vignette|upright=1.5|Couverture mondiale de la banque HSBC en 2008. ou est le nom donné à la révélation par plusieurs médias dans le monde, en , d'un système international de fraude fiscale et de blanchiment d'argent qui aurait été mis en place par la banque britannique HSBC à partir de la Suisse. Le terme a été forgé sur le modèle de , puis de .
Elle étend l'affaire des évadés fiscaux, révélée dès 2008 par l'informaticien Hervé Falciani, pour laquelle il est poursuivi par les autorités suisses pour vol de données. En , le journal du Monde reçoit une clé USB contenant les archives numérisées de la banque entre et , et engage une enquête d'un an, qui mobilise de et d'une soixantaine de médias internationaux, coordonnés par l'ICIJ, consortium de journalistes d’investigationSerge Michel, « SwissLeaks : Les coulisses d’une investigation mondiale », Le Monde, 9 février 2015 (consulté le 9 février 2015).
En Suisse, les journaux Le Temps, Le Matin Dimanche, le , le et L'Hebdo décident de s'impliquer dans l'opérationAlain Jeannet, « Pourquoi nous participons à l’opération Swissleaks.net », sur Swissleaks.net, 8 février 2015 (consulté le 9 février 2015).
Teneur des révélations
Selon les journalistes, entre et , plus de d’euros ont transité, à Genève, sur les comptes de et de offshore, concernant différents. Des chefs d’État, des personnalités médiatiques du monde des affaires, de la politique, du sport, ainsi que des artistes, mais également des financiers du terrorisme, des trafiquants de drogue et des trafiquants d'armes figurent sur la liste des clients.
Révélations concernant la Belgique Pour ses clients belges, la banque aurait caché en un an plus de d'euros dans des paradis fiscaux.. Parmi les clients belges concernés par les révélations figurent en particulier anversois.
Révélations concernant la France Pour les seuls clients français, la banque HSBC aurait dissimulé plus de d'euros dans différents paradis fiscaux, généralement le Panama et les Îles Vierges britanniques. Environ français sont concernés par cette révélation, mais les journalistes ont décidé de ne publier que le nom de ceux pour lesquels . Avant cela, d'après le procureur Éric de Montgolfier, qui a eu accès à une version des listings de HSBC le lors de la saisie des ordinateurs d'Hervé Falciani, des noms (dont ceux d'hommes politiques français) ont été retirésÉric de Montgolfier : "Des noms ont été retirés des listings de HSBC".
Selon l'analyse des données réalisée par l'ICIJ sur cette période allant de fin 2006 à début 2007, avec un total de de dollars, la France occupe la du classement des 188 pays en fonction du montant cumulé des comptes associés, derrière la Suisse (), le Royaume-Uni (), le Venezuela () et les États-Unis (). Le pays se classe pour le nombre de clients () derrière la Suisse (), avec une moyenne de de dollars par client..
Pendant la période de 1988 à 2007, bancaires ont été ouverts, reliés à clients, et le montant maximum associé à un même client était de de dollars.. Seulement 0,2 % des comptes ont été déclarés à l'administration fiscale par leur détenteurs« SwissLeaks » : « Nous publions les noms des personnalités dont la fraude est manifeste », Le Monde, 9 février 2015.
Le , le tribunal correctionnel de Paris a condamné deux frères à 8 et 10 mois de prison avec sursis, dans un dossier de fraude fiscale ouvert sur la foi des fichiers d'Hervé Falciani[Pour les enquêteurs, HSBC aide activement ses clients à échapper à l'impôt, Le Monde, 27 janvier 2014 https://www.lemonde.fr/economie/article/2014/01/27/pour-les-enqueteurs-hsbc-aide-activement-ses-clients-a-echapper-a-l-impot_4354992_3234.html].
Information judiciaire Depuis , une information judiciaire est menée à Paris, par les juges Renaud Van Ruymbeke et Charlotte Bilger. Selon le procureur de Paris, François Molins, « aucun élément ne permet de penser que les fichiers Falciani auraient été manipulés pour être falsifiés » et les protestations des autorités suisses sur l'altération des fichiers Falciani ne sont donc pas recevables. Les juges ont requis la gendarmerie pour interroger les contribuables français cités dans les listings HSBC livrés par Hervé Falciani. Les magistrats disposent de rapports de visite de clients par des gestionnaires des comptes d'HSBC. D'après ces documents, les gestionnaires proposaient d'investir leur argent dans des structures offshorePour les enquêteurs, HSBC aide activement ses clients à échapper à l'impôt, Le Monde, 27 janvier 2014 https://www.lemonde.fr/economie/article/2014/01/27/pour-les-enqueteurs-hsbc-aide-activement-ses-clients-a-echapper-a-l-impot_4354992_3234.html.
Dans un rapport du , la gendarmerie veut orienter les investigations sur le système mis en place par HSBC de contournement de la taxe ESD, une directive européenne sur la fiscalité de l'épargne appliquée depuis 2005. Les gendarmes dénoncent ainsi « la constitution d'une société offshore aux seules fins d'éviter la taxe prévue par l'ESD et d'établir un écran garantissant l'anonymat des réels bénéficiaires économiques des actifs détenus ». Selon les rapports de visites à 239 clients français, « la banque HSBC propose de façon systématique diverses mesures de contournement en vue d'échapper à l'impôt. La banque propose même ses services pour la constitution de la société ». Ces gestionnaires de comptes se rendaient dans l'Hexagone pour interroger leurs clients, mais également pour en recruter : sur 286 visites sont dénombrées, 24 visiteurs sont « susceptibles d'être qualifiés démarcheurs ». Les juges traquent également le « démarchage illicite », également pratiqué par UBS.
Révélations concernant le Maroc
Selon la même analyse de l'ICIJ, le Maroc, avec un total de de dollars, occupe la du classement en fonction du montant cumulé des comptes associés, et se classe pour le nombre de clients (), avec une moyenne de de dollars par client. Le montant maximum détenu par un même client était de de dollars.
Selon la loi marocaine, il est illégal pour des Marocains résidant au Maroc de détenir un compte bancaire à l'étranger. Les documents révèlent que la famille royale faisait partie des clients de la HSBC : outre le prince Moulay Rachid et la princesse Lalla Meryem, le roi Mohammed VI y détient également un compte, toujours actif, dont le montant maximal s'est élevé à de dollars. C'est aussi le cas de Fouad Filali, ex-beau-frère du roi et ancien PDG de la holding royale Société nationale d'investissement (SNI), dont les avoirs dépassaient de dollars, et de Serge Berdugo, ancien ministre du Tourisme et ambassadeur itinérant du royaume, dont le compte affichait de dollars en 2006« SwissLeaks » : Sa Majesté Mohammed VI, client numéro 5090190103 chez HSBC, Le Monde, 8 février 2015Plongée dans les noms marocains de SwissLeaks, Le Monde, 13 février 2015.
Personnalités impliquées Un certain nombre de noms de clients sont publiés par la presse., parmi lesquels les personnalités des domaines suivants.« SwissLeaks » : artistes, avocats, hommes d’affaires, ces clients français chez HSBC, Le Monde, 9 février 2015 Banking Giant HSBC Sheltered Murky Cash Linked to Dictators and Arms Dealers ICIJ - Les caisses noires protégées par le secret bancaire: vignette|upright=1.15|Spécimen de carte de crédit émise par la HSBC. Politique
Affaires
Sports
Arts et spectacle
Mode Diane von Fürstenberg, créatrice de mode Valentino Garavani, styliste et couturier Elle Macpherson, mannequin
Religion Garéguine II Nersissian, dignitaire religieux Jean Zerbo, prélat malien
Financement du terrorisme
Dans la liste des clients de la banque figureraient les noms de certains Saoudiens, fortement soupçonnés de faire partie des vingt principaux financiers d'Oussama ben Laden, que ce dernier aurait surnommé la (la « chaîne en or »).
Selon les informations du Monde, parmi ces présumés soutiens de Ben Laden qui avaient placé leurs fonds en Suisse chez HSBC, se trouvent Le journal cite encore deux entrepreneurs, et , dont les comptes ont affiché des mouvements de fonds s'élevant à de dollars pour le premier et pour le second, et évoque un ancien dirigeant de l'International Islamic Relief Organization, une organisation humanitaire présumée proche d'Al-QaïdaHSBC abritait (aussi) des financiers d'Al-Qaida, Le Monde, 10 février 2015.
Pour le quotidien Le Temps, dans la plupart des cas, HSBC ne pouvait ignorer que ces personnalités étaient suspectées de financer le terrorisme : La chaîne en or d'Oussama Ben Laden, Le Temps, 10 février 2015. En effet, leur nom avait été rendus publics par la presse dès 2003, au cours de l'enquête sur les financements d'Oussama Ben Laden. Ce qui fait dire au Monde que ces informations .
Pour sa défense, la banque répond que De son côté, un rapport de la commission du Sénat américain avait conclu en 2012 que
Financement du trafic d'armes
La filiale suisse de la banque HSBC est aussi mise en cause pour avoir servi d'intermédiaire financier dans plusieurs opérations de ventes d'armes.
Selon les documents étudiés par l'ICIJ et Le Monde, ce fut le cas par exemple avec son client Katex Mines Guinée, une société qui selon un groupe d’experts des Nations unies a acheminé des armes à destination des rebelles libériens du LURD pendant la deuxième guerre civile au Liberia. HSBC Private Bank restera la banque de Katex Mines Guinée même après que les Nations unies auront désigné la société comme « possible fournisseur d'armes » des rebelles. À sa clôture en 2006, son compte était créditeur de d'eurosHSBC ferme les yeux sur le trafic d'armes en Afrique, Le Monde, 11 février 2015.
D'après Le Monde, d'autres informations . Parmi les clients de la banque figurent ainsi un industriel soupçonné d'avoir acheminé des armes aux rebelles du Burundi, la femme d'un homme d'affaires parisien qui utilisa son compte pour verser de colossaux pots-de-vin à des responsables de l'armée et de l'État angolais afin de décrocher des contrats de vente de chars, de mines terrestres et de navires de guerre en pleine guerre civile, un conseiller politique sud-africain et un lobbyiste tanzanien soupçonnés d'avoir reçu à eux deux de dollars pour avoir convaincu plusieurs gouvernements de signer avec BAE Systems des contrats surfacturés pour l'achat de systèmes de radars et d'avions de chasse, et un ingénieur libyen lié à l'ancien dictateur Mouammar Kadhafi, accusé d'avoir collaboré avec des membres de la mafia italienne en vue d'importer en Libye de fabrication chinoise.
Selon le quotidien, il apparaît que , et que HSBC Private Bank
Conséquences judiciaires et politiques Belgique En , la filiale suisse de la banque est inculpée en Belgique pour « fraude fiscale grave et organisée, organisation criminelle et exercice illégal de la profession d’intermédiaire financier », la banque ne détenant pas de licence pour exercer dans ce pays.
En , le juge d’instruction chargé de l'enquête transmet à la Suisse une commission rogatoire et prend contact avec la banque. La justice suisse ne coopérant pas et la banque refusant de communiquer les informations demandées, le parquet envisage l'émission de mandats d'arrêt internationaux à l'encontre de l’actuel directeur de HSBC en Suisse et de son prédécesseur.
Brésil Le , le ministère brésilien de la Justice ordonne l'ouverture d'une enquête fédérale sur « de possibles actes illicites » commis par les citoyens brésiliens figurant parmi les Brésiliens de la banque HSBC révélés par les fichiers SwissLeaks.
La presse brésilienne indique que certaines de ces personnes seraient aussi impliquées dans le scandale de corruption qui touche la compagnie pétrolière Petrobras« SwissLeaks » : le Brésil ouvre une enquête, Le Monde, mars 2015.
États-Unis