La classe Attack est un projet avorté de classe de sous-marins pour la à partir de 2030 en remplacement de ceux de la classe Collins.
Un projet de sous-marin SMX-Ocean élaboré par le constructeur naval français DCNS a été révélé à l'occasion du salon Euronaval en . Il est issu du programme Barracuda dont sont dérivés les sous-marins français de la classe Suffren..
En , le Premier ministre d'Australie, Malcolm Turnbull, annonce officiellement la signature d'un contrat de 50 milliards de dollars (soit 31 milliards d'euros dont seulement 8 environ pour Naval Group et les industriels français associés à ce programme d'une durée de 50 ans) pour la construction de douze à fabriquer sur place en Australie....
Mais en dévoilant le l'accord AUKUS, l'Australie annule le projet sans aucune notification diplomatique préalable« La décision de Canberra sur les sous-marins aggrave les tensions stratégiques en Asie du Sud-Est » : l’avertissement de Kevin Rudd, ancien premier ministre australien, Le Monde, 21 septembre 2021 : Kevin Rudd se prononce sur la débâcle que vient de provoquer le gouvernement australien..
À la suite de l'accord AUKUS, l'Australie prévoit d'acquérir cinq sous-marins de classe SSN-AUKUS. Ces sous-marins sont issus de conceptions initiales britanniques destinées à remplacer les sous-marins de classe Astute, provisoirement nommés SSN(R), et intègrent désormais des technologies américaines. Les sous-marins seront construits par BAE Systems et ASC Pty. L'Australie acquerra également trois sous-marins de classe Virginia auprès des États-Unis.
Compétition internationale Fin 2014, l'Australie lance un appel d'offres international en vue de remplacer ses sous-marins de la classe Collins ; c'est le projet Sea1000L’Australie lance un appel d’offres pour des sous-marins, lemarin.ouest-france.fr, 26 mars 2015.Un sous-marin japonais invité à un exercice en Australie, lemarin.ouest-france.fr, 14 mars 2016.. Le choix final a lieu le .
Le projet français sur la base Barracuda, le projet suédois A26 de Saab (successeur de la classe Gotland), le projet espagnol sur une base classe S-80 de Navantia, le projet allemand type 216 (version agrandie du type 214) de HDW (filiale de ThyssenKrupp Marine Systems) et enfin le projet des Japonais Mitsubishi et Kawasaki sur la base de la classe Sōryū constituent les offres soumises.
Cahier des charges
Le SMX-Ocean est le projet de base de remplacement de la classe Collins australienne. Il figure parmi les classes de sous-marins actuelles (alternative des sous-marins nucléaires d'attaque (SNA ou ) compatibles avec la politique non nucléaire de ce pays.
D'une longueur de pour une hauteur de et une largeur de , le futur SMX-Ocean peut se déplacer à 20 nœuds en plongée à de profondeur pour un déplacement en surface de .
Par ailleurs, le projet SMX-Ocean permet d'opérer sur quatre fronts. La lutte anti-sous-marine (par les torpilles et les mines), la lutte anti-aérienne (par les missiles antiaériens), la lutte anti-navires (par les missiles antinavires et les mines) et l'attaque terrestre (par les missiles de croisière) ; SMX-Ocean embarque notamment à bord des drones sous-marins UUV (Robot sous-marin autonome) et aériens (UAV). L'intégration de tubes verticaux sur le SMX-Ocean permet une innovation jusque-là non disponible sur d'autres sous-marins de sa catégorie, les tirs vers la terre.
Déroulement du projet industriel proposé par Naval Group Il s'agit d'un modèle à propulsion classique composé d'un moteur à propulsion diesel-électrique en circuit fermé (système intégralement anaérobie)Voici à quoi ressemblent les Shortfin Barracuda, les 12 sous-marins que la France vend à l'Australie, Huffingtonpost.fr, 20 décembre 2016.. La discrétion du déplacement est assurée par le système maîtrisé par Naval Group de pompe-hélice.
Le Barracuda australien mesure de long et présente un déplacement de en surface. Il devait être capable de rester en mer durant trois mois ou encore de naviguer sur à , sa vitesse de transit étant de , il devait pouvoir plonger à de profondeur. Les systèmes de combat, élaborés par Lockheed MartinLockheed-Martin fournira le système de combat des sous-marins australiens construits par DCNS, 30 septembre 2016. AustraliaFuture Submarine Program., consistent en une série de 34 armes, dont six missiles de croisière lancés verticalement depuis deux barillets, ainsi que des drones sous-marins et aériens. Il aurait embarqué. également des missiles antinavires Harpoon et missiles antiaériens, de même que des mines et des torpilles Mark 48Avancement du programme de sous-marins de classe Attack, 8 juillet 2020..
