L'église Saint-Germain-l'Auxerrois est une église catholique paroissiale située à Presles (Val-d'Oise), en France. Vers le milieu du , elle a été donnée au prieuré Saint-Martin-des-Champs de Paris. De cette époque datent ses éléments les plus anciens, dans la chapelle Saint-Joseph au nord du chœur. Sinon, hormis des grandes arcades potentiellement gothiques et un clocher très sobre également gothique du , l'église date pour l'essentiel de la fin du et du milieu du , et est de style gothique flamboyant. Elle a été retouchée à l'époque moderne, et la façade date seulement de 1876. Si la nef et son bas-côté sud sont des constructions assez sommaires, le chœur et la chapelle de la Vierge, qui l'accompagne au sud, sont bâtis avec soin et voûtés d'ogives. Les deux premiers arcs-doubleaux du chœur retombent sur des chapiteaux corinthiens, et la forme en anse de panier des voûtes indique également la Renaissance, mais les piliers ondulés de l'abside et leurs chapiteaux sont néanmoins flamboyants. L'on note quelques clés de voûte à l'iconographie inhabituelle, et surtout deux frises représentant des personnages pittoresques, des animaux, souvent fantastiques, et des écussons. À l'extérieur, la décoration de l'abside à pans coupés et son curieux soubassement rectangulaire sont remarquables. Parmi le mobilier, les vingt-deux stalles du retiennent l'attention ; elles proviennent de Saint-Cloud, et six parmi elles possèdent des miséricordes du . L'église Saint-Germain a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du .. Les messes dominicales y sont célébrées en principe chaque dimanche à 10 h 30.

Localisation thumb|upright|left|Approche depuis l'ouest.

L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département français du Val-d'Oise, au nord de la forêt de L'Isle-Adam et au sud de la forêt de Carnelle, sur la commune de Presles, rue Pierre-Brossolette (RD 78). L'église est bâtie au milieu d'une terrasse de plan losangé, qu'elle coupe en deux parties. La partie méridionale sert de parvis, et comporte à son extrémité le monument aux morts de la commune ; la partie septentrionale sert de parking. La rue Pierre-Brossolette contourne l'église par l'ouest et passe immédiatement devant la façade occidentale. La rue de la République débouche sur le chevet de l'église en venant depuis l'est et la gare de Presles-Courcelles ; elle se sépare ensuite en deux branches, dont une passe par le nord, et une autre par le sud. L'église est entièrement dégagée d'autres édifices, visible de tous les côtés, .

Histoire L'histoire de la paroisse thumb|upright|left|Approche depuis l'est, rue de la République. thumb|upright|left|Clocher, côté ouest.

Une nécropole mérovingienne a été reconnue sous le parvis de l'église. Son saint patron, Germain d'Auxerre, mort en 445, fait l'objet d'une dévotion dans la région dès le , ce qui donne à penser que l'église est de fondation très ancienne. Elle n'est toutefois pas attestée par les sources d'archives avant le milieu du . À cette époque, Orphin, seigneur de Presles, et sa femme Basille sont excommuniés pour s'être emparés de l'église de Presles. Ils finissent par la rendre à l'évêque, et celui-ci la donne au prieuré Saint-Martin-des-Champs, qui devient ainsi le collateur de la cure. Sous tout l'Ancien Régime, la paroisse de Presles relève du doyenné de Beaumont, de l'archidiaconé de Clermont et du diocèse de Beauvais. La paroisse recouvre un territoire assez étendu, qui englobe les hameaux importants de Courcelles et Nerville-la-Forêt, et plusieurs autres écarts non négligeables.. L'église possède des reliques de son saint patron, qui sont conservées dans un buste-reliquaire en bronze, offert par des paroissiens en 1899..

Depuis la Révolution française, le diocèse de Beauvais se limite au territoire du département de l'Oise, et Presles entre dans le diocèse de Versailles, qui est créé pour accueillir l'ensemble des paroisses du département de Seine-et-Oise. La refonte des départements d'Île-de-France apporte une seconde restructuration des diocèses de la région en 1966, et Presles fait désormais partie du diocèse de Pontoise, qui correspond au territoire du Val-d'Oise. — Les noms des curés (souvent seulement les patronymes) sont connus depuis 1624. Ils sont au nombre de huit jusqu'à la Révolution française, et exercent leur ministère pendant une période de vingt ans en moyenne. L'abbé Jacques Bénit, nommé en 1788, faillit être décapitée à la Révolution pour le simple fait d'entretenir de bons rapports avec M. Chéron, fermier de la ferme seigneuriale. Il parvient à s'enfuir. Le premier curé après le Concordat de 1801 est nommé en 1802. Vingt curés au total se succèdent jusqu'en 1987, et officient pendant une période comprise entre un an et vingt-deux ans, soit neuf ans et trois mois en moyenne. Le dernier curé de Presles est l'abbé Boussaingault, qui arrive en 1980 et part en 1987.. Aujourd'hui, Presles forme un ensemble paroissial avec Beaumont-sur-Oise, Mours et Nointel. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Germain en principe tous les dimanches à 10 h 30.

