La ligne C du métro de Toulouse est la troisième ligne du métro de Toulouse, actuellement en construction. Elle reliera les stations Colomiers Gare, à l'ouest, sur la commune de Colomiers, à la station Labège Gare, au sud-est, sur la commune de Labège. Sa mise en service est prévue fin 2028.

La ligne sera longue de , ce qui en fera la plus grande ligne du métro toulousain. Elle desservira la ville de Colomiers ainsi que sa gare, le site industriel aéronautique d'Airbus, la ville de Blagnac, les quartiers du nord-ouest toulousain, la gare de Toulouse-Matabiau, les faubourgs est de Toulouse et les zones d'activités de Montaudran et de Labège Enova..

Imaginée dans le cadre du projet Toulouse Aerospace Express, dont elle est la pièce maîtresse, sa création s'accompagne du prolongement de la ligne B du métro et de la transformation de la ligne T2 du tramway en navette aéroportuaire, permettant ainsi une desserte indirecte de l'aéroport de Toulouse-Blagnac.

thumb|Plan de la ligne.|centré|700px

Historique

Prémices Le schéma directeur de l'agglomération toulousaine de 1998 envisageait à très long terme la réalisation d'une nouvelle ligne de TCSP transversale sur un axe nord-ouest - sud-est, entre le secteur aéroportuaire et les quartiers est de Toulouse. La ligne est inscrite comme un axe de desserte à très long terme du réseau métro.

De 2008 à 2014, Pierre Cohen, maire socialiste de la ville, avait choisi de se concentrer sur les projets de tramway et de bus à haut niveau de service (BHNS), avec un calendrier établi jusqu'en 2018 au moment de son élection : en particulier, le prolongement « Garonne » de la ligne de tramway T1 (inauguré en 2013), et la réalisation d’une ligne de tramway Canal, abandonné avec le projet mobilités 2020-2025-2030.

Cependant, des voix s'élevèrent et s'interrogèrent sur l'opportunité de construire une troisième ligne de métro automatique entre l'ouest et l'est toulousain, desservant Montaudran, les quartiers résidentiels de la Côte Pavée, la gare Matabiau et son futur quartier Euro Sud-Ouest, les Amidonniers, Purpan, Airbus, voire la commune de Colomiers. Des études sur l'opportunité et la faisabilité d'une troisième ligne de métro sont en effet initiées par un étudiant dès 2011 et 2012La Dépêche du Midi « Toulouse : Pour une troisième ligne de métro », La Dépêche.fr, le 2 octobre 2011., et ce à l'occasion de l'enquête publique sur la révision du Plan de déplacements urbains de l'agglomérationSkyScraperCity« Consultation des études sur une troisième ligne de métro à Toulouse », SkyScraperCity.com, le 16 septembre 2011.. Ce dernier ne prévoit en effet aucun projet de ce type. Il se limite à une extension du réseau de tramway et BHNS hors du prolongement de la ligne B à Labège réalisé en mode métro sur demande et sur financement spécifiques du Sicoval..

La commission d'enquête, en , critique le plan de déplacements urbains de Toulouse déclarant qu'il serait nécessaire de créer une troisième ligne de métro. Elle indique que le projet d'une troisième ligne de métro., qui est proposé initialement. dès 2011 dans une étude exploratoire réalisée. par un étudiant de l'Institut d'études politiques de Toulouse, Maxime Lafage., serait « techniquement intéressant ». À la suite de cet avis, les associations eurent la possibilité de mener l'affaire en justice, donnant une chance à ce projet de voir le jour..

À partir de fin 2013 la question de la troisième ligne de métro devint un des thèmes de campagne majeurs du nouveau maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, lors des élections municipales de 2014Veyrac évoque une de métro et un tramway aérien pour Toulouse - La DépêcheMoudenc propose une de métro à Toulouse - La Dépêche. La proposition du maire de Toulouse est de créer une ligne « Aérospace » de 20 à reliant les sites d'Airbus de la zone aéroportuaire situés dans le nord-ouest de l'agglomération en passant par la gare Matabiau située au centre-ville et en allant jusqu'au sud-est de l'agglomération, où se trouve le futur campus de Montaudran Aerospace, le site Airbus Defence and Space du Palays, et, peut-être, Labège-Innopole. Le coût de cette ligne est alors annoncé à environ 1,7 milliard d'euros.

