LArmée du royaume d'Italie, active de 1805 à 1814, est une armée de terre créée par le vice-roi d'Italie Eugène de Beauharnais. Sous le Premier Empire, les États vassaux de la France napoléonienne, en particulier le royaume d'Italie, s'efforcent de mettre une armée sur pied. En Italie, ce projet se fait dans la lignée des attentes d'Eugène de Beauharnais, général d'Empire et vice-roi du pays, où la conscription a été instaurée en 1802 par la République italienne. L'organisation d'une telle armée a aussi pour but de s'émanciper de la présence des troupes françaises d'occupation, chargées du contrôle du territoire. Ainsi, en 1806, ce sont impériaux qui cantonnent dans le royaume de Naples. L'émergence des armées nationales permet non seulement de réduire les coûts d'entretien des contingents français et de garantir en partie l'autonomie des nouveaux royaumes, mais également de créer, pour la première fois, un sentiment d'unité chez les soldats italiens.

Sous les républiques cisalpine et italienne

vignette|gauche|alt=Groupe de soldats vêtus de vert, dont deux cavaliers.|Armée italienne de la République cisalpine, 1797. Planche de Richard Knötel.

En , la République cisalpine est créée en Italie du Nord. La Légion lombarde est fondée par quelques citoyens de Milan désireux de former une garde d'honneur pour le général français Napoléon Bonaparte. Le , l'unité reçoit comme emblème le premier drapeau tricolore sur la Piazza del Duomo. La légion est divisée en sept cohortes : trois à Milan, une à Crémone et Casalmaggiore, une à Lodi et Pavie, une à Côme et enfin une composée de patriotes provenant essentiellement des États pontificaux et du royaume de Sicile. À la suite de cette initiative, de nombreuses autres villes italiennes forment à leur tour une sorte de « garde de la cité ». La Légion lombarde connaît son baptême du feu lors de la bataille d'Arcole et se bat contre les troupes du pape sur les rives du Senio..

L'offensive de la Deuxième Coalition en 1799 est victorieuse et entraîne la chute de la République cisalpine ainsi que des autres républiques sœurs d'Italie, et par conséquent la dissolution de la Légion lombarde. Une partie de ses ex-membres, cependant, se rassemble à Toulon et donne naissance à la Légion italique sous les ordres du général Lechi. Ce nouveau corps combat aux côtés des troupes françaises en Italie et se distingue à Varallo. Le , le général Domenico Pino est chargé de créer une nouvelle légion qui sert initialement en Toscane, puis, dans le cadre de la guerre entre la France et l'Angleterre en 1802, est transférée sur les côtes de la Manche.

Les soldats piémontais, en vertu de l'annexion à la France en 1802, sont intégrés à l'armée française. Les dragons deviennent le de l'arme et les hussards constituent le de chasseurs à cheval, qui prend le numéro 26 en .

Sous le règne d'Eugène de Beauharnais, 1805-1814

De l'Italie à l'Autriche

vignette|gauche|alt=Portrait d'un souverain italien, regard vers la droite et papier en main.|Eugène de Beauharnais, général d'Empire et vice-roi d'Italie. Huile sur toile, école française, vers 1804.

Le , après la proclamation du royaume d'Italie, le ordonne la dissolution des gardes d'honneur citadines en vue d'organiser la Garde royale italienne. Cette dernière, dotée du fusil Charleville 1777, se compose de six régiments d'infanterie de ligne, trois régiments d'infanterie légère, un régiment d'infanterie dalmate, deux régiments de dragons et deux régiments de chasseurs à cheval. Dans un premier temps, la petite armée italienne coopère sur place avec les troupes françaises du maréchal Masséna..

Le , plusieurs détachements de la Garde royale italienne participent à la bataille d'Austerlitz et sont cités à l'ordre du jour par le Bulletin.

En 1806, les autres régiments italiens, accompagnés par des unités françaises, partent pour l'Istrie et la Dalmatie afin de réprimer les révoltes de la population slave.. La même année, les provinces du royaume d'Italie sont réparties en six divisions militaires : Milan, Brescia, Mantoue, Ancône, Venise et Bologne. La Garde royale italienne commandée par le général Lechi prend part, en 1808, à la guerre d'Espagne et y conquiert Barcelone. Elle quitte la péninsule l'année suivante et combat dans les Alpes dans le cadre de la campagne d'Autriche, sous les ordres du vice-roi Eugène de Beauharnais.

Campagne de Russie, 1812

vignette|alt=Scène de bataille au .|La bataille de Maloyaroslavets, 24 octobre 1812. Peinture de Peter von Hess.

vignette|alt=Un général et ses officiers à cheval.|Le vice-roi Eugène de Beauharnais et son état-major, 1812. Planche de Richard Knötel.

Au printemps 1811, l'armée italienne du vice-roi Eugène fait mouvement en direction de la Vistule en prévision de la campagne de Russie, et est incorporée au d'armée. La Garde royale prend part aux opérations au sein de la , commandée par le général Teodoro Lechi, et aux côtés de la du général Pino, qui aligne quatre régiments d'infanterie italiens, le régiment dalmate et les deux régiments de dragons Regina () et Napoleone (). La cavalerie du corps comprend également deux régiments de chasseurs à cheval italiens.. La Garde royale se conduit avec bravoure aux batailles de Smolensk et de la Moskova et, en vertu de celles-ci, est autorisée à défiler en tête des troupes dans les rues de Moscou après l'occupation de la ville. Par ailleurs, le régiment d'infanterie de la Garde devient le régiment de grenadiers de la Garde royale par décision de Napoléon. Le tsar Alexandre ayant repoussé ses offres de paix, l'Empereur est cependant contraint de sonner la retraite. Le , les Italiens d'Eugène sont très durement engagés dans la bataille de Maloyaroslavets où ils font face aux contre-attaques russes, perdant et reprenant la ville à plusieurs reprises ; cet affrontement reste par la suite dans les mémoires comme la « bataille des Italiens ».

Dernières campagnes, 1813-1814

Après la retraite de Russie, quelques régiments italiens servent à la bataille de Leipzig en , au sein des et , ce dernier étant sous le commandement du maréchal-prince Poniatowski.

L'armée italienne se retire en bon ordre dans les territoires du royaume où elle contient avec succès une offensive autrichienne sur le Carso, mais la chute de Napoléon entraîne la dissolution de la Garde royale le . Les officiers ont toutefois la possibilité de garder leurs décorations et de reprendre du service avec leur grade dans l'armée autrichienne.

Selon l'historien Alexander Mikaberidze, ..

Uniformes

Notes et références

Bibliographie

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Voir aussi Articles connexes Grande Armée Unités étrangères de l'armée napoléonienne Armée du royaume de Naples (1806-1815)

Crédit d'auteurs

Catégorie:Armée napoléonienne Catégorie:Histoire militaire d'un ancien État italien Catégorie:Histoire de l'Italie au XIXe siècle Catégorie:Royaume d'Italie (1805-1814)