Lucette Destouches, née Lucie Almansor le à Paris et morte le à MeudonRelevé des fichiers de l'Insee.., est une danseuse française. Elle est la seconde épouse de Louis-Ferdinand Céline de 1943 jusqu'à la mort de l'écrivain en 1961.
Biographie Fille de Joseph Almansor (1882-1952), natif de Normandie, et d'une Flamande, Gabrielle Donas, Lucie GeorgetteGaël Richard, Dictionnaire des personnages, des noms de personnes, figures et référents culturels dans l'œuvre romanesque de Louis-Ferdinand Céline, préface d'Henri Godard, éditions du Lérot, 2008. Almansor naît en 1912 dans le - Note. Acte rédigé le 23 juillet 1912 et née le 20 au domicile de ses parents situé au 12 rue Monge. de Paris. Elle grandit dans un appartement rue Monge avec un singe pour animal de compagnie.. À l'âge de dix ans, elle déménage rue de la Banque, dans le quartier de la Bourse, où elle habite jusqu'à l'âge de vingt ans. À quatorze ans, elle est admise au conservatoire de danse.
Mariage avec Louis-Ferdinand Céline Elle devient la compagne de Louis-Ferdinand Céline, en 1935, et l'épouse le dans le , leurs témoins étant Victor Carré et Gen Paul .
vignette|left|Maison de Lucette et Louis-Ferdinand Destouches à Meudon en 2012. Après leur exode à La Rochelle, ils s'installent en chez la mère de Céline, puis au 4, rue Girardon à Paris, dans un appartement déniché par leur ami Gen Paul« Le Paris de Céline (III) : 11 rue Marsollier Paris () », lepetitcelinien.com, 11 mai 2012.. En , elle suit Céline dans sa fuite à Sigmaringen (avec son chat Bébert)« Lucette à Sigmaringen - Le fond et la forme - 1971 », lepetitcelinien.com, 7 février 2012., où elle sympathise avec Maud de BellerocheMaud de Belleroche, Le Ballet des crabes, Filipacchi, 1975.. Se souvenant de cette époque, Abel Bonnard écrit d'elle : .. Ils partent ensuite en exil au Danemark, où ils vivent dans une petite maison à Klarskovgaard, à côté de Korsør, près de la mer Baltique....
De retour en France en , ils s’installent à Menton chez la mère et le beau-père de Lucette, Gabrielle et Ercole Pirazzoli. Ils sont ensuite logés à Neuilly-sur-Seine chez Paul Marteau. Finalement, ils achètent une maison à Meudon, la Villa Maïtou, , route des Gardes. Lucette Destouches sympathise avec le mari de Françoise Sagan, Bob Westhoff, et reçoit chez elle de très nombreuses personnalités, dont Arletty, Marcel Aymé, Michel Simon, Charles Aznavour et Angelo Rinaldi, Roger Nimier et Albert Paraz.
Dans ses romans, Céline campe Lucette Destouches sous les traits du personnage de Lili. Celle-ci apparaît dans D'un château l'autre, Nord, et Rigodon, trois ouvrages qui content l'exil du couple pendant et après la guerre.
Louis-Ferdinand Céline meurt le vers dix-huit heures, après avoir déclaré à Lucette Destouches qu'il . Elle fait en sorte que la nouvelle reste aussi secrète que possible. L'enterrement n'a lieu qu'en présence d'une trentaine de personnes, dont Marcel Aymé, Claude Gallimard, Roger Nimier, Robert Poulet, Jean-Roger Caussimon et Lucien RebatetLucien Rebatet, Journal, cité in Gilles de Beaupte, Études rebatiennes, 2013.. Elle fait alors graver sur leur tombe, outre le nom de son mari, et par anticipation, ses prénom, nom et dates : n'imaginant pas qu'elle mourra centenaire.
Veuvage En 1965, dans un entretien accordé à Colette Gouvion, elle affirme « Lucette Destouches : "Maintenant, je suis perdue…" (1965) », lepetitcelinien.com, 7 décembre 2014. et être endettée.
Elle enseigne alors la danse classique et fait notamment profiter de ses cours Judith Magre, Françoise et Isabelle Gallimard et Ludmila TcherinaÉtienne de Montety, « Madame veuve Céline », Le Figaro, 27 juin 2011, sur lepetitcelinien.com, 27 juin 2011., ainsi que les membres des 2Be3 à leurs débuts« On va s'gêner » du 24 mai 2012, europe1.fr..
Après la mort de Céline, elle écarte la correctrice et transcriptrice de Céline, Marie Canavaggia, de la préparation des textes posthumes comme Rigodon. Elle rencontre François Gibault, qui deviendra l'un des deux ayants droit, son confident et son avocat. Par son intermédiaire, elle contribue à honorer la mémoire de son époux en organisant des soirées mondaines en invitant des personnalités de la culture visant ainsi à relativiser l'antisémitisme. À la fin des années 1960, Lucette confie à Gibault le manuscrit : Rigodon, récit de leur périple à Sigmaringen à la fin de la guerre. Chaque dimanche après-midi à Meudon, les deux amis tentent de déchiffrer le texte. Le livre sera publié en 1969.
Selon la volonté de l'écrivain, elle s'oppose fermement à la réédition de ses pamphlets antisémites (Bagatelles pour un massacre, L'École des cadavres et Les Beaux Draps) en FrancePierre Assouline, « Lettres de Céline », Le Magazine littéraire, 26 novembre 2009. ; elle y consent finalement en 2017. ; mais le projet, porté par Gallimard, est finalement reporté sine dieVoir sur europe1.fr...
En 2012, à l'occasion de son centième anniversaire, sort un recueil de textes sur Lucette Destouches dirigé par David Alliot, Madame CélineJérôme Dupuis, « Le grand amour de Louis-Ferdinand Céline », lexpress.fr, 12 mai 2012.Philippe Vallet, « "Madame Céline" de David Alliot », franceinfo.fr, 31 mai 2012.Jérôme Garcin, « Céline, la femme », bibliobs.nouvelobs.com, 20 juillet 2012..
Jusqu'à son décès, survenu le à l'âge de 107 ans, elle vit dans la maison familiale de MeudonJuliette Demey, « Lucette, ombre et lumière de Céline », Le Journal du dimanche, 29 avril 2012., vendue en viager avec droit d'usage pour payer ses dettes et entretenir les trois personnes qui se relayaient auprès d'elle..
À la mort de Céline en 1961, Lucette Destouches avait hérité de l'ensemble de ses biens, car Colette Destouches (fille unique de Céline et de sa première épouse Édith Follet) avait renoncé à la succession. Lucette Destouches étant décédée sans enfants, elle a fait de son avocat François Gibault et d'une amie danseuse Véronique Chovin ses héritiers.
Ouvrage
Notes et références
Annexes
Bibliographie Ouvrages
; rééd. 2018, Tallandier Véronique Robert-Chovin, Lucette Destouches, épouse Céline, Paris, Grasset, 2017
Presse et revues Pol Vandromme, « Du côté de Céline, Lili », Bruxelles, La Revue célinienne, 1983, 152 p. (lire en ligne)
Vidéo Lucette Destouches : « Maintenant, je suis perdue... » (1965)
Filmographie Dans Louis-Ferdinand Céline d'Emmanuel Bourdieu, son personnage est interprété par Géraldine Pailhas.
Liens externes
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