Un ou une vidéaste web (souvent surnommé youtubeur ou youtubeuse en Occident, en référence à YouTube) est un vidéaste qui se met en scène régulièrement sur une plateforme de vidéos en ligne (généralement YouTube en Occident), et, dans certains cas, aussi sur un blog ou un réseau social. Le terme peut recouvrir diverses fonctions déjà existantes telles que réalisateur, scénariste, producteur ou acteur.

Dans les années 2010, l'activité se développe à l'échelle internationale avec des plateformes de diffusion et des réseaux sociaux. Selon les contextes nationaux, les vidéastes web peuvent être désignés par des termes différents (youtubeur, créateur de contenu, streamer), mais l’activité renvoie globalement à la production régulière de vidéos publiées en ligne.

Cette activité peut générer des revenus notamment grâce aux recettes de la publicité en ligne, au financement participatif, aux produits dérivés ou aux partenariats commerciaux (sponsoring, placement de produit).

Depuis les années 2010, certains vidéastes web deviennent des personnalités médiatiques, parfois comparées à des célébrités issues des médias traditionnels.

Histoire En 2005, aux États-Unis, la création de YouTube, un site web d'hébergement de vidéos, a permis à des gens ordinaires d'accéder à la célébrité, en diffusant auprès du plus grand nombre leurs œuvres en tout genre.. Dans un second temps, Twitter (acquéreur de Vine), Facebook et Instagram (via IGTV) se positionnent comme plateforme vidéo et mettent en avant des créateurs... En France, c'est la plateforme Dailymotion qui permet à certains créateurs comme Cyprien Iov de diffuser aussi leurs vidéos.. De 2010 à sa fermeture en 2017, Vine a permis l'apparition de nombreuses personnalités., comme Jérôme Jarre ou encore Logan Paul. Depuis 2015, les plateformes vidéo YouNow. ou Musical.ly. (devenu TikTok) ont fait éclore plusieurs personnalités.

Le terme youtubeur ( en anglais) est un néologisme dérivé du nom du site.. En 2017, youtubeur fait officiellement son entrée dans le dictionnaire Le Petit Robert.. Les termes d'instagrameurs., vineurs ou tweeps. sont aussi utilisés.

Internet connaît un grand succès dans le partage de contenu vidéo à caractère humoristique ou didactique. Diverses thématiques se sont développés, tels que les vidéos sur le thème de la beauté et du maquillage, les vidéos de vulgarisation, les vidéos de jeux vidéo, les clips musicaux ou des thèmes plus politiques.

Certains vidéastes web, grâce à leur visibilité sur Internet et à la viralité de leurs vidéos, attirent un public grandissant, jusqu'à devenir des vedettes... Les vidéastes les plus connus comptent plusieurs millions d'abonnés, et cumulent un ou plusieurs milliards de vues..

Le développement de ce média concerne fortement les publics jeunes, notamment en raison des usages quotidiens des plateformes vidéo et des réseaux sociaux. Ce phénomène est donc parfois mal compris par les parents et a des conséquences sur l'éducation.

Professionnalisation

Parmi des millions de vidéastes, la plupart postent des vidéos pour le plaisir, sans objectif financier. Une minorité passe du loisir à une activité rémunérée, voire travail à temps plein pour certains..

Selon le niveau de professionnalisation, la production peut être réalisée seul ou mobiliser une équipe (montage, cadrage, son, gestion de la diffusion). Dans cette optique, des vidéastes peuvent être employés et produits par de grands groupes, tels que Groupe M6 avec Golden Moustache ou Canal+ avec Studio Bagel. D'autres peuvent être indépendants, comme Antoine Daniel.

Tout comme pour les autres métiers artistiques, les revenus peuvent être instables et précaires, même lors de vidéos virales..

