vignette Léglise Notre-Dame des Champs, officiellement dédiée à Notre-Dame-de-l'Assomption, est une église catholique paroissiale située à Maffliers, dans le Val-d'Oise, en France. Elle remplace probablement une ancienne chapelle dédiée à Saint-Blaise. L'église paroissiale primitive était la chapelle Notre-Dame-des-Champs, qui se situait rue de Beaumont, et qui a été démolie en 1793. Seule une statue en bois de la Vierge à l'Enfant du début du en subsiste. Restaurée en 1875, elle est installée dans l'église, et connue désormais comme Notre-Dame-des-Champs, ce qui explique le vocable d'usage de l'église. Celle-ci se compose d'un clocher de 1574 ; d'une haute nef unique bâtie dans un délai de neuf mois en 1859 ; et d'un chœur Renaissance avec deux chapelles latérales et abside pentagonale des années 1554-1556. Ses parties orientales sont remarquables, et d'une facture élégante, et se caractérisent par les hautes colonnes engagées supportant la voûte de l'abside, et ses chapiteaux d'ordre dorique et corinthien, surmontés de sections d'entablement. L'extérieur est également soigné. L'église est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du ., et restaurée entre 1980 et 1983. Aujourd'hui, le chœur est encombré par des étais. Depuis 1946, Maffliers fait partie d'un regroupement paroissial avec Baillet-en-France, Montsoult et Nerville-la-Forêt, et les messes dominicales ne sont plus célébrées qu'occasionnellement en l'église Notre-Dame-des-Champs.

Localisation thumb|left|Vue sur le village et l'église depuis le nord-ouest.

L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, en pays de France, sur le versant oriental de la forêt de L'Isle-Adam, sur la commune de Maffliers, rue de la Mairie (RD 64), à environ au-dessus du niveau de la mer. La façade occidentale est mitoyenne de l'ancienne mairie du côté sud (à droite). La rue de la Mairie passe devant la façade et l'élévation septentrionale, et débouche sur un carrefour à l'est du chevet. Depuis ce carrefour, la rue du Four retourne vers le sud et le centre du village. Elle délimite, avec la rue de la Mairie, la partie libre de l'élévation méridionale de l'église et son chevet, une place publique. Ainsi l'église est en plus grande partie dégagée d'autres bâtiments, mais l'on ne peut pas en faire le tour, et seulement le chevet peut être contemplé en prenant du recul.

Historique L'histoire de la paroisse thumb|left|Vue générale depuis le sud. thumb|left|L'élévation nord avant reconstruction de la nef au .

Maffliers est mentionné pour la première fois dans un acte de l'abbaye de Saint-Denis de 832, qui règle les détails du partage des revenus entre les moines et l'abbé Hilduin. Celui-ci assigne aux moines plusieurs villages pour leurs besoins en vêtements et chaussures, dont Maffliers et plusieurs localités voisines. L'abbaye bénédictine devient donc seigneur de Maffliers en partie. Les termes du partage des biens sont approuvés par une charte donnée par Charles II le Chauve en 862.. La date de fondation de la paroisse est inconnue. Dominique Foussard la situe au , sans qu'il soit possible de savoir comment se justifie son hypothèse. Le premier lieu de culte catholique ne se situe probablement pas à l'emplacement de l'église actuelle, mais à mi-chemin entre le village et l'ancienne route nationale 1, aux bords de l'actuelle rue de Beaumont. C'est la chapelle connue comme Notre-Dame-des-Champs, qui est entourée d'un cimetière attesté par des fouilles, et nommée dans un acte de 1368. Cette chapelle est à nef unique, avec une chapelle latérale du côté nord, et abrite un Saint-Sépulcre avec des statues en bois de grandeur presque naturelle. Le clocher est bâti (ou rebâti) en 1647. Sous la Révolution française, la chapelle est vendue comme bien national et démolie. Au milieu du , le mur du cimetière est encore debout, et selon l'abbé Collin, curé de Maffliers à cette époque, des débris de colonnes, niches et statues avaient été employés pour ses fondations. Seulement la statue de la Vierge à l'Enfant vénérée dans la chapelle est sauvée, et transférée en l'église paroissiale, qui en tient son vocable d'usage. Les origines de l'église paroissiale remontent seulement au selon Éliane et Jean-Pierre Beau, voire au selon Dominique Foussard, et elle est dédiée à la Vierge Marie, sous le vocable particulier de Notre-Dame de l'Assomption. L'église se substitue apparemment une ancienne chapelle dédiée à Saint-Blaise... Sous tout l'Ancien Régime, Maffliers relève du doyenné de Beaumont, de l'archidiaconé de Clermont et du diocèse de Beauvais. thumb|upright|Plaque des curés. thumb|upright|L'abbé Collin, curé de Maffliers de 1835 à 1863. thumb|upright|Coq-girouette du clocher. thumb|upright|Bannière de procession - Notre-Dame-des-Champs. thumb|upright|Plaque commémorative pour le duc de Périgord et le prince du Chalais.

