Chronologie de l'économie Années 1910 - Années 1920 - Années 1930 Événements 1920-1921 : crise économique internationale (crise de surproduction). 1922 : reprise de la croissance mondiale. : accord d’Achnacarry sur l’interdiction de la concurrence sur le marché du pétrole, à l’initiative de Henri Deterding de la Royal Dutch Shell. : « Jeudi noir » à la bourse de New York ; début de la Grande Dépression.
Afrique 1919-1920 : mission dirigée par l’ingénieur Émile Bélime, à l’issue de laquelle on décide d’utiliser les crues du Niger pour développer la culture du coton dans son delta central. Un plan quinquennal est établi en 1921. 1920 : instauration d’une taxe de repeuplement forestier au Gabon par l’administration de l’AEF. 1920-1921, Kenya : le Labour Bureau Commission estime le nombre de travailleurs potentiels. Mise en place du travail obligatoire pour les hommes de 16 à 30 ans puis de 16 à 40 ans (1927). 1921 : grève des chemins de fer au Congo belge. 1921-1923 : grève des ouvriers du Katanga. 1925-1929 : réalisation à Sotuba au Mali d’un gigantesque ensemble hydraulique agricole. La chaussée submersible de Sotuba permet de franchir le Niger à Bamako à partir de 1927. 1926-1927 : invasion de sauterelles et grande famine au Sahel. 1927-1928 : famine en Éthiopie. 1927 : la Société générale de Belgique absorbe la Banque d'outre-mer fondée par Albert Thys en 1899 et prend ainsi le contrôle de la Compagnie du Congo pour le commerce et l'industrie. Elle contrôle pratiquement tout le Katanga et ses mines de cuivre, 80 % du secteur minier et 65 % des capitaux investis au Congo belge. boum minier de la région du Copperbelt en Rhodésie du Nord (cuivre). 1929 : fondation de l’ (UAC), par le regroupement des principales filiales de la société Unilever, qui obtient une place jamais égalée sur le continent (exportations d’oléagineux).
Boom des exportations africaines
En AEF, l’effondrement des sociétés concessionnaires avant la guerre de 1914-1918 laisse trois compagnies : la CFHC (Compagnie française du Haut Congo), la Compagnie du Kouilou-Niari et la SHO (Société du Haut Ogooué). La production forestière en AEF connaît un véritable boom dans les années 1920, notamment grâce à la mise au point du contreplaqué (okoumé). Les exportations de bois passent de tonnes en 1897 à en 1906, en 1920, en 1923, en 1926 et en 1930.
Les grandes compagnies commerciales (UAC, SCAO, CFAO…) se partagent le monopole en Afrique occidentale et font de gros profits, en s’entendant pour acheter au plus bas aux producteurs africains. Certains se révoltent, comme les producteurs de cacao de Gold Coast dans les années 1920-1930, qui refusent à plusieurs reprises de vendre leur récolte dans l’espoir de voir le cours remonter. Comme les acheteurs sont aussi des fournisseurs (matériel, semences, biens divers, etc.), ils font en sorte que les producteurs soient en permanence leur débiteurs et n’hésitent pas à les escroquer. D’autre part l’exportation de produits européens (cotonnade, soie artificielle, ustensile de ménage, produits alimentaires…) vendus à prix compétitifs ruine la production artisanale locale.
L’économie de traite s’impose en Ouganda dans les années 1920. Les planteurs européens y sont l’exception. Les paysans africains produisent du coton, du café, du sucre et du thé pour l’exportation. Des acheteurs (ginners), souvent d’origine indienne, organisés en associations pour éviter de se concurrencer, drainent cette production vers les ports.
