Germinie Lacerteux est un roman écrit par Jules de Goncourt et Edmond de Goncourt, paru en 1864Notice bibliographique : Germinie Lacerteux, Bibliothèque nationale de France. Consulté le 26 août 2024., qui raconte la déchéance et la double vie d'une servante, Germinie Lacerteux. Sa préface en fait le point de départ du naturalisme. Une adaptation théâtrale en a été faite par Edmond de Goncourt et portée à la scène en 1888.

Sources d'inspiration Ce personnage de Germinie a été inspiré aux deux frères Goncourt par leur servante Rose Malingre, dont ils ont découvert la double vie après sa mort, en , par les révélations de leur maîtresse commune Maria, sage-femme de profession.

Dans la seconde préface, qu'il rédige en 1886, après la mort de son frère, Edmond de Goncourt reprend les notes de leur journal consacrées à l'agonie de Rose et à la découverte de la vie dissolue que menait leur servante.

Résumé Après une enfance paysanne, Germinie est placée à Paris dès quatorze ans chez un cabaretier, chez qui elle est violée par un autre domestique, Joseph, qui la défendait contre les brimades des jeunes gens ; après quelque temps, elle entre au service d’une vieille fille d’une bonté un peu brusque, de Varandeuil, à laquelle elle s’attache rapidement et profondément.

Mais elle tombe amoureuse d’un jeune homme dépravé, Jupillon, le fils de la crémière ; trop âgée pour qu’il l’épouse, Germinie tente de se l’attacher en lui consacrant toutes ses économies, a de lui une fille qu’elle perd prématurément, et se couvre de dettes pour le faire échapper au tirage au sort de la conscription, allant jusqu’à voler pour tenter de le retenir.

Abandonnée par son amant, elle se réfugie dans l’alcool et la débauche, et finit par mourir des suites d’une pleurésie contractée après une nuit passée à le guetter sous la pluie. Ce n’est qu’après sa mort que de Varandeuil s’apercevra de la double vie que menait sa fidèle servante. Le temps fait son oeuvre et Mlle de Varandeuil finit par pardonner. Elle découvre, en visitant la fosse commune du cimetière de Montmartre, qu’il n’y a ni croix, ni inscription qui permette d’identifier le cercueil de Germinie.

Réception critique L'œuvre est saluée à sa parution par le jeune Émile Zola, qui admire en elle une œuvre « excessive et fiévreuse ». Il fait paraître une longue critique très élogieuse dans Le Salut public de Lyon le , reprise dans son recueil Mes haines. L'histoire de la littérature retient, selon les termes de Madeleine Ambrieux, que .

Jules Claretie, dans la Revue de Paris, est plus nuancé, mais néanmoins élogieux : . Jules Vallès et Victor Hugo saluent eux aussi ce quatrième roman des frères Goncourt.

Mais l’œuvre suscite aussi des moqueries et de violentes attaques : elle est qualifiée de « fange ciselée » par Charles Monselet, et de « littérature putride » par Gustave Merlet.

Edmond Villetard écrit :

Préface La préface à la première édition est considérée de nos jours comme « le premier manifeste du naturalisme », « le point de départ du mouvement naturaliste, qui envisage un roman s’appuyant sur les sciences physiologiques et humaines en plein essor, et portant sur le réel un regard neuf. »

Adaptation théâtrale alt=Réjane par Nadar dans Germinie Lacerteux|vignette|Réjane par Félix Nadar dans Germinie Lacerteux, Théâtre de l'Odéon, 1889 Edmond de Goncourt adapte le roman pour la scène, et la pièce est représentée pour la première fois au théâtre de l'Odéon le . Malgré la prestation remarquée de Réjane, la pièce est mal reçue. Même Jules Lemaître, qui admire beaucoup le roman, considère que l'adaptation théâtrale n'est pas aboutie.

Références

Bibliographie . .

Lire en ligne

Catégorie:Frères Goncourt Catégorie:Roman français paru en 1865 Catégorie:Roman sur l'alcoolisme Catégorie:Roman sur la domesticité Catégorie:Roman se déroulant à Paris Catégorie:Roman se déroulant au XIXe siècle Catégorie:Roman réaliste Catégorie:Roman français adapté au théâtre