vignette|Une photo en plan cassé de la station Georg-Brauchle-Ring dans le métro de Munich.

Un plan débullé (appelé parfois en français plan cassé ou krumm, et en anglais , ou en français par calque de l'anglais, angle néerlandais.) est, dans un film, une prise de vues dans laquelle le cadreur opère une rotation de la caméra sur son axe horizontal, de façon que la ligne d'horizon n'est plus parallèle au bas du cadrage. Cette rotation peut être faite dans le sens horaire ou anti-horaire. C'est une forme de roulis.

La qualification de « débullé » évoque le niveau à bulle qui, sur le trépied, permet au cadreur de régler les axes de la caméra pour qu'à l'image les verticales du sujet soient parallèles aux bords verticaux de l'image. Un plan débullé, en produisant le basculement, « casse » les verticales des acteurs et des décors : un plan débullé est parfois dit .

Utilisation Dans un film, l'emploi du plan débullé vise à donner au spectateur la sensation d'un malaise ou d'une désorientation ressentie par le personnage..

La plupart des plans débullés sont des plans statiques, mais la caméra peut exécuter un mouvement, panoramique ou travelling..

Historique vignette|thumbtime=95|start=95|Scène en plan cassé dans Rêve d'un fondu de fondue ().

Quand Edwin Stanton Porter tourne Rêve d'un fondu de fondue () en , il veut montrer que le monde oscille autour de son personnage, amateur immodéré de chester et d'alcool.

vignette|Plan débullé du Cabinet du docteur Caligari.

Les films allemands qui suivent la Première Guerre mondiale, comme en , Le Cabinet du docteur Caligari, utilisent abondamment les plans cassés, dans le sillage de l'expressionnisme, ce courant artistique marqué par le souvenir traumatique d'une guerre généralisée. Les cinéastes allemands, et d'autres par la suite, veulent bousculer le regard du spectateur.

Mais . Ainsi, en , dans Entr'acte, le réalisateur français René Clair Celle-ci apparaît complètement folle, voire déjantée.

Le documentaire de cinéma expérimental de de Dziga Vertov, L'Homme à la caméra, contient des plans cassés, notamment le passage d’un train à toute vitesse. En , le film Le Troisième Homme isole le personnage principal de l'espion, joué par Orson Welles, dans un environnement hostile, les ruines et les égouts de Vienne. Retour de l'expressionnisme, ce film succède lui aussi à une guerre encore plus meurtrière que la Première Guerre mondiale. Une anecdote humoristique prétend qu'une fois le tournage terminé, l'équipe aurait offert au réalisateur Carol Reed un niveau à bulle, afin de l'encourager à revenir à des cadrages plus traditionnels..

Films modernes Les plans cassés ou débullés sont aujourd'hui abondamment utilisés, plus particulièrement par les réalisateurs inspirés par la peinture, comme Tim Burton avec Edward aux mains d'argent, et Ed Wood, ou Terry Gilliam avec Brazil, Le Roi pêcheur, Sacré Graal !, L'Armée des douze singes et , pour représenter la folie, la désorientation ou les effets de la drogue. Dans sa trilogie , Sam Raimi utilise le plan débullé pour montrer un personnage possédé par un démon. Dans L'Impasse, Brian De Palma utilise de longs plans séquences débullés, dont il varie l'angle avec l'horizontale, qui lui servent à appuyer l'effet principal de plan subjectif. Il l'utilise également dans Mission impossible.

En revanche, un film de science-fiction comme () a été fortement critiqué pour son utilisation envahissante des plans cassés. Le critique de film Roger Ebert dit à son propos :

Bande dessinée vignette|redresse|Une planche de la bande dessinée Cauchemars de l'amateur de fondue au Chester, avec des plans cassés. En , Edwin Stanton Porter, en tournant Rêve d'un fondu de fondue (), s'inspire de la bande dessinée originelle créée par Winsor McCay, Cauchemars de l'amateur de fondue au Chester (). Dans cette première itération plus sombre du concept , l'auteur, qui décrivait les cauchemars torturés de personnages se plaignant finalement d'avoir trop mangé, a conçu une partie non négligeable de ses vignettes avec un basculement du décor, correspondant le plus souvent à la chute au réveil du gourmand hors de son lit.

La bande dessinée contemporaine utilise parfois systématiquement les cadrages débullés ou cassés et les désigne le plus souvent avec l'appellation au cinéma. Comme l'explique Daniel Cooney dans son livre Concevoir et réaliser une BD, quand il cite la définition des plans débullés ou cassés :

Photographie et jeux vidéo Simultanément au cinéma, la photographie a utilisé et utilise encore les cadrages cassés, mais moins souvent que dans les films.

Le plan débullé est souvent utilisé dans les jeux vidéo d'horreur, particulièrement ceux qui ont un dispositif graphique statique, tels ou .

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Notes et références

Liens externes

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