Sous la Révolution française, en 1790, l'ensemble des paroisses du département de Seine-et-Oise sont regroupées dans le nouveau diocèse de Versailles, qui subsiste avec ces limites jusqu'en 1966. Le curé, l'abbé Joseph Tierce, d'origine picarde, prête serment à la constitution civile du clergé, mais se rétracte le jour même. Il meurt à Maffliers en 1792 à l'âge de soixante-dix-huit ans, et il lui est donc épargné de vivre l'interdiction du culte à l'automne 1793. En effet, cette restriction n'a pas d'impact direct sur la paroisse de Maffliers, car le successeur de l'abbé Tierce, l'abbé Parmentier, se marie avant la fin de l'année 1792, et il n'est plus remplacé. Le presbytère est vendu comme bien national en 1796. Après le Concordat de 1801, il faut attendre un an avant de trouver un nouveau curé, avec la personne de l'abbé Perrot, dont l'arrivée met un terme à une période de dix ans sans célébration eucharistique. Parmi les quinze curés qui se succèdent à la tête de la paroisse du au cours du , l'histoire retient surtout l'abbé François Collin, né le à Voimhaut (Moselle). Sa première affectation est Goussainville, où il officie du au . L'abbé Collin est l'instigateur de la construction de la nef actuelle, et en tant que grand érudit, il laisse également un manuscrit volumineux sur l'histoire des seigneurs de Maffliers. Le presbytère étant en mauvais état, le duc de Périgord décide de racheter l'ancien presbytère en 1853, et le met à la disposition du curé pour un loyer symbolique. En 1863, l'abbé Collin meurt en raison de sa santé fragile.. À partir de 1877, le curé de Maffliers dessert aussi l'église Saint-Claude de Nerville-la-Forêt. La paroisse de Nerville avait été érigé en 1867 à la suite de la création de la commune, qui était jusqu'en 1863 une dépendance de Presles, mais la petite taille du village ne justifie finalement pas l'affectation d'un prêtre..

En 1906, la loi de séparation des Églises et de l'État apporte l'expropriation du presbytère par la commune, mais Georges Provot l'achète en même temps que le château, et l'offre au diocèse. En 1946, le dernier curé de Maffliers, l'abbé Victor Auguste Barenton, né le , quitte Maffliers.. L'église est désormais desservie par le curé de Montsoult, qui depuis 1920 est un père Oratorien, car le noviciat et le séminaire de l'ordre sont implantés à Montsoult. C'est la naissance de l'actuel regroupement paroissial avec Baillet-en-France, Montsoult et Nerville-la-Forêt. Jusqu'en 1965, une procession en l'honneur de Notre-Dame-des-Champs a lieu le dernier jeudi de mars, proche de la fête de l'Annonciation (). Beaucoup d'enfants y participent. L'itinéraire comporte plusieurs stations-reposoirs, dont à la croix de Montsoult, à la villa Béthanie à Montsoult, à l'école Saint-Sulpice, etc. Les bannières utilisées lors de la procession sont aujourd'hui exposées dans la chapelle de la Vierge. En 1966, le redécoupage des départements d'Île-de-France apporte la création du département du Val-d'Oise et l'érection du diocèse de Pontoise, dont la paroisse de Montsoult fait désormais partie. Deux ans plus tard, le départ des Oratoriens de Montsoult entraîne la mutation d'un prêtre diocésain vers le secteur. Les curés nommés depuis 1968 sont l'abbé Harauchamps, l'abbé François Lecour et l'abbé Guibert.... Aujourd'hui, les messes dominicales sont célébrées à Maffliers pas plus souvent qu'une fois par mois, le dimanche à onze heures, en remplacement de la messe de Montsoult.

L'histoire de l'église

L'église actuelle s'élève probablement à l'emplacement d'une chapelle dédiée à saint Blaise. Une église dédiée à Notre-Dame est bâtie au , ou au , en fonction des auteurs. Œuvre remarquable de la Renaissance, son chœur est rebâti sous le seigneur Claude de La Fayette, entre 1554 et 1556, quand l'abbé Philippe Bernard, natif de Baillet-en-France, est curé (son ministère dure de 1533 jusqu'en 1581). Éliane et Jean-Pierre Beau émettent l'hypothèse que Philibert Delorme soit l'architecte, sans que l'on sache pour quelle raison. Dominique Foussard ne tient pas compte de cette hypothèse. — La Fayette se serait engagé de reconstruire aussi le reste de l'église sur un plan judicieux, et dans cette prévision, la fabrique lui aurait abandonné toutes ses dîmes, à l'exception de deux muids de blé et d'un d'avoine. Mais une fois le chœur terminé, il refuse de tenir son engagement, et se convertit vers le Calvinisme. Quand il meurt en 1583, les honneurs de la sépulture chrétienne lui sont refusés. L'église est achevée sous l'initiative de l'abbé Bernard, qui aurait financé le clocher, bâti en 1574, sur des propres deniers. Le nom du curé se lit sur une poutre de la charpente.. Le , une tempête d'une rare violence s'abat sur Maffliers, et l'église est endommagée. Sa nef n'est apparemment jamais correctement réparée. Au milieu du , elle menace ruine. Elle est considérée comme par l'abbé Collin, et les différents architectes consultés estiment que le temps est venu pour la faire rebâtir entièrement. Selon un plan dressé au début de l'année 1859, la nef comporte quatre travées, et s'accompagne de deux bas-côtés. Le bas-côté nord fait suite à la chapelle au nord du chœur ; il se rétrécit successivement vers l'ouest, et ne compte que trois travées. L'emplacement de la première travée est occupé par le clocher actuel. Contrairement à la nef actuelle, la façade est située en avant du clocher. La nef est plus étroite que le chœur, de sorte que ses grandes arcades du sud ne concordent pas avec le mur méridional du chœur, et que le bas-côté sud débouche sur le chœur..