Au Kenya, c’est l’économie de plantation qui domine, grâce à une forte immigration blanche depuis 1903. De grandes plantations sont aux mains de l’aristocratie britannique (Lord Delamere, Lord Francis Scott, le major Grogan…), à côté de petits exploitants plus fragiles. L’installation des colons se fait dans les Highlands, principalement le long de la voie de chemin de fer de l’Ouganda. Les cultures du café, du blé dans les années 1920, du lin après 1914 et du maïs dominent. Les terres ont été acquises après l’expropriation des Kikuyus (ceux-ci ont d’abord accueilli les colons et offert des droits temporaires d’installation). Les planteurs ont recours aux squatteurs (les Kikuyu qui n’ont pas quitté les plantations) pour obtenir une main-d’œuvre bon marché et docile. Une série de mesures prises par le gouvernement entraîne la prolétarisation de la population africaine (1900-1930).
Amérique 1920 : la National City Bank contrôle les finances publiques à Haïti. les produits manufacturés représentent 52 % des exportations aux États-Unis (35 % en 1900). 1922, Brésil : après 4 années de répit, début d'une crise économique de reconversion à la suite de la Première Guerre mondiale. Les industriels brésiliens réinvestissent les devises accumulées pour augmenter la capacité de production. 1922-1929 : les États-Unis connaissent une période de grande prospérité économique. Le PNB augmente de 4,7% par an en moyenne. La croissance est liée à une forte augmentation de la production industrielle des biens de consommation (électroménager, automobile) permise par l'augmentation de la productivité grâce à l'organisation scientifique du travail (taylorisme ou fordisme) ; la productivité augmente de 72 % dans les industries manufacturières de 1919 à 1929. Le chômage reste faible et les profits s'accroissent. Pour que les entreprises aient les moyens d'investir, le mouvement de concentration reprend après la vague antitrust de l'Ère progressiste. De 1920 à 1930, le secteur primaire décline légèrement (de 12,8 à 11,7 millions), le secteur secondaire stagne pour la première fois (12,8 à 14,1 millions) et le tertiaire progresse de 38 % (16,7 à 23 millions). 1924 : retour de la croissance des exportations au Chili. Les exportations qui avaient augmenté de 9,8 % par an entre 1915 et 1919, n’augmentent que de 0,6 % entre 1920 et 1924Olivier Dabène, op. cit, .. 1924-1928 : le président du Paraguay Eligio Ayala lance un projet de colonisation du désert du Chaco afin de protéger sa souveraineté. 1927-1930 : surproduction de café, entraînant l’effondrement de l’économie brésilienne. Les stocks du brésil passent de tonnes en 1927 à tonnes en 1930, ce qui provoque l'effondrement des prix maintenus artificiellement par les spéculateurs depuis 1926.
Arrivée massive de capitaux privés en provenance des États-Unis vers l’Amérique latine dans les années 1920. Les politiques économiques se limitent à tenter de créer un climat favorable aux investissements étrangersOlivier Dabène, op. cit, .. Conflits sociaux dans les enclaves bananières en Colombie durant les années 1920. Répression. Lois restreignant le droit de grève (1919 et 1920). Les investissements américains en Colombie passent de 2 millions en 1922 à 124 millions de dollars en 1929Olivier Dabène, op. cit, .. Asie 1920 : à Sumatra, la occupe plus de sur trente plantations de tabac et de caoutchouc. vignette|Cérémonie de fondation d’une école en Irak en 1929. 1921-1930 : le nombre d’écoles primaires de garçons en Irak passe de 124 () à 247 (). Le nombre d’écoles de filles passe de 27 () à 44 (). Les écoles secondaires et intermédiaires passent de quatre (238 élèves) à quinze (). : le Parlement britannique adopte le plan Stevenson pour limiter la production de caoutchouc de Ceylan et de Malaisie (fin en novembre 1928). 1923-1929 : mouvement de population de la Chine vers la Mandchourie ; environ deux millions de chinois émigrent en Mandchourie entre 1923 et 1926, puis trois millions entre 1927 et 1929. 1924 : aux Indes orientales néerlandaises, l’État possède les 5/8 des actions de la N. V. Billiton Maatschappij (étain). La Royal Dutch Shell contrôle 95 % des pétroles indonésiens. En 1928, les compagnies américaines sont autorisées à participer à la prospection, à l’extraction et au raffinage du pétrole indonésien. 1928-1930 : période de sècheresse et de disette en Chine. : découverte du gisement de pétrole de Baba Gurgur, près de Kirkouk, en Irak.
