Champignolles est une ancienne commune française située dans le département de l'Eure, en région Normandie.

Depuis le , elle est une commune déléguée de La Vieille-Lyre. Géographie Localisation Champignolles est un village du pays d'Ouche..

Communes limitrophes

Géologie et relief La superficie de Champignolles est de ; son altitude varie de .

Champignolles est situé en bordure de la rive droite de la Risle, au pied d'un coteau très pentu ( de dénivelé sur de distance à proximité du bourg)Géoportail - IGN.. Il est bordé par la forêt de Conches à l'est, et la superficie de son territoire est inférieure à celles des villages voisins excepté La Ferrière-sur-Risle ().

Hydrographie La commune est traversée par la « Risle »., affluent de la Seine.

Milieux naturels et biodiversité

Natura 2000 Elle fait partie du dispositif Natura 2000. dont l'objectif est la restauration et la préservation de sites écologiques, dits remarquables du fait des habitats et espèces qu’ils abritent.

ZNIEFF Champignolles est située dans une zone de biodiversité forte où l'objectif est de valoriser les ressources patrimoniales pour sauvegarder le cadre de vie et mettre en valeur l’image du Pays. C'est pourquoi elle figure dans deux zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) : ZNIEFF de type 1 : Le vallon du moulin à tan, . ZNIEFF de type 2 : La vallée de la Risle de Rugles à Ferrière-sur-Risle, .

Site inscrit L'église, le cimetière et le lierre font l'objet d'une protection au titre du patrimoine naturel et paysager depuis le . 20px Site inscrit (1932).

Urbanisme Morphologie urbaine La commune de Champignolles, et plus précisément le bourg central, siège administratif des lieux, se présente comme l'espace rural rêvé. Tous les paramètres de la ruralité sont réunis, la topographie du site qui protège une vaste vallée ouverte où se déroule la Risle, les coteaux encadrés de bois, de futaies et de taillis, les maisons bien rangées aux proportions vernaculaires construites en pans de bois, silex et pierre.

Ce qui frappe avant tout, c'est la préservation tranquille du site, aucune perturbation liée à la dispense ou à l'intrusion de constructions en décalage avec l'esprit du lieu. La route qui descend à flanc de coteau depuis la départementale, se déroule au travers de la forêt. Le virage brutal découvre la première maison et la perspective sur le fond du vallon.

L'organisation du front bâti se répartit de part et d'autre de cette voie sans accotement. La mairie et l'église, puis quelques maisons amorcent le tissu. De l'autre côté de la voie une succession de maisons construites à l'alignement en long pan ou en pignon. Au départ du vallon, la route bifurque en deux branches et conduit d'une part vers le fond du tableau et d'autre part remonte à flanc de coteau vers le second hameau. Entre ces deux points, l'espace a été protégé de toute construction.

Ce point précis est le lieu où le peintre posera son chevalet. Depuis le fond de vallée la vision échelonnée du village montre une composition très fine de l'espaceService départemental de l’Architecture et du Patrimoine de l’Eure, Champignolles, avis de l'ABF sur l'ouverture à l'urbanisation de terrains, certificat d'urbanisme , mars 2006..

Lieux-dits, hameaux et écarts La Croix Saint-Gilles, la Fatinière, la Hungerie, le Manet, sur Persée (portail)..

Toponymie Le nom du village est attesté sous la forme latinisée Campenolis vers 1155 (ANS 1968).Ernest Nègre, Toponymie générale de la France Librairie Droz, Genève 1990. .Dans une charte datée de 1155, Raoul de Tosny confirme les donations faites par son père, Roger de Tosny, aux moines de l'Abbaye de l'Estrée à Muzy, et qu'il maintient et autorise les coutumes de tous ceux qui habitent ses terres. Cartulaire de l'abbaye Notre-Dame de l'Estrée, Archives départementales de l'Eure (Evreux Cedex), H 0319, original, in Répertoire des cartulaires médiévaux et modernes. Paul Bertrand, Institut de Recherche et d'Histoire des Textes, 2006. Ædilis, Publications scientifiques, 3., Champignolum en 1220Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud, Paris, 1979. ..

Il s'agit d'un dérivé de Campaneola, du bas latin campania, plaine, au sens probable de « petite plaine »François de Beaurepaire, Ernest Nègre, .

Ce genre de formation toponymique est médiéval.

Il y a homonymie avec Campagnolles (Calvados, Campeingnolles en 1198) et Campigneulles (Pas-de-Calais, Campanioles en 1100) qui représentent des formes du nord de la ligne Joret, alors que les Champagnolles (17), Champignelles (89), Champigneulles (54), représentent les formes du nom au sud de cette ligne.

Histoire Préhistoire De nombreux mégalithes parsèment d’une façon assez régulière la campagne normande, notamment à quelques kilomètres de Champignolles : le dolmen de Rugles à Ambenay et le menhir à Neaufles-Auvergny. La découverte d'une hache de pierre « très grossièrement polie », outil emblématique des premiers défrichementsRelation de la découverte par la société normande d'études préhistoriques, page 13 du bulletin de 1903 - Ancelle fils imprimeur à Évreux. témoigne d'une implantation humaine à Champignolles dès le Néolithique, l'âge de la pierre nouvelle, qui est considéré comme la période des débuts de l’agriculture. Ces traces montrent un peuplement à cette époque reculée.

Antiquité La romanisation de la région passe par la construction de routes et par une politique d'urbanisation. Une voie romaine, qui permettait de relier Lisieux à Dreux et dont le tracé correspondraitSelon l'historien local Laurent Ridel. à l'actuelle route de La Barre-en-Ouche (D833) et à la route de Guernanville (D 45) passe à la Vieille-Lyre, à proximité de Champignolles. Dans le pays d'Ouche, à la frontière du pays d'Auge, à vingt kilomètres de Champignolles, le village de Broglie, d'origine celtique, est situé au carrefour des voies romaines, des routes du sel et du fer.

