Le prieuré Notre-Dame de l'Épeau est un ancien monastère cistercien du début du , situé sur la commune de Donzy (Nièvre). L'église, seul vestige de cette implantation, est inscrite comme monument historique depuis 1927.

Localisation Les ruines du prieuré de l'Épeau se trouvent à deux kilomètres du bourg de Donzy. Elles trônent sur un petit promontoire situé à une centaine de mètres de la D127 qui longe la Talvanne en direction de Colméry et Cessy-les-Bois.

Histoire Le prieuré est fondé en 1214 par le baron de Donzy, Hervé IV de Donzy, comte de Nevers et son épouse Mahaut de Courtenay qui, mariés à un degré prohibé par l'ÉgliseCousins au ., doivent pour prix de leur dispense obtenue du pape Innocent III, faire construire à leurs frais trois monastères, dont celui-ci.

Le prieuré est rattaché à l'abbaye du Val des Choues, située en Côte-d'Or. La communauté des religieux y suit une règle originale, combinant des usages en vigueur chez les bénédictins, les cisterciens et les chartreux (Ordo Valliscaulium).

Le prieuré est édifié sur un plateau à proximité de La Tresche (dans la paroisse de Bagnaux, aujourd'hui hameau de Donzy), où le couple comtale dispose d'une maison. Ce plateau formant une sorte d'épaulement, l'endroit prend donc le nom de Spallum ou Espallum ou encore Lespau. C'est à la maison de La Tresche que les premiers moines logent en attendant la fin de la construction de l'église et des bâtiments conventuels.

En dehors de quelques actes épars et de nombreuses donations et élections de sépultures de la part de la famille De La Rivière (ces dernières montrant l'attachement et la protection de ces puissants seigneurs envers cet établissement), peu de sources concernant le prieuré nous sont parvenues.

Ce monastère est pillé à deux reprises : en 1568, par les reîtres de Casimir Wolfgang de Bavière, duc des Deux-Ponts, alors qu'il traversent le pays pour rejoindre l'armée protestante en Limousin, qui en chassent les religieux ; le par les protestants de La Charité-sur-Loire, commandés par le capitaine Le Bois De Merille, qui massacrent le prieur Jean Mignard le , ainsi que dix prêtres des paroisses alentour. Ils ne quittent la région qu'à la Saint-Barthélemy en 1572.

Après ces événements, seules subsistent les ruines de l'église, qui permettent d'avoir une idée de l'importance de cet établissement. Les prieurs commendataires ne cherchent qu'à s'enrichir ; l'un d'eux vend même la toiture.

Dans les années 1760, au cours d'une visite pastorale, Jean-Baptiste-Marie Champion de Cicé (1760-1801), dernier évêque d'Auxerre, trouve le lieu tellement délabré qu'il le fait mettre en vente. Les ruines du lieu sont acquises par Monsieur de la Barre en 1773, qui en prend possession l'année suivante avec sa fille, qui les transmettra à ses descendants jusqu'à aujourd'hui. L'actuelle propriétaire, Christine de Genouillac, y a organisé un spectacle son et lumière.

Propriété privée, la visite est possible pour les groupes sur rendez-vous (voir auprès de l'office du tourisme de Donzy).

Architecture L'église en ruines est de style gothique de la première moitié du . De grandes dimensions la nef mesure , et la hauteur de la lanterne . Cette église ne comporte plus que le transept gauche transformé en chapelle, les murs du transept droit et les piliers de la nef. À la place du chœur se trouve une maison d'habitation.

Prieurs 1214 : Constant, c'est le premier prieur du monastère ; Mentionné entre 1246 et 1257 : Guillaume ; 1276 : Jean ; 1302 : Guillaume ; 1384 : Guillaume Charrier ; 1490 - 1506 : Pierre de La Fin, également abbé de Pontigny et de la Bénisson-Dieu ; 1506 - 1509 : Jean Mignard ; 1557 : Pierre Crespin ; 1575 : Jacques Amyot : également évêque d'Auxerre ; 1647 : Pierre de Monstreuil ; 1716 : Michel-Celse-Roger de Bussy-Rabutin, également évêque de Luçon« Travaux dans l’église de Colméry, Nièvre (1737) », Cahiers du val de Bargis, 11 mars 2017 . ; 1737 : Hilarion de Millières ; 1738 : Paul Boyer d'Aiguille ; 1784 - 1787 : Jean Dunoisset ; 1788 - 1790 : Jacques Laurent le Gry.

Fermiers 1690 : Louis Courroux« Annuaire des métiers, Donzy, Nièvre », Cahiers du val de Bargis, 15 mars 2023 . ; 1698 : François Delabarre ; 1701 : Guy Frappier, marchand fermier de la forge de l’Epeau et de ses dependances« Bail du domaine de Bagneaux à Donzy, Nièvre (1701) », Cahiers du val de Bargis, 19 février 2020 . ; 1748 : Jean-Paul Dagot, fermier général du revenu du prieuré de l'Epau« Bail de la dîme du Poinçon à Colméry, Nièvre (1748) », Cahiers du val de Bargis, 8 avril 2023 ..

Propriétés, revenus Colméry Moulin du Poinçon ; Hameau des Duprés« Bail de la dîme des Duprés à Colméry, Nièvre (1748) », Cahiers du val de Bargis, 18 juin 2023 . ;

Donzy Domaine de Bagneaux ; Les fours de Donzy, avec l'usage du bois mort de forêt de Donzy ; Les bois de Boulès (dans la paroisse de Bagneaux).

Entrains Moulins du bas étang d'Entrains avec le vivier.

Notes et références

Annexes Sources . Archives départementales de l'Yonne, série H ordres et communautés d'hommes, Ordre du Val-des-Choux H.263 - Prieuré Notre-Dame de l'Épeau.

Bibliographie Jean Lebeuf, Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et son ancien diocèse, addition et annotation de Challe et Quantin, Auxerre, t. II, 1851, . Revue religieuse historique et littéraire, t. III, Besançon, Annales franc-comtoises, 1865. André Bossuat, « Le prieuré d’Épeau () », Bulletin de la Société nivernaise des lettres, sciences et arts, volume 34, 1951-1954. Frédérique Barbut et Alain Parinet, La Route des Abbayes en Bourgogne, Éditions Ouest-France, 2002 .

Articles connexes Abbaye du Val des Choues Donzy

Notre-Dame de l'Épeau Notre-Dame de l'Épeau Épeau L' Catégorie:Bourgogne médiévale Catégorie:Monument historique dans la Nièvre Catégorie:Monument historique inscrit en 1927 Épeau Épeau Catégorie:Fondation en 1214