Le parc naturel régional des Baronnies provençales s’étend sur un massif alpin entre les départements de la Drôme (région Auvergne-Rhône-Alpes) et des Hautes-Alpes (région Provence-Alpes-Côte d'Azur) dans le sud-est de la France. Ce parc naturel régional. a été créé le . Il couvre 104 communes totalement ou partiellement.
Histoire du parc thumb|left|upright=1.2|Périmètre du PNR.
L'idée de créer un parc naturel régional dans les Baronnies, à cheval sur deux départements (Drôme et Hautes-Alpes) et deux régions (Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur) date de la fin des années 1990. Localement, elle a été lancée par le Groupement pour la promotion et l'expansion du Nyonsais Baronnies et des élus locaux autour des parlementaires Jean Besson et Michel Grégoire et du maire de Nyons, Michel Faure, qui étaient conscients des difficultés économiques de cette région très rurale où l'agriculture reste menacée et le développement fragile.
En 2003, les deux conseils régionaux décident de financer une étude d'opportunité et de faisabilité qui leur permet de prendre une délibération commune le retenant un périmètre (130 communes concernées) et des principes d'organisation.
Le , le préfet de la Drôme, constatant qu'une majorité de communes et de communautés de communes concernées avait donné son accord, publie un arrêté de création d'un syndicat mixte de préfiguration d'un parc naturel régional et d'aménagement des Baronnies provençales. Sa mission est de mener des études et des actions d’intérêt commun au service de l’ensemble des communes du territoire concerné. Ces actions concourront notamment à la préfiguration d’un parc naturel régional. Le syndicat mixte a finalisé en la charte du parc qui a été soumise pour vote à l'ensemble des communes concernées. Le projet de parc a été soumis à enquête publique du au .
Le décret de classementJournal officiel de la République française. du parc naturel régional des Baronnies provençales du a été publié au Journal officiel le .
Présentation
Deux régions : Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur
Charte La charte présente le projet de développement durable pour le parc des Baronnies provençales. Valable pour douze ans, elle est le fruit d'une large concertation avec les acteurs locaux et a été approuvée en 2012..
Elle s'articule autour de trois grands axes : Valoriser les atouts naturels et humains des Baronnies provençales, Développer une économie basée sur l'identité locale, Concevoir un aménagement solidaire et durable.
Communes adhérentes Les 104 communes adhérentes (et 1 commune associée) font partie des départements de la Drôme et des Hautes-Alpes (les communes apparaissant en italique ne font partie que partiellement du parchttps://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do cidTexte=JORFTEXT000030154374&dateTexte=20151020).
thumb|Logo du PNR des Baronnies provençales
Drôme : Arpavon, Arnayon, Aubres, Aulan, Barret-de-Lioure, Beauvoisin, Bellecombe-Tarandole, Bénivay-Ollon, Bésignan, Buis-les-Baronnies, Chalancon, Chaudebonne,Châteauneuf-de-Bordette, Cornillon-sur-l’Oule, Eygalayes, Eygaliers, La Charce, La Motte-Chalancon, La Roche-sur-le-Buis, La Rochette-du-Buis, Laborel, Lachau, Le Poët-en-Percip, Le Poët- Sigillat, Lemps, Les Pilles, Mérindol-les-Oliviers, Montauban-sur-l’Ouvèze, Montaulieu, Montbrun-les-Bains, Montferrand-la-Fare, Montguers, Montjoux, Montréal-les-Sources, Nyons, Pelonne, Pierrelongue, Propiac, Rémuzat Reilhanette, Rioms, Rochebrune, Roche-Saint-Secret-Béconne, Roussieux, Sahune, Saint-Auban-sur-l’Ouvèze, Sainte-Euphémie-sur- Ouvèze, Saint-Ferréol-Trente-Pas, Saint-Maurice-sur-Eygues, Saint-May, Saint-Pantaléon-les-Vignes,Taulignan, Valouse, Venterol, Verclause, Vesc, Villebois- les-Pins, Villeperdrix, Vinsobres. Hautes-Alpes : Antonaves, Barret-sur-Méouge, Chabestan, Chanousse, Châteauneuf-de-Chabre, Eourres, Étoile-Saint-Cyrice, Eyguians, La Bâtie-Montsaléon, La Piarre, Lagrand, Laragne-Montéglin, Lazer, Le Bersac, L’Epine, Le Saix, Méreuil, Montclus, Montrond, Orpierre, Oze, Ribeyret, Ribiers, Rosans, Saint-Auban-d’Oze, Sainte-Colombe, Saint-Genis, Saint-Pierre-Avez, Saléon, Salérans, Savournon, Serres, Sigottier, Trescléoux, Valdoule.
