vignette|Un pirate barbaresque, par Pier Francesco Mola, huile sur toile (172 x 123 cm), Louvre.|upright Les « enlèvements turcs »Le terme d'« enlèvements turcs » semble traditionnel en Islande, mais est en réalité improprement utilisé, puisque les pirates en cause venaient de la République de Salé et que leur chef était le Hollandais Jan Janszoon, originaire de Haarlem, donc sans rapport avec les « Turcs ». en Islande (en islandais : Tyrkjaránið) sont une série de raids esclavagistes menés en Islande par une flotte de quatre bateaux comprenant des pirates salétins ainsi qu'algérois. entre le et le , dans les villages de Grindavík sur la côte sud-ouest et de Berufjörður et Breiddalur dans les fjords de l’est et les îles Vestmann au large de la côte sud. Ils feront de (la population de l’Islande était à l’époque estimée à environ ). Cet épisode est exceptionnel à la fois parce qu'il s'agit de la seule attaque sur l'Islande ayant fait des morts et au regard du nombre de témoignages l'ayant relaté a posteriori.

Les raids vignette|Reykjavik, l’une des avancées extrêmes en Atlantique des pirates et corsaires barbaresques. Ce n’était alors qu’un très petit village. À l', quatre navires de pirates et corsaires barbaresques arrivent en Islande. Au , localement, cet événement est connu sous le nom de « Tyrkjaránið » ou « raid turc » parce que certains corsaires venaient d'Alger, alors sous domination de l'Empire ottomanVilhjálmur Þ. Gíslason, Bessastaðir: Þættir úr sögu höfuðbóls. Akureyri. 1947

Le raid sur Grindavík Le , l'équipage d'un bateau en provenance de Salé opère un raid sur le village de pêche de Grindavík. Selon le roman national islandais, il est dirigé par le renégat hollandais Jan Janszoon, alias Murād raïs. Il capture entre . vignette|upright|Couverture du livre d’Oluf Eigilsson, Islandais enlevé par Jan Janszoon en 1627. De retour en Islande après sa libération, il écrivit un livre sur sa captivité chez les pirates. Ils se dirigent ensuite sur Bessastaðir, résidence du gouverneur danois de l’Islande, pour la piller mais sont empêchés de débarquer par le feu des canons des fortifications locales (Bessastaðaskans) et par un groupe de lanciers de la péninsule sud rapidement assemblé Vilhjálmur Þ. Gíslason, Bessastaðir : Þættir úr sögu höfuðbóls, Akureyri, Bókaútgáfan Nordri, 1947..

Mourad Raïs décide alors de changer de cap pour retourner au port de Salé, où il arrive à la mi-juillet et où les captifs sont vendus sur le marché aux esclaves.

Le raid sur les Îles Vestmann Selon un compte rendu détaillé du raid par l’un des ministres, Ólafur Egilsson, qui fut d’abord réduit en esclavage par les pirates et emmené à Alger, avant d’être renvoyé pour demander des fonds au roi du Danemark pour racheter ses sujets islandais encore à AlgerÓlafur Egilsson, Reisubók Séra Ólafs Egilssonar, Reykjavík, Almenna Bókafélagið, 1969., les vieillards et les infirmes furent tués sans pitié, de même que tous ceux qui tentaient de résister Danish slaves in Barbary. Peter Madsen, Islam in European literature.. Le , les navires quittèrent les Îles Vestmann pour faire voile vers Alger. L’épisode témoigne tout à la fois du large rayon d’action des flottes d’Afrique du Nord, d’une économie de la rançon qui touche tous les pays d’Europe (y compris la Scandinavie), ainsi que des carrières navales de certains convertis, à l’instar de Jan Janszoon d’Harleem, alias Murād raïs, corsaire hollandais passé au service de la régence d'Alger puis de la république de Salé..

Le sort des captifs

Les personnes capturées furent vendues comme esclaves sur la côte des Barbaresques. Emmanuel d'Aranda, Brugeois emmené comme esclave à Alger de 1640 à 1641, écrit dans son ouvrage Relation de la captivité et liberté du sieur Emmanuel d'Aranda (1665), à propos de son temps comme esclave du pirate barbaresque Ali Bitchin, qu’un compagnon de captivité islandais à Alger lui avait dit que au total avaient été réduites en esclavageEmmanuel d'Aranda, Relation de la captivité du sieur Emanuel d’Aranda, où sont descriptes les misères, les ruses et les finesses des esclaves et des corsaires d’Alger. Ensemble les conquestes de Barberousse dans l’Afrique et plusieurs autres particularités, Paris, Compagnie des libraires du Palais, 1665.. Cependant, ce nombre ne correspond à aucune des sources islandaises qui placent toutes le nombre de captifs au-dessous de 400..

Quelques lettres écrites par des captifs atteignirent l’Islande et, avec d’autres comptes rendus, indiquent que les captifs furent traités très différemment par leurs maîtres. Un captif de la région de l’est, Guttormur Hallsson, a déclaré dans une lettre écrite en Barbarie en 1631 : .

Notes et références

Bibliographie

Témoignages Emmanuel d'Aranda, Relation de la captivité du sieur Emanuel d’Aranda, où sont descriptes les misères, les ruses et les finesses des esclaves et des corsaires d’Alger. Ensemble les conquestes de Barberousse dans l’Afrique et plusieurs autres particularités, Paris, Compagnie des libraires du Palais, 1665. Ólafur Egilsson, Reisubók Séra Ólafs Egilssonar, Reykjavík, Almenna Bókafélagið, 1969.

Vilhjálmur Þ. Gíslason, Bessastaðir : Þættir úr sögu höfuðbóls, Akureyri, Bókaútgáfan Nordri, 1947.

Romans .

Sur les corsaires . .

Articles connexes Guðríður Símonardóttir Traite orientale, Traite des esclaves de Barbarie, Devchirmé République du Bouregreg (1627-1668, ou de Salé), Régence d'Alger (1515-1830)

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