Gasny est une commune française située dans le département de l'Eure en région Normandie.Les Ganytois en sont les résidents. Le nom du bourg se prononce « Gâny » [gɑni], conformément à l'étymologie.

Géographie Localisation La commune de Gasny est située à 6 km de Giverny, à 10 km de Vernon, à 18 km de Magny-en-Vexin, à 23 km de Mantes-la-Jolie et à 25 km des Andelys.

Le Mesnil Milon est le principal hameau de Gasny.

Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par l'Epte, le fossé du Marais., des bras de l'Epte. et divers autres petits cours d'eau..

L'Epte, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Compainville et se jette dans la Seine à Notre-Dame-de-la-Mer, après avoir traversé ..Les caractéristiques hydrologiques de l'Epte sont données par la station hydrologique située sur la commune de Vexin-sur-Epte. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 28/07/2024 à 11:01 TU à partir des 725 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1961 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de GasnyLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Sud-ouest du bassin Parisien, caractérisée par une faible pluviométrie, notamment au printemps (120 à ) et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Magnanville à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Gasny est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Gasny, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (47,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (46,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (39,6 %), forêts (38,2 %), zones urbanisées (11,3 %), zones agricoles hétérogènes (4,9 %), prairies (2,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2,1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports Les gares les plus proches sont Bonnières (à 9 km) et Vernon - Giverny située à 10 km.

Toponymie Le village est attesté sous les formes latinisées Wadiniacus (charte de Charles le Chauve) et Vuadiniacum en 872 dans un récit de Riculf, archevêque de RouenRiculf, archevêque de Rouen, relate la visite qu'il a faite en novembre 872 des reliques de saint Ouen transférées à Gasny par crainte des Normands, et donne des biens situés à Bidolidus et à Rumilly pour assurer le luminaire du saint. ., Wadiniacus en 876 ; Wadiniacum vers 1025., Vadum Nigasii en 1118., Vani en 1167, Gaene en 1182 (archives de la Seine-Inférieure, fonds de Saint-Ouen), Gaani en 1190, Gaeneius en 1223 (cartulaire des baronnies de Saint-Ouen), Gaenium en 1223, S. Martinus de Gaani en 1249, Wandeniacus et Waudeniacus en 1256 (archives de la Seine-Inférieure), Guaany en 1257, Gaegni en 1258 (cartulaire du Trésor), Gaaniacus en 1274, Wadeniacus en 1275 (cartulaire de Fécamp), Gaany en 1291 (livre des jurés de Saint-Ouen), Ganiacus en 1312 (charte de Philippe le Bel), Gaagny en 1339 (chron. des abbés de Saint-Ouen), Gaigny et Gueugny en 1331 (lettres du duc de Bourgogne), L’Ile-Gasny en 1561 (archives de la Seine-Inférieure).

Il s'agit d'un type toponymique gallo-roman *WADINIACU, un des nombreux toponymes en *-ACU (-acum), formé avec le nom de personne germanique *Wadinius, dérivé de Wado, ou encore avec ce dernier directement associé au suffixe allongé *-INIACU. La situation du village au sud-est de la ligne Joret explique pourquoi [w] est passé à [g] comme en français et non à [v] comme en normand septentrional.

La prononciation [gasni] est fautive car le -s- est purement graphique (il ne correspond pas à l'étymologie) et sert donc, dans ce cas, à marquer la fermeture originelle de -a- comme dans « pâte » (jadis paste, bien qu’il soit étymologique dans cet exemple précis) qui s'oppose théoriquement à « patte ».

On retrouve un nom de personne similaire dans Vagney et Guenay à Jaunay.

Histoire Écos aurait été, un du de notre ère, le lieu du martyre de saint Nicaise, de saint Quirin, prêtre, et de saint Scuvicule, diacre, que l'on regarde comme les premiers apôtres de Normandie.

Lorsque leurs têtes furent tombées sous le fer du bourreau, Sisinnius Fescennius, gouverneur romain de la province, ordonna d’abandonner leurs corps aux oiseaux de proie, aux chiens et aux bêtes féroces, pour leur servir de pâture.

Mais pendant la nuit, après le départ des soldats, une vierge du nom de Pience, accompagnée de Clair du Beauvaisis, ancien prêtre des idoles que saint Nicaise avait converties, après lui avoir rendu la vue par l'eau du baptême, vinrent prendre les restes précieux des martyrs, les transportèrent dans une île de l’Epte .

