Crestot est une commune française située dans le département de l'Eure en région Normandie.

Géographie Localisation Crestot est une commune située sur le plateau du Neubourg, un plateau fertile et argileux essentiellement connue pour la culture du lin, autrefois dénommé la « Champagne normande ». Le sous-sol est constitué d'alluvium et de craie blanche. La superficie de la commune est de , l'altitude maximum de , 49° 12’ 20’’ nord 0° 58’ 20’’ est, densité : 46 /km².

Le gentilé des habitants de Crestot est « Crestotais ».

Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de CrestotLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Trois plans d'eau complètent le réseau hydrographique : Blonde Mare (), la mare du Moulin () et Osmare ()..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Louviers à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Crestot est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Louviers, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (92,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (93,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (88 %), zones urbanisées (7,9 %), prairies (4,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Cristot en 1263., Cretot au siècle., Crestot sur la carte de Cassini.

Dans le canton de Caudebec-en-Caux, d'autres noms de villages comportent l'élément Cristot, Crestot > Critot, Crétot, à savoir : Saint-Aubin-de-Crétot et Saint-Gilles-de-Crétot, notés comme étant Cresetot en 1180., en outre on note Critot (Seine-Maritime, Crescetot 1074) ou encore Cristot (Calvados, Cressetot 1082).

Ce toponyme signifierait le « domaine, l'habitation » (-tot : appellatif issu du norrois topt, toft) de Crisso, nom de personne germanique. Cependant, les toponymes en -tot composés avec un anthroponyme germanique étant peu fréquents et Crisso étant par ailleurs un nom de personne rare, il est invraisemblable qu'il ait été combiné plusieurs fois à l'appellatif -tot. C'est pourquoi Guy Chartier dans De l'étymologie de certains noms de communes normandes, préfère reconnaître dans l'élément Cres- le mot français d'origine germanique cresson, d'où le sens global « domaine où l'on cultive le cresson ».

Trois hameaux entourent le bourg de Crestot : le Hamel, diminutif de ham « village », forme originelle du mot hameau passé en français. Londemare (cacographie Lan-de-Mare sur la carte de Cassini). Londemare est un composé issu de l'ancien scandinave *lundr-marr « mare du bois ». L'élément lundr « bois » s'est perpétué jusqu'au dans le dialecte normand sous la forme ayant le sens de « bois ». De même, marr, originellement « mer, lac », puis « étang, mare » est devenu mare en normand avant de passer en français vers le avec son sens actuel. Limare (limara en 1193) contient vraisemblablement l'appellatif hlið « pente », d'où le sens global de « mare [ayant une berge] en pente ». Ce hameau serait d'origine celtique.

Jadis, un quatrième hameau, Ecquetomare (aujourd'hui Hectomare), appartenait à la paroisse de Crestot. En 1204, Ecquetomare appartenait au chevalier Guillaume d'Auge.

Tous ces toponymes sont d'origine anglo-scandinave, ce qui implique le maintien d'une communauté parlant le normannique au , un type de langue anglo-scandinave non attestée formellement, mais déduite de la toponymie.

Histoire

Préhistoire

Un silex pressignien retrouvé à Crestot est décrit dans un bulletin de la société géologique de Normandie édité en 2003 par le muséum d'histoire naturelle du Havre : Objets en silex pressignien de l'Eure et des Yvelines.

Époque gallo-romaine La commune voisine de Criquebeuf-la-Campagne possède un théâtre gallo-romain et d'autres vestiges gallo-romains. Pour autant, Crestot ne possède pas de vestige de cette époque. À son extrémité nord, au niveau du Val de Limare, passe une ancienne voie orientée N/O à S-E, allant de Saint-Ouen de Pontcheuil à Acquigny, encore visible en vue aérienne.

Moyen-Âge Dans les premières années du , le chevalier Guillaume d'Auge donne un immeuble à Crestot à l'abbaye du Bec. En 1185, au Bec-Hellouin, Gilbert du Saussay, d'une famille de chevaliers de la plaine du Neubourg, donne à l'abbaye du Bec son tènement de Crestot. La même année, Jean Burnel donne à l'abbaye deux gerbes de Bois-normand, la dîme de son fief à Crestot et 24 l et 20 s de rente.

Vers 1206, Guillaume Willelmus Decanus, de Crestot, doyen de Crestot, est témoin d'une charte établie entre l'abbé Raoul de Condé et le chapitre d'Évreux pour une portion de dîme à Bérengeville-la-Campagne.

Initialement, au , la terre de Crestot appartient à la baronnie de Tournebu, concédée par Guillaume le Conquérant à son compagnon le sire de Tournebu, et dont le chef-lieu est la paroisse de Tournebu, près de Falaise.

