L’affaire des viols collectifs de Telford concerne un scandale d'agressions et d'abus sexuels à très grande échelle sur mineurs ayant eu lieu à Telford, dans le comté anglais du Shropshire en Grande-Bretagne.
Environ auraient été drogués, maltraités, battus, violés et parfois tués par des gangs d'hommes pour la plupart Britanniques d'origine pakistanaise. La grande majorité des personnes visées étaient de jeunes filles blanches, mais des adolescentes issues de la communauté asiatique (sous-continent indien) en ont également été victimes.. .. Il y aurait plus de impliqués et les abus se poursuivent d'après les victimes encore en 2018, soit après les débuts estimés du réseau, ciblant des victimes dès .. Bien que cette affaire soit similaire à celles de Rotherham et de Rochdale, l'échelle de la ville de Telford, en 2018, en fait probablement le plus grand scandale de réseau pédophile de la Grande-Bretagne.
Cette affaire s'inscrit dans le cadre plus large du scandale des grooming gangs au Royaume-Uni, qui englobe plusieurs scandales similaires dans d'autres villes britanniques (Rotherham, Rochdale, Oxford, etc.) et a conduit à un audit national en 2025 suivi de l'annonce d'une enquête publique statutaire.
Contexte
Depuis le début des jusqu'au début des , dans des villes d'Angleterre, plus de ont été abusés sexuellement, parfois torturés, parfois prostitués par des bandes criminelles organisées ou des groupes informels d'hommes... En 2011, une première série d'agressions sexuelles est rendue publique par la presse..
Des enquêtes, conduites par des associations caritatives, puis le gouvernement britannique, ont permis d'éclaircir les faits, soulignant notamment l'incurie des services sociaux et de la police locale, et de prendre des mesures appropriées pour assurer la protection des enfants.. Dans certains cas, l'exploitation de mineurs durait depuis plus de .. L'appartenance ethnique et les origines culturelles des victimes, et, surtout, celles des criminels, ont focalisé l'attention des médias et de l'opinion publique dans tout le pays...
L'affaire Les faits Les premières révélations en 2013 faisaient état de cas s'étant déroulés de 2010 à 2012.. Les accusés ont été condamnés pour viol, proxénétisme de mineure, incitation à la prostitution et trafic sexuel d'être humain. Une investigation de la chaîne de télévision révèle :
Les résultats de l'enquête de trois ans - commandée en 2018 - ont révélé à quel point les enfants vulnérables étaient ciblés par des hommes - souvent des chauffeurs de taxi locaux - qui leur achetaient de l'alcool et des cigarettes avant de les convaincre d'entretenir des relations amoureuses. Après leur avoir « lavé le cerveau », ils les ont ensuite maltraitées et violées, proférant des menaces de mort si elles menaçaient de dénoncer les abus. Selon The Telegraph, l'industrie locale des taxis, en grande partie exploitée par des hommes asiatiques, dans la ville, a joué un rôle central dans les abus Martin Evans et Berny Torre, Telford scandal: Over 1,000 girls abused and raped by Asian gangs while police looked the other way, telegraph.co.uk, 12 juillet 2022.
La plupart des agresseurs n'utilisaient pas de contraception et de nombreuses filles sont tombées enceintes. Certaines ont avorté, mais d'autres ont continué à porter les enfants de leurs agresseurs. Dans l'un de ces cas, une fille appelée Lucy Lowe a été prise pour cible par le chauffeur de taxi Azhar Ali Mehmood alors qu'elle n'avait que 12 ans. Elle a donné naissance à sa première fille alors qu'elle n'avait que 14 ans. À 16 ans, Lucy était enceinte de leur deuxième enfant quand, Mehmood, 26 ans, a versé de l'essence dans sa maison et y a mis le feu, la tuant elle et l'enfant qu'elle portait ainsi que sa sœur de 17 ans et leur mère. La fille de Lucy et Mehmood a survécu. D'autres victimes ont reçu des menaces de mort, les agresseurs citant souvent le cas de Lucy Lowe comme un avertissement de ce qui pourrait leur arriver si elles ne se conformaient pas.
De nouvelles révélations parues le dans le montrent que jusqu'à , la plupart des jeunes filles blanches, auraient été droguées, maltraitées, violées et parfois tuées.. Il y aurait plus de impliqués. Le surintendant Harding chargé de la police à Telford conteste cependant le chiffre de et estime qu'il est « sensationnaliste ». Concernant l'origine ethnique des criminels, il déclare que la composition ethnique des délinquants sexuels à Telford et Wrekin est pratiquement identique à celle de la société.. Cependant, selon Maggie Olive, inspecteur-détective sur l'affaire Rochdale,
Les travailleurs sociaux étaient au courant des abus depuis les , mais il a fallu une décennie à la police pour lancer une première enquête.
Ces nouvelles révélations sont issues d'enquêtes du Daily Mirror qui ont duré . et ont révélé que l'étendue des abus à Telford était beaucoup plus vaste que ce qui avait été révélé auparavant. La qualité de cette enquête a notamment été saluée par la première ministre Theresa May... Le nombre des auteurs des abus, estimé à plusieurs centaines, fait de l'affaire des viols collectifs, le plus grand scandale de viols collectifs pédophiles à ce jour au Royaume-Uni..
Depuis les révélations du du , de nouvelles victimes se sont présentées aux autorités..
