thumb|300px| Libro de' DisegniFilippino Lippi, Botticelli, et Raffaellino del GarboNational Gallery of Art Le Libro de' Disegni de Giorgio Vasari est une collection regroupant les dessins qu'il avait recueillis, aménagés et regroupés tout au long de la rédaction des Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes.

Présentation Giorgio Vasari a écrit et publié deux éditions des Vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes. La première édition a été publiée en 1550 chez l'éditeur Torrentino. Elle est composée de trois parties présentant les trois âges de leur développement, précédées chacune d'un prologue particulier. Une préface générale précise les intentions de Vasari.

Dans la préface des Vies, Giorgio Vasari explique pour quelles raisons il a entrepris de les écrire :

Cette publication fait suite à la dispute sur la Comparaison de la peinture et de la sculpture qui avait été un sujet de discussion depuis la publication de De pictura de Leon Battista Alberti et la question posée par les humanistes de la Renaissance sur le caractère intellectuel des arts figuratifs et leur autonomie qui a été appelée débat du Paragone. Dans le Traité de la peinture, Léonard de Vinci montre que l'application de la logique, des mathématiques et de la géométrie, l'anatomie et de l'optique fait de la peinture un art, considéré au Moyen Âge comme un art mécanique, pouvait être mis au même niveau que les arts libéraux. Cette discussion avait amené à la Renaissance à la redéfinition du mot artiste. Dans le livre Le Livre du courtisan, Baldassare Castiglione discute de la peinture et la peinture et se montre en faveur de la supériorité de la peinture. Le philosophe florentin Benedetto Varchi, en 1546 (1547 après le déplacement du début de l'année au ) devant l'Accademia fiorentina, discute du sujet après avoir fait une enquête auprès de Vasari, Bronzino, Pontormo, Giovanbattista del Tasso, Francesco de San Gallo, Tribolo, Cellini et Michel-Ange. Les deux leçons de Benedetto Varchi ont été publiées en 1549 par Torrentino. Page 101, il écrit : Déjà, à la fin du , dans le `Le Livre de la peinture, Cennino Cennini a écrit : Cette affirmation sur l'importance du dessin est déjà énoncé par Pétrarque dans le dialogue XLI, De statuis, dans De Remediis utriusque fortune Liber (Contre la bonne et la mauvaise fortune) :

Bien qu'aucun texte ne donne le but recherché par Vasari avec le Vite, il reprend cette affirmation de Benedetto Varchi dans l'introduction de l'édition de 1550 des Vite :

Le , le duc Cosme de Médicis, conseillé par Giorgio Vasari et Vincenzio Borghini, a fondé l’Accademia et Compagnia dell'Arte del Disegno. Par la création de cette académie, Vasari a voulu élever le statut des artistes au-dessus de celui des corporations d'artisans K. Barzman, The Florentine Accademia del Disegno : Liberal Education and the Renaissance Artist, , in A. Boschloo ed., Academies of Art Between Renaissance and Romanticism, Leid Kunsthistorisch Jaarboek, 1997 Liana de Girolami Cheney, The Homes of Giorgio Vasari, , Peter Lang Publishing, New York, 2006 (aperçu).

L'affirmation de l'importance du dessin est encore plus forte dans l’Introduction générale aux trois arts du dessin, c'est-à-dire, l'Architecture, la peinture et la sculpture, au chapitre XV, de la seconde édition des Vite Pour Vasari, le dessin a une faculté d'abstraction qui permet à l'intelligence de tirer des réalités dans leurs diversités l'idée générale enveloppant la pure connaissance de leurs qualités. Comme l'écrit Vasari, le dessin n'est autre que l'expression apparente et la manifestation du concept que l'on a dans l'esprit et de ce que l'on a imaginé et construit par la pensée.