Selon des estimations datant de 2015, en France, plusieurs dizaines de personnes réussiraient à bien gagner leur vie grâce à YouTube. La même année, le magazine Forbes publie pour la première fois un classement des youtubeurs les plus riches, avec en tête le vidéaste suédois PewDiePie, qui à 25 ans a déjà gagné 12 millions de dollars, suivi dans le top 10 par des youtubeurs américains et britanniques (Smosh, Fine Brothers, Rhett and Link…).

Production et rémunération Publicités Les vidéastes sont généralement rémunérés grâce à une régie publicitaire qui place des publicités avant, durant ou après leurs vidéos.. Ces publicités peuvent être évitées, notamment à l'aide d'un logiciel antipub tels qu'Adblock Plus ou UBlock Origin, coupant la rémunération..

Les réseaux multichaînes, auxquels peuvent s'affilier les vidéastes, peuvent vendre des publicités spécifiques pour la chaine, ou des opérations publicitaires dans la vidéo. Elles agissent également en tant qu'ayant droit sur la plateforme. Agissant comme des régies publicitaires ou un agent, ils touchent un pourcentage des revenus générésAmélie Robaux, Droits d’auteur sur les vidéos : « L’âge d’or des “YouTubeurs”, c’est fini », Rue89, 5 mars 2014 (consulté le 16 janvier 2016)..

Partenariats commerciaux Des marques payent certains vidéastes pour promouvoir leurs produits dans le contenu, les placements de produitLes Echos, Pourquoi les marques de cosmétiques s'arrachent les youtubeuses, 04 juillet 2016. Le plus souvent, les concepts de vidéos sont faits pour que le produit s'intègre dans le contenu..

Les partenariats laissent aux vidéastes une marge de manœuvre plus ou moins inexistante selon les marques, .

L'affiliation peut également être une source de revenus. Par exemple, certains vidéastes littéraires tirent un revenu grâce à un lien qu'ils affichent, pointant vers la page internet où l'on peut acheter le livre en ligne.

Ces partenariats peuvent également être fait par l'intermédiaire d'agences de communication ou via des plates-formes de mise en relation entre les marques et les vidéastes...

Les créateurs plus connus sont en outre convoités par de grandes marques en tant qu'égérie ou ambassadeur..

Leur popularité leur permet parfois de sortir un livre, comme Icônne écrit par Natoo, ou un album, comme l'album de rap Double V de Mister V.

Diversification de l'activité Certains vidéastes profitent de leur notoriété pour créer des lignes de cosmétiques ou de vêtements (à l'instar de Michelle Phan).. D'autres peuvent profiter de leur notoriété pour apparaître au cinéma (c'est le cas de Cyprien Iov, Natoo et Squeezie, qui ont été sollicités pour le doublage du film Bob l'éponge, le film : Un héros sort de l'eau).

Financement participatif Le financement participatif fait également partie des sources de financements via Patreon, ou Tipeee, faits pour les vidéastes, ou des plateformes de crowdfunding généraliste comme KissKissBankBank. Les premières permettent aux spectateurs de verser une somme d'argent à chaque publication, tandis que les secondes sont plus destinées à des projets ponctuels. C'est le cas de l'émission Chroma de Karim Debbache, Gilles Stella et Jérémy Morvan, financée via le site web Ulule..

Financement public Comme n'importe quels producteurs, les vidéastes web peuvent faire l'objet de subvention publiques. Depuis 2018, le Centre national de la cinématographie a ouvert un guichet d'aides destinées aux productions à destination d'Internet..

Évolutions récentes À partir des années 2020, la création vidéo en ligne se diversifie avec la montée des formats courts, le développement du direct (live) et l’importance croissante des recommandations algorithmiques.

Problématiques et controverses Réutilisation de contenu soumis au droit d'auteur Malgré le principe de fair use (« usage loyal »), qui permet la réutilisation de contenus soumis au droit d'auteur dans la limite de certains critères, les vidéastes sont souvent attaqués par les ayants droit pour l’utilisation de leur contenu, même si elle entre dans le cadre autorisé..

