réalité ce cimetière en comprenait trois : un pour les catholiques, un pour les protestants et un mausolée pour le protestant William Cockerill (qui s'était établi à Spa à la fin du ), son épouse et six de leurs descendants.. (Le plus célèbre d'entre eux, leur fils John Cockerill, qui avait installé à Spa une usine de cardes, fut cependant enterré à Seraing.)
Mais déjà les idées révolutionnaires arrivent à Spa. Dès le mois d', des troubles éclatent, le Prince-Evêque s'enfuit, c'est le début de la révolution liégeoise. En 1797, l'ordre des Capucins est supprimé à Spa, les Capucins chassés et leurs biens confisqués et vendus. Une partie est alors mise par les Français à la disposition des Réformés et des anglicans pour leur culte. En 1810, le chirurgien Damseau, devenu propriétaire, fait démolir l’église et deux ailes du couvent..
En 1815, le Congrès de Vienne réunit les Pays-Bas du Sud aux Pays-Bas du Nord. Pendant cette période hollandaise, M. Damseaux transforme sa propriété en Hôtel Bel Oeil. Le 27 juillet 1818, pour servir au culte protestant, il fut loué pour 353 francs par le gouverneur de la Province de Liège. Le bail concernait une partie non détruite de l’ancien couvent, en particulier le réfectoire, pouvant contenir 200 personnes, et deux chambres au rez-de-chaussée.. Les protestants y tiennent leur culte et études bibliques, tandis que les anglicans disposent d'une salle au Waux-hall. En 1818 le pasteur Roediger des paroisses de Verviers-Hodimont, Dalhem et Olne, dessert aussi la paroisse protestante de Spa. En 1823 le pasteur Milner Wheeler est installé à Spa pour les offices en anglais. Les cultes en français et en anglais sont alors hebdomadaires.alt=Stèle à la mémoire de Frédérica Perceval, scellée dans l'entrée de la nef|vignette| Stèle scellée dans l'entrée de la nef à la mémoire de Frédérica Perceval La révolution belge (1830) marque un tournant en matière de liberté des cultes. En 1834, le roi Léopold invite son gouvernement à subventionner le culte anglican. Le , le commissaire d’arrondissement de Verviers demande au bourgmestre de Spa le nombre de protestants et d’anglicans de sa commune. Le 22 & , les églises protestantes de Belgique s'unissent et fondent le "Synode des Églises protestantes évangéliques de Belgique". qui comprend les églises d'Anvers, Bruxelles, Dalhem, Dour, Gand, Huy, Liège, Maria-Horebeke., Mons, Olne, Pâturages, Rongy, Spa, Termonde, Tournai, Verviers-Hodimont.. Le , Léopold signe la reconnaissance de ce Synode comme seule autorité ecclésiastique des églises protestantes de Belgique.. L'église de Spa n'y apparaît plus dans la liste des paroisses membres, cependant que dans l'Almanach administratif et statistique de la Province de Liège et de la Cour d'Appel de Liège elle figure nommément mais comme dépendant de Verviers de même que les églises de Dahlem et d'Olne.. Le président de ce synode est alors le pasteur Roediger, pasteur de "l'église française-allemande de Verviers". Le , dans un rapport, le bourgmestre de Spa, Monsieur Hayemal, mentionne, pour la première fois, le culte protestant «évangélique » au lieu de culte "protestant". Il faut en effet distinguer les anglicans et les réformés, dits évangéliques. En 1849, la salle située à l’étage du Pouhon Pierre Le Grand, abrita quelque temps le culte évangélique, c'est-à-dire réformé. Les cultes étaient assurés dans le cadre du Synode des Églises protestantes évangéliques de Belgique fondé en 1839.
Dans les années qui suivent la reconnaissance du culte anglican et celle du culte protestant, les deux communautés vont se développer et chercher à bâtir un lieu de culte.
En 1866, des personnalités anglaises écrivent une requête au Collège des bourgmestre et échevins de Spa pour que soit mise à disposition une parcelle de terrain afin d'y édifier une église anglicane. Diverses suggestions sont émises et finalement, en , la commune acquiert un terrain de situé au boulevard des Anglais. Les travaux sont adjugés le , les architectes sont de Londres. Mais les subsides promis tardent, et les travaux s'arrêtent en 1873. Quand le problème est résolu et avant que les travaux ne reprennent, un état des lieux est dressé, en , par l'architecte et le bourgmestre Henri Peltzer de Spa, lui-même protestant. La construction s'achève en 1876, l'église est consacrée le de la même année et dédiée à St Pierre et Paul.
Ce temple anglican, de style Tudor, était le plus grand de toute l'Europe continentale : parvis, grand portail, des nefs, un chœur avec stalles, baptistère, sacristie, chaire de vérité en marbre, grands vitraux gothiques, rosace et vitrail monumental flamboyant sur le pignon.. Cependant, après la guerre 14-18, les curistes anglais deviennent nettement moins nombreux et le temple est officiellement désaffecté en juin 1956, la paroisse rendant alors à la ville de Spa la disposition du terrain et du bâtiment. Mais on ne lui trouva pas de destination nouvelle. Après l'effondrement du toit en 1966, et celle de la façade principale en 1968, le coût d'une restauration est estimé à 2 millions de francs belges. Le temple est alors démoli, tandis que le lendemain arrive l'avis de son classement par la Commission des Monuments et des Sites.alt=Stèle à la mémoire d'Esther Beamish, scellée dans l'enrtée de la nef|vignette|Stèle à la mémoire d'Esther Beamish, scellée dans la nef Du côté des protestants réformés, et indépendamment du Synode des Églises protestantes évangéliques de Belgique, l'Église chrétienne missionnaire belge - ECMB, née du Réveil à Genève.., est sollicitée par une famille anglaise qui s’était installée à Spa et y répandait des traités d’évangélisation pendant la saison des eaux ainsi qu’en hiver : Mesdames Cracoft prièrent l’ECMB d’envoyer un évangéliste à Spa. L’ECMB proposa le poste à E. Sumicrast. Ce dernier avait d’abord été évangéliste pendant six mois au poste de Wavre de l’ECMB, puis, fin 1843, auprès de l’église fondée à Jumet. Il aidait en outre le pasteur de Charleroi à desservir l’annexe fondée à Fontaine l’Evêque. (A Charleroi. et dans ses environs, Couillet, Roux et Jumet, les premières communautés de la Société Evangélique Belge devenue plus tard ECMB, avaient été établies en 1841 par le pasteur genevois, Edouard Panchaud. Léonard Anet, ancien étudiant à l'Ecole de l'Oratoire de Genève, en fut dès 1842, le premier pasteur. Il exerça ensuite, de 1856 à 1883, les fonctions de Secrétaire général de l'ECMB). E. Sumikrast rejoignit le poste de Spa en . Les débuts furent très encourageants, avec pendant plusieurs mois un auditoire d’une trentaine de personnes, mais sans conversions sérieuses d’habitants locaux. En 1846, l’évangéliste ayant accepté un poste en Suisse, le comité de l’ECMB ne prolongea pas l’essai.