vignette|Paul de Cassagnac caricaturé par André Gill pour Les Hommes d'aujourd'hui, . vignette|Cassagnac par Théobald Chartran, 1879. vignette|Le journaliste Paul de Cassagnac, par James Ensor, circa 1880-1890, Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers. Paul de Cassagnac, né le à Paris. De nombreuses notices biographiques le font naître par erreur en Guadeloupe. et mort le à Saint-Viâtre, est un journaliste politique, un député bonapartiste d'extrême droite et un duelliste français.

Ennemi implacable de la République, il est l'inventeur du surnom péjoratif La Gueuse désignant la RépubliquePolitique Magazine, dans son journal L'AutoritéFondation Napoléon Paul de Cassagnac, enfant terrible du bonapartisme, surnom repris plus tard par les royalistes de l'Action françaiseRené Rémond, Les Droites en France, Paris, Aubier, 1954, .Michel Udiany, Les plus grands complots de l'Histoire. Recherches historiques éditeur : La Boîte à Pandore, 2020 lorsqu'ils défilèrent en aux cris de « À mort la gueuse ».

Il a deux fils, Paul et Guy.

Généalogie Liens familiaux entre les cousins ennemis Paul Adolphe Marie Prosper Granier de Cassagnac (1842-1904) et Prosper-Olivier Lissagaray (1838-1901). Paul Granier de Cassagnac est : l’arrière-petit-fils de Prosper Lissagaray, médecin à Aignan (1750-?) ; le petit-fils de Pierre-Paul Granier de Cassagnac (1771-1839), gentilhomme verrier, et d’Ursule Lissaragay (1775-1850), tante de Prosper-Olivier Lissagaray ; le fils de Bernard-Adolphe Granier de Cassagnac (1803-1880) et de Rosa de Beaupin de Beauvalon. Bernard-Adolphe, cousin de « Lissa », est envoyé en pension à Toulouse pour son éducation chez son oncle Laurent-Prosper Lissagaray, futur père de Prosper-Olivier, entre 1818 et 1828. Après un voyage en 1841, il épouse Rosa, une créole et fille d'un riche planteur, ancien officier du Premier Empire. De cette union naît Paul en 1842.

Biographie Jeunesse Durant sa jeunesse, Paul de Cassagnac fait ses études à Foix et à Perpignan avant de passer le baccalauréat à Toulouse et d'entamer des études de droit. Attiré par le journalisme, il fonde en 1862 L'Indépendance parisienne et est chroniqueur en 1863 de La Nation. Devenu ensuite rédacteur en chef du Diogène, ses outrances verbales lui valent un duel avec Aurélien Scholl, rédacteur du Nain jaune, grièvement blessé.

Journaliste En 1866, il entre au Pays Britannica 1911 sur Wikisource, dirigé par son père, et en devient le rédacteur en chef en 1867. Ses polémiques lui valent de nouveaux duels, au pistolet avec Henri Rochefort (blessé) et à l'épée avec Prosper-Olivier Lissagaray, rédacteur de l’Avenir (). Au cours de ce dernier combat, Lissagaray reçut plusieurs blessures, la première est entre le pouce et l'index puisqu'il avait refusé le gant ; la seconde est en pleine poitrine, qui le mit au lit pour un mois. À peine rétabli, il renvoya ses témoins chez Cassagnac pour reprendre l'affaire. Celui-ci répondit : Pour ce duel, Cassagnac fut condamné à de prison et les quatre témoins à d’amende. En , il affronte Gustave Flourens, blessé au ventre à l'issue du duel.

Guerre de 1870 Au déclenchement de la guerre de 1870, il appelle les républicains à se rallier à l'Empire, ce qui suscite une réponse lyrique du très jeune Rimbaud par le poème Morts de Quatre-vingt-douze et de Quatre-vingt-treize…..

Engagé dans la guerre, il est fait prisonnier après la bataille de Sedan, et est interné dans la forteresse de Cosel en Silésie.

Homme politique Rentré en France, il reprend la direction du Pays et fait campagne pour le rétablissement de l'Empire, attaquant violemment le parti républicain, ce qui lui vaut plusieurs procès pour diffamation ou excitation à la haine du gouvernement. Ses polémiques l'amènent à se battre en duel avec Édouard Lockroy en 1872 et Arthur Ranc en 1873, tous deux blessés.

Candidat impérialiste dans l'arrondissement de Condom (Gers) en 1876, il est élu contre un républicain et un légitimiste. Les articles du Pays lui valent, en , une condamnation à deux mois de prisonLe Gaulois, 27 avril 1877. à laquelle il échappe grâce au duc de Broglie, ministre de la Justice dans le gouvernement du . Candidat officiel du gouvernement aux élections de 1877 à la suite de la crise du , il soutient le gouvernement du maréchal de Mac-Mahon et est réélu à Condom. Ses polémiques à la Chambre entraînent deux duels dont il sort vainqueur, avec Gaston Thomson et Louis Andrieux. Invalidé par la Chambre en , il est à nouveau réélu en , ce qui lui permet de poursuivre ses attaques contre la République à la fois à la Chambre et dans les colonnes du Pays. Il se fait à cette époque une spécialité de dénoncer les contradictions des républicains sur les questions de la liberté de la presse et de la liberté de réunion, qui ne sont pas, dit-il, accordées aux opposants au régime républicainPar exemple : Journal officiel, Chambre des députés, séance du 16 mars 1877, ; Le Pays, 10 mai 1879..