Villes portes Les villes portes, par leur positionnement géographique, sont des points de passage importants pour accéder au parc naturel régional des Baronnies provençales: Montélimar au Nord-Ouest Veynes au Nord-Est Dieulefit au Nord-Ouest, Sisteron au Sud-Est, Vaison-la-Romaine au Sud-Ouest Valréas à l'Ouest, Grignan à l'Ouest.
Controverses L'un des premiers couacs de la mise en place du parc naturel est intervenu l'hiver 2012 avec l'abattage des alignements de tilleuls – protégés selon la charte du parc – le long de la route départementale 30 sur décision du président du conseil général des Hautes-Alpes, Jean-Yves Dusserre .
L'appellation « Baronnies provençales »Christophe Gauchon, « L'innovation toponymique comme modalité de labellisation des territoires, l'exemple du PNR des Baronnies provençales », in Mauricette Fournier (dir.), Labellisation et mise en marque des territoires, Presses universitaires Blaise Pascal et CERAMAC, Clermont-Ferrand, 2014. a fait l'objet de discussions sur sa légitimité puisque ces territoires appartenaient au Dauphiné. Quelques terres adjacentes de la Provence existaient en enclaves dans le Dauphiné jusqu'à la Révolution, mais leur étendue était faibleAtlas historique de Provence, collectif d'auteurs dont Edouard Baratier, Georges Duby et Ernest Hildesheimer, Éd. Armand Colin, 1969.. Dans la littérature géographique du , les Baronnies constituent d'ailleurs l'un des neuf « pays » historiques du Dauphiné avec le Briançonnais, le Diois, l'Embrunais, le Gapençais, le Grésivaudan, le Tricastin, le Valentinois et le Viennois.
Le parc a été l'objet de polémiques, et sa mise en place a été difficile, du fait de l'opposition d'acteurs locaux. 44 communes ont fait le choix de refuser l'intégration au périmètre du parc« Enfin le parc naturel régional des Baronnies provençales », Michel Abhervé, sur alternatives-economiques.fr, 31 décembre 2014 (consulté le 7 mars 2015).. Depuis sa création, 7 communes ont décidé de rejoindre le parc.
Patrimoine naturel
Les climats méditerranéen et alpin des Baronnies lui procurent une faune et une flore exceptionnelle.. Les versants sud (adret) accueillent des espèces méditerranéennes tandis que les espèces à affinité montagnarde, voire alpine, préfèrent s’établir sur les versants nord (ubac). Les Baronnies se caractérisent par une mosaïque d’habitats naturels où les différentes espèces végétales et animales se reproduisent, se reposent, s’alimentent ou transitent… Cette richesse naturelle est également révélée par la présence de nombreux zonages tels que les zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF),Natura 2000, espaces naturels sensibles recelant des espèces remarquables, rares ou protégées. Ces zones naturelles n’en sont pas moins « imbriquées » dans des zones cultivées et habitées et certaines d’entre elles nécessitent la présence d’une activité humaine pour conserver leur intérêt écologique, comme la fauche des prairies et le pâturage sur des pelouses calcaires.
Différents milieux naturels thumb|left|Jeune empuse thumb|Couleuvre à échelons
Milieux ouverts et semi-ouverts : flore : Aphyllante de Montpellier, Catananche, Genêt scorpion, Iris des garrigues, Chêne kermès oiseaux : Pie-grièche écorcheur, Fauvette passerinette, Huppe fasciée, Chouette chevêche, Torcol fourmilier, Moineau soulcie reptiles : Lézard ocellé, Couleuvre à échelons insectes : Magicienne dentelée, Mante religieuse, Empuse mammifères : Lapin de garenne Les Baronnies font partie d’un des réservoirs de plantes messicoles les plus importants de France.