Études Une fois élu, Jean-Luc Moudenc annonce que les études de la troisième ligne de métro démarreront en au plus tardExclusif. Jean-Luc Moudenc : « Toulouse ne va pas s'arrêter » - Voix du Midi - David Saint-Sernin - Consulté le 10 avril 2014. Une révision du PDU est lancée en afin de prendre en compte ce projet, baptisé Toulouse Aerospace Express (TAE)Toulouse. Les projets de transport pour 2025 enfin officialisés - Voix du Midi - David Saint-Sernin - Consulté le 5 février 2015.

À la suite des études menées à l’automne 2015, le tracé de la ligne projetée est présenté lors du comité extraordinaire de Tisséo du . Le tracé de référence de la ligne comporte dix-sept stations, et mesure de long, dont la moitié réalisés en aérien. Le , deux extensions du périmètre d'étude sont annoncéesTisséo va finalement étudier l'arrivée du métro à Colomiers et confirme la desserte de Labège: une extension ouest avec une station (Gare de Colomiers), et une extension au sud-est avec trois stations (Labège Madron, Diagora, Labège Gare) reprenant une partie du tracé du projet de prolongement de la ligne B.

Débats et premiers travaux En , la Commission nationale du débat public décide d'organiser un débat public sur le projetToulouse Aerospace Express - CNDP - 05/05/2016, qui se déroule du au .Communiqué des décisions du 6 juillet 2016 - CNDP - 06/07/2016. À cette occasion, l’association « collectif contre les nuisances aériennes de l'agglomération toulousaine » s’oppose au projet. D'autres associations comme le « collectif pour une ligne métro-politaine. » défendent un tracé alternatif inspiré des premières études initiales d'opportunité, plus court et moins onéreux, pensé pour être complété à terme avec une extension du réseau de tramway, ne doublonnant pas les voies ferrées et desservant les pôles générateurs de trafic importants notamment l'Hôpital de Purpan ou le quartier des Amidonniers, en correspondances avec le réseau existant (voir compte-rendu du débat). Leur argument était alors qu'il fallait faire du transport avant de vouloir faire de l'urbanisme, là où le tracé défendu par Tisséo était a contrario axé sur la promotion immobilière avec la volonté de développer de nouvelles zones d'aménagement comme à Fondeyre ou La Vache.

En , à la suite du débat public, Tisséo décide de poursuivre le projet.

Le tracé définitif avec l'emplacement des stations est annoncé le . Une option, la desserte de l'aéroport de Toulouse-Blagnac en métro, est abandonnée au profit d'une ligne de tramway express. Le nouveau tracé entraîne aussi l'abandon de la station Fondeyre, un temps évoqué, à cause de l'usine classée Seveso située à côté.

Le , la commission d'enquête sur le projet mobilités de Tisséo, qui inclut la troisième ligne de métro, propose de construire la ligne en deux temps : la première partie à l'horizon 2025 pour la construction de la portion Colomiers-Matabiau et le prolongement de la ligne B, et la seconde partie à l'horizon 2030, pour la portion Matabiau-Labège. Ce phasage permettrait de construire la ceinture sud (Colomiers-Portet) plus rapidement, qui est plus urgente aux yeux de la commission. Mais le , Jean-Michel Lattes, président de Tisséo-Collectivités, décide de ne pas suivre l'avis de la commission.

Le , le tracé définitif est adopté à l'unanimité par le conseil syndical de Tisséo. et reprend pratiquement le même trajet que celui présenté au printemps 2016. Ce tracé réintroduit la station Fondeyre.