En plus de l'église Saint-Germain, la paroisse comporte la chapelle Saint-Claude au hameau de Nerville. Elle est desservie par un chapelain résidant sur place, qui n'est pas habilité de procéder aux baptêmes, mariages, funérailles et enterrements, sauf par temps de grand froid, et les cérémonies de Première communion ont également lieu en l'église de Presles. La chapelle est ruinée en 1833, et démolie en 1835, puis remplacée par une nouvelle chapelle, financée par la comtesse de Ruty qui reçoit en échange le terrain et les matériaux de l'ancienne chapelle. L'érection du hameau de Nerville en commune par décret du permet l'aboutissement des demandes réitérées formulées par les habitants, qui attendent depuis longtemps l'établissement d'une paroisse indépendante pour leur village. L'autorisation est accordée à la fin de l'année 1867, sous réserve qu'une église et un presbytère en bon état existent sur place. Un curé est installé l'année suivante, avec l'abbé Louis Antoine Joseph Chatinière, qui part pour Arnouville-lès-Mantes en 1873. Il est remplacé par l'abbé Eustache Leleu, qui arrive l'année suivante, et nommé à la paroisse de Frouville et Ronquerolles en 1877. À partir de cette date, la paroisse de Nerville est administrée et desservie par le curé de Maffliers..

L'histoire de l'église thumb|Chapiteau roman à volutes d'angle, vestige de l'église du encastré dans le mur sud vers 1975.

L'église actuelle conserve des éléments qui remontent à l'époque où elle fut confiée au prieuré Saint-Martin-de-Champs, mais elle date pour l'essentiel de la fin du et du milieu du , et il n'est plus possible de retracer le plan initial. Les éléments les plus anciens se trouvent dans la chapelle de deux fois deux travées au nord du chœur, dédiée à saint Joseph. Il s'agit du pilier central, de son chapiteau très dégradé et sans doute d'une partie des murs, mais la restauration assez radicale que la chapelle a connue empêche de l'affirmer avec certitude. Ensuite, les deux grandes arcades au sud du chœur, mais sans les supports, sont susceptibles de dater de la seconde moitié du ou plutôt du , car c'est de cette époque que date le portail méridional reconstitué en 1975 d'après des constats archéologiques. La position des grandes arcades indique que le vaisseau central de la précédente église devait avoir la même largeur. Le clocher porte les caractéristiques du . Sous la guerre de Cent Ans qui marque une bonne partie de ce siècle et du siècle suivant, l'église est vraisemblablement ravagée, car elle est en grande partie reconstruite à partir du dernier quart du , dans le style gothique flamboyant. Le linteau du portail méridional (le même que mentionné ci-dessus) porte la date de 1485, le nom du maître-maçon, Jehan de Botes, et le nom du curé, messire Usselle. Le voûtement du chœur et l'achèvement de l'abside sont ajournés, car le remplage de ses fenêtres et les chapiteaux corinthiens des deux premiers arcs-doubleaux indiquent le style Renaissance du milieu du .. Entre 1637 et 1779, plus de deux cent cinquante personnes sont inhumées dans l'église. Leur identité est connue grâce aux registres paroissiaux, actuellement conservées aux archives départementales. Trois seulement sont des prêtres, dont deux des curés de Presles. Les autres sont des notables, des personnes qui se sont dévouées à sa paroisse, ou d'humbles habitants morts pendant les périodes de gel hivernal.. thumb|Abside, chapiteau portant la date de 1867.

Sous la Révolution française, les clés de voûte armoriées sont bûchées.. Parmi les trois cloches, deux sont envoyées à la fonte. Elles avaient été fondues sur place en 1728 et 1729. La cloche conservée porte la date de 1563, et mesure de diamètre.. Dès 1806, le cimetière entourant l'église est déplacé vers le parc situé derrière la maison dite Notre-Dame, à gauche en montant vers la rue Adalbert-Bault, près du cimetière actuel (celui-ci étant aménagé en 1833).. Au début du , sans que l'on en connaisse la raison, l'église est fermée par un simple mur à l'ouest.. Les trois vitraux de l'abside sont montés en 1863, et les grilles du chœur sont installées en la même année (la grille de communion a été démontée au milieu des années 1960).. Le chœur est restauré en 1867. Les voûtains sont peints en faux-appareil. Le mobilier liturgique est renouvelé. Les dates de 1463 et 1867 sont inscrites sur les écussons des chapiteaux de l'abside. La signification de la première date s'est oubliée.. En 1870, le conseil de fabrique demande au conseil municipal la démolition de la sacristie afin de pouvoir la remplacer par une construction plus grande, et en 1876, le conseil municipal accorde une subvention de pour ces travaux. Ils sont toutefois ajournés.. Le , un habitant, Auguste Potron, propose au conseil municipal de prendre en charge les frais de la création d'une nouvelle façade occidentale, selon le devis de l'architecte Léopold Hardy (1829-1894), qui sera plus tard l'auteur de la basilique Notre-Dame-du-Rosaire de Lourdes. Cette offre est acceptée par le conseil municipal et le conseil de fabrique, et les travaux durent deux ans. Le bas-relief au tympan est sculpté par Arsène Letellier en 1876. Un orgue sortant des ateliers de John Albert Abbey et son frère Eugène, à Versailles, est installé sur la nouvelle tribune occidentale.. M. Potron se montre une fois de plus généreux et s'acquitte de la totalité des frais de construction de la nouvelle sacristie, qui peut ainsi être mise en service en 1884. thumb|Le chevet après la restauration.