En 2011 et 2012, les trois traités dits SOPA, PIPA et ACTA ont tour à tour failli être adoptés. Ils auraient eu pour conséquence l'interdiction de réutiliser des contenus soumis au droit d'auteur sur le web., avec un impact potentiellement important sur YouTube... SOPA et PIPA ont fait l'objet de nombreuses manifestations d'opposition, tant réelles que virtuelles, qui leur ont valu un report sine die..

En 2012, une pétition est lancée pour sur le site Avaaz.org., et le message est relayé par plusieurs youtubeurs, qui considèrent ces traités comme liberticides. et prévoient la difficulté, si ce n'est l'impossibilité, de continuer à produire du contenu si le traité venait à être adopté. Le traité est finalement rejeté.

En , YouTube fait l'objet d'une polémique., lorsque le site implémente quelques modifications à sa politique concernant les droits d'auteur.. En effet, les modifications de Content ID. permettent de remonétiser ou de supprimer des vidéos contenant des extraits vidéos ou audios soumis au copyright. Jusqu'alors les youtubeurs sont soumis au fair use, qui leur permet d'utiliser des contenus sous copyright dans le cadre d'un travail créatif. Avec ces changements, les ayants droit ont la possibilité d'agir sur les vidéos créées par les youtubeurs, en les monétisant à leur place lorsqu'il s'agit de youtubeurs connus ayant un fort potentiel en ce qui concerne les recettes publicitaires, ou en les supprimant purement et simplement lorsqu'il s'agit de youtubeurs anonymes ou peu notoires.. Cependant, le système génère beaucoup de faux positifs, et permet également des revendications qui, au regard du fair use, pourraient être vues comme abusives, fonctionnant sur la base de la ..

Les revendications Content ID abusives et la non-application du principe de fair use font souvent l'objet de controverses. En 2016, les youtubeurs anglophones posent la question « Where's the Fair use ? » ()...

Conditions de monétisation Les plateformes limitent les contenus monétisables selon la demande des annonceurs.. (violence verbale, caractère sexuel, substances illicites, sujets sensibles, conflits armés, politique, catastrophes naturelles…). En 2016 puis 2018, sous la pression d'annonceurs, YouTube démonétise les vidéos ne respectant pas ces conditions, déclenchant des réactions de créateurs...

Utilisation des enfants Certaines chaînes web publient du contenu mettant en vedette des enfants. Il existe en effet des chaînes où des enfants sont filmés en train de déballer des jouets, face caméra. Ce genre de vidéos, d'abord apparu aux États-Unis, s'est répandu sur la plateforme YouTube francophone avec l'apparition de chaînes comme Studio Bubble Tea, Démo Jouets et Swan The Voice... Cette participation est parfois considérée comme une utilisation des enfants...

Plusieurs vidéastes s'en sont indignés. La publication de vidéos sur le web est une activité lucrative, qui de surcroît expose les personnes apparaissant dans ces vidéos aux yeux du grand public, alors que parfois même les parents ne se montrent pas.. Les enfants manqueraient de recul pour comprendre ce qui leur arrive. Le rythme de publication, parfois jusqu'à une fois par jour, est aussi critiqué. Certains internautes considèrent de plus que les enfants, public ciblé par ce type de contenu, sont plus influençables ; et que le fait qu'ils regardent peut-être quotidiennement des vidéos incitant selon eux à la surconsommation pose un problème moral....

Début 2017, Mike et Heather Martin, parents de cinq enfants et propriétaires de la chaîne YouTube américaine de plus de , perdent la garde de deux de leurs enfants, que Mike avait eu avec une première femme et qu'ils s'amusaient à humilier en vidéo. Par exemple, ils leur faisaient croire qu'ils étaient adoptés, détruisaient leurs jeux ou les encourageaient à se frapper. L'affaire est largement médiatisée... Deux ans après, un cas similaire est dévoilé : l'Arizonienne Machelle Hobson frappait, enfermait et gazait ses enfants au lacrymogène s'ils ne pour les vidéos de sa chaîne ..

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