Inaction de la police et des services sociaux La police connaissait les activités des gangs depuis le début des . Un grand nombre de travailleurs sociaux et de victimes impliqués dans l'enquête ont déclaré que la police et le conseil local n'étaient pas disposés à les aider et ont même parfois délibérément entravé leurs efforts pour dénoncer et arrêter les auteurs de ces actes. Une victime a abandonné ses efforts pour faire condamner les criminels parce qu'elle par la police. Une autre victime a affirmé que Les services sociaux sont au centre du pire scandale d'abus sexuels sur des enfants de Grande-Bretagne. Ces services ont reçu en trois ans mais n'ont réagi que pour à peine la moitié d'entre eux. Les enfants victimes étaient considérés comme des prostitués par l'administration. Entre 2007 et 2009, la police a identifié jusqu'à mais n'a procédé qu'à sept arrestations..
Comme dans les autres affaires similaires, les auteurs étaient très majoritairement d’origine ethnique pakistanaise et bangladaise et de religion musulmane , telegraph.co.uk, .. Par crainte d'être considérées comme racistes, les autorités ont longtemps refusé d'enquêter., et les institutions ont tenté de minorer, voire d'étouffer les faits.
La députée de Telford, Lucy Allan, a demandé une enquête indépendante, déclarant : Toujours selon la députée,
Une victime de a rapporté être tombée deux fois enceinte et avoir subi deux avortements.
Le Sunday Mirror aurait pu lire un mémo interne de la police disant que
Pour des habitants de Telford interviewés pour le Huffington Post, la plus grande préoccupation est que
Selon David Greenwood, avocat spécialiste des questions d'abus sur mineurs, la police savait ce qu'il se passait et n'a pas agi. L'avocat prévoit de poursuivre la police et les services sociaux. Lors d'un procès, des accusés ont par ailleurs clairement évoqué des pots-de-vin versés à des agents de police..
Le rapport commandé en 2018 suggère que la police et le conseil local ont accordé une plus grande priorité à éviter d'attiser les tensions raciales qu'à protéger les personnes vulnérables. En , la police de West Mercia a présenté des excuses à toutes les victimes des abus, reconnaissant que celles-ci n'avaient pas reçu l'aide et la protection qu'elles auraient dû recevoir de la part de la police.
Accusés et condamnations Liste non exhaustive des condamnés : Ahdel Ali () condamné à de prison dont 18 ferme ; il est libéré après avoir purgé huit ans de prison , shropshirestar.com, .. Mubarek Ali (), son frère, condamné à de prison dont ferme. Dès , Mubarek Ali sort de prison après moins de passés en prison au lieu des fermes prévues.. Une pétition réunissant plus pour empêcher sa libération voit le jour en réaction.. Il est rappelé en prison, neuf mois plus tard, bbc.com, .. Les deux frères Ali ont été inscrits à vie sur la liste des délinquants sexuels. Mohammed Ali Sultan (). Tanveer Ahmed (). Mohammed Islam Choudhrey (). Mahroof Khan (). Mohammed Younis ().
En , dans un entretien accordé au journal , une victime de Telford témoigne que Selon le témoignage de cette victime violée par plus de du gang de Telford et ce dès l'âge de , un seul de ses agresseurs a été condamné. Un test ADN effectué sur le fœtus avorté issu d'un des viols avait permis d'identifier l'homme qui l'avait mise enceinte, mais les accusations ont été abandonnées lorsqu'il avait dit qu'il croyait qu'elle avait .
En , Mubarek Ali est condamné à 12 ans de prison supplémentaires après avoir reconnu d'autres accusations. Il avait plaidé coupable de viol, de trafic et d'autres délits contre une jeune fille entre 2004 et 2008 Trystan Jones, Grooming gang ringleader jailed for 12 more years, bbc.com, 20 mai 2024.
Critiques des médias À la suite des nouvelles révélations en dans le ., la journaliste Joanna Williams, du magazine , s'étonne que ce qui semble être le pire scandale d'abus sexuels sur des enfants de Grande-Bretagne ait reçu relativement peu de couverture et ne fasse pas la une de journaux tels que ou alors que depuis plusieurs mois, le harcèlement des femmes est dénoncé comme par le mouvement #MeToo dont elle dénonce l'hypocrisie et le . Williams explique ce silence par le profil des personnes impliquées : et Elle dénonce notamment l'attitude des
Certains militants notamment liés aux courants d'extrême droite, comme le site conspirationniste Infowars.com, ont accusé la BBC d'avoir ignoré l'affaire, ce dont la BBC se défend..
En France, des personnalités dénoncent Cette affaire a été peu mentionnée par les journaux français. La communication s'est faite en premier lieu par le site Fdesouche.com puis par Valeurs actuelles. Ainsi, selon Claude Askolovitch, .
Après ces critiques, le , un peu moins d'une semaine après les révélations du Sunday Mirror, la presse française traite le sujet.. Selon L'Obs, l'
Pour Anne-Sophie Chazaud, journaliste pour Causeur, la discrétion des médias est à rapprocher de celle des agressions sexuelles du Nouvel An 2016 en Allemagne où les médias avaient ignoré ou tenté de camoufler les événements pour ne pas attiser les « haines ». Pour la journaliste, c’est qui ont tenté d’alerter les services sociaux..
Interpellé à Leeds le vendredi alors qu'il faisait un live à l'ouverture du procès, Tommy Robinson est condamné à treize mois de prison en l'espace de 5 heures. Le procès des viols de Telford était censé se tenir à huis clos et toute publicité avait été interdite par un arrêté du juge. La condamnation de Tommy Robinson est elle-même l'objet d'une interdiction de couverture par les médias pendant quatre jours. Dès le une pétition réunissant plus de réclamant la libération de Tommy Robinson est adressée à Theresa May..
Analyses Une étude, menée fin 2017 par des chercheurs du groupe de réflexion anti-extrémisme Quilliam, a analysé les abus collectifs et conclut :
Les auteurs constatent que et et