Sébastien Loeb marque l'Histoire du sport automobile au terme de la saison 2011 en devenant le premier pilote à totaliser huit titres mondiaux dans une même discipline. Au volant de la Citroën DS3 WRC, nouvelle figure de proue de la marque aux chevrons, il connaît l'une des années sportives les plus difficiles de sa carrière en raison de nombreux coups du sorts ayant affectés certaines de ses courses ainsi que du règlement régissant l'ordre de passage dans les spéciales et dont il est une nouvelle fois la principale victime. Ce dernier point sera l'une des sources de tension entre lui et son nouveau coéquipier à temps plein Sébastien Ogier, l'Alsacien supportant mal de ne pouvoir lutter à armes égales quand la réduction des cylindrées des moteurs a contribué à accentuer le phénomène du balayage. Le champion du monde prend également part à la conquête d'un septième sacre Constructeurs pour le compte de Citroën Racing et poursuit sa série de piges annuelles sur circuit dans le cadre du GT Tour. Il remporte enfin le Monza Rally Show pour sa première participation, notamment face au nonuple champion du monde de vitesse moto Valentino Rossi.

Championnat du monde des rallyes thumb|right|Sébastien Loeb et Daniel Elena sur le salon du Mondial de l'automobile de Paris 2010 pour la première apparition de la Citroën DS3 WRC à destination du grand public.

La saison 2011 marque un tournant dans l'Histoire du WRC en vertu d'une nouvelle réglementation technique introduisant de profondes modifications concernant les voitures homologables, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle ère avec la réduction des coûts en ligne de mire. Le traditionnel moteur Turbo, qui était jusque-là la norme depuis 1987 et la fin des Groupes B, laisse ainsi la place à une cylindrée réduite à avec un poids minimal abaissé à . La puissance reste pour sa part limitée à 300 chevaux et la transmission demeure répartie sur quatre roues motrices, mais le couple s'en retrouve réduit de près de 40 %, engendrant un handicap plus important qu'auparavant vis-à-vis du balayage sur les rallyes terre. Plusieurs technologies jusqu'alors couramment utilisées ont également été bannies, au premier rang desquelles le différentiel central actif, le départ automatisé ainsi que les palettes de changement de vitesses positionnées derrière le volant. Le plateau s'en retrouve ainsi entièrement renouvelé au sein de l'ensemble des équipes engagées, avec des modèles de voitures plus compacts : Citroën DS3 WRC pour la marque aux chevrons et Ford Fiesta RS WRC pour son rival américain. Le nouveau règlement introduit également le concept de Power Stage désignant sur chaque épreuve du calendrier une spéciale rémunératrice de points pour les trois pilotes les plus rapides. Disposant d'un contrat courant pour une dernière saison effective, Sébastien Loeb poursuit l'aventure avec son employeur historique, son jeune compatriote Sébastien Ogier étant pour sa part promu au rang de coéquipier dans la structure principale avec le départ de Dani Sordo. Après quatre saisons passées aux côtés du septuple champion du monde, l'Espagnol rejoint les rangs de Mini, nouvel arrivant parmi les constructeurs avec un programme partiel conduit par Prodrive, concepteur britannique ayant mis au point la Mini John Cooper Works WRC. Dernier changement notable, la fin de la clause imposant un fournisseur unique de pneumatiques autorise le retour de Michelin, absent du mondial depuis 2008, l'Italien Pirelli préférant quant à lui se concentrer sur son nouveau partenariat avec le championnat du monde de Formule 1.