Pour certains historiens d'art le recueil de dessins avait pour but d'illustrer Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes et de servir de rappel mnémotechnique de leurs œuvres. Pour d'autres, c'est un document autonome aux Vite de'più eccelenti pittori, scultori e archittetori. Le livre de dessins n'est pas cité dans la première édition des Vite, en 1550 et n'est cité que dans la seconde édition publiée en 1568 chez les Giunti, corrigée, augmentée d'une trentaine de biographies nouvelles, principalement ses contemporains, et ornée de portraits gravés sur bois. Dans la seconde version des Vies, les occurrences de designo ont été multipliées par trois par rapport à la première et le Libro de'disegno sous la forme nostro libro est cité cent vingt-cinq fois.

Vasari a probablement cherché à illustrer les styles des différents artistes qu'il présente dans les Vies et montrer ce qu'il annonce dans les Vies en les divisant « en trois parties, appelons-les plutôt périodes, depuis la renaissance des arts jusqu'à notre siècle : chacune d'elles se distingue des autres par des différences manifestes ». Cette collection de dessins que Vasari cite dans la seconde édition des Vies est une histoire visuelle de l'art. Elle commence avec la vie de Cimabue à la fin de laquelle il écrit : Ces citations dans les Vite se poursuivent pour les cent vingt-cinq noms d'artistes cités et les quatre-vingt-dix-neuf biographies, jusqu'à son époque.

Vasari insiste dans les deux éditions des Vite, de 1550 et 1568, sur l'importance des dessins comme documents permettant de percevoir la maniera des grands maîtres. Dans ses Vite, Vasari indique qu'il possède un ou des dessins du maître dont il décrit la manière, comme à la fin de la Vie de Filippo Lippi :

Dans la biographie de Lorenzo Ghiberti, il écrit qu'il a reçu de son petit-fils, Vettorio Ghiberti, en 1528, une collection de ses dessins Liana de Girolami Cheney, Giorgio Vasari's Teachers : Sacred & Profane Art, , note 10, Peter Lang Publishing, New York, 2007 (lire en ligne). C'est probablement à cette date qu'il a commencé sa collection de dessins. Il est aussi probable qu'il n'a plus acquis de dessins après la parution de la seconde édition des Vite, en 1568.

La collection de dessins de Giorgio Vasari Il est difficile de savoir combien de dessins étaient inclus dans le Libro de' disegni. Il n'y a eu aucun inventaire des dessins après la mort de Vasari. Le seul document concernant le Libro est un Ricordo se trouvant dans le Giornale et ricordi Vasari dal 1574 al 1686, segnato A se trouvant dans les archives de la Casa Vasari, à Arezzo. Deux jours après la mort de Vasari; le , son frère et ses neveux ont fait hommage du Libro de' designi au grand-duc Francesco qui avait exigé qu'il lui fût remis : Le Ricordo indique que les dessins sont montés sur des fogli reali, des feuilles royales, qui correspondent à des feuilles de papier d'environ .