Europe Golden Twenties au Royaume-Uni : comportement débridé de la jeunesse, fréquentation assidue du cinéma et du music-hall, émancipation des jeunes femmes (flapper), introduction du jazz et du charleston des États-Unis.
1919-1920 : Espagne : la CNT compte , l’UGT . mise en place de la Journée de huit heures de travail quotidien en Allemagne (1919), en France (1920) et au Royaume-Uni. Mars 1919-mai 1920 : les prix de gros augmentent de 62 % au Royaume-Uni. 1919-1923 : à la fin de la guerre, les importations de blé reprennent au Portugal. Le blé, acheté par le gouvernement est cédé à bas prix aux industriels de la meunerie qui fournissent à bon marché un pain « politique ». L'opposition accuse le gouvernement de léser les intérêts des producteurs nationaux et d'accroître la dépendance économique du pays. 1920 : ; extension du système des assurances chômage à tous les travailleurs à revenus faibles au Royaume-Uni. 1920-1922 : la crise internationale provoque l’inflation monétaire et le retour à la spéculation au Portugal. émigrants par an en moyenne quittent le Portugal entre 1919 et 1930, avec un maximum de en 1920. Mai 1921 : le chômage atteint 23 % des travailleurs assurés au Royaume-Uni. Il tombe à 10,5 % fin 1923. vignette|gauche|Victimes de la famine, région de Bouzoulouk dans la région d'Orenbourg, vers 1921-1923. 1921-1922 : la famine en Russie, aggravée par la sécheresse de 1921, fait environ cinq millions de morts, principalement dans la région Volga-Oural. vignette|Une banque à Berlin en 1923. 1921-1924 : hyperinflation de la république de Weimar. 1921-1929 : Nouvelle politique économique (NEP), instaurée par Lénine, et abandon du « communisme de guerre » en Union soviétique, à la suite d’une vague de grèves et de désordres paysans. Les réquisitions de récoltes sont remplacées par un impôt en nature et les paysans sont autorisés à vendre le surplus de leur production sur le marché libre. Les entreprises privées sont affranchies de la tutelle de l’état. Une économie de marché est rétablie. Le secteur privé représente 65 % de la production économique totale en 1924, dont 98 % pour l'agriculture. La croissance reprend et la production nationale atteint son niveau d’avant-guerre en 1928, la production agricole dès 1925. Le rétablissement économique justifie la reprise de la « construction du socialisme ». En 1929, Joseph Staline annonce la fin de la NEP et la « liquidation des koulaks en tant que classe ». - : conférence de Gênes. Elle crée la possibilité de garantir les monnaies soit par de l'or, soit par des devises elles-mêmes convertibles en or (Gold Exchange Standard). : loi sur l'autonomie de la Reichsbank, conditions du moratoire sur les réparations allemandes. Septembre 1922 : sauvetage économique de l'Autriche par la Société des Nations. 1922-1923 : dans la Ruhr occupée, la production s’effondre : 63 millions de tonnes de charbon pour 132 en 1922 et 6 millions de tonnes d’acier pour 11 en 1922. : une ordonnance remet en cause de la journée de huit heures en Allemagne. 1923-1938 : 5 % de croissance industrielle en moyenne en Roumanie grâce à une politique protectionniste. L’indice en valeur passe de 100 en 1923 à 219 en 1938. 1923-1929 : croissance économique en Espagne pendant la dictature de Primo de Rivera. L’État favorise la création de monopoles (électricité, téléphone, pétrole) auxquels participent des intérêts étrangers (ITT, CAMPSA. Opération de grands travaux : urbanisme, routes, voies ferrées, aviation commerciale, électrification, irrigation. La production d’acier et de fonte double de 1923 à 1929. Le régime accorrde quelques concessions sociales : augmentation des salaires (26,5 % entre 1920 et 1925 alors que les prix baissent de 6 %), respect de la journée de huit heures, règlementation du travail de nuit des femmes, mais interdiction de la grève, charte du travail et comités paritaires inspirés du fascisme corporatiste, ignorance du problème agraire. 1924 :