Le chanoine Jean Bouyssonie, né le à Brive-la-Gaillarde où il est mort le ., est un prêtre catholique, chanoine et préhistorien français qui s'intéressa aux vestiges des départements du Lot et de la Corrèze..

Biographie Jean Bouyssonie est le fils de Jean-Baptiste Bouyssonie (pharmacien) et de Gabrielle Mazeyrac de Beaulieu. Il a deux frères ainés Amédée et Paul.

Il obtient son baccalauréat en lettres et philosophie en 1894 au lycée de Clermont-Ferrand, puis en 1895 son baccalauréat en lettres-mathématiques. En , il est élève au séminaire de philosophie Saint-Sulpice à Issy. Il y fait la connaissance d'Henri Breuil et ils suivent pendant deux années des cours de géologie, paléontologie, archéologie et préhistoire. Ils ont comme professeurs Jean Guibert, auteur d'un traité intitulé Les Origines, questions d'apologétique sur les rapports de la science et de la religion.

En , Jean Bouyssonie accueille son ami Henri Breuil avec lequel, ainsi que son frère aîné Amédée et l'abbé Louis Bardon, il visite les sites préhistoriques autour de Brive : grottes de la vallée de Planchetorte, site de Chez Pourré et de Puy-de-Lacan. En 1898, il est en classe de théologie et Henri Breuil lui apprend à dessiner les silex.

Après son service militaire en 1899, Jean Bouyssonie est ordonné prêtre le à Beaulieu. À la suite de ses études à l'Institut catholique de Paris et à la Sorbonne, il obtient une licence ès sciences physiques en 1904 et une licence de physique générale à Clermont-Ferrand en 1907. Dès 1904, il est professeur de sciences naturelles et physiques au petit séminaire de Brive avec son frère Amédée chargé des cours de philosophie. Ils resteront fidèles à cet établissement qui sera transféré en 1907. à l'école Bossuet de Cublac à la suite de la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905, puis à Brive dans un nouvel établissement inauguré le à la suite de la baisse des effectifs due à l'isolement de cette école de Cublac.

En 1914, il est mobilisé comme infirmier lors de la Première Guerre mondiale. Il est cité à l'ordre de sa division en 1916 puis reçoit la Croix du combattant 1914-1918. Le , Henri Breuil lui remet la Légion d'honneur, puis il reçoit la même année la Médaille interalliée 1914-1918. Le , il devient commandeur du Mérite national français.

Il meurt à Brive le .

Travaux archéologiques Acquis aux idées de l'abbé Jean Guibert, son professeur de sciences naturelles au séminaire Saint-Sulpice, Jean Bouyssonie et des prêtres comme l'abbé Breuil contractent la « maladie de la pierre »— c'est ainsi qu'ils qualifient leur passion pour la préhistoire. Ils font partie d'une minorité de religieux comme Pierre Teilhard de Chardin qui scandalisent l'opinion en se détachant d'une lecture littérale de la Bible où l'homme est, depuis sa création, un être parfait à l'image de Dieu. Ils sont convaincus que la défense de la foi catholique est compatible avec l'indépendance de la science et la théorie de l'évolution..

Pendant 50 ans, Jean Bouyssonie prospecte, fouille, forme des jeunes à l'archéologie et publie les découvertes réalisées avec son frère Amédée et l'abbé Louis Bardon. En 1900, ils étudient les gisements situés aux alentours de Brive-la-GaillardeBeauval, C., Bismuth, Th., Bruxelles, L., Mallye, J.-B. et Berthet, A.-L. (2007) - « La Chapelle-aux-Saints : 1905-2004. Un siècle de recherche », in: Un siècle de construction du discours scientifique en Préhistoire, congrès du centenaire de la Société préhistorique française, du congrès préhistorique de France, Avignon, 21-25 septembre 2004, vol. 2, pp. 197-214..

Le , Paul Bouyssonie extrait une calotte crânienne à La Chapelle-aux-Saints. Les trois frères dégagent alors l'ensemble du squelette d'un homme de Néandertal : La Chapelle-aux-Saints 1, surnommé « le vieillard »..

Le , Maurice Thaon apprend par les hôteliers du Soleil d’Or de Montignac la découverte de la grotte de Lascaux. Il prévient Jean Bouyssonie et l'abbé Breuil, alors dans la région. Le 20, Maurice Thaon leur apporte les premiers croquis et le 21, Maurice et Jean accompagnent l’abbé Breuil pour sa première visite à Lascaux. Le , Jean Bouyssonie annonce la découverte dans La Croix. En 1942 et 1947, il est sollicité pour superviser les fouilles, avant les travaux d'aménagement pour l'ouverture au public, mais ce projet n'aboutit pas et Lascaux ne sera fouillée que plus tard par d'autres..

Postérité et hommage Jean Bouyssonie a donné l’intégralité de ses collections préhistoriques au musée Labenche de Brive..

Son nom a été donné au musée de l'homme de Néandertal de La Chapelle-aux-Saints..

Membre de sociétés savantes Jean Bouyssonie fut membre de plusieurs sociétés savantes : Association française pour l'avancement des sciences Société archéologique et historique du Limousin Société des Amis du Muséum national d'histoire naturelle et du Jardin des plantes Société française d'archéologie Société préhistorique française Société scientifique, historique et archéologique de la Corrèze : membre de 1909 à 1929 et président Société historique et archéologique du Périgord.

Décorations

14-18 14-18

Ouvrages, articles

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Jean-Michel Maldamé, Prêtres et scientifiques, Desclée De Brouwer, 2012 , Alain Roussot (1937-2013) & Abbé Henri Breuil, Amédée et Jean Bouyssonie préhistoriens [Introduction par Denise de Sonneville-Bordes], Périgueux, P. Fanlac, 1966, 48 pp.

Articles connexes Amédée Bouyssonie La Chapelle-aux-Saints 1

Liens externes

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