La Ville-aux-Dames (prononcé ) est une commune française du département d'Indre-et-Loire en région Centre-Val de Loire. Peuplée par en et située entre la Loire et le Cher, La Ville-aux-Dames appartient aujourd'hui à l'agglomération tourangelle.
Probablement occupée depuis le Bronze final, La Ville-aux-Dames apparaît pour la première fois dans les sources au , sous le nom de Villa Dominarum. À cette époque, elle forme un fief dépendant d'Hildegarde, supérieure de l'abbaye de Saint-Loup, située sur le territoire de l'actuelle Saint-Pierre-des-Corps. Au , les habitants de la commune se dotent d'une chapelle de style roman, transformée au en église paroissiale. À la Renaissance, La Ville-aux-Dames est le théâtre de combats qui opposent catholiques et huguenots, avant d'accueillir, entre 1631 et 1684, un temple protestant, finalement détruit sur l'intervention du chanoine tourangeau Joseph Sain. À la Révolution, le curé de la commune, Jean Cartier, est élu député du clergé aux États généraux. Peu de temps après, La Ville-aux-Dames est rebaptisée temporairement Les Sables par les autorités révolutionnaires.
Au , la commune est transformée en profondeur par l'arrivée du chemin de fer (1845) et par une série de crues (1846, 1856 et 1866), qui inondent son territoire et y déposent de grandes quantités d'alluvions. L'agriculture est alors profondément bouleversée et doit se réorienter. L'élevage bovin se développe et les habitants de la commune reçoivent le sobriquet de , du nom du fromage qu'ils fabriquent et vendent à Tours. Le début du voit La Ville-aux-Dames se développer : en 1906, elle se dote du téléphone et, en 1924 de l'électricité. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la commune se situe en zone occupée et, à partir de 1943, l'abbé Jérôme Besnard y organise un réseau de résistance. Après-guerre, La Ville-aux-Dames connaît une forte croissance démographique et perd peu à peu son caractère rural. À partir de 1947, plusieurs clubs de sport voient le jour dans la commune. Surtout, dans les années 1970 et 1980, de grandes infrastructures s'y développent : centre commercial (1973), piscine municipale (1974), école maternelle (1975), bibliothèque municipale (1986) puis centre socio-culturel (1989).
Au fil des années, l'agriculture décline et l'élevage disparaît tandis que l'emploi se diversifie avec l'arrivée d'usines (Faiveley Transport) et d'enseignes de la grande distribution (E.Leclerc, Bricomarché, etc.). Parallèlement, le tourisme se développe grâce à l'aménagement de l'île de la Métairie, de la mise en place de La Loire à vélo et de l'inscription du Val de Loire au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2000. Pourtant, La Ville-aux-Dames est aussi soumise à de nombreux risques naturels (inondations, etc.) et technologiques (sites Seveso, transport de matières dangereuses, etc.) qui compliquent sa croissance.
Géographie Localisation et communes limitrophes La commune se situe à à l'est de Tours, dans le département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire..
Depuis 1984, La Ville-aux-Dames est rattachée au canton de Montlouis-sur-Loire. Auparavant, elle a appartenu au canton de Saint-Pierre-des-Corps (1973-1982) et à celui de Saint-Avertin (1982-1984)..
Intégrée à l'aire urbaine de la préfecture d'Indre-et-Loire, la commune fait également partie du bassin de vie et de la zone d'emploi de celle-ci..
Géologie et relief La superficie de La Ville-aux-Dames est de (au )., ce qui est beaucoup moins que l'aire moyenne d'une commune en France métropolitaine ()..
L'ensemble du territoire communal est recouvert d'alluvions récentes déposées dans l'interfluve de la Loire et du Cher, plus sableuses au nord et plus limoneuses au sud. D'une épaisseur de plusieurs mètres, parsemées de montilles résultat de dépôts encore plus récents, elles recouvrent les calcaires sénonien et turonien ainsi que les marnes sableuses du Cénomanien..
vignette|Carte de La Ville-aux-Dames. La sableuse qui constitue le territoire communal se développe à une altitude comprise entre . Les points les plus bas se trouvent au sud, près du Cher, alors que les « points culminants » sont les sommets de plusieurs montilles alluvionnaires qui ont accueilli les premiers noyaux urbains. Le niveau moyen de la plaine est de alors que le niveau de la Loire moyen est de , ce qui a imposé la construction de digues de protection vis-à-vis des crues. Le nord du territoire communal (hameau de La Carte) est même une ancienne île..