Moyen Âge Située sur la rive droite de la Risle, la paroisse de Champignolles a

Champignolles est devenue possession des seigneurs de Tosny vers le milieu du , puis, à partir de 1202, de Robert de Courtenay, cousin germain de Philippe Auguste.

Époque contemporaine Le , la commune, alors peuplée de , fusionne, essentiellement pour des raisons budgétaires et fiscales, au sein de La Vieille-Lyre, qui comptait . suivant l'arrêté préfectoral du et devient sa commune déléguée.

Politique et administration Rattachements administratifs et électoraux Champignolles se trouvait depuis la Révolution française dans l'arrondissement d'Évreux du département de l'Eure. En 2017, elle en est détachée pour intégrer l'arrondissement de Bernay

Elle faisait partie depuis 1801 du canton de Rugles. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, cette circonscription administrative territoriale a disparu, et le canton n'est plus qu'une circonscription électorale.

Pour les élections départementales, Champignolles faisait partie de 2014 jusqu'à la fusion de 2019 du canton de Breteuil.

Intercommunalité Champignolles était membre de la communauté de communes du Canton de Rugles, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé fin 1995 et auquel la commune avait transféré un certain nombre de ses compétences, dans les conditions déterminées par le code général des collectivités territoriales.

Dans le cadre des dispositions de la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République du , qui prévoit que les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre doivent avoir un minimum de , cette intercommunalité a fusionné avec ses voisines pour former, le , la communauté de communes Interco Normandie Sud Eure. Champignolles y siégeait jusqu'à la fusion de 2019, et y est désormais représentée par les élus de La Vieille-Lyre.

Liste des maires

Démographie

Champignolles a toujours eu une population restreinte, et a longtemps été la commune la moins peuplée de NormandieAujourd'hui il semblerait que ce soit Le Mesnil-Durdent qui compte 24 habitants. En 1801, Champignolles, qui appartient désormais au canton de Rugles, ne compte plus que 175 habitants. Sous le Concordat, en 1801, elle aurait été réunie avec la Vieille-Lyre. Un procès-verbal de 1808 décrit le transfert d'une statue de Saint-Gilles de l'église de Champignolles à celle de la Vieille-Lyre en raison de cette réunion : « Ceci ne plut guère aux habitants, qui reprochaient encore à la Vieille-Lyre ce « pillage » 50 ans plus tardArchives départementales de l'Eure.… ».

En 1830, elle compte 180 habitants. Entre 1790 et 1850, le village a perdu plus de 50 % de sa population, contrairement à ses voisins qui ont vu leur population augmenter, à l'exception d'Ambenay, de Bois-Normand-près-Lyre, de la Neuve-Lyre, de Saint-Antonin-de-Sommaire et de la Vieille-Lyre qui eux aussi ont perdu en population, mais dans une moindre proportion (7 à 16 %). Aux mêmes dates, le canton de Rugles a gagné 440 habitants. De son côté, le département de l'Eure a augmenté sa population, jusqu'en 1840Source : École des hautes études en sciences sociales (EHESS), en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France (BNF), le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le Laboratoire de Démographie historique (LDH) et l'Institut national d'études démographiques (INED)..

Les chiffres du recensement de 1836 montrent que la part la plus importante des activités des habitants de Champignolles est tournée vers le textile (54 fileuses et 2 tisserands). Les révolutions technique et industrielle et de la conversion d'une grande partie de la Normandie à l'élevage au cours du et du déclin des systèmes hydrauliques et de l'éclatement des systèmes valléens pourraient donc être la raison de cet exode.

En 1853, une nouvelle tentative de fusion est tentée par le préfet. Les habitants de Champignolles la rejettent : « Considérant enfin cette inimitié formelle qui existe entre nous et les habitants de la Vieille-Lyre depuis notre réunion […] qui a été faite malgré nous, que notre église a été entièrement pillée par ces derniers ».

Culture locale et patrimoine Lieux et monuments vignette|L'église Saint-Gilles–Saint-Loup. Église Saint-Gilles–Saint-Loup ()..

L'église paroissiale Saint-Gilles-Saint-Loup est représentative de l'architecture médiévale normande.

L'église se présente en terrasse, au bas de la route en pente qui plonge sur le dévers de la colline et rejoint la Risle. Des arbres entourent son cimetière clos d'un muret d'époque.

Sa construction, vraisemblablement initiée dans la première moitié du , commença, pour progresser d'abord à l'est, puis au nord et au sud, par le chevet en blocage de silex et grison surmonté d'un beffroi carré et recouvert d’essentes, à flèche polygonale.

Sa charpente médiévale utilise les techniques de construction navale en carène. Cette charpente de chêne est en excellent état de conservation. Sur son piedouche, la console supporte tous les éléments décoratifs : girouette, boule représentant la sphère céleste et coq, symbole du reniement de saint Pierre.

L'équarrissage de ses bois vraisemblablement employés verts, la nature de certains assemblages, sa voûte en merrain monochrome, ses piliers cannelés sur chacune de leurs faces jusqu'à la base des doubleaux qui scandent le berceau brisé de la voûte et sa lancette ébrasée, suivent un style que l'on retrouve dans un assez grand nombre d'églises d'Angleterre.

La seconde campagne de construction a lieu probablement au début du . Elle conduit à la construction de l'abside, du transept, du chœur et de la croisée en reprenant le même parti que celui de la nef avec des distinctions qui s'observent notamment à l'extérieur (contreforts primitifs sans ressauts).