La Bibliothèque de Villers est un roman policier de Benoît Peeters publié en 1980. C'est un roman policier à clefs, hommage à Jorge Luis Borges au moins autant qu'à Agatha Christie.

Résumé Le narrateur, documentaliste de profession, se rend dans la ville de Villers afin de mener une enquête sur une série de cinq crimes non résolus et qui se sont produits 25 ans plus tôt, en 1905. Il passe le plus clair de son temps à la Bibliothèque où il se lie avec le conservateur Albert Lessing, et plus encore avec Edith, qui travaille également à la bibliothèque.

Une nouvelle série de crimes se produit alors à Villers, selon un schéma bien précis : chaque victime se voit incruster post mortem une étoile dans le dos, étoile semblant indiquer la localisation du corps dans Villers. Et les crimes ont lieu tous les 25 jours. Puis le narrateur se retrouve mêlé malgré lui à l'enquête. Il fait part de ses soupçons à la police mais cela ne suffit pas à stopper la série macabre. Pire, le principal suspect est la dernière victime de la nouvelle série de cinq meurtres.

Analyse La spécificité et ce qui fait la renommée de ce court roman est qu'il ne donne pas la solution, demandant au lecteur l'effort de relire le texte pour y dénicher les indices laissés par l'auteur.

Jan Baetens, fin connaisseur du travail de Peeters, précise: puis il rapport qu'

Dans le Tombeau d'Agatha Christie, Benoît Peeters explique ainsi sa démarche : Benoît Peeters, Tombeau d'Agatha Christie, éds Labor, , ..

Plusieurs lecteurs se sont ainsi mis à partager, d'articles en blogs, les indices qu'ils pensent avoir récolté, tout en affirmant vouloir respecter la volonté de l'auteur de ne pas déflorer la solution. Des parallèles sont faits avec l'OuLiPo avec le travail sur les acrostiches et les anagrammes (LIVRE, RIVELLE, ELVIRE...)Analyse en deux parties sur Les Roses de Décembre. Ou certains mettent en lumière le jeu avec les deux couleurs, noir et blanc : dans les multiples références au jeu d'échecs, dans la nourriture ("jambon blanc et café", "raie au beurre noir et plat de riz", "œufs en neige et délicieux chocolats"), les personnages (Edith est africaine et le commissaire s'appelle Weiss), les lieux dans la ville ("hôtel du cheval blanc", cités minières, "bâtiment d'une blancheur éclatante"Chronqie dans La tête dans les pages Ou encore l'omniprésence du chiffre 5.

Dans tous les cas, les commentateurs notent la frustration et le plaisir d'avoir en quelque sorte réappris à lireChronique dans Lily et ses livres. Ce que Peeters annonce dans le Tombeau d'Agatha Christie :

On trouve aussi des références à d'autres auteurs : d'abord aux Dix petits nègres d'Agatha Christie, notamment par des allusions répétées au noir et au blanc. Ensuite à Monsieur Cauchemar de Pierre Siniac par l'utilisation des initiales L I V R E. Les crimes de La Bibliothèque de Villers ont également une distribution géométrique parodiant la nouvelle La Mort et la boussole de Jorge Luis Borges (1942), où Borges est l'enquêteur éventuel d'un crime incertain dont les indices variables pourraient l'accuser, selon leur cinquième et dernière interprétation, le losangeRémy Schulz et les références "20 ans après".

Et les principes qui régissent ce roman annoncent annonce plusieurs caractéristiques de la série de bandes dessinées Les Cités obscures, réalisée avec François Schuitenémission sur France Culture consacrée à Agatha Christie.

Éditions La Bibliothèque de Villers suivi de la postface Tombeau d'Agatha Christie, Robert Laffont, 1980. La Bibliothèque de Villers, édition remaniée sans la postface, Les Impressions Nouvelles, 1990. La Bibliothèque de Villers suivi de Tombeau d'Agatha Christie et complété par une lecture de Jan Baetens, éditions Labor, , 2004 [réédition 2012]. Les couvertures sont dessinées par François Schuiten : "À livre ouvert" (éditions Casterman).

Bibliographie Jan Baetens, « Une réédition peu banale : Patrice Hamel et La Bibliothèque de Villers » in Communication et langage n°89, 1991, pp. 73-81. Annie Combes, Agatha Christie. L'écriture du crime, Paris-Bruxelles, Les Impressions Nouvelles, 1989. Jean-Claude Raillon, « Le texte grosso modo », in Conséquences n°6, 1986, pp. 5-25.

Notes et références

Liens externes Fiche du roman sur le site Babelio Fiche du roman sur le site Espace Nord

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