Après leur avoir rendu les honneurs de la sépulture, Pience, qui était propriétaire du lieu où les corps des saints avaient été inhumés, fit bâtir un oratoire sur leur tombeau. Saint Clair et Pience eurent eux-mêmes à souffrir le martyre pour l’amour de Jésus-Christ, et leurs saints corps furent déposés à côté de ceux des saints martyrs Nicaise et Quirin.

On a fait la découverte d’un bout de voie romaine se dirigeant du sud au nord, et traversant l’Epte entre Sainte-Geneviève-lès-Gasny et la pointe du bois du Baquet. Ce bois ou campement du Baquet, par ses restes carrés et sa position admirable, semble indiquer un camp romain du Haut Empire.

Une tradition place entre Fourges et Gasny l’ancienne ville gallo-romaine de Toisy.

vignette|redresse=1.5|Carte de Cassini de 1784. Sanctifié dès les premiers temps du christianisme par les précieux restes des martyrs, le bourg de Gasny ne vit plus la vraie foi périr dans son sein ; malgré les invasions des barbares qui se succédèrent presque sans relâche jusqu’au , il resta des chrétiens auprès de la chapelle qui renfermait les ossements des saints. Dès que la paix fut rendue en Gaule, une église chrétienne fut érigée à Gasny, qui symbolise la fin du temps païen.

Vers 660, les grands miracles qui s’opéraient à l’oratoire de l’île de Gasny attirèrent l’archevêque de Rouen. Ce grand homme, dénommé Ouen ou Dadon, qui mit la dernière main à l’organisation du catholicisme dans la contrée et qui la couvrit de monuments religieux, éleva un monastère sur le tombeau du premier de ses prédécesseurs ; il y appela des religieux, tirés du couvent dédié à saint Pierre et saint Paul de Rouen, qui depuis, s’est appelé l’abbaye Saint-Ouen. On retira alors les corps des saints de l’ancien oratoire, pour les placer dans l’église du nouveau prieuré. Saint Ouen, en fondant un prieuré à Gasny, avait préparé un asile pour ces précieuses reliques.

Le , les Vikings entraient dans la Seine sous la conduite d’Asgeir, et quelques jours après, ils livraient Rouen aux flammes. C’est alors que Riculphe, abbé de Saint-Ouen, fit placer dans une châsse magnifique le corps du saint patron de son monastère et le fit transporter dans le prieuré que les religieux possédaient à Gasny.

Une charte du duc Richard II de Normandie en faveur de Saint-Ouen de Rouen cite parmi les dépendances du prieuré de Gasny, outre l’église et la paroisse de ce nom, Coupigny, Fourges, Saint-Rémy avec l’église, Bazincourt, le cinquième de Bionval avec l’église, le Mesnil Milon, Sainte-Geneviève, Giverny, Villez, Limetz et le monastère Saint-Hugues.

En 1118, au moment où , duc de Normandie, prenait le château de Saint-Clair-sur-Epte, Louis le Gros s’avança sur Gasny avec une poignée d’hommes ; c’était un lieu de défense assez sûr, à cause des eaux qui l’environnaient de tous côtés, et l’église était fortifiée par une tour. Louis le Gros y fit passer d’abord quelques-uns de ses gens déguisés en moines puis, à leur suite, il pénétra jusqu'au centre de la place, où il s’établit.

Le duc de Normandie accourut et posta un grand nombre d’archers et d’arbalétriers normands sur deux éminences voisines ; ils y construisirent deux forts que les Français appelaient par dérision l’un La Bastide Féroce et l’autre Le Piège à Canards.

Le Mal Assis ou Malassis, aujourd'hui sur la commune de Sainte-Geneviève-lès-Gasny, fut attaqué et détruite, l'année même de son édification., par Louis le Gros qui en expulsa les Normands. Une portion du territoire de Sainte-Geneviève a gardé le nom de « Piège à Canards »Cyriac de Schmitt, Ma Normandie natale. Le Gîte à Lièvres serait quant à lui situé à la lisière du Bosc Roger, sous la dénomination actuelle de Butte à l’Anglais.

Louis VII le Jeune brûla en 1167 les fermes du prieuré de Gasny pour punir une jacquerie locale, dirigée par Garin Deschamps qui fut prestement exécuté le de cette même année.

En 1190, un différend très sérieux s’était formé entre d’une part l’abbé de Saint-Ouen et le prieur de Saint-Nicaise de Gasny, et d’autre part Guillaume de Givry et ses enfants. Un duel judiciaire était imminent. Quand les parties finirent par s’entendre, l’abbé et le prieur de Saint-Nicaise donnèrent parisis à Guillaume de Givry et à ses enfants, qui de leur côté renoncèrent à leurs prétentions sur le village.