L'élection présidentielle libanaise de 2014-2016 a lieu à partir du afin d'élire le président de la République libanaise. Le président sortant Michel Sleiman, dont le mandat de six ans a pris fin le , n'est pas éligible à sa réélection immédiate.
Après 45 sessions parlementaires, infructueuses en raison de l'absence du quorum des deux tiers des députés requis provoqué par le boycott du Hezbollah et du Courant patriotique libre (CPL) menée par Michel Aoun, ce dernier est finalement élu le à la suite d'un accord avec Saad Hariri, qui devient Président du Conseil des ministres.
La fonction présidentielle, vacante entre le et le , soit pendant 891 jours, a été exercée collectivement par le conseil des ministres, ce qui a contribué à la paralysie institutionnelle du pays. Il s'agit également de la deuxième vacance consécutive depuis 2007.
Contexte La précédente élection en 2008 avait vu l'élection de Michel Sleiman après le , dans un contexte de violentes tensions dans le pays.
Système électoral Le président de la République libanaise est élu pour un mandat de six ans au suffrage indirect et secret par un collège électoral composé des 128 membres de la Chambre des députés..
Le système électoral utilisé est un scrutin uninominal majoritaire à plusieurs tours. Pour l'emporter, un candidat doit réunir au premier tour la majorité qualifiée des deux tiers de l'ensemble des membres du collèges, soit 86 voix. À défaut, un second tour est organisé. Est alors élu le candidat qui remporte les voix de la majorité absolue des membres, soit 65 voix. Si besoin, des tours supplémentaires sont réitérés jusqu'à ce qu'un candidat atteigne cette majorité..
La majorité des deux tiers exigée au premier tour fait également de facto office de quorum de participation, le scrutin ne pouvant se tenir si moins des deux tiers des membres de la chambre sont présents.
En accord avec la constitution de 1926, un candidat à la présidence doit répondre aux mêmes qualifications d'un membre du parlement : posséder la citoyenneté libanaise et être âgé d'au moins vingt et un ans. Le président ne peut se porter candidat à sa réélection que passée une période de six ans suivant la fin de son mandat. Il n'y a pas de limite du nombre total de mandats.
L'élection est organisée entre soixante et trente jours avant la fin du mandat du président sortant sur convocation du président de la Chambre des députés, ou dix jours avant si ce dernier ne procède pas à cette convocation. La chambre est par ailleurs immédiatement convoquée en cas de vacance de la présidence en cours de mandat. Pacte national L'accès à la présidence libanaise est soumise à une entente officieuse connue sous le nom de Pacte national. Convenu en 1943, ce dernier la limite aux seuls membres de la foi chrétienne maronite.
Absent de la constitution, le Pacte national est basé sur un accord officieux conclu en 1943 entre le président chrétien maronite Bechara El Khoury et son premier ministre sunnite Riad Al Solh lors de l'accession du Liban à l'indépendance vis à vis de la France. Le pacte stipule que le président de la République doit être un chrétien maronite, le Président du Conseil des ministres un musulman sunnite et le président de la Chambre des députés un musulman chiite.. Composition du collège électoral Président : Nabih BerriDéputés 128Quorum 86Majorité absolue 65
Déroulement Un premier tour se déroule le mais aucune majorité ne se dégage. Samir Geagea (Forces libanaises) obtient 48 voix, Henry Hélou (Parti socialiste progressiste) 16 voix et Amine Gemayel (Phalanges libanaises) 1 voix, avec 52 bulletins blancs et 7 bulletins annulés.
Par la suite, le quorum requis n'est pas atteint en raison du boycott des 20 députés du groupe parlementaire mené par Michel Aoun et les 13 députés du Hezbollah. Cette situation se répète sur un total de 45 sessions parlementaires organisées tout au long des deux années suivantes« L'élection présidentielle libanaise encore reportée », Le Monde, ...
vignette|120px|Saad Hariri Un accord est finalement trouvé fin 2016 sur la candidature de Michel Aoun. L'accord est rendu possible par le rapprochement de ce dernier, chrétien maronite à la tête du Courant patriotique libre (CPL), avec Saad Hariri, musulman sunnite fils de l’ancien premier ministre Rafiq Al-Hariri assassiné en 2005. Jusqu'alors irréconciliable, les deux hommes s'accordent sur l'élection d'Aoun à la présidence de la république en échange de la nomination d'Hariri à la Présidence du Conseil des ministres..
La chambre est à nouveau convoquée le pour une session, et la majorité élit Michel Aoun à la présidence de la République. Le total de députés étant descendu entretemps à 127 à la suite de la démission d'un député, la majorité des deux tiers est de 86 voix, et celle absolue de 64 voix. Le premier tour voit Aoun échouer de 2 voix à obtenir la majorité des deux tiers. Les deux tours suivants sont invalidés en raison d'un total de 128 bulletins de votes pour 127 inscrits, ce qui amène le deuxième tour qui s'ensuit à être organisé en plaçant l'urne sous la surveillance de deux députés. Tous les députés sont présents lors du second tour de cette 46ème session parlementaire, qui voit l'emporter Michel Aoun avec 83 voix... Résultats Tours des 45 premières sessions parlementaires +Résultats.CandidatsPartis tourSessions suivantes Voix % Voix % Samir Geagea FL 48 73,85Quorumnon atteint Henry Hélou PSP16 24,61 Amine Gemayel PL 1 1,54Majorité requiseAu premier tour, la majorité des deux tiers des inscrits est requise, et non pas une majorité des suffrages exprimés. Aux tours suivants, l'élection ne nécessite plus que la majorité absolue des inscrits. 87 voix Votes valides 65 52,42 Votes blancs 52 41,93 Votes nuls 7 5,65 Total 124 100 Abstention 4 3,12 Inscrits / participation 128 96,88 Tours de la session parlementaire +Résultats.CandidatsPartis tour( tour)( tour) tour Voix % Voix % Voix % Voix % Michel Aoun CPL 84 98,82TourinvalidéTourinvalidé 83 98,81 Gilberte Zouein SE 1 1,18 Sethrida Geagea FL 1 1,19Majorité requise 86 voix 64 voix 64 voix 64 voix Votes valides 85 66,93 84 66,14 Votes blancs 36 28,35 36 28,35 Votes nuls 6 4,72 7 5,51 Total 127 100,00 128 100,00 128 100,00 127 100,00 Abstention 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 Inscrits / participation 127 100,00 127 100,78 127 100,78 127 100,00
Suites vignette|120px|Michel Aoun L'élection de Michel Aoun est accueillie avec un grand soulagement par la population, de nombreux coups de klaxons de voitures marquent la nouvelle et des feux d'artifice sont même lancés au soir du scrutin dans plusieurs régions du pays.
La vacance de la fonction présidentielle aura duré du au , soit pendant 891 jours. La période d'intérim, exercé collectivement par le Conseil des ministres, a grandement contribué à la paralysie institutionnelle du pays« Au Liban, l'impossible accord pour élire un président », Libération, ..
Saad Hariri devient président du Conseil le .
Articles connexes Système za'im
Notes et références Notes
Références
Liens externes Nour Braïdy, « Qui, quand, comment... Le manuel de l'élection présidentielle libanaise », L'Orient-Le Jour, . « Au Liban, une année sans président », Le Monde, .
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