59th Rally Sweden Le rallye de Suède marque le coup d'envoi de la saison pour la deuxième année consécutive. Sur la seule manche du calendrier disputée sur neige, Sébastien Loeb fait face à plusieurs inconnues, en raison de la nouvelle réglementation technique qui pourrait bouleverser les forces en présence d'une part, et du fait que la réussite lui a bien souvent échappé sur cette épreuve scandinave d'autre part. Premier à s'élancer dans les spéciales en vertu de son statut de champion du monde en titre, l'Alsacien souffre du handicap du balayage dès les premiers kilomètres en raison de fortes chutes de neige survenues la veille du départ. Établissant la trace pour ses adversaires sur des tronçons recouverts de de poudreuse, il concède un temps significatif dans la boucle matinale avant de pouvoir limiter les dégâts lors des deuxièmes passages. Finalement victime d'une crevaison dans le dernier chrono de la première étape, il rejoint le parc fermé avec un retard de près de trois minutes sur le leader Mads Østberg : . Neuvième du général, Loeb profite de conditions de route désormais moins pénalisantes pour signer son premier temps scratch dès l'entame de la deuxième étape avant d'être coupé dans son élan par une nouvelle crevaison dans Fredriksberg : . Il poursuit son effort lors de la deuxième boucle, établissant par trois fois le meilleur chrono, et parvient à reprendre plus d'une minute sur les pilotes de tête. Estimant que l'écart avec ses prédécesseurs est insurmontable à la régulière compte tenu de la distance restante, il choisit d'assurer sans prendre de risques les huit points de sa sixième place et rejoint l'arrivée de la dernière spéciale sans encombre. Mais au moment de reprendre la route pour rejoindre le parc fermé, l'Alsacien manque de tout perdre sur un problème de démarreur affectant sa Citroën DS3 WRC. Contraint de pousser sa voiture avec son copilote Daniel Elena, seule l'aide providentielle de Petter Solberg lui permettra d'éviter l'abandon définitif : .

Étape Jour Heure Nom Distance Temps Étape 1 10 fév SS1 20 h 04 Karlstad SSS 1 1 min 40 s 8 11 fév SS2 7 h 58 Vargåsen 1 15 min 24 s 5 SS3 9 h 39 Likenäs 1 12 min 38 s 1 SS4 10 h 55 Løvhaugen 1 12 min 14 s 1 SS5 14 h 13 Vargåsen 2 14 min 29 s 4 SS6 15 h 54 Likenäs 2 11 min 42 s 8 SS7 17 h 10 Løvhaugen 2 11 min 59 s 9 Étape 2 12 fév SS8 8 h 00 Lesjöfors 1 9 min 38 s 4 SS9 9 h 01 Sågen 1 7 min 49 s 3 SS10 10 h 06 Fredriksberg 1 11 min 08 s 5 SS11 11 h 08 Värmullsåsen 1 8 min 55 s 3 SS12 13 h 26 Lesjöfors 2 9 min 35 s 3 SS13 14 h 27 Sågen 2 7 min 50 s 1 SS14 15 h 32 Fredriksberg 2 11 min 05 s 5 SS15 16 h 34 Värmullsåsen 2 8 min 45 s 7 SS16 20 h 00 Karlstad SSS 2 1 min 40 s 5 Étape 3 13 fév SS17 7 h 51 Torntorp 1 10 min 08 s 7 SS18 8 h 43 Gustavsfors 1 2 min 23 s 7 SS19 9 h 37 Rämmen 1 12 min 08 s 8 SS20 12 h 09 Torntorp 2 10 min 19 s 7 SS21 13 h 31 Rämmen 2 12 min 24 s 8 SS22 15 h 08 Gustavsfors 2 (Power Stage) 2 min 23 s 0