Milieux forestiers : flore : Chênes, Hêtres, oiseaux : Pic épeiche, Mésange bleue, Pigeon ramier, Épervier d'Europe, Vautour moine insectes : Lucane cerf-volant, Rosalie des Alpes mammifères : Barbastelle amphibiens : Salamandre
Milieux rocheux : flore : Saxifrage du Dauphiné, le Chou des montagnes, le Genévrier de Phénicie oiseaux.: Vautour fauve, Vautour moine et Vautour percnoptère mammifères : Chamois, Molosse de Cestoni
thumb|Écrevisse à pattes blanches thumb|left|Azuré de la Sanguisorbe
Milieux humides et cours d'eau : espèces aquatiques : Truite fario, le Barbeau fluviatile, l’Écrevisse à pattes blanches flore : Saules, Frênes, Aulnes insectes : Agrion de Mercure, Sympétrum du Piémont, Calopteryx vierge mammifères : Castor
Le parc compte des prairies humides sur lesquelles on peut retrouver entre autres L'Epipactis des marais, l’Azuré de la Sanguisorbe, la Serratule à feuilles de chanvre d’eau Asteracée violette.
Géologie à ciel ouvert
Le parc des Baronnies provençales ne semble être que plis et replis, tantôt sinueux, tantôt géométriques.. L'ensemble des montagnes paraît des plus désordonnés, comme un amoncellement de grandes plaques de calcaire, à première vue dépourvues de toute logique, ce qui rend l'orientation parfois compliquée. Le dépaysement senti dans ces paysages peut être intense : sur les pentes arides, noires, grises ou bleues des marnes, on croirait fouler un sol lunaire ou martien, un autre pays, un autre monde.
La géologie marque et détermine fondamentalement le parc des Baronnies provençales, expliquant aussi bien ses formes d'agriculture, de culture et d'histoire. Elle constitue un aspect fondamental du territoire. Certains lieux sont des fenêtres sur des époques, des formes, inexistantes ou invisibles ailleurs. Le parc possède deux sites de référence mondiale pour l'étude de deux périodes de transition ("stratotypes de limites") partout dans le monde : les strates verticales du Serre de l'Ane (Drôme). les marnes du Mont Risou (Hautes-Alpes) La géologie des Baronnies compte aussi fossiles, ammonites, septarias, oolithes de grès... Mais ce qui fait patrimoine, à part certains types de "hauts-lieux" géologiques ou certains fossiles ou minéraux ponctuels, c'est l'ensemble : le tableau général d'un monde aquatique devenu solide, qui se laisse encore deviner.
Nuit dans les Baronnies provençales Le parc des Baronnies provençales possède l'un des ciels de France et d'Europe les mieux sauvegardés de la pollution lumineuse. La préservation et la valorisation de la qualité du ciel nocturne sont l'une des mesures de la charte du parc. Un site Internet sur la nuit dans le parc des Baronnies provençales permet aux acteurs touristiques haut-alpins regroupés au sein de l'association «Provence des montagnes», le Pays Sisteronais Buëch, le Comité départemental du Tourisme des Hautes-Alpes, le centre d'initiatives pour valoriser l'agriculture et le milieu rural « CIVAM saveurs et senteurs en Drôme Provençale », ainsi que les acteurs économiques et associations de la filière « nuit » de valoriser leurs événements. Les acteurs touristiques et les offices de tourisme des Baronnies Drômoises, sont associés à cette démarche commune de promotion et de valorisation de la qualité du ciel.
L'Observatoire des Baronnies provençales, à Moydans, accueille le public toute l'année pour des missions scientifiques et une éducation à la préservation du patrimoine nocturne. Avec environ 250 nuits de qualité photométrique, ces activités de recherche se concentrent essentiellement sur la surveillance et la détection d'exo-planètes en collaboration avec plusieurs groupes scientifiques internationaux.
Patrimoine culturel Bâti thumb|left|Château médiéval de La Roche-sur-le-Buis thumb|Ruines du château de Cornillon-sur-l'Oule thumb|Montbrun-les-Bains, village perché