Après la mort du prince impérial en 1879, il soutient énergiquement le prince Victor comme prétendant bonapartiste alors que l'ordre de succession désignait son père, le prince Napoléon. Après le décès de son père, en 1880, il abandonne l'arrondissement de Condom pour celui de Mirande, dans lequel il est élu en 1881. Il s'oppose aux lois scolaires et à la politique coloniale du gouvernement, et est exclu en 1883 de la Chambre pour avoir traité Jules Ferry, lors d'une altercation à propos du Tonkin, de « dernier des misérables et dernier des lâches ».

Réélu en 1885, il soutient le ministère Rouvier face aux radicaux, puis, après sa chute, se rallie au boulangisme dans le but de renverser la République. En 1886, il fonde le quotidien L'Autorité dont la devise est . Se rapprochant du comte de Paris tout en restant impérialiste, il invente la doctrine du solutionnisme, appelée par dérision nimportequisme, consistant à accepter toute nouvelle monarchie, sans attacher d'importance à la dynastie. Cette doctrine inspire la ligne éditoriale de L'AutoritéIbid., .. Il rompt parallèlement avec le prince Victor du fait de son manque de combativité et de désaccords politiques quant à l'Union conservatrice. Il participe sans hésiter à l'alliance avec le boulangisme en , après que le baron de Mackau lui a demandé d'arrêter de l'attaquer au nom de l'alliance avec les royalistes. Malgré son mépris pour Georges Boulanger, il considère que ce mouvement peut précipiter la chute de la République. Il s'en éloigne en après la fuite du général, n'ayant jamais eu un grand rôle dans le boulangisme. Après sa réélection facile (sans opposant) en 1889, il combat, en tant qu'impérialiste et catholique ardent, la politique du Ralliement prônée par le pape Léon XIII. En 1893, il est battu aux élections par le républicain Olivier Bascou.

Il se consacre après sa défaite à son journal, dénonçant ce qu'il nomme la ou la L'Autorité, 20 juillet 1899.. Durant l'affaire Dreyfus, bien que clérical et devenu antisémite, soutenant l'armée, il garde un certain esprit critique, faisant part publiquement à plusieurs reprises de ses doutes sur la culpabilité du reclus de l'île du Diable et se prononçant favorablement pour la révision de son procèsVoir Philippe Oriol, L'Histoire de l'affaire Dreyfus de 1894 à nos jours, Paris, Les Belles Lettres, 2014..

Il retrouve en 1898 son siège de député de Mirande et siège à l'extrême-droite parmi les monarchistes, nationalistes et antisémites, manifestant toujours son hostilité à l'égard de la République et prenant la défense des intérêts religieux. Battu en 1902 par Joseph Noulens, il retourne à ses occupations journalistiques avant d'être frappé mortellement d'une crise d'appendicite deux ans plus tard. L'ensemble de la presse commente sa disparition et Georges Clemenceau, qui s'était lié d'amitié avec Paul de Cassagnac, lui rend hommage en évoquant un « caractère chevaleresque », un « courageux et loyal adversaire » et qui sut, au moment de l'Affaire Dreyfus, « prendre une noble attitude et s'élever contre l'iniquité d'une procédure irrégulièreL'Aurore, 5 novembre 1904. Une couronne de fleurs de la rédaction de L'Aurore est apportée à l'enterrement. ».

Il est enterré au cimetière de Montmartre. Son journal lui survit jusqu'en 1914 grâce à ses deux fils Paul et Guy.

Distinctions (15 aout 1868)

Publications

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Notes et références

Annexes Bibliographie . . Albert Croquez, Paul de Cassagnac, Paris, Emile-Paul éditeur, 1911. « Allez, Messieurs ! ». Essai sur le duel, Paris, éditions Baudinière, 1935 [ouvrage écrit par son fils aîné et homonyme, Paul Julien Granier de Cassagnac (1880-1966). .

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Liens externes

Biographie de Paul de Cassagnac Duel au Vésinet Les Cassagnac, de plume et d'épée

Paul Catégorie:Journaliste français du XIXe siècle Catégorie:Député du Gers (Troisième République) Catégorie:Député bonapartiste Catégorie:Maire bonapartiste Catégorie:Journaliste bonapartiste Catégorie:Dreyfusard Catégorie:Duelliste Catégorie:Journaliste politique Catégorie:Député de la première législature de la Troisième République Catégorie:Député de la deuxième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la troisième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la quatrième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la cinquième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la septième législature de la Troisième République Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1868 Catégorie:Conseiller général du Gers Catégorie:Maire du Gers Catégorie:Militaire français de la guerre franco-allemande de 1870 Catégorie:Naissance en décembre 1842 Catégorie:Naissance dans l'ancien 2e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en novembre 1904 Catégorie:Décès en Loir-et-Cher Catégorie:Décès à 61 ans