25º Corona Rally Guanajuato México Première manche de la saison disputée sur terre, surface majoritaire du calendrier, le rallye du Mexique est attendu par les équipes du mondial comme le véritable révélateur de leur niveau de compétitivité respectif. Sixième du championnat Pilotes consécutivement à son résultat mitigé en Suède, Sébastien Loeb se voit dispenser du handicap du balayage lors de la première étape auquel il est habituellement coutumier. Deuxième à l'issue de la Super-Spéciale d'ouverture, l'Alsacien entame sa course sur un rythme offensif. Un duel serré se dessine rapidement entre lui et son coéquipier Sébastien Ogier, les deux hommes se partageant la quasi-totalité des temps scratchs de la première journée. Les autres pilotes en lice pour la victoire sont progressivement éliminés, sur crevaison pour Jari-Matti Latvala et sur problème moteur pour Petter Solberg. Le champion du monde achève son étape à la deuxième place du général, environ deux secondes derrière le jeune Gapençais : . Loeb hausse son rythme à l'entame de la deuxième étape et s'empare de la tête à l'issue du premier chrono. Il poursuit son effort et creuse un écart de près de vingt secondes sur Ogier à l'assistance de mi-journée avant d'en perdre tout le bénéfice sur un nouvel incident technique. Bloqué sur la ligne de départ de la quinzième spéciale en raison d'un problème de boîte de vitesses, l'Alsacien écope de cinquante secondes de pénalité pour le temps perdu à effectuer les réparations de fortune et rétrograde en deuxième position du général. Il parcourt la boucle de l'après-midi sur un rythme agressif et parvient à réduire son retard à environ dix secondes au moment de rejoindre le parc fermé : . C'est à ce moment qu'Olivier Quesnel, directeur de Citroën Racing, évoque l'idée de figer les positions entre les deux pilotes pour assurer un doublé. Sébastien Loeb se refuse à accepter cette consigne, arguant qu'en tant que septuple champion du monde en titre, on ne peut pas lui demander de renoncer dès la deuxième manche de la saison, et que sans le problème de fiabilité rencontré sur sa DS3 c'est lui-même qui occuperait la position de tête : . Il choisit en conséquence de prévenir son coéquipier de sa décision le dimanche matin au départ de la dernière étape avant qu'il ne soit finalement convenu que la seule consigne officielle pour les deux pilotes serait de ne pas sortir. Ogier craque finalement sous la pression de l'Alsacien, en tête dans les temps partiels, et part à la faute dès le premier chrono du jour. Désormais seul aux commandes, Loeb rejoint la ligne d'arrivée sans commettre d'erreur et signe une cinquième victoire consécutive en terre mexicaine, lui permettant ainsi de réduire une partie de son retard sur Mikko Hirvonen au classement mondial : .

Étape Jour Heure Nom Distance Temps Étape 1 3 mar SS1 20 h 06 Guanajuato Street Stage 53.4 4 mar SS2 8 h 43 Alfaro 1 15 min 31 s 2 SS3 10 h 16 Ortega 1 13 min 59 s 9 SS4 11 h 04 El Cubilete 1 11 min 42 s 1 SS5 12 h 13 León Street Stage 1 1 min 17 s 4 SS6 13 h 47 Alfaro 2 15 min 17 s 8 SS7 15 h 20 Ortega 2 13 min 50 s 1 SS8 16 h 08 El Cubilete 2 11 min 33 s 9 SS9 19 h 45 Super Special 1 1 min 39 s 7 SS10 19 h 50 Super Special 2 1 min 39 s 1 Étape 2 5 mar SS11 8 h 54 Ibarrilla 1 18 min 25 s 8 SS12 10 h 17 Duarte 1 18 min 02 s 2 SS13 11 h 08 Derramadero 1 14 min 04 s 3 SS14 12 h 11 León Street Stage 2 1 min 16 s 9 SS15 13 h 57 Ibarrilla 2 18 min 13 s 1 SS16 15 h 20 Duarte 2 17 min 38 s 1 SS17 16 h 11 Derramadero 2 13 min 52 s 7 SS18 19 h 43 Super Special 3 1 min 38 s 4 SS19 19 h 48 Super Special 4 1 min 37 s 0 Étape 3 6 mar SS20 8 h 28 Guanajuatito 20 min 10 s 2 SS21 9 h 51 Comanjilla 15 min 21 s 2 SS22 11 h 06 Arperos (Power Stage) 4 min 42 s 5

45º Vodafone Rally de Portugal thumb|right|Aveuglé par la poussière soulevée par un Mikko Hirvonen en perdition, Sébastien Loeb abandonnera près de trente secondes dans la deuxième étape et toute chance de victoire à la régulière.