Au , le mercenaire gallois Lambert Cadoc (1231), seigneur de Gaillon et chef de au service du roi de France Philippe Auguste, possède des fiefs à Crestot, près le Thuit Signol. Après la prise de Château Gaillard en 1204, le roi lui a offert des fiefs, dont Gaillon, et la fait bailli de Pont-Audemer. En 1227, il donne tous ses biens au roi, et notamment tout ce qu'il possède à Limare.

Cette famille de Tournebu est aussi installée à Aubevoye, près de Gaillon, depuis la prise de ce fief en 1223 par Guillaume de Tournebu (charte de Guillaume de Tournebu, Aubevia, 1223). Ainsi, à l'échiquier de Pâques à Rouen en 1243, un chevalier de Limare fait ajourner Jean de Tournebu aux assises, tenant une terre à Limare du dit Jean.

Précédemment, en 1237, le chevalier Raoul de Limare était aux assises de Pont-de-l'Arche tenues par Jean de Vignes, bailli de Rouen. En 1252, un même chevalier donne deux acres de terre à Crestot dans la commune d'Urmare. Son probable fils, Richard de Limare, est attaché à Amaury de Meulan, seigneur du Neubourg.

En 1246, Mathieu de la Prés, de Surtauville, donne à l'abbaye du Bec des terres sises à Crestot.

Limare, commune de Crestot, canton de Neubourg, est cité dans des documents relatifs aux États Généraux et assemblées réunis sous Philippe le Bel (1901).

Sous le roi Jean le Bon, un chevalier donne quittance à Gilles de Jumièges, recteur de Crestot (Eure), de 10….

Au , contrairement aux paroisses voisines, celle de Crestot fait partie de la soixantaine appartenant aux cinq châtellenies du comté d'Harcourt, créé en par lettres du roi Philippe VI de France et accordé au seigneur Jean IV d'Harcourt, validant l'extension successive du domaine de la maison d'Harcourt.

Après la mort de Geoffroy d'Harcourt en 1356, le roi donne des fiefs au couvent des Célestins de Mantes. Leur importance est telle à Crestot qu'ils prétendent parfois à la seigneurie. Rôle du fief de Jean du Hamel, à Crestot et à Hectomare (Eure), en 1383, est un registre à la couverture en parchemin, de 56 folios papier (FR/FR-AD078/41 H 36, FR/FR-AD078/41 H 37, FR/FR-AD078/41 H 38). Il est conservé aux archives départementales des Yvelines et est issu du fonds du couvent des Célestins de Limay (1376-1779). Charles V dota le couvent, en particulier de la plus grande partie de la seigneurie de Cesseville (Eure), dès 1477. En 1779, les biens du couvent sont dévolus au séminaire de Saint-Nicolas de Rouen. (FR/FR-AD078/41 H 5 Crestot et Cesseville (Eure). Registre de « plaids ». FR/FR-AD078/41 H 6 Crestot et Cesseville (Eure). Registre de « plaids ». FR/FR-AD078/41 H 7 Crestot et Cesseville (Eure). Registre de « plaids ». FR/FR-AD078/41 H 8 Cesseville et Crestot (Eure). Censier. FR/FR-AD078/41 H 9 Cesseville et Crestot (Eure). Aveus. FR/FR-AD078/41 H 10 Cesseville et Crestot (Eure). Aveus. FR/FR-AD078/41 H 11 Cesseville et Crestot (Eure). Déclarations. FR/FR-AD078/41 H 12 Cesseville et Crestot (Eure). Cens et rentes. FR/FR-AD078/41 H 13 Cesseville et Crestot (Eure). Déclarations. FR/FR-AD078/41 H 14 Procédure avec Louis Delahaye, seigneur de Chanteloup, et en partie de Cesseville et Crestot.)

« Comme le dit de Chandoz (Jean Chandos), pour le temps que Edowart roy d'Angleterre (Édouard III d'Angleterre) estoit nostre bien veillant, eust, tenist et possidast de son droit à héritage, en nostre viconte du Pont de l'Arche, es parroisses de Cesseville et de Crestot, en lieu, certaines terres, rentes et revenues, en deniers, blez, oisiaux, moulins et autres appartenances, qui puent valoir par an de rente soixante dix livres tournois, ou environ, et ycelui chevalier soit adhèrent et alié au dit roy d'Angleterre et ennemi de nous » in Mandements et actes divers de Charles V (1364-1380) : recueillis dans les collections de la Bibliothèque Nationale, analysés par Léopold Delisle, 1874.

Dès le , le chapitre d’Évreux possède à Crestot un important domaine pour l'entretien d'un des chanoines. Nommé le prébendé de Crestot, il a le droit de présenter à la cure.