Hydrographie La commune de La Ville-aux-Dames est bordée sur par la Loire, au nord, et par le Filet (affluent droit du Cher), au sud. Le territoire du Bois-de-Plantes (à l'extrême sud de la commune) touche par ailleurs le Cher, au niveau de la cote .
Depuis 1993, la commune possède également un plan d'eau artificiel important, l'étang Alain-Robineau, qui est géré par l'association La Gaule caillonaise..
Une zone humideD’après l’article L. 211-1 du Code de l’environnement, « on entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ». a été répertoriée sur la commune par la direction départementale des territoires (DDT) et le conseil départemental d'Indre-et-Loire : « la vallée de la Loire de Mosnes à Candes-Saint-Martin »...
Paysages naturels La Ville-aux-Dames appartient au pays des Varennes tourangelles, qui formait originellement un vaste espace boisé, comme l'attestent des toponymes comme Bois-de-Plantes ou Bois-Neuf. Les défrichements successifs opérés sur le territoire communal n'ont cependant épargné que les forêts alluviales (bois de La Pointe-à-Cornu, prolongé par les bois de La Bouillardière) situées au nord de La Ville-aux-Dames, de part et d'autre de la Levée de la Loire, vers le lieu-dit de La Carte.
Le lit mineur de la Loire est le domaine des saules, des peupliers noirs et des chénopodes. On y trouve également le thé du Mexique, le datura ou le bident tripartite et à fruits noirs mais aussi l', la limoselle aquatique, le perce-neige, le millepertuis, la chélidoine ou les euphorbes. Parmi ces espèces, certaines sont des plantes tropicales, apportées par les bateaux de commerce à l'époque où la Loire était encore navigable.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Moyenne vallée de la Loire, caractérisée par une bonne insolation () et un été peu pluvieux.. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Parçay-Meslay à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Voies de communication et transport Infrastructure routière Dans la partie nord de La Ville-aux-Dames, la route départementale longe la Loire et permet de relier Tours à Orléans, en passant par Amboise et Blois. Dans la partie sud de la commune, la suit à peu près le cours du Cher. Venant de Tours, elle se dirige, à l'est, vers Montlouis-sur-Loire, puis Saint-Martin-le-Beau et La Croix-en-Touraine. Enfin, à l'est de La Ville-aux-Dames, la permet de relier les deux routes précédentes, et continue au nord jusqu'à la .
Transports en commun La Ville-aux-Dames est desservie par la ligne 50 de la compagnie Fil bleu, réseau de transport public de l'agglomération tourangelle. Cette ligne, qui relie la commune à Luynes en passant par Saint-Pierre-des-Corps, Tours et Fondettes, dessert La Ville-aux-Dames toutes les en semaine, toutes les le samedi et toutes les le dimanche, mais uniquement en journée..
La commune est également desservie par la ligne C de la compagnie Fil vert, réseau de transport interurbain du département d'Indre-et-Loire. Cette ligne, qui relie Montrichard à Tours en passant notamment par Amboise, dessert La Ville-aux-Dames une vingtaine de fois par jour dans les deux sens en période scolaire..
Bien que traversée par la voie ferrée Paris-Bordeaux, la commune de La Ville-aux-Dames ne possède plus de gare. Les Gynépolitains qui désirent prendre le train peuvent toutefois se rendre à la gare de Saint-Pierre-des-Corps (à de distance), qui est desservie par le TGV et des trains Intercités, Interloire et TER Centre-Val de Loire..
Pour prendre l'avion, les Gynépolitains peuvent facilement se rendre par la route à l'aéroport de Tours Val de Loire., desservi plusieurs fois par semaine par des vols moyen courrier de la compagnie Ryanair..
vignette|Cartes de Cassini représentant la région de La Ville-aux-Dames au .
Urbanisme Typologie Au , La Ville-aux-Dames est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de ToursUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. Dans le cas de l'unité urbaine de Tours, il y a une ville-centre et .... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Tours, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (48,1 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (38,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante :