Didier Dubucq est un mystérieux dessinateur et journaliste belgeLa Calotte (Paris), Caricatures et caricature, 13 janvier 2007, en ligne.. Libre penseur et anticlérical, il fonde le journal Les Corbeaux, qu'il dirige entre 1904 et 1909. Il signait parfois ses caricatures « Ashavérus ».

Parcours La signature de Didier Dubucq apparaît dès 1901, dans l'un des premiers numéros de L'Assiette au beurre. Ses dessins visent le tsar Nicolas II qui s'était rendu en France pour une visite officielleDubucq compose plus de la moitié des dessins de L'Assiette au beurre du 19 septembre 1901 intitulé « Le Tsar en France »..

Le nom de Didier Dubucq réapparaît ensuite avec Les Corbeaux, un journal qu'il lance à Bruxelles en : le ton est résolument anticlérical et ce périodique surgit dans un contexte sensible, du moins en France où se prépare la « loi de la séparation des Églises et de l’État » qui fut adoptée le 9 décembre 1905« Quand les journaux militants bouffaient du curé » par Paco, in Huffington Post, 19 septembre 2009, en ligne..

D'abord implanté en Belgique, Les Corbeaux paraît le dimanche et est vendu 10 centimes, dans un pays catholique où s'affrontent « cléricaux » d’un côté et « libéraux » de l'autre. Au bout de quelques mois, le périodique est peu à peu boycotté dans les kiosques et les gares : Dubucq attaquait en effet le gouvernement et la monarchie qui justifient l'exploitation ouvrière au nom d'un conservatisme s'appuyant sur la religion. En fin 1905Le numéro 46, du 12 novembre 1905 porte encore l'adresse de Bruxelles., le militant choisit alors de partir pour Paris où il refonde son journal au 11 rue du Croissant, s'entourant d'une équipe composée entre autres de Maurice Barthélemy, le docteur Simon N., du Belge Joseph Ghysen qui dirige Le Lanternier, de Pierre Érard et d'un certain Gardanne. Le journal est affilié à l'Association nationale des libres penseurs de France, à la Ligue des droits de l’homme, et à l’Association anticléricale des Lanterniers. En 1905, le Reich allemand en interdit la diffusion en Alsace.

Dès le mois de Les Corbeaux éditent des « images de propagande anticléricale (…) à répandre partout ». Il s’agit de tracts de comprenant des dessins anticléricaux sur quinze sujets différents, à distribuer « dans les conférences, les réunions publiques, à la porte des bureaux de vote, dans les cafés », ainsi que des affiches à coller, des calendriers, des almanachs et quantité de cartes postales (environ 150)Deux cartes postales détaillées signées « Ashavérus [Didier Dubucq] », in: Cartoliste, en ligne.. Une autre adresse apparaît, le 3 rue Geoffroy-Marie, également le siège d'une imprimerie lithographique, au nom de Affiches Atlas« Sabre et Goupillon ». Collection du journal Les Corbeaux, notice sur la base FIDEDL..

Les Corbeaux ont permis l’affirmation d’un Citation extraite de « L'image le rire et la libre pensée militante, exemple de la revue franco-belge Les Corbeaux (1905-1909) » par Guillaume Doizy, in Caricatures et caricature, 10 janvier 2007, en ligne.. En , La Calotte, un nouveau journal anticlérical, sort des presses.

Au fil des années, le périodique se montre de plus en plus sensible aux questions sociales alors que s'affirme une presse militante à tendance anarcho-syndicaliste et évoque les débats qui traversent le mouvement socialiste et syndical à propos de l’anticléricalismeGuillaume Doizy, « L'image le rire et la libre pensée militante, exemple de la revue franco-belge Les Corbeaux (1905-1909) » Caricatures et caricature, 10 janvier 2007, en ligne..

Après avoir été attaqué en justice en par une association de Grenoblois pour « outrages aux bonnes mœurs »Voir Les Annales catholiques du 2 janvier 1909, - en ligne sur Gallica. (tandis qu'un curé avait agressé le colporteur Christin et détruit ses exemplaires), Les Corbeaux disparaît à la fin de l'année 1909.

Notes

Voir aussi Bibliographie John Grand-Carteret, Popold II roi des Belges et des belles devant l'objectif caricatural, Paris, Louis-Michaud éditeur, 1908 - lire en ligne. Guillaume Doizy, Jean-Bernard Lalaux, À bas la calotte ! La caricature anticléricale et la séparation des Églises et de l’État, Paris, Éditions Alternatives, 2005, . Michel Dixmier, Jacqueline Lalouette, Didier Pasamonik, La République et l’Église. Images d'une querelle, Paris, Éditions de La Martinière, 2005, . Guillaume Doizy, Les Corbeaux contre la calotte. La lutte anticléricale par l’image à la Belle Époque, éditions Libertaires, 2007, , présentation en ligne. Guillaume Doizy, L'image, le rire et la libre pensée militante, exemple de la revue franco-belge Les Corbeaux (1905-1909), Gavroche, revue d'histoire populaire, , mars-, .

Notices Les Corbeaux, Bruxelles, Bibliothèque royale de Belgique : notice.

Articles connexes Anticléricalisme Libre-pensée

Liens externes

Cartes anticléricales du journal « Les Corbeaux ».

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