La Vierge à l'Enfant entre saint Médard et saint Jean est une peinture d'Antonio da FirenzeFederico Zeri, Antonio da Firenze: un'aggiunta e un ridimensionamento, Paragone, 1960., réalisée sur deux faces d'un panneau de bois, qui servait de bannière de processionLa Fondation Federico Zeri la définit comme telle., datant de la période d'action du peintre, soit entre 1415 et 1440. Elle est conservée au Musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg.

Histoire Cette peinture, signée ANTONIVS•DEFLORENTIA•, est une bannière de procession, peintes sur les deux faces d'un même panneau de bois à pinacle, donc servant de gonfalon pour la protection de la ville invoquant la Vierge et des saints locaux ou populaires en intercesseurs.

Iconographie Une des faces contient une Madone, Vierge à l'Enfant au trône, soit une Maestà accompagnée de saints en Conversation sacrée, l'autre la Crucifixion, avec Marie et saint Jean.

Des scènes complémentaires appuient la dévotion (Christ bénissant, Annonciation).

Description Face de la Maestà La Vierge à l'Enfant trônant au milieu de la composition au-dessus de l'estrade visible sous ses pieds, est entourée par saint Médard à gauche, saint-évêque reconnaissable à sa crosse épiscopale et à sa mitre, tenant une maquette d'une tour-prison (saint-patron des personnes emprisonnées) ; à droite saint Jean baptiste, avec son bâton croisé et sa pelisse de chameau, portant un phylactère affichant ECCE AGNUS [DEI]. La tenture qui entoure le trône est tenue par deux anges, visibles en buste, occupant la partie haute cintrée du panneau. Un pinacle surmonte le tout avec le Christ bénissant en médaillon entouré de séraphins rouges et de chérubins bleus. La Vierge tient une rose et l'Enfant jésus porte, en pendentif, une branche de corail rouge (symbole de la Passion). Toutes les figures saintes portent des auréoles dorées incisées. Face de la Crucifixion Le Christ en croix est entouré de Marie et de l'apôtre Jean pleurant, et deux pénitents flagellants blancs représentés en perspective inversée (de taille inférieure à celle des intercesseurs). Le pinacle comprend une Annonciation (ange annonciateur à gauche, Vierge annoncée à droite et Dieu le père au ciel.

Analyse Malgré la date de réalisation du Quattrocento florentin, la facture est clairement gothique (forme de l'encadrement architectonique, maquette de ville tenue par un saint, phylactère, visages des anges seulement de face ou de profil), et le style encore byzantin (yeux en amande, mains à longs doigts, posture Christus patiens du Christ sur sa croix avec plaies saignantes et ruisselantes, pieds superposés, pleureurs au faciès appuyés, le tout sur fond d'or plaqué à la feuille, les auréoles marquées de textes étant incisées).

La présence des pénitents auto-flagellants (dont la confraternité est probablement le commanditaire) situés au pied de la croix confirme la destination du tableau en gonfalon pour la procession votive, invoquant la Vierge et des intercesseurs auprès du « Dieu de colère » infligeant les fléaux à la population (peste et autres épidémies) en punition de leurs fautes.

La perspective inversée (ou signifiante) est utilisée en de multiples endroits confirmant l'espace représenté sans unicité mais « somme des lieux »Daniel Arasse, Une histoire de perspective (ayant chacun leur point de fuite) : tour tenue par saint Médard, piédestal du trône, absence de profondeur du dais, isométrie de la croix.

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

Notice du musée

Catégorie:Gonfalon Catégorie:Tableau du XVe siècle Catégorie:Vierge à l'Enfant dans la peinture Catégorie:Jean le Baptiste dans la peinture Catégorie:Jean l'Évangéliste dans la peinture Catégorie:Corail dans la peinture Catégorie:Œuvre conservée au musée de l'Ermitage