Pendant la première année de réalisation du projet, de 2016 à 2017, divers engagements intergouvernementaux ont été signés entre l'Australie et la France, pour établir les termes et contrats de production entre les deux pays, et engager la conception des sous-marins. Il s'agit par exemple d'établir les règles de transfert de compétences techniques et industrielles. Le début de la fabrication du premier sous-marin est établi en 2021 pour une mise en service en 2030, le dernier sortira des chantiers en 2050 et naviguera jusqu'en 2085. Il est prévu que le nombre d'employés du chantier de DCNS en Australie va passer de à 200 fin 2017, puis , et le chantier de Cherbourg va atteindre dont et , pour arriver à en 2023. Quelques accidents, sans conséquences apparentes, ont émaillé la première année : le départ du PDG de DCNS Australia en et la révélation de documents confidentiels de sous-marins de Naval Group pour l'Inde. Le débat sur le nucléaire reste également présent.
Le 2018, il est annoncé que le premier navire de la série serait nommé HMAS Attack, et que cette dernière serait en conséquence appelée la classe Attack.. Des craintes émises, notamment par trois amiraux à la retraite, concernant la tenue de la date objective de 2030 pour la relève des sous-marins de la classe Collins sont apaisées par les autorités.
Le , à Canberra, est signé un accord de partenariat stratégique, pour une durée de cinquante ansNaval Group signe le Contrat de Design pour les sous-marins australiens de la classe Attack, 5 mars 2019.. Le contrat de la première phase de conception est signé en mars par le ministre de la Défense Christopher Pyne, ouvrant la voie à la phase de définition. La sélection des équipements est censée développer les compétences de la main d'œuvre locale, élément lié à l'acquisition d'une capacité nationale souveraine dans le domaine des sous-marins.
Le , la ministre de la Défense Linda Reynolds est l'invitée du président de la République à l'occasion de la mise à l'eau du Suffren, version nucléaire de son cousin australienÀ Cherbourg, France et Australie consolident leur alliance autour du lancement du Suffren, 24 juillet 2019. Le président réaffirme l'appui de la France au contrat qui scelle une .
En , Naval Group et le gouvernement australien confirment avoir trouvé un accord pour qu'au moins 60 % de la valeur du contrat pour les douze futurs sous-marins soient dépensés en AustralieNaval Group s'engage à ce que au moins 60 % de la valeur du contrat pour les futurs sous-marins soit dépensée au profit de l’industrie et des emplois australiens, 24 mars 2021..
Les 11-, lors du sommet du G7 de Carbis Bay, personne n'a eu à redire sur la maîtrise du contrat, alors que, depuis 2018, Morrison government should consider ‘walking away’ from submarine contract: SA Senator Rex Patrick, 1 mars 2021. et que Crise des sous-marins : chez Naval Group, « le recensement des dépenses engagées a commencé », Le Monde, 21 septembre 2021.. Deux jours plus tard en France, le Premier ministre Morrison n'a rien laissé paraître lors de son entrevue en tête à tête à l'Élysée avec le chef de l'exécutif français.
De fait, le ministère des Armées français reçoit une missive de l'Australie dans la matinée du relatant sa satisfaction des , valant notification de la fin de la revue fonctionnelle du programmeCrise des sous-marins : quelques heures avant la rupture du contrat, les Australiens envoyaient à Paris un courrier « satisfait », selon l'armée, 21 septembre 2021..
Annulation
Le , le Premier ministre australien Scott Morrison annonce la signature d'un accord tripartite sur la défense, intitulé AUKUS, avec les États-Unis et le Royaume-Uni, pour combattre l'influence de la Chine dans la région Indo-Pacifique. Ce partenariat autorise notamment le transfert de technologies américano-britanniques de propulsion nucléaire navale vers l'Australie, permettant donc à la marine australienne de s'équiper de sous-marins nucléaires d'attaque, rompant de ce fait le contrat conclu avec Naval Group..
L'affaire entraîne rapidement des réactions du côté français : Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, dénonce un « coup dans le dos » de la part de l'Australie. Le , la France rappelle ses ambassadeurs en Australie et aux États-Unis pour consultationCrise des sous-marins : "C'est un coup de poignard dans le dos", dénonce l'ambassadeur de France en Australie, franceinfo, 18 septembre 2021..
Le contexte de tensions géopolitiques entre les États-Unis et la Chine a été renforcé par ces manœuvres Alliance. Sous-marins australiens : la Chine s’insurge contre la prolifération nucléaire, Courrier international, 17 septembre 2021.
Notes et références
Attack Catégorie:Sous-marin d'attaque conventionnel Catégorie:Sous-marin de la Royal Australian Navy Catégorie:Bateau du XXIe siècle Catégorie:Projet militaire abandonné