Roland Napoléon Bonaparte, prince Bonaparte et prince de Canino et Musignano, né le à AuteuilArchives en ligne de Paris, fichiers de l'état civil reconstitué, cote V3E/N 240, vue 34/51, où il est mort le , est un géographe et botaniste français. Il est le petit-fils de Lucien Bonaparte et le petit-neveu de Napoléon I.

Famille Fils du prince Pierre-Napoléon Bonaparte et d'Éléonore-Justine Ruffin, Roland Bonaparte est le petit-fils de Lucien Bonaparte, prince de Canino, dont il est le dernier descendant mâle. Non dynaste comme ses autres descendants, le prince Roland Bonaparte devint prince de Canino et de Musignano à la mort de son cousin Napoléon-Charles Bonaparte. Le mariage de ses parents n'avait cependant pas été reconnu par Napoléon IIIDans un premier temps, ce mariage ne fut que béni par un ancien précepteur des enfants de Lucien Bonaparte, l'abbé Casanova, sans mariage civil préalable. Le 2 octobre 1867, dans leur villa des Epioux en Belgique, le maire belge de Lacuisine procéda au mariage civil des deux amants, mais Napoléon III refusa d'en reconnaître la validité..

Il épouse le Marie-Félix Blanc, fille du richissime François Blanc, fondateur du casino de Monte-Carlo et de la Société des bains de mer de Monaco. Marie-Félix Blanc meurt en 1882 en mettant au monde une fille, la princesse Marie Bonaparte, qui épousera en 1907 le prince Georges de Grèce et deviendra femme de lettres et psychanalyste, amie et protectrice de Gustave Le Bon et de Sigmund Freud.

Biographie Carrière militaire Bien sorti de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr dans la promotion de Novi-Bazar (1877-1879)Source : Annuaire de la Saint-Cyrienne. Les Promotions de Saint-Cyr de 1818 à 1912, Librairie militaire universelle, Paris, p. 268., il sert comme sous-lieutenant dans l'infanterie. Le prince réside à Guyancourt vers 1880 en tant que sous-lieutenant, au d'infanterie, de la batterie de BouviersSource : Société géologique de France, Bulletin de la Société géologique de France, 1882, p. 340 . Mais il doit renoncer à la carrière militaire après l'adoption de la loi du interdisant aux membres des familles ayant régné sur la France de servir dans l'armée.

À cette époque, sa famille réside à Guyancourt dans le hameau de Bouviers : sa femme Marie-Félix Blanc, sa sœur Jeanne Bonaparte et sa mère Éléonore-Justine Ruflin (veuve du prince Pierre Bonaparte, décédée à Versailles en 1881, et mère de Roland). Selon les registres communaux, de nombreux serviteurs accompagnaient la famille BonaparteRalf Woodal, Isabelle Gourmelin Quand les Bonaparte vivaient à Bouviers Bulletin municipal de Guyancourt de juin 2012, page 15..

Carrière scientifique Il se tourne alors vers la géographie, la géologie, la spéléologie et l'ethnologie.

Grand voyageur, il essaie d'utiliser la photographie pour réaliser un inventaire anthropologique des populations humaines. Projet qu'il abandonne par la suite pour se consacrer à la botanique et à la constitution du plus grand herbier privé du monde. Il recueille lui-même de nombreux échantillons, mais fait aussi travailler de nombreux collecteurs à travers le monde.

En 1887, il monta une expédition en Corse.

En 1895, il fait partie des fondateurs, en tant que membre donateur, de la Société de spéléologie Martel, E.-A. (1895) - « Liste des membres (150) », Spelunca tome I , Société de spéléologie, Paris, </ref>, association dont il est élu président pour l'année 1896 lors de l'assemblée générale du <ref> Martel, E.-A. (1895) - « Assemblée générale du 26 décembre 1895 », Spelunca tome I , Société de spéléologie, Paris, .

Ce prince fut également le fondateur et Président d'honneur de la Société des peintres de Montagne (Paris) en 1898. Il fut membre de nombreuses autres sociétés savantes (Académie de Versailles, des Yvelines et de l'Île-de-France, Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, Comité des travaux historiques et scientifiques, Société botanique de France, Société d'histoire littéraire de la France, Société de géographie, Société des américanistes, Société des amis des monuments parisiens, Société des lettres, sciences et arts « La Haute-Auvergne ») . Il est président de la Société botanique de France en 1919.

vignette|redresse=0.8|Intérieur de l’hôtel particulier du prince.

Grâce à la fortune considérable héritée de sa femme, il installe l'herbier dans l'hôtel particulier qu'il fait construire en 1896 à Paris au , avenue d'Iéna (ensuite siège de la Société de géographie jusqu'en 1943, puis siège du Centre français du commerce extérieur, devenu Ubifrance, agence française pour le développement international des entreprises. Lhôtel est transformé en palace de la chaîne d'hôtels Shangri-La sous le nom de Shangri-La Hotel Paris, fin 2010). Il y renferme également une riche collection de souvenirs napoléoniens, et une bibliothèque de volumes abritée dans quatre salles ornées de riches boiseries.

Reconnu par ses pairs, Roland Bonaparte est président de la Société de géographie de 1910 à sa mort et, en 1907, il devient membre de sociétés savantes, la Société des Amis du Muséum national d'histoire naturelleRoland Bonaparte, tel que mentionné sur la liste des membres fondateurs de la Société des Amis du Muséum (homindes.fr) et l'Académie des sciences, dont il devient président en 1919. Il est président de la Société astronomique de France de 1921 à 1923. (son vice-président est Émile Belot.). Il fut également un ardent propagandiste de l'aviation naissante : en il préside la conférence constitutive de la Fédération aéronautique internationale. Il était également membre de l'Académie roumaine.