L’enquête publique se déroule du au . Le , la commission d'enquête publique émet un avis favorable au projet, avec des réserves portant sur des détails d'aménagement des stations Sept-Deniers et François VerdierConclusions et Avis de la commission d’enquête des opérations TAE et CLB.

Ces réserves et recommandations ont été prises en compte par la maîtrise d'œuvre qui a décidé le des définitifs de la ligne. La section en viaduc dans le secteur Airbus est supprimée au profit d'un prolongement du tunnel jusqu'à Colomiers, tandis que la station François Verdier est déplacée directement en dessous de la station de la ligne B pour préserver l'alignement d'arbres en surface. Quelques modifications de tracé en viaduc entre Montaudran et Labège et le raccourcissement de l'arrière-gare de Labège sont par ailleurs actés. Les études étant terminées, il est prévu que les premiers creusements pourraient débuter d'ici fin 2020.

La ligne est déclarée d'utilité publique le Le projet de 3ème ligne du métro toulousain est déclaré d’utilité publique - Préfecture de Haute-Garonne. centré|vignette|518x518px|Travaux à François Verdier, future correspondance avec la ligne B, mai 2023 En , en raison de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, le début des travaux n'est pas envisagé avant 2022 et la mise en service après 2025.. La mise en service est donc reportée de 2025 à 2028..

Originellement le nom de « Toulouse Aerospace Express » ne désignait que la troisième ligne de métro. Avec la définition plus précise du projet, à partir de l'enquête publique, son périmètre est élargi pour englober la construction d'une troisième ligne de métro automatique, la construction d'un prolongement de la ligne B et la transformation de la ligne T2 en ligne Aéroport.

Choix du matériel roulant

L'appel d'offres du matériel roulant a été lancé en 2019 pour une remise des offres finales le mais retardé au à la suite de la crise sanitaire de la même année.

Les caractéristiques définies pour l'appel d'offres sontDossier de presse "Toulouse Aerospace Express" du 5 juillet 2017:

métro automatique (sans conducteur) système permettant le chauffage, la ventilation et le rafraîchissement des rames, système d’information voyageur adapté aux personnes à mobilité réduite, proposant des annonces sonores et un affichage du parcours, système de vidéosurveillance embarqué installé pour garantir la sécurité des passagers, parc d’une trentaine de rames, largeur des rames comprises entre et longueur des rames compatible en station avec un quai de Les principaux concurrents sont. :

Alstom (qui a déjà fourni les rames du tramway toulousain) : Siemens (qui a déjà fourni les rames des précédentes lignes du métro toulousain et dont le siège mondial de la division métro est à Toulouse) ; Hitachi ; CAF (disposant d'une usine dans la région à Tarbes et associé au toulousain Thales) Le mercredi , Tisséo, autorité organisatrice des transports en commun de Toulouse et sa métropole, a préféré l'entreprise française Alstom aux concurrents franco-espagnol Thales/CAF, allemand Siemens et italo-japonais Ansaldo/Hitachi pour acheter les nouveaux matériels automatiques Metropolis à roulement fer d'un montant total de 713 millions d'€. Un peu moins que les 800 millions d'€ initialement estimés. La commission d'appel d'offres a jugé l'offre d'Alstom moins chère et techniquement meilleure.... Siemens, candidat malheureux décide de déposer un recours devant le tribunal administratif de Toulouse qui le rejette..

Construction Les travaux de construction sont lancés le . Le creusement des tunnels interviendra entre 2024 et 2026. Les travaux de second œuvre se dérouleront à partir de 2025 pour une mise en service attendue fin 2028.

Le , une section d'une vingtaine de mètres du viaduc du métro en construction à Labège s'est effondrée, causant la mort d'une personne et blessant trois autres. L'origine de cet effondrement serait la rupture d'un vérin..

Tunneliers

Cinq tunneliers sont utilisés pour creuser la partie souterraine de la ligne en 2024-26. Les tunnelier N° 1, 2 et 3, (3A et 3B) sont d'anciens tunneliers de la ligne 16 du métro de Paris.