En l'absence d'inventaire des dessins de la collection Vasari, les chercheurs ont essayé de retracer cet inventaire à partir des descriptions de ces dessins faites par Vasari dans les Vite. Par cette méthode, on ne peut arriver à identifier avec quelque certitude qu'une vingtaine de dessins. Les historiens ont fait remarquer qu'il y a des difficultés à faire correspondre les dessins qu'on suppose appartenir à la collection de Vasari avec les descriptions des Vite : Dessins décrits dans les Vite Noms des artistes Sujet indiqué dans la notice Numérod'inventaire Musée Texte dans les ViteImage Antonio Pollaiuolo Projet pour un monument équestre à Francesco Sforza, duc de Milan 1908:168 Z New York Metropolitan Museum of Art Parte, vignette|100px Andrea del Verrocchio Tête de femme, les yeux baissés, légèrement tournée vers la gauche Inv 18965 Paris, musée du Louvre, département des arts graphiques Parte, vignette|100px Andrea del Verrocchio Étude de cheval avec mesures Inv 19.76.5 New York, The Metropolitan Museum of Art Parte, vignette|100px Andrea Mantegna Judith et sa servante Abra 404 EFlorence, Gabinetto Disegni e Stampe degli Uffizi Parte, vignette|100px Filippo Lippi Le triomphe de saint Thomas d'Aquin 1860,0616-75Londres, The British Museum Parte, (Voir) Raffaello da Urbino Quatre cavaliers 537 EFlorence, Gabinetto Disegni e Stampe degli Uffizi Parte, vignette|100px Baldassare Peruzzi Mercure purgé Inv. 1419Paris, musée du Louvre, département des arts graphiques Parte Primo parte, (Voir) Andrea del Sarto Le Tribut de César Inv. 1673Paris, Musée du Louvre, département des arts graphiques Parte Primo parte, vignette|100px Sofonisba Anguissola Jeune fille se riant d'un enfant mordu par une écrevisse GDS 1039Naples, Musée de Capodimonte Parte Primo parte, vignette|100px Rosso Fiorentino La Vierge de Miséricorde Inv. 1579Paris, Musée du Louvre, département des arts graphiques Parte Primo parte, vignette|100px Bartolommeo da Bagnacavallo Le Christ au Temple parmi les docteurs Inv. 10079Paris, Musée du Louvre, département des arts graphiques Parte Primo parte, (Voir) Pippi Giulio dit Jules Romain La Chute d'Icare Inv. 3499Paris, Musée du Louvre, département des arts graphiques Parte Primo parte, (Voir) Giovanni Antonio Bazzi, dit Le Sodoma Extase de sainte Catherine de Sienne 1895.0915.764Londres, The British Museum Parte Secondo parte, vignette|100px Francesco de' Rossi dit Francesco Salviati Charles Quint couronnant Cosimo I de' Medici Inv. 2795Paris, Musée du Louvre, département des arts graphiques Parte Secondo parte, (Voir)

Certains historiens, comme Licia Ragghianti Collobri, ont émis l'hypothèse que la collection Vasari se trouvait dans plusieurs livres. André Chastel reprend cette hypothèse dans l'introduction du tome 12 de l'édition de Les vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes avec une estimation la plus raisonnable d'un millier de feuilles réparties en huit à dix volumes. Mais cette hypothèse ne correspond pas au fait que Vasari et le Ricordo ne parlent que d'un seul livre.

Pierre-Jean Mariette a présente le Libro de'disegni dans une note du Recueil de testes de caractère et de charges, dessinées par Léonard de Vinci, et gravées par M. le C. de C. (comte de Caylus), édition de 1730, page 19 note 1, indiquant que les dessins étaient rangés dans un grand volume d'environ deux pieds de haut sur dix-huit pouces de large (environ ), que toutes les feuilles étaient chargées de dessins au recto et au verso et pour une plus grande propreté étaient environnés de bordures dessinées avec soin par Vasari ou ses élèves. Mariette ayant eu ensuite accès à d'autres informations, en particulier les Notizie de' professori del disegno da Cimabue in qua de Filippo Baldinucci publiées en 1702 à titre posthume, il reprend dans la seconde édition de 1767 que le Libro était composé de cinq grands livres de dessins. Ce point de vue a été aussi exprimé dans le tome III de l’Abecedario de l'historien d'art Pierre-Jean Mariette, , note 1.

Pendant longtemps, les historiens de l'art ont associé les dessins de ce collectionneur passionné avec des encadrements dessinés à sa façon et pouvant rassembler plusieurs dessins d'un ou plusieurs peintres sur une même feuille qui ont été appelés le montage Vasari.

Au total, on a répertorié aujourd'hui environ 526 dessins de son LibroNote : 233 dessins d'après Otto Kurz, 526 selon Licia Ragghianti Collobri, 529 pour Hellmut Wohl.. Le cabinet des dessins du musée du Louvre possède 162 dessins du Libro de' Disegni. Le Nationalmuseum de Stockholm possède dans son fonds 83 dessins du Libro Nationalmuseum : Italian drawings of the collection of Giorgio Vasari. Le Gabinetto Disegni e Stampe du musée des Offices de Florence en possède aussi un nombre important.

Dispersion de la collection