Il est également membre du comité directeur de la société des Amis de l'Éléphant (1905–1911)Bruno Delmas et Diane Dosso, « La société des Amis de l'éléphant : protéger, réglementer, domestiquer (1905–1911) », Revue d'histoire des sciences, 2023, p. 78-91..

En 1910, des pétitions annonçant la révolution monégasque réclament la fin du monopole de la famille Blanc (Roland et son beau-frère Camille Blanc) à la tête de la Société des Bains de Mer.

L'herbier de Roland Bonaparte rassemble plus de échantillons concernant près de . Proposé après sa mort au Muséum national d'histoire naturelle de Paris, qui le refuse faute de place, à l'exception des Ptéridophytes, groupe dans lequel Bonaparte s'était illustré, il est transporté à Lyon à l'initiative d'Édouard Herriot. Cet herbier, augmenté d'autres collections, est aujourd'hui hébergé par l'université Claude Bernard sur le Campus de la Doua à Villeurbanne et constitue le deuxième herbier de France et le septième dans le monde.

Roland Bonaparte laisse aussi à sa mort un fonds important qui enrichira la bibliothèque de la Société de géographie comme celle de la ville d'Ajaccio. Il laisse le souvenir d'un homme de culture et d'un mécène de la science. N'ayant pas laissé de postérité mâle, Roland Bonaparte fut le dernier représentant de la branche de Lucien.

Il eut un moment pour secrétaire l'accompagnant dans ses voyages Dominique Bonnaud, qui devint par la suite un célèbre chansonnier.

L’amiral Henri Rieunier était souvent convié par le prince aux réunions savantes qu’il organisait régulièrement dans son hôtel particulier. En , Il lui offrit une édition originale, avec dédicace, d’un ouvrage intitulé Les habitants de Suriname dans une reliure habillée de percaline brune, décorée de l’aigle impériale avec des lettres dorées à l’or fin, 227 pages, d’un poids de 6 kilos ½ de dimensions : de hauteur – de largeur – d’épaisseur. Ce livre hors du commun (notes recueillies à l’exposition coloniale d’Amsterdam en 1883 – Justicia Pietas Fides – Paris – Imprimerie de A. Quantin) contient notamment des photographies ethnographiques, des clichés et des aquarelles provenant des collections privées du prince Roland Bonaparte.

Fonds Roland Bonaparte vignette|redresse|Collection photographique du Muséum de Toulouse. Roland Bonaparte constitue sa bibliothèque d'abord dans sa résidence du Cours-la-Reine, puis la transfère dans son hôtel de l’avenue d'Iéna en 1896.

La salle de lecture, sous la responsabilité d’un bibliothécaire, est ouverte à un public de savants et d’universitaires. Les collections, dont le noyau est formé par la bibliothèque de son père Pierre-Napoléon, s’accroissent rapidement grâce à des dons (bibliothèque de Louis Vivien de Saint-Martin en 1894) mais surtout par achat en vente publique (bibliothèque de San Donato en 1880, collections de Charles Schefer en 1899) et chez des libraires français et étrangers (Frederick Müller à Amsterdam).

En 1884, Roland Bonaparte est admis à la Société de géographie. Élu président de la Commission centrale en 1900, il est un des membres les plus actifs et devient président de la Société de Géographie à partir de 1909 jusqu’à sa mort en 1924. La bibliothèque du prince Bonaparte d’une richesse considérable est alors éclatée. Sa fille Marie de Grèce procède à la répartition des collections entre le Muséum national d'histoire naturelle, l’Institut de France, le Musée de l’Homme , l'Herbier de l'Université Lyon 1 et, pour la partie géographique, la Société de Géographie.

L’importance en volume de ce legs oblige cette dernière à déménager ses propres collections et à les installer à côté de celles du prince, dans les locaux de l’avenue d’Iéna, loués au nouveau propriétaire, la Compagnie du Canal de Suez. ouvrages, photographies (dont plus de 200 albums anthropologiques), gravures, aquarelles et dessins, cartes et 500 titres de périodiques constituent le fonds Bonaparte de la bibliothèque de la Société de Géographie. En 1942, ces collections ont été déposées à la Bibliothèque nationale de France et sont conservées depuis au département des cartes et plans.

Publications Les Habitants de Suriname, notes recueillies à l'Exposition coloniale d'Amsterdam en 1883, Paris, 1884 Les Derniers voyages des Néerlandais à la Nouvelle-Guinée, Paris, 1885 La Nouvelle-Guinée : Le fleuve Augusta, Paris, 1887 Le Premier établissement des Néerlandais à Maurice, Paris, 1890 Une excursion en Corse, Paris, 1891 Le Mexique au début du (2 volumes), Paris, Delagrave, 1904 Le Prince Bonaparte. Notes ptéridologiques, 14 fascicules, Paris, 1915-1924 Nombreux articles dans le Bulletin du Muséum d'histoire naturelle et dans le Bulletin de la Société botanique de France, ainsi que dans d'autres publications.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Audrey Marty, « Roland Bonaparte, le prince savant », biographie, Papillon rouge éditeur, 2025, 320 p. .

France Duclos, « Un collectionneur, sa bibliothèque et la Société de géographie : Roland Bonaparte (1858-1924) », dans Acta geographica, n°107, 1996. Gérard Joly, « Bonaparte (Prince Roland) », in Dictionnaire biographique de géographes français du , aujourd'hui disparus'', PRODIG, Paris, hors-série Grafigéo, 2013, . .

Articles connexes François Escard

Liens externes

Herbier de Lyon

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